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Que c’est dur de ramener son conjoint du bled !!!

6 novembre 2015

Slimane (nous avons changé les noms dans cet article pour respecter la volonté de l’interviewé), jeune entrepreneur algérien rencontre Samia la marseillaise sur une plage dans le environs d’Oran où elle est venue passée ses vacances à l’été 2011. Très vite ces deux-là ne se quittent plus et décident de se marier, chose faite l’été suivant en 2012. Après le passage à la mairie d’Oran et le mariage religieux, Samia rentre chez elle et attend l’arrivée de son mari. Slimane reçoit son livret de famille et son acte de mariage du consulat français en 2014 et entame alors une procédure de regroupement familial. Il dépose son dossier complet et attend confiant son visa pour rejoindre sa femme qu’il n’a pas vu maintenant depuis quelques mois. Après plusieurs semaines d’attente la sentence tombe visa refusé et aucune justification n’est jointe. Slimane décide de passer par l’Espagne pour rejoindre son épouse, en effet grâce à son travail, il obtient un visa d’affaire et vient en Europe en novembre 2014.
Une fois à Alicante, Slimane, travaille un mois et ensuite entreprend le voyage jusqu’à Marseille pour rejoindre sa femme, après les chaleureuses retrouvailles, le couple décide d’aller ensemble à la préfecture pour régulariser la situation du mari, Slimane nous raconte le déroulement de cette procédure.


 


Racontez-nous comment ça s’est passé à la préfecture ?
Je suis parti avec Samia ma femme déposer mon dossier, après une longue attente nous sommes enfin reçu, l’agent nous explique qu’il ne peut pas examiner notre dossier car, je ne suis pas rentré avec le Visa D, un visa long séjour qui donne droit à un premier titre de séjours, il me demande donc de rentrer en Algérie et de refaire ma demande depuis mon pays d’origine, le même visa qui m’a été refusé un an auparavant en Algérie. Donc j’étais devant un dilemme : revenir en Algérie et attendre quelques annés sans être sûr d’avoir le bon visa, ou essayer de trouver un autre moyen pour régulariser ma situation. Ma femme insiste devant le fonctionnaire en lui disant : « Après des années d’attente et maintenant qu’il est là vous lui demandez de repartir ». Elle voulait au moins qu’il accepte le dépôt du dossier qui est synonyme d’avoir un récépissé provisoire, ce qui rendrait ma situation plus confortable, et je n’aurais pas à craindre les contrôles inopinés de la police car mon visa espagnol avait expiré. Nous avons quitté la préfecture désespérés.
Qu’est-ce que vous avez décidez de faire ?
J’arrivais toujours pas à comprendre que j’ai un livret de famille français, je peux avoir un certificat de mariage quand je veux, mais que la préfecture refuse mon dossier alors que mon entrée en France s’est faites d’une façon régulière, et que j’ai fourni toute les preuves lors de mon entretien avec le fonctionnaire. D’où vient le blocage ? Impossible de le savoir. Une fois le choc encaissé, nous avons décidé de solliciter un avocat, le premier qu’on a vu nous a clairement expliqué qu’il n’allait pas déposer le dossier à notre place et que tant que celui-ci n’est pas pris en compte par la préfecture les démarches risques d’être longues et onéreuses, vu notre situation financière, nous avons décidé d’aller voir le centre d’accès au droit des étrangers qui se trouve au boulevard d’Athènes. Le lendemain je me déplace à l’association, la personne à l’accueil m’explique qu’il faudra revenir demain très tôt car ils ne prennent qu’un nombre limité de dossier. J’arrive le lendemain au aurore, je suis stupéfiait, il y avait déjà beaucoup de monde, je me suis alors découragé.

Comment vous envisagez votre avenir en France ?
Sans papiers en France, la vie est très difficile, ma femme étant au chômage en ce moment, j’ai du mal à trouver du travail même au noir, j’ai pu faire quelques gâches dans le bâtiment mais rien de régulier, ma famille m’aide aussi un peu mais ma situation est fragile. Je pense que si mon statut administratif n’évolue pas, je demanderais à ma femme de venir vivre avec moi en Algérie voire en Espagne. Si elle préfère rester en France ce que je peux comprendre, je pense qu’on va divorcer, car cette situation n’arrange personne et elle a assez durée. La misère me guette, je vais encore tenter de déposer mon dossier ce mois-ci mais si le blocage persiste je préfère partir avant qu’il soit trop tard pour moi.

 

 

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