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Michel Bonelli sur la nomination d’un ministre zabatiste en Tunsie :

Surtout il ne faut pas rebrûler Carthage !

6 janvier 2015

Ben Ali, le retour, une révolution peut se définir comme un tour complet sur son axe, c’est bien le cas de la Tunisie avec la nomination d’un ancien ministre du dictateur déchu au poste de chef du gouvernement. Il ne reste plus qu’à refabriquer l’image d’un pays de pacotille et de farniente où les invertis de tous bords venaient se fournir en chair fraîche d’adolescents au soleil de la Méditerranée juste à quelques minutes d’avion de nos côtes.


 


Le dégénéré de la famille Mitterrand pourra y reprendre ses immondes habitudes avec quelques autres. La police équipée peut-être à la française veillera sur tout ce beau monde. Hammamet, Carthage et Djerba, ses plages et ses palaces pour les uns et les autres attendront l’eau potable que l’on réserve aux golfs. Les petits marchands itinérants peuvent toujours stocker de l’essence pour les temps durs à venir, une crémation volontaire en public c’est au moins un demi-plein de voiture. Comment nos soeurs et nos frères sont tombés dans ce piège après tant de luttes.


Comment une société qui a produit une élite si nombreuse risque-t-elle de voir revenir certains vampires qui n’étaient pas partis bien loin dans les limbes de l’histoire. Nous devons méditer cela. Comment la peur de l’islamisme a trouvé comme allié une mafia politico-économique qui a mis le pays en coupe réglée rognant les acquis des combats de l’indépendance et de l’émancipation de tout un peuple. Avec la Libye en décomposition, des groupes islamistes à la frontière algérienne et des salafistes enkystés dans toute la société, que va-t-il rester des senteurs du jasmin et des espérances d’une Tunisie modèle pour le monde arabe. Nous le verrons bien. J’espère que l’opposition parlementaire pourra s’exprimer, que la presse restera libre et que les problèmes du pays se résoudront à la chambre et pas dans la rue. Du Maroc de sa graisseuse majesté toujours plus riche, en passant par l’Algérie en cryogénie de Bouteflicka, jusqu’à l’Egypte de Sissi l’impérator au glaive couvert du sang des frères, notre rive sud va mal et les mafias de tout bord mènent la danse, danse avec les loups de Syrie, les fous de dieu de l’Etat islamique en Syrie et au Levant. Souhaitons quand même une bonne année aux tunisiens de là-bas et d’ici et essayons avec nos modestes moyens de les soutenir, surtout il ne faut pas rebrûler Carthage.

 



 

 

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