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Un 17 octobre plus actuel que jamais !

17 octobre 2017

Aujourd’hui nous nous souvenons dans le recueillement du sacrifice de nos aïeux, qui par leur courage brisèrent l’arbitraire colonial qui imposait aux algériens résidants en France un couvre-feu humiliant. Leurs fautes ? Faire partie de ce peuple qui depuis six longues années se battait pour recouvrir son droit à l’indépendance.


 

Fatima Bedar avait 15 ans quand elle est morte noyée le 17 octobre 1961 ! Son crime à elle, avoir manifesté pour sa liberté et celle de ses compatriotes. Fatima avait la vie devant elle, mais l’idéologie coloniale en a voulu autrement. Car ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’idéologie, celle-ci est faite de fantasme historique, de relent raciste, et de violence qui se justifie par le maintien d’un ordre où les bourreaux adorent se travestir en victimes. Tandis que les victimes ou ceux qui tentent de résister sont sommairement traités de terroristes sans toute autre forme de procès.
Lors de la révolution algérienne un journaliste s’adressa en ces termes à Larbi ben M’hidi :

"Monsieur Ben M’Hidi, ne trouvez-vous pas plutôt lâche d’utiliser les sacs et les couffins de vos femmes pour transporter vos bombes ? Ces bombes qui tuent des victimes innocentes !"

Le héros Larbi ben M’hidi lui répondit de la manière suivante :

"Et vous, ne vous semble-t-il pas bien plus lâche de larguer, sur des villages sans défense, vos bombes napalms qui tuent mille fois plus d’innocents ? Evidemment avec des avions ç’aurait été beaucoup plus commode pour nous. Donnez-nous vos bombardiers, monsieur, et on vous donnera nos couffins !"

Dans une guerre asymétrique anticoloniale le résistant se bat avec ses armes aussi faibles soient elles. Et elles prennent parfois la forme d’une simple manifestation comme celle du 17 octobre 1961. Et malgré les centaines de disparus de ce terrible jour d’octobre, il semblerait que parfois nous ne nous préoccupons que du devoir de mémoire sans, comprendre quels enseignements nous devons tirer de ces terribles événements.
Le colonialisme n’a pas pris fin le 5 juillet 1962, il existe toujours, des peuples se battent toujours et parfois dans l’indifférence la plus totale de la communauté internationale. Parfois également la répression se fait avec la complicité silencieuse de la communauté internationale. La frontière est fine entre l’indifférence, le silence et la complicité, certes n’est pas Fatima Bedar ou Larbi Ben M’hidi qui veut ! Nous ne leurs arriverons jamais à la cheville et ce, peu importe le nombre d’action que nous avons mené ou le nombre de manifestations auxquelles nous avons participé et encore moins lorsqu’au nom du rapprochement des peuples nous nous fourvoyons aux côtés d’organisations politisées qui soutiennent des politiques coloniales ! Chaque jours dans les territoires occupés de Cisjordanie, des jeunes filles de l’âge de Fatima Bedar subissent l’arbitraire d’un colonialisme condamné à de multiples reprises par l’ONU.
Chaque jour un peuple se voit spolié, humilié derrière un mur construit avec la volonté de séparer, d’enfermer, et en définitif de déposséder. Aucun mur ne favorisera le rapprochement Judéo-Palestinien
et aucun de ceux qui le soutiennent, ne favoriseront le rapprochement Judéo-musulman ! Auquel bien sur nous devons tous aspirer, au nom simplement de la fraternité humaine.
Ceux qui feignent d’ignorer la réalité ne le font que par pur opportunisme politique et n’en finissent plus de se disqualifier en surfant sur l’émotionnel plutôt que d’aborder les problèmes dans leurs complexités.
Aussi plutôt que de vouloir exister, quitte à n’exister qu’en étant, le faire valoir d’un autre, il convient de se souvenir du sacrifice de Fatima Bedar qui à 15ans donna sa vie à Paris pour que ses compatriotes de l’autre côté de la méditerranée puissent être libres ! Et si grâce à Dieu, personne ne doit donner sa vie, préoccupons nous au moins de préserver notre dignité.

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Hassan Guenfici, président de l’Espace Franco Alérien Paca. Ici en photo avec la plaque commémorative du 8 mai 1945.

 

 

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