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Un gala pour récompenser la combativité et la persévérance des femmes africaines

6 décembre 2014

Si l’origine d’une personne peut être facteur d’inégalité, le sexe l’est tout autant. Cette discrimination combinée a donné, à de nombreuses femmes de couleurs, la force de combattre les préjugés et de valoriser leur savoir. Afin de leur rendre hommage, le premier « Gala de la Femme Africaine » (GAFA) s’organise. Femmes de carrière, de lettres, politique ou du secteur associatif, leurs origines les ont forgées et leur parcours veut être honoré. L’événement est annoncé, les votes sont ouverts, c’est vous qui décidez.


 

Depuis le 17 novembre, les votes sont ouverts et les nominées dévoilées. Pour la première fois, un prix va récompenser et promouvoir tout particulièrement la femme africaine contemporaine. L’idée a émergé de la présidente de l’association « Un sourire d’ici ou d’ailleurs », Lithicia Marieve. « A force de voir dans les médias qu’il n’y avait personne pour nous représenter ou que les seules étaient issues de réseaux ou avaient été propulsées, l’idée lui est venue » explique Badeela Malonga, chef de projet du gala et bénévole de l’association, avant d’ajouter « dans l’ombre, il y a plein de femmes extraordinaires qui ont du talent et un grand potentiel ». Selon le vieil adage qui dit que l’on est jamais mieux servi que par soi-même, les deux femmes, qui ont parallèlement des activités professionnelles respectives, se sont lancées dans cette nouvelle aventure d’événementielle. « L’objectif est de se promouvoir nous-mêmes et ne pas attendre qu’on le fasse pour nous » déplore Badeela Malonga. Elles sont alors parties à la recherche de talents et ont même découvert les nominées. Une liste de six catégories a été définie, chanteuse, écrivaine, journaliste, politicienne, militante associative et chef d’entreprise, avec cinq lauréates pour chacune d’entre elles. Ces femmes ont deux spécificités : celles d’avoir un talent certain et des origines africaines, du Maghreb à l’Afrique subsaharienne : « quand on parle de gala de la femme africaine, on pense distinctement Afrique noire ou Maghreb. Pour ce gala, nous avons voulu représenter l’Afrique dans sa globalité, géographiquement parlant ». Pour Badeela Malonga, « c’est un moyen de montrer que l’Afrique est unique ».

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Le 1er gala récompensant l’implication et le combat des femmes de couleurs dans la vie professionnelle

Les nominées

Pour le trophée de la chanteuse la plus méritante, les nominées sont : Cisse Yatera et sa voix marquée par le Gospel et la musique africaine, « savoureux métissage entre la culture française et mauritanienne dont elle a été bercée depuis l’enfance ». L’artiste Jungle Leez, qui évolue désormais à Londres afin de s’épanouir dans ce qu’elle définit de la « Cosmic Soul ». La Marocaine Oum et son timbre profond aux origines sahraouies. La marseillaise de la cité de la Castellane, au flow R&B, Samia, qui a signé en 2007 avec le label Hashley Music. L’artiste engagée, Aissate Ba, auteur, compositrice et interprète. Les votes pour le « Chant », qui ont débuté le 17 novembre sont clos. La participation sur le site internet et le réseau social Facebook - sur la page "Gala de la femme africaine" - est accessible pendant des cycles de deux semaines uniquement, par catégorie. Le vote final du jury, plus conséquent en poids, départagera les candidates.

Depuis le 1 décembre, les nominées « Journaliste » ont été dévoilées avec cinq femmes aux parcours exemplaires et aux ambitions affirmées. Sont sélectionnées Florelle Manda, jeune femme issue d’un métissage franco sénégalais et congolais qui évolue notamment chez Tropiques FM et parallèlement pour l’émission TV « Tantines ». L’animatrice et chroniqueuse de l’émission « Le Claudy Show » sur France Ô et de « Couleurs Tropicales » sur RFI, Juliette Fievet. Tantôt chef de rubrique pour « Gazelle Magazine » et « Yahoopourelle », rédactrice pour Santessima, animatrice de la chronique « 7 milliards de voisines » sur RFI et, à ses heures perdues, écrivaine, Karima Peyronie est une journaliste aux multiples talents. Nadia Lamarkbi a elle aussi plus d’une corde à son arc. Après son entrée comme pigiste au service économique de l’hebdomadaire « Jeune Afrique », elle devient grand reporter pour le « Courrier de l’Atlas ». Depuis 2013, elle est rédactrice en chef adjointe du site d’information panafricaine « Africa24 » et éditorialiste dans le talk-show de la chaîne Africa24. De la radio à la télévision et des piges à l’écriture web, Prisca Ogouma a notamment évolué sur Canal + Afrique. Fortes de ces expériences, elle porte aujourd’hui un projet de développement avec son association « Réussites Sans Frontières » qui participe « à la concrétisation des enjeux de développement du Continent africain, en prenant pour cadre les secteurs Médias – Communication – Cinéma ».

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Les nominées "journaliste", de haut en bas : Florelle Manda, Juliette Fievet, Karima Peyronie, Nadia Lamarkbi et Prisca Ogouma.

De multiples talents en France et au-delà des frontières figurent au tableau des nominées. Houria Sehili, dans la catégorie militante politique, pour son implication notamment en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien. La journaliste, qui concourt en tant qu’écrivaine, Nadia Hathroubi-Safsaf, a notamment publié le livre « La longue marche pour l’égalité » qui revient sur ce mouvement de 1983 contre le racisme et pour l’égalité des droits. La militante associative panafricaine, Chantal Faida Mulenga-Byuma, qui œuvre pour l’éducation des femmes et enfants vulnérables et analphabètes à travers son association UWEMA. Autant de femmes « Afropéènnes », comme les dénomme Badeela Malonga, qui « ont des origines en Afrique mais qui se forgent en France grâce aux deux ».

Un sourire d’ici ou d’ailleurs

Créée en 2007, l’association « Un sourire d’ici ou d’ailleurs » apporte un soutien aux personnes les plus démunies à Paris, notamment durant ces périodes de froid, par le biais de collecte : « on fonctionne sur l’échange détaille la bénévole de l’association. Quand les personnes viennent faire les dons, on leur offre toujours quelque chose en échange, gâteaux ou boissons ». Des offrandes qui permettent de distribuer des sacs de couchage , couvertures et nourritures. Leurs missions ne se cantonnent pas à l’Hexagone, elles s’étendent au Cameroun. En plus d’envoyer des vêtements, elles développent actuellement deux projets vers ce pays d’Afrique centrale. L’un deux prévoit d’aider les jeunes mères afin qu’elles élèvent leurs enfants dans les meilleurs conditions tout en poursuivant leur scolarité. Un volet prévention auprès de ces jeunes femmes devrait également être établi. Parallèlement, Un sourire d’ici ou d’ailleurs a noué un partenariat avec l’association Safe Horizon pour contribuer à la scolarisation d’enfants orphelins situés dans des zones reculées du Cameroun. Les fonds qui seront récoltés lors de cette soirée de gala serviront notamment à financer ces deux projets.



C’est un lieu parisien mythique et prestigieux qui accueillera, le 7 mars 2015, la richesse de la diversité féminine pour cette remise de prix : la salle Wagram. La soirée s’ouvrira sur l’hymne du gala, réalisé tout particulièrement pour l’événement et sera rythmée par des prestations d’artistes. Un menu aux saveurs africaines, maghrébines et occidentales éveillera les papilles de ce gala qui s’annonce haut en couleurs.

Le Gala de la femme africaine

 

 

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