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Voilà, voilà, que ça recommence, on tue des gens pour leurs dessins ! Retour sur l’histoire du caricaturiste Fathy Bourayou à la plume acerbe, au dessin ironique et la pensée libre

12 janvier 2015

La caricaturiste de presse, Fathy Bourayou, est l’un des instigateurs du Festival de la caricature et du dessin de presse et de la satire de l’Estaque, où il avait reçu son ami Tignous, de Charlie Hebdo, en septembre dernier. Bouleversé par la fusillade de Charlie Hebdo, il organisait, samedi 11 janvier, un rassemblement spontané à la maison des associations de l’Estaque, pour rendre un hommage à Tignous et aux victimes du fanatisme. Med-in-Marseille décide de publier le long entretien que nous avions eu avec notre ami Fathy Bourayou, en février 2012. La carictature de presse lui a valu l’exil . D’Alger à Marseille, il a porté sa plume et ses idées haut et fort. Qu’il pourfende les pouvoirs, les intégrismes, les corruptions, les injustices, le racisme, Fathy est sans concession, toujours éveillé, clairvoyant. Son dessin est redoutablement efficace, impitoyable, nous renvoyant une réalité que seule une perspicacité hors du commun est capable de saisir en quelques traits.


 

Fathy Bourayou, avec Tignous, lors du festival de la caricature et du dessin de presse de l’Estaque, en septembre 2014

Samedi 11 janvier 2015, hommage du festival de la caricature et du dessin de presse et de la satire (fidep) à Tignous

En 2012, nous avions décidé d’accorder une longue interview à Fathy, une figure de la résistance algérienne, un titre qu’il a payé du prix fort. Dans cet entretien, nous sommes retournés avec lui, sur sa jeunesse et sur ce printemps 1988, à Alger, où le jeune Fathy avait de quoi espérer et s’est mis à s’engager.

Après avoir connu à son arrivée en France, la précarité, les centres d’hébergement d’urgence, celui qui était dans son pays, Fathy l’un des caricaturistes les plus en vogue s’est battu pour retrouver statut et dignité dans notre pays, depuis 1994. Aidé au début par Radio Galère où il animait une émission sur l’Algérie, il a su, au fil du temps, tisser des liens avec les milieux associatifs, son talent parlant pour lui. Il a dessiné pour de nombreux médias alternatifs régionaux, comme Taktik, Ventilo, Marseille-La cité, le Ravi, la revue des quartiers nord. Il n’a cessé de faire exister son dessin, là où l’on acceptait son ironie ravageuse, dans des journaux, au sein de mouvements associatifs comme le Mrap, le Dal, la Ligue des Droits de l’Homme. Celui qui a reçu, en 1996 le premier Prix du cinquantenaire du CPJ, la prestigieuse école de journalistes, est toujours en effervescence artistique. On ne compte plus les expositions où il a participé notamment à Zurich en 1988, les résidences d’artistes, dont une à Gardanne en 2008, les performances comme à la Fiesta des Suds, et au Strictly Mundial dans le cadre de l’année de l’Algérie en 2003. Fondateur, pour un temps, de la galerie d’art Anissa au Panier, en hommage aux artistes et journalistes algériens tués par les islamistes, il est auteur de plusieurs albums de caricatures. Devant l’ironie glaçante de ses dessins, on rit souvent jaune. Si ses caricatures sont, au premier abord, trop trash, elles ont le don de remuer les tripes et les consciences. Fathy Bourayou possède la clairvoyance des artistes, de ceux qui comptent et font bouger l’ordre établi. Et de sa focale particulière, il déforme ou grossit une réalité que nous préférons ne pas voir. Mais on finit toujours par se rendre à l’évidence, Fathy a souvent raison, car de son œil d’artiste, il lève le voile et les tabous sur notre monde.


Fathy Bourayou, à l’Estaque en 2012.

Comment es-tu devenu artiste. Etait-ce une tradition familiale ?
Je suis né en 1962, à l’indépendance de l’Algérie. J’étais dans un lycée mixte très francophone. Dans les années 1970, à Alger, il y avait encore l’héritage de la colonisation française, il y avait la mini jupe, on buvait de la bière en terrasse, il y avait une harmonie extraordinaire, il n’y avait pas ce problème avec l’islamisme. C’était vraiment une Algérie libre, moderne, il y avait le mouvement des communistes à la fac, il y avait les soirées, les bals… A Alger, en terminale, je voulais m’orienter vers la philosophie. J’avais une professeure française, magnifique. Je commençais à dessiner, c’était inné chez moi, j’aimais pif gadget, Mickey l’Oranger. Je m’exerçais seul. Je reprenais en dessin les héros. Cette professeure, je l’ai dessinée nue et je faisais payer les copains pour voir les dessins. Un jour, un camarade de la classe m’a vendu. J’ai été convoqué et j’ai du lui remettre le dessin. J’ai été sanctionné. Plus tard, la prof m’a dit : « il est très beau ton dessin », elle a continué : « Vous êtes très doué, vous êtes nul partout, sauf en dessin » et elle m’a conseillé de me préparer au concours des Beaux-arts d’Alger.
Par la suite, elle m’a présenté un professeur de l’école des Beaux-arts d’Alger. J’ai réussi le concours, 4ème sur 800. L’école m’a apporté un complément de formation artistique, surtout pour la caricature, car pour être un très bon caricaturiste, il faut savoir très bien dessiner. Un des profs était Denis Martinez, un maître de la peinture algérienne, qui a enseigné plus tard à l’école des Beaux-arts d’Aix et qui était, il y a deux semaines au festival de l’Estaque. Il m’a beaucoup encouragé. La caricature était d’abord une passion. Je suis très ironique.

Etais-tu engagé politiquement à l’époque ?
Je ne me sentais pas engagé politiquement à cette époque. Mais j’avais eu une formation politique, via mon père. Il était journaliste communiste dans un journal étatique, il était très engagé. Il nous lisait ses articles, je commençais à comprendre le schéma politique du pays, et même international. A la maison, nous étions cinq garçons et une fille, et tous ont réussi leurs études. Mais au départ, j’étais plus passionné par la peinture. L’école des Beaux-arts d’Alger est calquée sur le système français. Le diplôme que j’ai eu est reconnu en France.

L’école des Beaux-arts d’Alger avec les statue de Belmondo

Voulais-tu quitter l’Algérie à cette époque ?
Non, pas du tout. Je suis rentré en 1983 aux Beaux-arts. J’étais trop bien en Algérie, les Beaux-arts, c’était un monde à part, on avait les plus belles filles, c’était une école de bourgeois. L’école était très belle, avec un bassin plein de poissons, un parc. C’est le grand-père de Jean-Paul Belmondo, architecte qui l’a construite. D’un des ateliers tout en haut, nous pouvions voir la baie d’Alger avec la mer, c’était incroyable. J’avais tout ce que je désirais.



Quand t’es-tu engagé dans le combat politique en Algérie ?
La situation politique algérienne a changé. En 87, des manifestations de communistes avaient déjà eu lieu, ils ont été torturés. Moi, j’ai été embarqué par les flics, parce qu’avec un ami, nous dessinions sur les murs d’un café. Nous sommes restés trois jours au poste, heureusement, ils ne nous ont pas torturés, la prison était surchargée, on dormait l’un sur l’autre. Mais ils nous posaient plein de questions, toute la journée, une sorte de torture psychologique. Heureusement, le commissaire connaissait mon père qui avait été au pèlerinage avec lui et j’ai été relâché. Ils nous avaient traités de « merde », nous, les artistes. J’ai commencé à avoir la haine, ça a attisé ma rage. Et c’est là que je me suis mis à croquer.

Les caricatures de Fathy en 2012

Puis, il y a eu les manifestations d’octobre 1988. L’armé a tiré sur les jeunes. La torture, orchestrée par la sécurité militaire a commencé. Quand j’ai vu l’armée algérienne qui avait participé à la libération du pays tirer sur ses enfants, ça m’a révolté. J’ai commencé à faire des caricatures. J’ai réalisé ma première exposition de caricatures politiques dénonçant la torture aux Beaux-arts d’Alger. Il y avait plus de personne de la sécurité militaire, à cette exposition, que d’étudiants.
En plus, le directeur des Beaux-arts, Ahmed Asselah, qui a été assassiné plus tard, en 1994, dans l’enceinte de l’Ecole, a donné à l’époque, son accord pour faire les premières assises sur la torture en Algérie. C’est extraordinaire ce qu’a fait cet homme, c’est pour cela qu’on l’assassiné plus tard. La sécurité a embarqué deux amis à moi, qui ont été torturés, et jusqu’à aujourd’hui tu sens dans leurs peintures cette souffrance. Tahar Djaout, très grand écrivain qui a été assassiné, et Rachid Boudjedra, écrivain qui est réfugié à Paris aujourd’hui, donnaient des conférences aussi. J’ai continué à exposer plusieurs fois, à la Fac, aux Beaux-arts, dans les bars, dans les enceintes privées. En 1989, les barbus ont déchiré tous mes dessins. C’était très militant. J’ai compris que le crayon était une arme efficace contre le régime pourri en place.

Tes débuts dans la presse ?
Deux mois après cette exposition, on m’appelle pour travailler dans un journal en création Le Jeune Indépendant . Au bout du numéro 4, on profite de cette liberté nouvelle, on attaque les dérapages du système. Ceux qui étaient au pouvoir ont torturé des jeunes, on en fait un dossier. Le soir même, on nous appelle à l’imprimerie, qui appartenait à l’Etat. Le numéro avait été interdit par le premier ministre. Le mot « torture » renvoyait à la colonisation et c’était trop grave d’en parler dans un pays qui venait d’acquérir son indépendance. D’autres journaux commençaient à sortir, l’élan démocratique était parti, le pouvoir ne pouvait plus arrêter cela. On était le premier journal indépendant, ensuite il y a eu Liberté, El Watan et d’autres. Nous avons continué à sortir des numéros.
Nous avons concocté un numéro spécial sur les Juifs d’Algérie, car beaucoup d’entre eux voulaient rester dans le pays. Houari Boumediene les a mis dehors en même temps que les pieds-noirs, alors que les Juifs étaient présents en Algérie, des millénaires avant les Français. Il y avait une cohabitation millénaire entre nous, ils ont les mêmes pratiques que nous, ils mangent casher, ils font les circoncisions, mon voisin juif parlait mieux l’arabe que moi. Nous avions dénoncé cela, parce que, si nous avions gardé cette matière, nous n’aurions jamais eu de problèmes, ni économiques, ni financiers. La Tunisie et le Maroc l’ont bien compris. Au journal, on a eu encore des problèmes. Ils m’ont interpelé, parce que j’avais dessiné le président de la République, Chadli Bendjedid que je qualifiais d’analphabète, dans mon dessin. Je l’avais représenté regardant à travers une loupe et cherchant son diplôme. J’ai commencé à subir des pressions. J’ai du aller au commissariat pour expliquer le dessin. Une semaine plus tard, ils m’ont encore convoqué. Mais j’étais entêté. Je n’avais pas peur. Je gagnais beaucoup d’argent, j’étais le premier caricaturiste libre d’Algérie, le journal se vendait très bien. Ca m’a encouragé, je me suis dis : « J’ai affaire à un système pourri, les dirigeants ont eu le culot de tirer sur leur peuple », pour moi ce système devait dégager.

C’était le premier printemps arabe ?
C’est le premier pays arabe qui s’est soulevé pour imposer la démocratie. On a eu une ouverture démocratique en 1989. Je détiens chez moi 4 albums de dessins, toute la chronologie sociale et politique du pays, jour après jour, jusqu’à l’assassinat de Mohamed Boudiaf * (qui est rappelé au pouvoir en 1992 et sera assassiné quelques mois plus tard, en juin). En 1990, il y a eu le multipartisme et la presse indépendante. C’était la confusion, il y avait 60 partis démocratiques, 120 titres de journaux, en arabe, en Kabyle. En octobre 1988, quand le peuple algérien est sorti dans la rue, la première réaction du système a été de tirer sur les manifestants, on a eu des morts, c’était la panique, on a torturé les communistes, il y avait des massacres, mais on a résisté. Pendant 10 jours, le président n’est pas intervenu. Mais à l’annonce de l’apparition imminente de Chadli à la télévision, les islamistes ont organisé une marche. Des milliers et des milliers d’islamistes se sont rassemblés. Ils ont forcé un barrage devant une caserne. Le pouvoir a tiré, et a tué beaucoup d’islamistes. Ce mouvement commençait à germer depuis l’indépendance, ils ont profité de cette ouverture démocratique pour se mettre en avant. Après, les islamistes ont mené la révolution. C’était un deal avec le pouvoir en place. Ils ont dit : « Nous, on peut calmer la colère du peuple, mais il faut qu’on discute ». Les dirigeants du Front Islamiste du Salut (Fis) sont partis rencontrer le premier responsable du pays. A cette époque, beaucoup d’islamistes sont revenus d’Afghanistan, ils ont fait rentrer des armes, ils étaient armés. C’est comme en Egypte aujourd’hui, ils ont déclaré être pour une forme démocratique, mais à condition que le pouvoir avalise leur parti. Le pouvoir a dit oui : « calmez-moi le peuple ». Les islamistes ont récupéré la grogne sociale du peuple. Ils ont monté démocratiquement leur parti. Deux ans après le Fis a raflé les législatives. Le Fis a demandé les présidentielles anticipées, il allait prendre le pouvoir, comme en Tunisie.
En 1990, les généraux ont mis un autre apparatchik, pire au pouvoir (Sid Ahmed Ghozali). En 1991, j’ai été appelé pour travailler dans un nouveau journal La Nation, avec les plus grands journalistes d’Algérie, un journal porté par l’ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche mais j’ai compris cela bien après. En 1990-1991, les massacres des islamistes ont commencé, ils ont attaqué les casernes et volé les armes et assassiner. Le Fis avait donné naissance à un bras armé le GIA. C’est une tactique, le FIS négociait politiquement et le GIA prenait les armes, une tactique à double facette. En même temps que le Fis engrangeait des voix démocratiquement, le GIA terrorisait pour que la population vote pour le FIS. Ca a très bien marché, le 27 décembre 1991, Le FIS a remporté les élections. Le second tour était prévu pour le 16 janvier. Mais il n’a jamais pas lieu. Les militaires ont organisé une riposte, ils ont créé un vide juridique au niveau de la constitution algérienne, ils ont limogé Chadli, il n’y avait plus de système constitutionnel. Ils ont mis pour 48h, un ancien diplomate algérien. Puis ils ont bloqué le processus démocratique. C’est un coup d’état militaire intelligent. Les islamistes ont redoublé de massacres. Les militaires ont rappelé Mohamed Boufiaf en 1992 en attendant de préparer les élections. Mais Boudiaf n’était pas du système. Il a été assassiné.

Mohamed Boufiaf

Tu étais pris en étau entre les généraux et les islamistes ?
En 1991, les journalistes étaient assassinés, en 1992, ce fut le tour des artistes. Un mois après l’arrivée de Boudiaf, on m’a fait comprendre qu’il fallait que je rapporte, avec des images, tous les assassinats des islamistes. J’étais dans un jeu de pouvoir. Mes caricatures visaient plus les islamistes que les généraux et j’ai compris que ça arrangeait les généraux. Le danger, c’était que, si tu ne dessinais que les barbus, tu prenais le camp des militaires. Alors que pour moi, c’était pareil. Les militaires avaient créé le Fis et avaient assassiné. Et ils en ont profité pour liquider l’élite intellectuelle du pays. C’est un jeu de système machiavélique et je suis tombé en plein dedans. Comme un caricaturiste est un journaliste au crayon, il faut avoir un parti pris. J’ai pris le parti de la liberté

.
Quand as-tu décidé de quitter l’Algérie ?
Ensuite, ils ont arrêté le journal La Nation. Puis, j’ai travaillé dans un autre journal du front socialiste Kabyle, puis à nouveau au Jeune Indépendant. J’ai redoublé de férocité en 1994. Une semaine avant d’être assassiné, le directeur des Beaux-arts, avait conseillé aux professeurs et aux artistes de quitter le pays. J’avais une double menace, les barbus qui faisaient pression sur moi et les généraux. Je ne dormais plus chez moi, ils venaient chez ma mère, mon frère m’a conseillé de partir.
En 1994, je n’avais plus la tête pour dessiner, j’entendais souvent de ma fenêtre des cris d’un jeune qu’on égorgeait. A-t-on le droit de caricaturer une situation dramatique ? Je me pose la question. J’ai touché en plein cœur deux tabous en Algérie que tu ne dois pas toucher : l’armée et l’islam. Moi, je visais les deux. La caricature devient un boomerang, c’est une arme très dangereuse qui peut se retourner contre toi. Pendant 6 mois, je n’ai pas pu revoir ma mère et je ne lui ai même pas dit au revoir quand j’ai quitté le pays. Tous les jours, nous enterrions un collègue journaliste, je me demandais quand ça serait mon tour. C’est devenu un terrorisme psychique, c’est intérieur et les intégristes islamiques sont parvenus à leur objectif : terroriser les journalistes, les intellectuels qui partaient et ça arrangeait le système en place. On nous a pris en otage. Il y avait un système pourri qui a donné naissance à un système plus pourri.

Comment as-tu pu quitter le pays ?
Je suis arrivé en France par miracle. En 1994, en Algérie, les consulats et les ambassades commençaient à fermer. J’avais appelé l’ambassade de France pendant deux mois, sans résultat. Finalement un matin, j’ai réussi à avoir quelqu’un au téléphone. Quand j’ai enfin pu entendre une voix qui répondait, j’ai eu quelques secondes de vide, je ne savais plus quoi dire, j’étais choqué, j’avais une émotion incroyable. Finalement, j’ai demandé à parler à des personnes que je connaissais à l’ambassade, beaucoup n’étaient déjà plus là. J’ai réussi à prononcer un nom et l’on m’a dit qu’on allait le chercher. Puis ce responsable de l’ambassade qui me connaissait a pris mon appel et m’a conseillé de venir le rejoindre au plus vite pour me donner des papiers, lui-même partait prendre un avion à 18 H. Je me suis rendu directement à l’ambassade qui était fermée, mais j’ai pu rentrer. Je me suis retrouvé dans la cour de l’ambassade de France, je commençais à revivre. Je me suis endormi. Je n’avais rien à donner à cette personne. Je lui ai remis tout ce que je possédais : le dernier numéro du Jeune Indépendant avec mes dessins. On s’est serré, il a mis ses larmes sur mon épaule et m’a dit « Fathy, c’est fini, il faut partir…Je vais lire tes derniers dessins dans l’avion… ». Je suis arrivé en France à la gare Saint-Charles, après être resté un moment en Italie chez une amie journaliste. J’avais tout perdu, j’étais comme un animal, l’émotion, les sentiments, le plaisir, l’amour étaient partis de moi.

Et depuis que tu es en France, as-tu des contacts avec l’Algérie ?
Depuis, avec la loi sur la Concorde civile en 1999, le pouvoir a amnistié les islamistes qui ont égorgé les bébés, et les généraux qui ont pillé. C’est le peuple qui paye. La nouvelle bourgeoisie qui s’installe en Algérie, ces sont les terroristes qui ont fait des rackets, libérés par qu’Abdelaziz Bouteflika. Et les femmes victimes du terrorisme n’ont pas touché un centime. Moi, je ne pardonne pas, depuis quand on pardonne à un criminel ? C’est à lui de le faire. Je ne retournerai jamais dans ce pays, s’ils ne demandent pas pardon au peuple, ils ont fait un véritable génocide. Ce système algérien ne changera pas. J’ai repris l’an passé une collaboration avec un journal algérien, mais sur 10 dessins, un seul a été publié. Aujourd’hui, le problème de la presse algérienne est l’autocensure. Mon premier ennemi est la censure, mon deuxième ennemi est la prostitution. Je me suis retiré.

Propos recueillis en février 2012

**Le 27 décembre 1991, au soir du premier tour des élections législatives en Algérie, le FIS arrive très largement en tête avec plus de 47% des suffrages exprimés. Le second tour prévu pour le 16 janvier n’aura pas lieu : il est annulé par le Haut Conseil de sécurité. L’Assemblée populaire nationale termine son mandat le 4 janvier et, le 11 janvier, le président Chadli démissionne. Pour assurer la continuité de l’Etat dans ce vide institutionnel, il est créé un Haut comité d’Etat (HCE).

*Mohamed Boudiaf est membre fondateur du Front de libération nationale (FLN), un des chefs de la guerre d’indépendance algérienne et membre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), au poste de ministre d’État de 1958 à 1961 puis vice-président jusqu’en 1962, il entre en opposition contre les premiers régimes mis en place à l’indépendance de son pays, et s’exile durant près de 28 ans. Rappelé en Algérie, en 1992 en pleine crise politique, à la tête de l’État, en tant que président du Haut Comité d’État, organe en charge provisoire de la gestion de l’État, il est assassiné quelques mois après ses prises de fonction.

 



 

 

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