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"Uni-T", union pour la Tunisie : une association citoyenne franco-tunisienne

23 mars 2016 - Dernier ajout 24 mars 2016

Au lendemain de la Révolution du Jasmin, la Tunisie a vu fleurir de nombreuses associations qui, ont souhaité participer au processus démocratique et veiller au respect des droits et des libertés de chacun.
Uni*T, union pour la Tunisie est l’une de ses associations. Elle regroupe les Tunisiens et amis de la Tunisie vivant en France.
Rencontres, conférences, débats... l’occasion pour les franco-tunisiens d’échanger, de réagir et débattre.
Wajdi Liman, président d’Uni*T, nous en dit plus, et réagit aux attaques terroristes qui ont frappé le pays ces derniers mois.


 

Parlez nous d’Uni*T, l’association dont vous êtes président.

Notre association a vocation à agir dans le cadre de la diaspora tunisienne, afin de permettre le renforcement de la citoyenneté et de l’Etat de droit. C’est ce que nous faisons depuis maintenant cinq ans. Participer au débat public et faire en sorte, que les Tunisiens de France puissent se faire entendre. Uni*T, Union pour la Tunisie, est née au lendemain du 14 janvier 2011 avec la volonté d’accompagner et de veiller au développement d’un état démocratique en Tunisie. Nous rassemblons des Tunisiens et des amis de la Tunisie, des volontaires et des bénévoles, tous unis par l’envie de poursuivre le processus démocratique et animés par l’amour de ce pays et de son peuple. La Révolution tunisienne, nous offre l’opportunité de construire un pays libre et démocratique pour nous, nos enfants, ainsi qu’aux générations à venir.

Pouvons-nous dire aujourd’hui que la démocratie est en marche en Tunisie ?

Oui, la transition démocratique est en marche, sans aucun doute. Il y a des élections, une alternance, les libertés fondamentales sont là, même si nous devons encore nous battre pour que les droits de tous les Tunisiens soient maintenus. Mais justement, désormais en Tunisie, on peut se battre pacifiquement et dans le cadre légal .

Etes-vous malgré tout optimiste pour l’avenir ?

Optimiste ?Je ne sais pas. La situation est complexe et fragile. Elle peut basculer à chaque instant. Je dirais plutôt que c’est la vigilance qui s’impose, plus que l’optimisme ou le pessimisme. Une vigilance de tous les instants. Une vigilance au côté d’un engagement vis-à-vis des valeurs qui nous animent, et qui sont la boussole de notre engagement.

Apres les évènements tragiques de Benguerdane, la Tunisie et les Tunisiens peuvent ils lutter seuls contre le terrorisme ?

Le terrorisme est un problème auquel l’ensemble des pays du monde font face. Dans le cadre tunisien, il faut combattre la pauvreté, la relégation régionale, les conditions objectifs qui servent de déclencheurs pour le passage à l’acte. Concentrons-nous sur ces questions, au lieu de faire des bruits que nous ne sommes pas en capacité d’assumer. Il ne s’agit pas de passer à côté de cette situation de violence dramatique. Mais de comprendre et d’apporter des réponses, face à des actes qui interrogent. Comment après la fuite de Ben Ali, en sommes-nous arrivés là ? Où en sont les demandes du peuple de la révolution ? Quel projet commun ? Quelle répartition économique, quelle répartition du capital, quelle perspective de transformation sociale, pour justement ne pas se retrouver dans ce type d’impasse. Cinq ans après la fuite de Ben Ali. C’est une analyse lucide que nous devons mener, au lieu de céder aux sirènes du patriotisme comme unique cri primal face à ce terrorisme sanguinaire. Cette violence aveugle doit être condamnée, mais on ne pourra répondre à ces situations spécifiques, qu’ avec des réponses qui ne peuvent être que spécifiques, si on veut y mettre fin, et si on veut que la Tunisie fasse société.

Quels retours avez vous des Tunisiens qui vivent en France sur la situation actuelle ?
Comment peuvent ils contribuer à l’évolution du processus démocratique ?

Les tunisiens sont inquiets évidemment. Même si ils ne vivent pas sur place, ils y ont leurs parents, leurs familles, leurs amis. Cette situation est douloureuse. Mais on peut et on doit agir de manière concrète pour que cette transition politique n’échoue pas. Ici, nous sommes engagés dans des partis et des associations, on doit aborder la question de la démocratie tunisienne et de la démocratie dans le monde arabe. On doit faire connaître ce qui s’y passe et faire en sorte, que nous ne puissions pas revenir en arrière.
Il faut être vigilant sur le processus en cours, d’autant plus quand des situations exceptionnelles telles que nous les voyons dans le Sud, peuvent faire dérailler un processus. Du coup, il faut prendre le temps d’organiser des rencontres, de créer du lien, d’expliciter les choses, de déconstruire les choses et de faire émerger des repères communs. C’est ce que nous faisons en France, pour que la diaspora tunisienne continue à être mobilisée en faveur de la transition démocratique, du respect des droits de l’Homme et engagée en faveur de la transformation sociale.

 

 

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