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Pas vraiment envie de Béziers

2 juin 2016

Vous le savez depuis quelques temps nous nous sommes intéressés au sort de la ville de Béziers et de l’action de la municipalité plus ou moins apparentée au Front National qui a pris la mairie en 2014 pour y suivre particulièrement la vie associative, militante et les conséquences sur la politique de la ville dans cette cité. Comme nous sommes partout Med in Marseille se devait d’infiltrer « Oz ta droite », il est toujours bon de savoir à qui on a à faire par les temps qui courent. A l’heure où nous écrivons ces lignes nous savons que l’opération Menard fut un flop au plus haut niveau mais il s’en est fallu d’un fil barbelé pour que ce soit le contraire nous préparant un avenir couleur brune sur bien des plans. Narration : vendredi matin je suis arrivé dans ce qui fut un haut lieu du midi-rouge il y a plus d’un siècle et aujourd’hui qui est une des villes moyennes les plus sinistrées économiquement de notre arc méditerranéen et qui compte une forte communauté d’origine immigrée : Algérie, Maroc, Sahel, Turquie qui dans la précarité et parfois la misère côtoie et souvent se heurte aux autres parias de l’endroit les gitans là depuis des lustres. Nous y rajoutons les pieds-noirs et leurs descendants, les français en filiation directe avec les républicains espagnols en fuite de la fin des années 30, les languedociens de souches, les néo-bitterois et nous avons une richesse humaine qui pourrait faire de ce coin de l’Hérault une mosaïque prodigieuse mais que les aléas politiques et économiques et les attitudes pyromanes du nouveau pouvoir local peuvent faire déflagrer à tout moment malgré une indifférence feinte de la majorité dite silencieuse et la nonchalance innée au sud-ouest. Rapidement je me suis garé au parking des Allées Paul Riquet et je suis passé au Palais des Congrès là ou devait se tenir le grand pardon de la droite extrême sous les bons offices de « Valeurs Actuelles » hebdomadaire de la droite décomplexée et des esclavagistes modernes prônant la retraite à 70 ans, la fin des impôts pour les riches et le rétablissement de la traite négrière et le site d’informations Boulevard Voltaire… Je sais j’en rajoute


 

Et là horreur malheur, pas une affiche, pas une indication pour signaler la chose. J’allais en mairie, même discrétion. Enfin la matinée avançant, je revenais sur mes pas et je vis apparaître tout autour du dit palais les affichettes annonçant le week-end « Les rencontres de Béziers » et de quelques camionnettes de location des porteurs zélés débarquaient discrètement les programmes, les tracts et toutes choses utiles au rassemblement. Ouf… Me précipitant à l’accueil, j’appris que l’inscription déjà close sur internet ne commençait qu’à 15 heures, un léger retard par rapport à l’alléchant programme de base.
Il ne me restait plus qu’à rejoindre un bar des Allées Paul Riquet pour aller à l’improviste nouer le dialogue avec des habitants. La chose fut facile et à la table du Petit Jus à côté de la mienne des locaux entre cinquante et soixante dix ans en parlaient déjà. Anciens commerçants, fonctionnaires et un plasticien Richard Cook qui m’a autorisé à le citer dissertaient. Les sensibilités politiques étaient diverses. Mais ce qui en ressortait c’est que le maire était un spécialiste de la provocation, cherchant en permanence à faire parler de lui en incitant au conflit.
L’influence de sa femme, troisième je crois, une par changement de vie me disait-on était derrière tout cela, une catholique pure et dure qui poussait son Robert, une muse brune, une égérie malsaine, derrière tous les hommes cherchez la femme. Même déploration sur l’état économique de la ville et surtout accusation implicite de l’immobilité et de l’usure de pouvoir de M. Couderc l’ancien maire UMP de la ville qui avec trois mandats pour rien avait préparé en quelque sorte le terrain à ce qui s’était passé. Nous nous rappelions aussi la guerre des gauches qui du temps de l’édile Barrault, PS passé chassant du communiste avait fait basculer la ville dans le camp adverse payant le prix de scissions dans son propre camp. Ce qui en ressortait c’est que Robert essayait un coup de plus et qu’il en n’avait pas vraiment la carrure. Entre temps était passée à la table le président de la Chambre de Commerce de Béziers peu loquace sur le sujet et heureux d’être en fin de mandat et je finis la discussion avec un des anciens responsables des arènes et organisateurs taurins maintenant au repos qui lui aussi fit la même critique. Quelques questions aussi à d’autres habitants au gré de ma promenade et là mieux encore c’était soit l’ignorance totale soit le je m’en foutisme complet. Cela tranchait par exemple avec la couverture de « Valeurs Actuelles ». Menard dans les dynamiteurs de la droite avait besoin d’un pétard médiatique mais rien dans sa ville n’annonçait la fin des temps démocratiques. Mieux encore « La Pieuvre » hebdomadaire satirique local titrait : « Béziers bascule vers le côté obscur » avec un dessin de Jean-Michel Arroyo en une que je vous livre et qui ne manquait pas d’à-propos. Après un arrêt buffet mérité, je filais à 15h00 m’inscrire et commencer mon voyage dans l’univers impitoyable de la droite extrême, Dallas sur Orb avec JR Menard. Il y avait déjà une queue de quelques mètres sous la surveillance d’un service d’ordre et d’employés municipaux débonnaires mais musclés. Un gentil monsieur m’inscrit et une gentille dame encaissa ma participation de 5,00 €. J’étais presque dans le ventre de la bête. Dans le hall, la salle du bas et le long du comptoir du bar un public de plus en plus nombreux, à forte proportion masculine et d’un âge certain ce qui faisait de moi presque un poulet de grain. Je mis mon badge et consultais le programme sommaire que j’avais reçu. Vous l’avez en illustration et à part les organisateurs seul le nom de l’écrivain Denis Tillinac apparaissait. Oui ce bon Denis ami intime de Chirac allait nous faire l’exposé introductif au titre évocateur : « Qu’est-ce être de droite ? ». Au regard de ces différents prix littéraires : Prix de la Table ronde française (1982), prix Roger-Nimier (1983), prix Kléber-Haedens (1987), prix Jacques-Chardonne (1990), prix du roman populiste (1993), grand prix de littérature sportive (1993), prix Paul-Léautaud (1999), lui il le sait. De même que je vous cite trois œuvres et si vous faites un effort d’en parcourir quelques pages ou extraits même sur le net vous verrez que l’homme n’est pas proche des progressistes : « Le Bonheur à Souillac » (1982), « Spleen en Corrèze : journal d’un localier » (1984) où l’on croise Chirac en campagne sur ses terres, « L’Irlandaise du Dakar » (1986). Mais de là à venir dans la manifestation que l’on annonce de toutes les droites mais dont les adhérents du Front National, actuels ou anciens ou de groupuscules plus durs le grand écart pour son âge est pas mal où le chèque pour sa participation alléchant. En sachant quand même que l’homme publie toutes les semaines un billet d’humeur dans « Valeurs Actuelles » et de temps en temps une tribune dans « Marianne ».
J’attendais donc avec impatience sa prestation. Les conférences du samedi dont vous pouvez lire les thèmes ne mentionnaient aucun des intervenants ce qui est en soit est un peu amateur et laisse planer le doute sur la rigueur de l’organisation. Même s’ils étaient quelques jours avant sur leur site. Bon passons. Dimanche, jour de clôture on devait y annoncer des propositions pour 2017 et à la fin de la page je découvrais une petite merveille. Pour les catholiques croyants et ils y en avaient on pouvait assister à 8h30 à la messe à la Chapelle Sainte Rita sous la forme extraordinaire du Rite Romain. Diantre… Les deux feuillets vite parcourus il me restait à attendre 17h00 et le début des festivités. J’en profitais pour engager la conversation au gré des rencontres un peu provoquaient. Une délectation. Nous étions dans une ambiance sereine, un lieu peuplé de gens bien élevés. Mes premiers pas m’amenèrent à la table de Bernard Anthony actuellement patron de l’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et chrétienne) vaste programme ! et un des rédacteurs de « La Griffe » et de la revue « Reconquête – Dieu, Famille, Patrie » avec sont titre de mars 2016 « Tsunamigration », houlà ! Il fut en son temps au Front National le leader de l’aile des catholiques traditionnalistes et fut conseiller régional de 1992 à 1998 et Député Européen de 1984 à 1999. Il rompit avec Jean-Marie Le Pen en juillet 2004 démissionnant du bureau politique laissant sa place à M. Martinez et M. Alliot. Allez voir son blog et sa page sur Wikipédia et vous verrez l’itinéraire d’un dur des durs de la droite extrême. En ce moment l’Islam est dans son collimateur comme les migrants et ses attaques sont incessantes, véhémentes et virulentes. Pourtant comme vous le voyez sur sa photo c’est un petit homme de 72 ans frêle, fluet et distingué à l’abord très plaisant. L’échange fut courtois et je le quittais en pensant que l’œuvre maitresse d’Hannah Arendt : « Les origines du totalitarisme » n’a pas pris une ride et doit être lu ou relu au plus vite par tous et cela avant le printemps 2017. Mes pas me portèrent ensuite à la rencontre des organisateurs de la signature de la pétition d’initiative européenne Mum Dad and Kids. Des défenseurs de la famille traditionnelle, anciens et toujours membres de « La manif pour tous » qui animent une action à l’échelle européenne pour dynamiter la loi sur le mariage pour tous. La pétition d’initiative européenne pour atteindre son résultat doit recueillir au moins un million de signatures dans au moins un quart des états membres. Elle est apparue dans le traité de Lisbonne et le nombre minimum de signatures par état est calculé en multipliant son nombre de députés européens par 750 soit pour la France 55 500 signatures. Quand vous savez que chez les membres de « La manif pour tous » vous avez de nombreux anti-européen qui accusent Bruxelles de tous les maux nous ne pouvons qu’être surpris de leur entreprise. Conservateurs sur le plan des mœurs, mais en réseau sur le continent et actifs sur le net prêts à « hacker » le nouvel espace de liberté pour les couples homosexuels. Je salue leur professionnalisme et leur offensive tout en diplomatie et en charme est un modèle du genre. C’est la droite extrême qui sape en finesse, mine avec sourire. Attention maman et papa, maman et maman, papa et papa, bobo. Dans la même veine je croisais des membres de l’Association Pour l’Eveil de Prométhée (APEP). Présente dans l’Hérault à Sète elle a pour but de propager et défendre les principes fondamentaux de la Vie pour une véritable réalisation de chacun dans la fraternité. J’échangeai avec M. Jean-Luc Bouchereau, professeur, eco-ichtyologiste (écosystème aquatique) et un de ses membres d’origine italienne. Nous nous lancions dans la comparaison entre la France et l’Italie, la famille française et italienne, la femme en France et en Italie. Dialogue principal entre trois hommes bien sur et des hommes y rentrant pour quelques minutes. Là aussi nous étions dans la défense masculine de la famille traditionnelle avec une déploration de l’abaissement du statut de l’homme. Versons une larme. Le temps était passé, même dépassé, les participants étaient de plus en plus nombreux et soudain agitation : le maire, le Robert, le Ménard arrivait, puis Marion Maréchal Le Pen marquée de près par Louis Alliot. On nous annonçait un rendez-vous des droites, nous avions un rendez-vous plutôt frontiste en ce qui concerne les premiers hôtes de marque de l’événement. Pas de De Villiers ou Dupont-Aignan. Malgré la présence de quelques supporters. Diversité des droites dans la salle mais unicité des leaders même si M. Menard est étiqueté divers droite. Après quelques flashs, une petite bousculade très policée, pardon, pardon, excusez-moi… Les vedettes s’éclipsèrent et le maire parla enfin. Nous y apprenions qu’un retard de train avec suicide sur la voie empêchait le rédacteur en chef de « Valeurs Actuelles » Yves de Kerdrel d’être là à temps pour l’ouverture à l’heure des débats et que nous allions avoir un peu de retard se cumulant avec celui déjà au compteur. Mais la salle était bon public. Un suicide, un signe, de Kerdrel tu ne passeras pas, bon je me reprends. Puis enfin nous fumes invités à rejoindre une des salles du Palais des Congrès, nous y étions, introduction par les organisateurs. Aie cela pouvait faire mal. Le premier à prendre la parole fut Robert Ménard, il précisa le pourquoi de cette rencontre, de ces tables-rondes : « Avant tout dégager des marqueurs de droite, ce qui rassemble ce courant de pensée ». Il dit de droite, ni droite nationale, ni droite patriote, de droite. Comme quoi la droite qui se dite républicaine est déjà enterrée. Cela devait prendre la forme de propositions aux différents candidats à l’élection présidentielles qui devait s’engager à les respecter pour avoir droit d’engranger les voix du mouvement citoyen OZ TA DROITE. Tiens cela sent une volonté manifeste de préparer une recomposition à droite de la droite dans le cas ou la Marine sombrerai, une recomposition sur la décomposition de la ligne Philippot d’où la présence de Marion. En quelques mots mon esprit un peu pervers d’analyste patenté échafaudait l’inéchafaudable qui pouvait s’effondrer à tout moment. Le maire de Béziers continua et nous annonça que demain il fallait faire attention, l’opposition voulait s’opposer et une manifestation de mal intentionnés se préparai. Il y avait aussi une manifestation de soutien à la police et là lapsus révélateur il fit rire l’auditoire en se déclarant contre la police mais en se rattrapant aussitôt nous rappelant qu’à l’époque où il était à Reporters Sans Frontière quand il allait dans certains pays, les policiers faisaient peur mais qu’ici ils étaient là pour le protéger des voyous. Bon excusé. Il déclara aussi qu’il avait pris un arrêté contre la mauvaise manifestation mais que le préfet ce vilain voulait l’envoyer au tribunal et de ce fait il fit huer le préfet et de là l’état, disant qu’en cas de problèmes nous savions qui était le vrai responsable : le préfet. Chose vous verrez qui avait le goût du mensonge, mais vous en serez plus quelques lignes plus bas. Pour apaiser les esprits il demanda à tout le monde d’avoir de la retenu et en gros de ne pas ressembler aux manifestants de demain. Gauche et sans pitié pour les gens de gauche. Il laissa ensuite la parole à son cher Yves, cet homme de « Valeurs ». Celui-ci s’excusa de son retard et surtout félicita le Robert pour son initiative. Une première en France réunir la droite, qu’il qualifia d’hors les murs celle qui ne se reconnaît pas dans la droite de gouvernement et pas dans la droite extrême. Nouvelle torpille contre la Marine. En plus cette droite hors les murs allait proposer, débattre enfin penser. Etions-nous à la fin de la droite dure façon « bomber’s et ranger’s » à la fin de la droite dure cachée façon feu le Club de l’Horloge, à la fin de la droite extrême façon famille Le Pen même dédiabolisée ? Nous le verrons bien, mais la Marion aussi allait vite être sur le grill. Il flatta sa propre publication en précisant que sa participation à ce rendez-vous de Béziers allait de soit et qu’il n’avait pas montré un courage quelconque. Pour lui « Valeurs Actuelles » mène depuis près de 50 ans un combat pour réformer le pays et que l’heure de l’urgence était arrivée et qu’en accord avec beaucoup de points défendus par Robert Ménard il se devait de s’associer à cette plateforme à ces rencontres avec ses journalistes.
Je pensais cet hebdomadaire proche de Nicolas Sarkozy. Y-a-t-il intention de nuire au Front National en flattant cette droite hors les murs cousines des frondeurs du Parti Socialiste. Des hors les murs pour faire fissurer les sous-bassement de la maison Front au premier tour et ensuite jouer l’ex-président gagnant dans la dernière ligne droite ? Où préparer la force d’appoint pour faire exploser le plafond de verre et remporter les élections de 2017 ? Et surtout Robert devenait-il un dynamiteur de la droite, un nouveau poids lourd de la famille à la droite de la droite ou l’homme de paille d’un feu éphémère ? Autant d’interrogations me traversant l’esprit en entendant M. de Kerdrel, je sais nous n’avons pas les mêmes « Valeurs ». Puis ce fut le tour de la féminine de l’étape qui parla en dernier, une des responsables du site d’informations Boulevard Voltaire, un Voltaire crépusculaire : Emmanuelle Duverger qui n’est autre que la femme de Robert Ménard, état nullement présentée aux participants. Nous comprenons alors mieux ses déclarations. Boulevard Voltaire est un partenaire naturel de OZTADROITE, il accompagne ce mouvement citoyen dans ce débat citoyen, Boulevard Voltaire une alternative aux médias classiques qui révolutionne la façon de faire du journalisme et surtout le terme de site de réinformation, là nous sentons le côté à droite toute avec la couche en plus : 1,5 millions de visites par mois et son slogan : « la liberté guide nos pas ». Madame la maire, merci. Cloturant cette première séquence Robert Ménard, insiste encore : OZTADROITE est fait pour que vous ayez la parole, des urnes dans chaque salle de conférence pour recevoir les propositions de ceux qui préféreraient cette façon d’intervenir, les timides pour parler, mignon. Il rappelle le but de ces rencontres : faire plein de propositions et surtout des propositions mises au vote dimanche matin. Ce n’est pas « Nuit debout » mais cela y ressemble car chacun aura ses cartons pour s’exprimer : carton bleu pour, carton rouge contre. Ah le code de couleur sent bon la France, enfin une France. C’était dit nous allions être tous ensemble, tous ensemble, une force de proposition. Robert la démocratie participative, vraiment tu es allé trop loin, mais rassurez-vous amis lecteurs, le pire est à venir. Ragaillardis, remontés, pris d’un enthousiasme débordant nous nous quittions pour quelques minutes avant d’entendre Denis Tillinac, l’ami de Chirac que je vous ai présenté. Direction le bar, le temps d’une bière et nous remontions entendre le grand intellectuel. Robert Ménard l’introduisit, personne ne rit, DT (Denis Tillinac) était celui qui avait les mots les plus justes pour décrire l’imaginaire de droite ou notre hôte plaça à la suite d’Artagnan, Edith Piaf et entendre la Marseillaise avant un match de football. Etrange raccourci, mais aussi référence à son dernier ouvrage « l’Ame française - A la recherche de notre honneur perdu » qui vient de paraître chez Albin Michel. Grâce à DT on a toutes les raisons d’être fier d’être ce qu’on est. Bien. DT tu nous donnes la fierté d’être d’ici. De cette France, de cette Europe, de cette civilisation, de cette culture. Terminer, pour les crépus, les autres d’ailleurs circuler, il n’y a rien à voir. DT l’ami de Chirac c’était donc cela. Et le maire de Béziers fini sur une note guerrière empruntée au marxiste italien Antonio Gramsci, fondateur du PC italien, emprisonné par Mussolini de 1927 à sa mort en 1937 : « Avant de gagner une bataille politique, il faut gagner une bataille culturelle » et c’est avec des gens comme toi que l’on gagne cette bataille culturelle ». Non de Dieu, je venais d’apprendre que nous étions en guerre là aussi, comme nous le serinent le président et le premier ministre à longueur d’interview, mais cette fois-ci c’était clair : une guerre culturelle. Me voilà rassuré. Une guerre à coup de d’idées, de discours, de livres… Une guerre pas pour de vrai alors ? Pas si sur en ces temps où l’on réédite « Mein Kampf » du petit moustachu il faut se méfier de la page assassine, du bon mot qui tue et de la blague saignante. Guerre culturelle, peut-être le début de « gross malheur ». Ecoutons donc DT. Le voilà s’approchant du pupitre, un grand-père mince et propre sur lui et rien d’un tribun blanc à part les cheveux ou d’un tenant dur du retour de la vraie France, d’avant, mais d’avant quoi ? Chut, la canonnade pouvait commencer. DT commença par remercier RM (Robert Menard) de sa nouvelle invitation. L’homme était donc un habitué des lieux. Rencontres sous la bénédiction de « Boulevard Voltaire » et « Valeurs Actuelles », le ton était donné. Il appuya sur : « rencontres des droites » terme pluriel au regard des diverses sensibilités qu’il recouvre. Et d’un ton solennel proclama que cette initiative arrivait à son heure. En effet, une première depuis la Libération, la gauche était entrain de perdre son magister moral et intellectuel en fin de légitimité. Fichtre. Il rappela certains points d’histoires, enfin de son histoire qui nous servait tel quel. Il évoqua la prééminence de la gauche communiste d’après 45 avec son dogmatisme brutal. Aragon, Sartre et les Lettres Françaises avec leurs pratiques terrorisantes. Aucun intellectuel non communiste ne pouvait faire carrière dans l’université, en littérature ou dans les médias. Puis ce fut la période de la terreur marxo-freudienne ou trois générations de français furent les captifs de l’idéologie de Mai 68. Avec la primauté des philosophes déconstructifs : Foucaut, Derrida… DT dénonça aussi le rôle du journal « Libération » véritable « Pravda » française ou « Quotidien du Peuple » selon que l’on soit stalinien ou maoïste, vas-y l’ancêtre. Avec son degré zéro de l’idéologie et son laminage mental qui avait ses idées fortes, exemple : urgence du désir, royauté de l’égo, divination de l’instant, célébration de la créativité de l’inconscient et surtout la diabolisation de la norme. Ce qui nous a conduit au désastre moral que nous connaissons avec la chape de la pédagogie destructive qui écrasa tous les enfants, pédagogie destructive à la Peillon (Vincent) allusion sa lettre aux recteurs du 4 janviers 2013 où cet acharné de la morale laïque rappelait que pour donner à l’élève la liberté de choix, il faut être capable de l’arracher à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel et à la Vallaud-Belkacem (Najat) coup de griffe à la réforme éducative en cours avec bien sur la possibilité de l’enseignement de l’arabe. Pour une introduction l’ami de Chirac faisait passer Jean-Marie Le Pen presque pour un centriste et se positionnait en chantre de l’anticommunisme et en croisé de la renaissance française. Son descriptif de ses années de plomb était glacial, moi-même j’avais vécu une dictature sans le savoir dans cette période pourtant au nom des trentes glorieuses. De la croissance et du plein emploi. Dans cet exposé rien contre le glissement vers une économie dominée par la finance, la dérive morale du capitalisme prédateur et la vente aux privés de pans entiers du service public. Rien contre les crises de ce système générateur de la misère sociale qui s’est implantée durablement dans notre pays et dans pas mal d’autres. Comme quoi selon le compteur l’histoire peut avoir des goûts différents. Sous le DT je découvrais un personnage que j’ignorais. Sa fougue me fit penser : « Il le croit vraiment où alors c’est le roi de la pensée à géométrie variable qui sait à merveille s’adapter à son auditoire ? » questionnement sans réponse, que de différence avec le DT des émissions littéraires. Serait-ce un nouveau loup en habit d’agneau ? Suite. Cette récusation haineuse de notre civilisation conduit le peuple français vers l’acculturation et le désarroi et vers un sentiment de dépossession. C’était l’artillerie lourde de la vulgarité. Une destruction de la douceur de vivre de ce pays et de l’aptitude au bonheur de ces habitants. Tous les délires étaient devenus création : cri à la place du chant, tout barbouillage qualifié de peinture, tag à l’égal de Chardin, toute production devenue salutaire y compris celle du dément. Avis plutôt tranché et reniement de toute la création intellectuelle depuis plus d’un demi-siècle. DT lave plus blanc que blanc. Il n’oublia pas le couplet sur la mondialisation et les flux migratoires. Nous pouvions nous en douter. Comme l’attaque contre les humoristes bobos et de leur ricanement sur tout, qui passent le karcher sur toute l’ancienne société. Là l’emploi du karcher est pourtant célèbre dans son camp, il est l’ami de Chirac mais qui a choisi Sarkozy en 2007. Il réaffirma contre la « macronite » ambiante, l’existence de deux cultures : une de gauche et une de droite. Mais pour lui heureusement le temps change. La colère du peuple manipulée par des élites sans foi ni loi ne fais plus recette, on ne veut plus de leur cynisme, ils ont le cœur sec, ceux sont des âmes mortes. Enfin il y a une rupture profonde dans le champ des idées. DT sent un renouveau dont il nous livre ses marqueurs : succès des livres de Zemmour et De Villiers et élection au premier tour d’Alain Finkielkraut à l’Académie Française. Apparition de nouveaux historiens comme Franck Ferrand. Franck Ferrand, je sursaute, ce jeune historien et romancier de 49 ans quand même a fait son coming-out dans la revue « L’Etudiant » en 2015 avouant qu’il aimait les garçons. Il est le président du Cercle Oscar Wilde, il a collaboré avec Pierre Bellemare et travaille pour Europe 1. En 2008 il perça dans le grand public en publiant aux éditions Tallandier « L’Histoire interdite », révélations sur l’histoire de France. Dans ce dernier livre, il reprend, pour les défendre, cinq thèses réfutées par les historiens, à savoir la contestation de paternité des œuvres de Molière, la localisation d’Alésia hors du site archéologique d’Alise-Sainte-Reine, la légende du « troisième homme » relative à l’affaire Dreyfus, la prétendue substitution de la dépouille de Napoléon dans le tombeau de la crypte des Invalides ainsi que le mythe de Yolande d’Aragon suscitant une « opération bergère » en la personne de Jeanne d’Arc. Si la salle avait réagi à l’énonciation de son nom, je suis sur que DT aurait subi une bronca. DT est-il un provocateur qui a raté son coup ? DT est-il seulement ignorant de la vraie personnalité de Franck Ferrand ? Cela restera pour moi un mystère. Je regrette qu’il n’ait pas pensé à citer Sylvain Gouguenheim et son « Aristote au Mont Saint-Michel » paru au Seuil qui se livre à une réévaluation de l’apport du monde musulman dans la transmission à l’occident médiéval de l’héritage grec antique. Contre-pied de l’historiographie de gauche démontrant que l’occident chrétien doit l’essentiel de cette transmission à ses propres ateliers de traduction dont celui du Mont Saint-Michel. Ouvrage qui déchaina une polémique sans précédant et une levée de boucliers de tous les historiens bien installés dans le système qui lapidèrent l’auteur allant jusqu’aux accusations d’islamophobie. Procès injuste mais qui lui colle encore à la carrière. Avant de cesser d’énumérer toutes les fleurs de ce printemps de la droite nationale citons encore : l’intérêt du public pour Philippe Murray, l’audience de « Valeurs Actuelles » et la force des Manifs pour Tous qui ont réveillé la France profonde. Manifs pour Tous, à ce nom joie dans la salle et slogans glorificateurs. DT a appuyé sur le bon bouton. Mais la conclusion de ce passage est en demi-teinte : un aveu que la bataille culturelle n’est pas tout à fait gagner et que la gauche peut contre-attaquer. Nous le sentons dans les termes : la fenêtre de tir existe, elle est étroite, l’histoire ne repasse pas les plats. DT a-t-il des doutes ? Où grâce à cet artifice il valorise encore plus ces journées de rencontres qui doivent être décisives pour les droites surtout que comme l’a dit RB elles sont placées sous son patronage intellectuel. Coquin et joueur le DT. Il revient encore sur l’existence de deux cultures politiques depuis la révolution. Il ne nie pas l’existence d’une culture de gauche qu’il dit trahie dans ses idéaux par le Parti Socialiste. Il réaffirme que la culture de droite a un handicap et qu’elle le plus souvent ignorée. Il réattaque Macron et dit encore que le ni gauche, ni droite est un danger pour la démocratie et nous conduira à accepter une soupe idéologique, une mélasse semblable à celle qui noyée les esprits sous la IVème République et que n’aurions peut-être pas de grand personnage comme De Gaulle pour nous en sortir. De Gaulle, nom honni pour les droites hors les murs qui n’est même pas sifflé, drôle. Ensuite c’est un petit rappel à la mouvance des idées : le colonialisme a été à gauche au XIXème et à droite au XXème – L’écologie a commencé sous Pétain : « la terre ne ment pas ». Puis de nouveau c’est l’opposition droite-gauche. A droite la vie est avant tout une aventure privée, à gauche c’est le collectif qui prime. A droite on accepte son héritage, son terroir, son histoire, ses traditions et c’est notre devoir de le transmettre. A droite, la catholicité romaine a forgé une partie de notre identité. Ce qui implique que même si toutes les confessions sont égales en droit, elles ne sont pas égales devant la mémoire, le catholicisme a la priorité. A gauche à l’inverse l’individu doit s’émanciper de tous les encrages. Nouvelle attaque contre Vincent Peillon, taxé de ministre totalitaire que la droite n’a pas assez dénoncé. A droite c’est aussi la culture des héros désintéressés qui font don de leur personne, je rajouterai comme Pétain : les légionnaires à Cameron, le père de Foucaud, Mermoz, etc. A droite c’est aussi le culte des lieux de mémoire, enfin être de droite relève de la sensibilité. Dommage pour les autres. Mais à droite on peut se tromper aussi exemple la création de l’UMP. Un déni de l’histoire des différentes composantes de la droite des origines. Alors il faut réconcilier les droites. Surement une invitation pour 2017 avec RM comme grand réconciliateur, là DT tu en fais trop. Il clame enfin que la droite c’est aussi le serment des Mousquetaires : « Un pour tous, tous pour un ». Pauvre Dumas. Et il retourne à l’histoire, la droite c’est aimer Chateaubriand, Napoléon, Tocqueville, De Gaulle, encore, un imaginaire somptueux qui nous incite à endosser l’héritage des capétiens, il reconnaît même du mérite aux hussards noirs de la IIIème République qui ont scolarisé les enfants de France et leurs ont appris notre histoire, notre roman commun : Clovis, Marignan, l’arbre où Saint-Louis rendait la justice, etc. Pour lui Jules Ferry serait contre l’anti pédagogisme de Vincent Peillon, l’ancien ne lâche pas son os, serait-il un peu anti franc-maçon ? Puis il revient à la politique actuelle et à la primaire de la droite. Il n’est pas contre les réformes libérales, les économies, il sait que l’emploi se crée dans le commerce et les petites entreprises. Mais il prévient que si le prétendant à l’alternance ne s’en tient qu’à cela, il perdra tout crédit et la gauche mènera sa contre-attaque. Il faut un vrai chef avec un programme, un acteur pas un commentateur. La France n’a pas besoin d’un gestionnaire ce n’est pas une entreprise. Pas de seul programme se référant aux seules valeurs républicaines qui n’existent pas, la république n’est qu’un mode de gouvernement. Les politiques de droite doivent cesser de seriner des rengaines de gauche. La source d’un programme de droite c’est la mythologie de droite. Il faut puiser dans les identités des peuples de France, dans l’âme de la France parce que la France c’est un patrimoine sans égal dans le monde et que nous en sommes que les usufruitiers. Il a le sentiment profond que ce patrimoine est menacé et que bientôt il sera trop tard. Il nous faut d’urgence une nouvelle pédagogie pour préparer des nouvelles élites dont l’argent ne sera pas le seul marqueur de la réussite sociale. Une élite où le diplôme ne sera pas forcément une obligation, il n’y a qu’à voir l’étroitesse de vue des énarques. Une élite du cœur et de l’esprit. Une nouvelle chevalerie. Attention, les derniers qui voulurent créer une nouvelle chevalerie étaient plutôt d’obédience national-socialiste. DT veut aussi protéger notre peuple contre le déracinement et la frustration. Il en profite pour dénoncer aussi Daech. Les déracinés n’ont plus rien à perdre, ils deviennent vite nihilistes. Donc une alternative s’impose. Il faut retrouver notre joie de vivre. DT avec un couplet bhoutanais façon indice du bonheur national brut. Il nous faut récuser toute repentance et pour qu’une minorité soit acceptée fraternellement il faut que la majorité soit conforter intellectuellement et accepter librement que la minorité vienne. La droite n’a aucune raison de raser les murs, elle est aussi attentive aux plus faibles que la gauche, aussi universaliste mais autrement. En conclusion DT nous lance après le printemps de Béziers, un autre printemps nous délivrera de nos angoisses. Magnifique non, cet ode à la France, ce chant d’amour à notre pays, cette déclaration d’amour à notre nation. Mais la France de DT a-t-elle existé un jour ? La France de DT n’est-elle pas comme la France de gauche une construction, une fiction rassurante pour son camp ? Je quittais Béziers et ce premier jour de rencontre avec ces interrogations et une certitude c’est que Denis Tillinac a une droite à géométrie très variable, qui va de Chirac à Marine Le Pen, la vieillesse quelle détresse. Hé ho cher lecteur, la suite dans ma prochaine tribune sur OZTADROITE. Je sais, je suis joueur.

 

 

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