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"Vers la guerre des identités ?" : Un livre qui tombe à Pic.

9 juin 2016 - Dernier ajout 10 juin 2016

Juste avant la révolte dans les banlieues de 2005, nos auteurs publiaient « La Fracture Coloniale », Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Dominic Thomas jettent un nouveau pavé à la face de la droite extrême accompagnés de plus de vingt contributeurs avec cet ouvrage collectif : « Vers la guerre des identités ? De la fracture coloniale à la révolution ultranationale ». Vous pensez qu’après ma chronique sur OZRADROITE, colloque de toutes les droites ce week-end à Béziers et surtout celle nationale, je ne peux que vous inviter à découvrir cet ouvrage qui vient de sortir aux éditions La Découverte. Il fait le point sur la situation des membres de la grande famille de la diversité dans notre pays. Ceux qui sont et se sentent que des français de papier. Ceux qui en désespoir de France partent pour le jihad, courent sur les stades avec des drapeaux d’autres nations ou ceux qui souffrent en silence dans l’univers glauque de leurs banlieues mais aussi ceux qui malgré une vraie réussite sociale et financière vivent bien mais avec un malaise au fond de leur être. Vous l’avez compris c’est les mêmes qui fréquentent notre site Med In Marseille et que vous retrouvez dans nos chroniques et nos vidéos en compagnie de quelques autres sujets brûlants de notre espace français, européen, méditerranéen et parfois encore plus lointain, même avec nos modestes moyens nous voulons contribuer à l’information du local au global. Merci par avance à nos financeurs de bien penser à nous en 2016.


 


Après cette digression publicitaire en notre honneur, je reviens au sujet. Cet écrit c’est un voyage au pays des discriminations, un constat de la quasi faillite de notre modèle d’intégration, moi je dirais panne, parce que je pense qu’il a fonctionné très longtemps et que moyennant une vraie volonté politique et l’amélioration de notre conjoncture économique il peut repartir et vite. Mais les auteurs ciblent un mal plus profond de notre société, la montée de la pensée néoréactionnaire qui se traduit par la culture de la peur de l’étranger. Tout simplement le bouc-émissaire désigné comme responsable de tous nos maux. Ils constatent dans ce sens un réel accroissement des tensions depuis les événements de 2005. Ils font référence au discours de Dakar de Sarkozy où notre président de l’époque osait dire que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire, revenaient sur les attaques contre Mme Taubira et sa loi sur le mariage pour tous, attaques comparables à celles que subit Najat Vallaud-Belkacem moins violente parce que celle-ci n’est pas animalisée par ses opposants comme le fut en singe la ministre de la Justice sans oublier la fronde de la France dite profonde des Manifs pour tous avec un regain pour les traditionnalistes, les zélotes de la famille papa-maman mais aussi les tenants de la casse des lois sur la contraception et de la loi Weil sur l’interruption de grossesse. Ils alertent sur la situation dans de nombreux quartiers de l’hexagone et dans nos outremers à la dérive. Ils pointent les atermoiements de la politique de la ville, la haine de l’islam, la thèse du grand remplacement de notre peuple, le ressac de l’antisémitisme et surtout l’impossibilité d’affronter l’esprit lucide notre passé colonial, mal pour eux le plus important. Par exemple ils parlent de l’absence d’un vrai musée de la colonisation et ils dénoncent les carences de la Cité de l’Immigration qui ne remplit sa fonction qu’à 50%. En effet notre musée de l’immigration est parfait pour un descendant de l’immigration italienne ou polonaise mais un descendant de l’immigration maghrébine ou africaine ne s’y retrouve pas parce que les créateur ont omis de parler de l’indigénat et de ce c’était d’être un indigène dans cette république qui possédait un empire. Bien vu. Pour eux en 2016 on pousse des gens à se replier sur leur identité parce que nous n’avons pas d’espace commun. Parce que des gens ne veulent pas de cette diversité arabe et africaine. Et enfin ils nous préviennent que notre société est un baril de poudre qui attend sa mèche et l’allumette qui l’éclairera. On peut noter un petit point qui demande à être mieux traité. En effet l’incrimination sur les responsabilités de nos penseurs qui ont provoqué cet état les conduit à dresser une liste où l’on retrouve E. Zemmour, E. Badinter, C. Fourest, R. Debray et bien sur A. Finkielkraut mais aussi d’autres, raccourci je pense trop simpliste. De plus on ne trouve pas vraiment leur recette pour rebâtir un monde nouveau et écrire un roman commun acceptable mais surtout lisible facilement par tous. Mais bon chaque étude à sa faille, il reste quand même qu’ils somment la gauche tout entière à y aller à se mettre au travail, pourquoi que la gauche… Quand même allez vite le lire surtout si vous êtes un praticien du social ou un simple citoyen travaillé par le doute.
Pascal Blanchard, historien, est chercheur au CNRS au Laboratoire communication et politique (Irissso/Université Paris-Dauphine). Il est spécialiste du "fait colonial" et de l’histoire des immigrations en France. Nicolas Bancel, historien, est professeur à l’université de Lausanne. Il travaille sur l’histoire coloniale et postcoloniale, l’histoire du sport et des mouvements de jeunesse. Dominic Thomas, directeur du département d’études françaises et francophones de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), est spécialiste des politiques d’échanges culturels entre l’Afrique et la France et des questions d’immigration et de racisme en Europe. Ils ont notamment publié à La Découverte : « La Fracture coloniale » (2005) - « Ruptures postcoloniales » (2010) - « La France noire » (2011) - « Zoos humains et exhibitions coloniales » (2011) - « La France arabo-orientale » (2013) - « Noirs d’encre » (2013) - « Les années 30 sont de retour » (2014) – « L’invention de la race » (2014) - « Le Grand Repli » (2015) et souvenons-nous aussi de « Marseille porte sud : un siècle d’histoire coloniale et d’immigration » de Pascal Blanchart et Gilles Böetsh, Paris, La Découverte, Marseille, Jeanne Laffite toujours en 2005.

 



 

 

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