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Nous sommes ensemble : pourquoi la « guerre civile » n’aura pas lieu

11 janvier 2015

Nous ne pourrions commencer cette tribune sans rappeler que nous sommes bouleversés par les événements tragiques qui agitent notre pays depuis l’exécution de douze personnes ce mercredi 7 janvier 2015. Nous tenons à exprimer toutes nos condoléances aux familles et aux proches des victimes. Nous tenons également à témoigner de notre solidarité envers celles et ceux qui, dommages collatéraux de cette effroyable tragédie, ont le cœur serré et foulent désormais le sol avec crainte et dépit. #NousSommesEnsemble


 

Rien ne justifie cette attaque. Rien ne justifie l’assassinat d’hommes et de femmes en raison de leurs opinions - quand bien même elles nous semblent insultantes - ou dans l’exercice de leur fonction de sûreté nationale. Les désaccords, même les plus profonds, se règlent à coup de langues, de plumes ou d’avocats. Jamais à coups de feu. Jamais au nom de Dieu. #NousSommesEnsemble

Devant de tels faits et face à des nouvelles toujours plus sordides (fusillade à porte de Châtillon, prise d’otages à Dammartin et à Vincennes), la majorité des musulman.e.s savait, sait, qu’elle sera(it) associée, accusée et condamnée, sans autre procès, pour ces ignominies. Elle le sait d’autant mieux qu’elle subit, depuis quelques années déjà, les rapprochements douteux, les tentatives de discrédit, la haine décomplexée et ce, dans un silence assez généralisé.

Cette présomption de culpabilité établit un lien tacite, une « filiation » entre tout citoyen musulman et tout déséquilibré aux intérêts néfastes. Une infime minorité prétend agir au nom de l’Islam et c’est la majorité que l’on condamne sans crier gare aux risques que cela lui fait courir. Une infime minorité prétend agir au nom de l’Islam et c’est l’ensemble de la communauté qui est invité à s’excuser, se désolidariser, montrer patte blanche pour espérer ne pas être traité comme les traîtres de la République. Comment les musulmans pourraient-ils se dissocier d’actes auxquels ils ne se sont jamais associés ? Pourquoi les musulmans auraient-ils à se dissocier de leurs bourreaux ? Quel que soit la religion ou le prétexte utilisé par celles et ceux qui souhaitent faire régner la terreur, la présence d’esprit de tout un chacun doit nous élever contre les amalgames et les injonctions insensées, offensantes. #NousSommesEnsemble

Aujourd’hui plus que jamais, face au risque de voir la République se prendre davantage de coups, les mots d’ordre de la classe politique, médiatique et citoyenne doivent être : unité, responsabilité et solidarité.

L’unité derrière les familles des victimes meurtries vers lesquelles les pensées doivent être dirigées. La responsabilité dans le maintien de la sécurité, la liberté et la dignité des Français.e.s de toute confession. Le bon sens, la poursuite de l’intérêt général doivent animer les pensées et les actes, dans un esprit de cohésion fort, car oui, c’est une cohésion nationale authentique qui doit transparaître et non un simulacre d’unité nationale où certains s’engouffreront pour distiller leur haine et mépris des citoyens de confession musulmane. Quelle meilleure réponse que la solidarité, car nous sommes tous ensembles unis face à l’intolérance et pour la liberté de la presse alliant éthique et déontologie.

C’est pourquoi, nous le réaffirmons, nous sommes ensemble contre la peur, les uns avec les autres, par l’expression d’un témoignage de paix qui passe par une ténacité et une extrême vigilance. La mort des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly ne doit pas nous faire perdre de vue les défis imposés par cette épreuve. Soyons responsables, hommes politiques, journalistes, intellectuels, responsables associatifs et citoyens de France en évitant tout appel à la haine ou injonction, sommation péremptoire à l’endroit de parties de la population. Chacun doit remplir ses obligations devant le plus grand nombre. Il en va du destin de notre pays. Soyons unis, car plus que jamais #NousSommesEnsemble face à la terreur, l’intolérance et les tentatives nauséabondes de récupération politique aux relents racistes. Ne laissons pas les criminels gagner, ne les laissons pas nous diviser.

Liste des signataires :
COLLECTIF CITOYENS – LES INDIVSIBLES – COORDINATION NATIONALE PAS SANS NOUS – STAINS ESPOIR – CITOYENNETÉ ACTIVE – COLLECTIF CONTRE L’ISLAMOPHOBIE EN FRANCE – BANLIEUE PLUS – COORDINATION CONTRE LE RACISME ET L’ISLAMOPHOBIE – DES MARAUDES ET DES AILES – ACLEFEU – FEMMES DANS LA MOSQUÉE – OUMMAWORK - LUMIERES ET COULEUR 93 - ESPACE FRANCO-ALGERIEN National et P.A.C.A - COLLECTIF DES ROSAS (Marseille) -

Adnane AKABLI, élu à l’égalité des droits à Creil
Leila ALAOUF, étudiante en lettres modernes
Islam AWAD-ABDOU, président de Citoyenneté Active
Leila BELGHITI, journaliste
Rida BENNEDJIMA, adjoint au Maire de Pantin
Hanan BEN RHOUMA, rédactrice en chef de Saphirnews
Mathilde-Rania BOIS, consultante en communication et relations publiques
Karima BOUACHE, responsable associative
Karim BOUAZIZ, membre du Collectif Citoyens
Mourad BOUDABBOUZ, vidéaste
Mohamed-Ali BOUHARB, consultant en communication publique
Hicham BOULAMANE, président de Génération Creil
Mehdi BOUTEGHMES, conseiller municipal de La Courneuve
Zishan BUTT, médecin, président de 100% Aubervilliers
Abdelaziz CHAAMBI, président de la Coordination contre l’islamophobie
Seyfeddine CHERRABEN, maire adjoint de La Courneuve
Rasheed DACI, artiste
Jaouad DAHMANI, citoyen engagé
Omer DEMIREL, conseiller municipal de Nantes
Rokhaya DIALLO, journaliste
Kamel DJELLAL, président du Collectif Citoyens
Haikel DRINE, adjoint au Maire du Blanc-Mesnil
Nadia DRISSA, fondatrice de Oummawork
Marine EL FAKIR MORNET, militante politique
Leila EL HADDOUCHI, citoyenne engagée
Jamel EL HAMRI, enseignant, chercheur à l’EPHE
Adil EL OUADEHE, responsable associatif
Nabil ENNASRI, président du Conseil musulman français
Bilel FOURATI, président Jeunes Musulmans de France
Mourad GHAZLI, adjoint au Maire de Thiais
Samuel GRZYBOWSKI, Président fondateur de Coexister
Rashid HAMDAOUI, directeur Islamic Financial Times
Nadia HATHROUBI SAF-SAF, journaliste et élue.
Nadia HENNI-MOULAI, journaliste, fondatrice du MeltingBook
Yacine HILMI, responsable associatif
Dawari HORSFALL, adjoint au Maire de Massy
Mohamed HOUICHE, militant associatif
Amadou KA, président Les Indivisibles
Mohamed KAMLI, membre du Collectif Citoyens
Hanane KARIMI, doctorante en sociologie, porte parole des "Femmes dans la mosquée"
Fatima KHEMILAT, chercheuse Science Po Aix
Nassim LACHELACHE, Adjoint au maire de Fontenay-sous-Bois
Nasser LAJILI, conseiller municipal de Gennevilliers
Aziz LASRI, responsable associatif
Jehan LAZRAK-TOUB, journaliste
Régis LECLERQ, conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine
Rami LIMAN, militant associatif
Rachid MAALEM, responsable associatif
Hayatte MAAZOUZA, conseillère municipale de Trappes
Yanis MAHIL, conférencier,diplômé en Islamologie
Mohamed MECHMACHE, président de l’association ACLEFEU
Yacine MEDJAHED, responsable associatif
Ahcen MEHARGA, conseiller municipal de Gennevilliers
Nadia MOUJANE, citoyenne engagée
Assia NAIT-BAHLOUL, conseillère municipale de Fontenay-sous-bois
Huê Trinh NGUYEN, rédactrice en chef de Salamnews
Zora OUSSEDRAT, responsable associative Banlieue +
Elsa RAY, porte-parole du Collectif contre l’islamophobie en France
Kadhafi SACI, président de l’association STAINS ESPOIR
Marlène SCHIAPPA, adjointe au Maire du Mans
Elyamine SETTOUL, maître de conférences à Sciences PO
Riad TERKI, responsable associatif
Emira ZAAG, architecte
Smina ZEKRINI, citoyenne engagée
Beya ZERGUINE, cheffe d’entreprise
Ahmed NADJAR, rédacteur en chef med-in-marseille.info

 

 

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