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Voici : L’Histoire du vénérable Géronimo d’Alger

8 septembre 2015

Med In Marseille a dans ses tables de la loi un article principal : rechercher dans notre histoire commune les faits, les actes et les personnages dont l’évocation ou le récit aide au rapprochement des cultures et des individus. Nous préparons en ce moment un travail documentaire sur un ancien bey de Tunis fondateur d’une dynastie et originaire de l’Ile de Beauté que nous vous ferons découvrir et tout en devisant sur ce grand homme, je me suis souvenu d’un autre inconnu célèbre dont l’histoire de vie et son exploitation en son temps par un pouvoir religieux et un pouvoir politique peut être édifiante pour les contemporains que nous sommes confrontés aux problèmes et drames du temps en matière de coexistence des peuples et des cultures. Voici : L’Histoire du vénérable Géronimo d’Alger, Michel Bonelli, Cercle Culturel Méditerranéen ou comment l’histoire d’un destin hors du commun a failli se continuer dans un projet culturel entre les deux rives et qui sait pourra peut-être renaître.


 

Gravure représentant Géronimo d'Alger, XIXème siècle

« Au XVIème siècle des soldats espagnols d’Oran firent des prisonniers arabes dans une razzia dans l’arrière-pays. Dans le nombre se trouvait un jeune enfant qui fut vendu comme esclave à Juan Caro, vicaire. Celui-ci, le trouvant plaisant, fit de lui par l’éducation et le baptême un petit chrétien sous le nom de Géronimo. Plus tard, fuyant la peste il retrouva sa famille et redevint musulman. Mais à l’âge de 25 ans, touchait par la grâce, il repartit à Oran pour vivre dans la foi de Jésus-Christ. Il retourna dans la maison de son ancien maître qui en fut ravi. Le petit garçon était devenu un solide gaillard qui trouva son emploi dans les troupes ibériques. Il devint soldat et servi quelques années plus tard dans la compagnie franche d’un certain Anton. Il connut même le mariage avec une jeune esclave convertie de la maison de son maître. Mais un jour de 1569, la chance tourna pour lui. Engagé dans une expédition le long de la côte algérienne, il fut capturé par des corsaires qui le livrèrent à Alger au pacha Eudj-Ali. Géronimo, redevenu esclave fut enfermé au bagne de la cité. Des docteurs de l’Islam connaissant son histoire décidèrent de le faire revenir dans la foi de ses ancêtres. Employant tantôt la douceur ou la menace, ils échouèrent tous dans cette entreprise. Géronimo voulait rester chrétien. Cette histoire arriva aux oreilles du pacha Eudj-Ali, celui-ci fou de rage décida de faire un exemple pour tous les chrétiens prisonniers. Il condamna Géronimo à mourir étouffé vivant dans le pisé (ancêtre de notre béton) des fondations de la tour du fort des Vingt Quatre Heures à Alger. Ses sbires s’occupèrent du martyr du malheureux devant les autres détenus. Géronimo avec le plus grand des courages fut enseveli vivant le 18 septembre 1569. Cette terrible histoire put se terminer là et disparaître des mémoires à la mort des derniers témoins, mais le sort voulut le contraire. Elle fut consignée en 1612 dans le livre « Topographie et Histoire Général d’Alger » de l’historien bénédictin Denis de Haedo qui la narrait avec plus de trente récits de mort affreuses que les turcs avaient fait subir à des captifs chrétiens. Cet incunable fixa à jamais le destin de Géronimo. Pendant près de trois siècles, ce récit dormi sur les rayonnages de quelques grandes bibliothèques en Méditerranée et voyagea au gré ventes et des rapines jusqu’à l’année fatidique de 1847. En ce temps-là, la France venait de conquérir Alger et avait détruit le nid de pirates de la Régence en chassant les séides de l’Empire Ottoman de ce rivage. La colonisation était en marche et la croix chrétienne accompagnait partout l’épée du conquérant. Les français reprenaient cette terre aux musulmans qui l’avaient envahi voilà 12 siècles exterminant les chrétiens locaux (là j’en rajoute un peu), liquidant les fils de Saint Augustin. Il fallait maintenant rechristianiser. Tout était bon pour galvaniser les nouveaux colons surtout si cet envahissement pouvait se muer en croisade. Tout était bon, même les vieilles histoires d’un très vieux livre. Vous voyez ce que je veux dire. Un jour fameux de 1847, Adrien Berbrugger conservateur de la Bibliothèque d’Alger, trouva le vieux livre et exhuma l’histoire de Géronimo, Géronimo le martyr, celui qui subit comme notre seigneur, le pire des tourments pour rester chrétien. L’aubaine était trop belle et notre zélé Adrien fit paraître un résumé de l’histoire du pauvre Géronimo sous la forme d’un article dans le journal l’Akhbar. Dès sa parution on se lamente a dans toutes les chaumières (chrétiennes) sur cette sainte vie. Ah le pauvre Géronimo, prêtres, soldats et foule pieuse se mirent à le pleurer. Il était là, dans les fondations de la tour du Fort des Vingt Quatre Heures, là, reposait notre martyr. Mais un bonheur n’arrive jamais seul, six ans plus tard Adrien apprend que l’armée va raser le fort. Il ne tient plus, contacte les autorités, alerte l’évêque d’Alger. L’occasion est trop belle, il faut retrouver le corps de Géronimo et Alger aura son martyr chrétien. Aussitôt dit, presque fait. La démolition est confiée au capitaine Suzoni de l’artillerie. Celui, sape, creuse, arase, rien n’y fait, pas de Géronimo, enfin presque pas. Mais l’esprit saint veille (pour les croyants) ou alors c’est le bol, le cul (pour les joueurs), un jour de décembre après une sombre mine (explosive) le 27, il apparaît, qui, qui ? Allait un effort : Géronimo. Oui notre Géronimo, pas très frais, mais il est là le bougre. Un peu comme si dans les Calanques on remontait Jojo les méninges victime de Françis le Belge avec sa bassine en ciment aux pieds. C’est l’euphorie, Adrien accourt, le maire, le général commandant l’Algérie, mon grand oncle, enfin je crois et même l’évêque. Oui, le chef des capelans (en argot provençal dans le texte, capelans = curés), à qui il vient une idée, mais une max d’idée. Du genre j’ai la même et je fais fortune dans les mois qui suivent. Une idée de génie : Géronimo on en fait un saint, un vrai, avec tout : le jour saint, les reliques, les images pieuses à vendre, les prières à Géronimo, la complète. Alger devient Lourdes encore qu’à l’époque Lourdes nada et notre chef des capelans pourquoi pas pape. Ne croyait pas que je galèje et attendait la suite. Devant le déchaînement de piété populaire, le maire nomma une commission d’enquête ou se trouvait Adrien et celle-ci identifia pour de vrai Géronimo. C’était bien lui le coquin, quatre siècle planqué le voilà revenu. La chose faite, notre évêque, Monseigneur Pavy, file droit voir le pape et va plaider la cause. Salut, je t’amène un petit dossier, le pauvre Géronimo, si tu veux me donner un coup de main, tu m’en fait un saint et tout le monde est content, moi, le gouverneur de l’Algérie, la chrétienté, enfin tout le monde (sauf les arabes, mais on s’en fout). Un saint algérien, avec ça on est tranquille jusqu’en 62, mille neuf cent soixante-deux. Notre Pie hésite brièvement et se dit : en ces temps de positivisme et de culte de la modernité un saint ça fait du bien, tope là Pavy. Mais attention, il y a un os, faire du saint, ce n’est pas de tout repos et en principe ça prend du temps. Il y a même un procès, du genre accusé levez-vous et marchez, non là je m’égare. Mais enquête, il y a. C’est la Congrégation des Rites qui la mène et pour être tout à fait saint il faut des preuves et quelles preuves ! Du genre, je soussigné M. Salomon Bonnet, pardon Louis Bonnet atteste qu’en priant Géronimo, j’ai eu un garçon, moi qui avait déjà que cinq filles. Bien. Ou, je soussigné, Berthe Mauduis, atteste qu’en priant, etc. j’ai connu l’amour à 77 ans, houlà là, super bien. Alors pour l’instant, ton Géronimo, j’en fais un vénérable, le vénérable Géronimo. C’est un grade de sous-saint, pas privé du tout. Après tu deviens Bienheureux et après Saint. Vénérable d’un coup, c’est dix ans de gagner sur la procédure. Notre Monseigneur, tout heureux repartit à Alger annoncer la nouvelle. Géronimo est saint, Géronimo est saint, enfin presque saint. Sonnez clocher, raisonné carillon et surtout n’oubliez pas la monnaie pour les quêtes. Alger en grande pompe fêta son vénérable, le 28 mai 1854, on mena ces restes à la Cathédrale devant une foule en liesse. Et on l’installa pour plus d’un siècle. Il reposa dans la première chapelle que l’on rencontre à droite en entrant dans la cathédrale. Le bloc de pisé qui renfermait ses ossements était masqué par un revêtement flanqué de larges pilastres ; il était placé sur un soubassement et recouvert d’une tablette en marbre, ainsi que tout le reste. Sur la face extérieure on lisait, gravée en creux et en lettres dorées, cette inscription :

OSSA
VENERABILIS SERVI DEI GERONIMO
QUI
ILLATAM SIBI PRO FIDE CHRISTIANA MORTEM OPPETIISSE
TRADITVR
IN ARCE DICTA A VIGINTI QVATVOR HORIS
IN QVA INSPERATO REPERTA
DIE XXVII DECEMBRIS ANNO MDCCCLIII

Traduction

Ossements
Du vénérable serviteur de Dieu Géronimo
Qui
Souffrit la mort pour la foi chrétienne
D’après la tradition
Dans le fort des vingt-quatre heures
Où ils ont été providentiellement retrouvés
Le 28 décembre 1853

Géronimo passait à la postérité, à la starification. Un couchage cinq étoiles en attendant la sainteté. C’était parti, Géronimo par si, Géronimo par-là, merci Géronimo, pourquoi pas moi Géronimo, enfin la gloire et le succès. Même les Missionnaires d’Afrique, Pères Blancs s’emparèrent de lui, ils placèrent leur ordre sous la protection de Notre Dame d’Afrique et du vénérable Géronimo, oui vous avez bien entendu la protection, pour un homme plusieurs fois capturé dans sa vie devenir protecteur, c’était prendre du galon. Mais le temps passa, Monseigneur Pavy disparut, Adrien de même et les papes se succédèrent. Toujours pas de sainteté pour le vénérable Géronimo. On dit bien avoir la patience d’un saint mais quand on ne l’est pas on se lasse. Jusqu’au triste jour de 1920 où la Congrégation des Rites déclara que Géronimo ne pouvait pas être saint, oui notre Géronimo pas saint au pire malsain. Misère. Géronimo repartait dans l’ombre, à la trappe de l’histoire. L’indépendance de l’Algérie arrivant il fallut même le déménager pour aller l’installer dans la nouvelle cathédrale, la sienne étant devenue une mosquée. Ah les monstres. Allez hop Géro au trou, du moins à la crypte, retour au monde sous-terrain, à la clandestinité. Un coup à prendre racine. Mais non, ce n’est pas fini. Cher lecteur, il y a une suite et vous allez voir quelle suite. Géronimo voyage, Géronimo bouge, vous m’avez bien lu. En effet lors de l’Année de l’Algérie en France, en 2003, on organise à Marseille, dans la Tour du Fort Saint Jean et oui encore une tour encore un fort. C’est reparti. C’est le destin. Géronimo, un habitué de l’architecture militaire. Donc au Fort Saint Jean on organise une exposition Marseille-Alger un bric à brac savamment présenté ou quelques érudits bien-pensant nous montre à la fois Marseille et Alger, des photos, des objets, comme si on ne savait pas qu’on se ressemblait. Pauvre mastres, c’est comme si tu dépensais de l’argent pour me faire une expo sur mon cousin, oui mon cousin, celui avec qui je jouais petit et avec qui je vais au stade vélodrome, enfin passons, il parait que c’est de la culture, donc revenons à Géronimo. Et devinez qui est dans l’expo, qui, qui, Géronimo. Bravo vous avez gagné. Notre Géronimo, enfin son gisant est de la partie. Il est là, le bougre, dans la même pièce qu’un vieux lit ottoman. Enfin c’est mieux que rien. Et sur l’étiquette on peut lire : corps du vénérable Géronimo d’Alger. Bon pour cette nouvelle sortie, il n’est pas la star, pas d’évêque, pas de général, pour s’intéressait à lui. C’est presque l’anonymat. Oui mais alors là c’était sans compter avec l’esprit saint, le bol, le cul… Eh oui avec celui de Géronimo vous pourriez gagner au loto, coucher avec Adriana Karambeu ou découvrir sur le tard que vous êtes le fils de Sheila, tout est possible. Et vous allez voir ce qui lui arrive. Dans le flot des visiteurs, un homme plus très jeune déambule, un grand costaud qui parle fort avec les mains, tu vois comme mon cousin. Cet homme, je vous le donne en mille, c’est Denis, Denis Martinez, le grand plasticien algérien, l’homme qui a fait « Jonctions » la grande exposition pour l’Année de l’Algérie à la Friche de la Belle de Mai, celui qui fait des tableaux beaux comme le soleil, beaux comme son pays, mon ami. Et là, il tombe presque sur le cul. Mais c’est qui ça, ce gisant, c’est qui, c’est Géronimo. Denis vient de rencontrer Géronimo, Denis se prend d’affection pour Géronimo, il veut tout savoir sur lui. Il questionne Florence Pizzorni, commissaire de la manifestation pour en savoir plus. Il viendra au démontage de l’exposition pour photographier ce personnage qui retournait à Alger et dont l’emballage ressemblait à celui de la momie d’un pharaon d’Egypte. Et enfin après avoir glané quelques informations, il m’a demandé d’effectuer une recherche documentaire sur le sujet. Parce que notre artiste, commence à songer sérieusement à bâtir un projet autour de Géronimo d’Alger, un projet alliant peinture, dessins, images, récits, etc. Et quand on sait de quoi ce sacré homme est capable ! Géronimo n’est pas près de disparaître. A bientôt qui, qui ? À bientôt Géronimo.

Notes bibliographiques

Pour tout savoir sur Géronimo d’Alger, une adresse : la bibliothèque du Centre des Archives d’Outre- Mer en Aix en Provence, 29 chemin du moulin de Testas.

Trois documents

De la captivité à Alger de Diego de Haedo, traduction de Moliner-Violle, Alger, Adolphe Jourdan, 1911, 368 pages (côte, BIB,AOM,//6186)

Géronimo – découverte et translation des reliques d’un saint martyr à Alger, Cluzon, Bourdin, 1861, 61 pages (côte BIB,AOM,B1)

Géronimo le martyr du Fort des 24 heures à Alger de Adrien Berbrugger, Bastide, Alger, 1859 (côte : BIB,AOM,//4459)

Note sur Denis Martinez

Peintre et poète, Denis, Jean Manuel Martinez est né en 1941 à Mars el Hadjadj. En 1957, il s’installe à Blida avec sa famille et suit l’enseignement de l’Ecole des Beaux-Arts, à Alger et à Paris, jusqu’en 1962. En 1963, il devient professeur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Alger. Il est animateur et initiateur, avec Mesli, du mouvement Aouchem (Manifeste en 1967). Il sera Grand Prix de la ville d’Alger en 1975. Nous pouvons dire que sa peinture clame une filiation aux arts dits primitifs qu’ils soient de l’antiquité africaine ou de l’artisanat populaire maghrébin, et qui a la nostalgie de ces temps ou magie et utilité nourrissaient les activités de reproductions formelles que l’on appelait pas encore de l’Art. Dans l’Algérie de l’après indépendance il fut très proche de Jean Sénac, un compagnonnage du quotidien ou se mêlait amitié, discours sur la création, initiatives communes, chemin de vie et chemin de création. A Marseille depuis 1994, il a enseigné à l’Ecole des Beaux-Arts d’Aix en Provence.

 



 

 

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