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Nouveau Réseau d’Education prioritaire : Les profs manifestent leurs inquiétudes pour les collèges et les lycées

9 décembre 2014

Le redécoupage des ZEP, Zones d’Education Prioritaires, rebaptisées Réseau d’Education Prioritaires, était, mardi 9 décembre, arrêté par la ministre l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem qui recevait les différents recteurs de France. Si la création des REP et surtout des REP « Plus », qui confie davantage de moyens aux établissements situés dans des zones démunies est bien accueillie par le corps enseignant, des inquiétudes persistent. A Marseille, les lycées d’enseignement général et technologique, classées anciennement en ZEP, à savoir les lycées Saint Exupéry, Victor Hugo et Denis Diderot, sont en ligne de mire de la réforme. En l’absence d’informations et de concertations, les enseignants marseillais se sont mis en grève et des élèves, très mobilisés ont bloqué l’accès aux établissements. A midi, ils se sont retrouvés devant l’inspection académique, rejoints par des enseignants de collèges, pour maintenir la pression sur le ministère. Car, selon eux, il est impératif que ces lycées techniques et généraux demeurent dans le réseau de l’éducation prioritaire, pour donner une chance aux élèves et travailler avec eux à un réel projet d’avenir.


 


Les ZEP, Zone d’Education Prioritaire sont en pleine réforme. Mardi, une réunion au ministère rassemblait les divers recteurs de France. Le 17 décembre sera effectif le redécoupage pour les lycées. En attendant, pas de concertation…et des profs et élèves inquiets…Aucune info ne filtre des ministères … Lors des dernier conseils d’administration des lycées Denis Diderot et Victor Hugo, les directions des établissements ne disposaient d’aucun élément. « Pourquoi nous laisser dans l’incertitude, nous qui travaillons toute l’année avec les élèves ? Si nous sortons des REP, nous ne savons pas comment poursuivre notre travail. Les conséquences seraient une hausse des effectifs des élèves par classe. Et l’obligation de diminuer les demi groupes », s’insurge Denis Beaubiat, enseignant de maths au lycée Diderot. Il estime qu’ « il faut pouvoir poursuivre le travail et donner plus à ceux qui ont besoin d’avoir plus ».


Pour sa part, Nordine, enseignant en Français-histoire-géographie au lycée Diderot craint que son établissement ne sorte purement et simplement des REP, ce qui signifierait « perdre les classes de dédoublement, des classes qui passeraient de 24 élèves à 30 dans les sections professionnelles, c’est impossible de travailler comme ça. » Et Nasser, un autre enseignant en électricité à Diderot enfonce le clou : « Nous perdrions aussi des CPE (surveillants), les premiers à en pâtir seront les enfants et pour les enseignants, ce seront des conditions de travail qui vont radicalement changer »,
Pour la rentrée 2015, les ZEP sont remplacées par de nouveaux Réseaux d’Education Prioritaires (REP) et des REP dits « Plus » qui concernent dans la Région, essentiellement les quartiers Nord de Marseille et des collèges d’Avignon. Pour les REP Plus, seront mis sur la table davantage de moyens dans 33 établissements de l’hexagone, avec « la reconnaissance de travailler en concertation, un travail qui sera calculé par pondération, toutes les heures passées avec les élèves seront pondérées à 1,1, soit des effectifs de 16 élèves par classe », explique Stéphane Guillot, enseignant d’histoire-géographie au lycée Saint-Exupéry et secrétaire académique de la FSU.

Une refonte des REP, quel sera le prix à payer pour tous les autres établissements de l’éducation nationale ?

En résumé, les enseignants appréhendent que le financement de la refonte de l’éducation prioritaire se fasse au prix d’un accroissement des effectifs dans tous les autres. « Les annonces de la relance de l’éducation prioritaire laissaient espérer autre chose qu’une réduction du périmètre de la ZEP et un redéploiement de moyens », déplore Caroline Chevet, professeur au lycée Saint Exupéry, et secrétaire académique adjointe du SNES-FSU. « Nous ne sommes pas dans une dynamique de moyens supplémentaires. » Sachant que les collèges et lycées non REP, sont déjà « exsangues, depuis longtemps. »

De leur côté, le sort des collèges a été scellé, la semaine dernière. Dans le département, deux collèges, auparavant classés en ZEP, sortent de l’éducation prioritaire : le collège château Forbin, situé dans la vallée de l’Huveaune, zone très sinistrée, et un à la Ciotat. Le collège Anatole France du centre-ville de Marseille, anciennement en ZEP, aujourd’hui en REP, souhaite être intégré au dispositif REP Plus. Dans la région, des collèges ruraux des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes, qui étaient en ZEP, ne sont plus dans le périmètre de l’éducation prioritaire. Tous les autres collèges, 62 collèges, qui étaient éclairs dans l’académie sont labélisés REP Plus. La ministre a assuré hier sur l’antenne de France Info que des mesures d’accompagnement sont prévus pendant trois ans pour les collèges sortis des REP, mais le volume et la nature de ces mesures ne sont pas garantis. Ce qui explique aussi la présence, mardi, devant l’inspection académique, d’enseignants de collège.

Le système REP Plus rencontre la faveur des enseignants, « Nous sommes satisfaits, c’était une revendication ancienne d’alléger le service dans ces établissements. C’est quelque chose de positif », approuve Stéphane Guillot du SNES FSU. Et selon lui : « L’ancienne classification des zones prioritaires, dites « éclair » stigmatisait les établissements, sans leur accorder de moyens supplémentaires. Il reconnaît qu’ « A présent, il y a une ambition, et des moyens pour l’éducation prioritaire en REP Plus ». Mais un bémol plane sur l’application de la réforme : « Le problème est que l’on concentre les moyens en REP Plus. Et de ce fait, beaucoup de zones sont oubliées par l’éducation prioritaire. Comme c’est le cas pour le collège Château Forbin qui sort du REP. »

Les lycées technologiques ou professionnels sont dans l’attente de réponse.
Autre inquiétude pour les profs et les élèves : les lycées technologiques ou professionnels qui sont dans l’attente de réponse. Comme le résume Caroline Chevet, professeur au lycée Saint Exupéry = : « Aujourd’hui, nous ne savons pas quel sera le volume de lycées de l’éducation prioritaire qui va être attribué à l’académie. La seule information que l’on a, pour l’heure, est que ce volume va rester stable au niveau national. Mais on redoute qu’il y ait une redistribution qui se fasse au détriment de l’académie d’Aix-Marseille. L’enjeu va porter sur les trois lycées généraux et technologiques de l’académie : Saint Exupéry, Victor Hugo et Diderot. » Les enseignants anticipent le fait que les moyens de l’éducation prioritaires se concentrent uniquement sur les lycées professionnels. Cela signifierait que : « les collégiens de l’éducation prioritaire n’auront pas accès de manière égale aux trois voies, générales, technologiques et professionnelles et en particulier aux études supérieures. »
Le 17 décembre, un comité technique ministériel va entériner le redécoupage des lycées. Ensuite, le recteur de l’académie devra faire un choix entre les établissements. Pour les collèges, le critère social des élèves a été retenu, critère que la FSU juge « acceptable » Mais, de tels critères desservent les lycées technologiques et généraux de Marseille : « la présence de BTS ou de série rares dans ces lycées fait que le profil sociologique est moins fragile et risque donc de les exclure des REP. »

 



 

 

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