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Michel Onfray, un philosophe français

9 février 2015

La « philosophie » française, telle qu’elle nous parvient au travers des grands médias, peut nous paraître exotique, voire totalement primitive, vue d’ici.
Sous prétexte qu’il ne s’agit pas réellement de philosophie au sens où nous l’entendons dans nos espaces civilisés, très peu d’entre nous connaissent vraiment les « philosophes » français, soit parce que nous les trouvons totalement dépourvus d’intérêt, soit parce qu’ils nous répugnent.
Mais dédaigner ainsi cette « philosophie » est une grave erreur. Savoir ce que disent les « penseurs » français est primordial, car ce n’est pas parce qu’ils sont sans intérêt, qu’ils sont inoffensifs.


 

C’est pourquoi, nous avons mené en France une étude de grande ampleur, dans l’espoir de percer à jour cette « philosophie » française aux abords si rétifs.
Dans le cadre de cette étude, parce qu’il est sans conteste celui qui incarne le mieux la « philosophie » française contemporaine dans ce qu’elle a de plus ostensible, c’est Michel Onfray que nous avons choisi d’expérimenter.
L’expédition que nous avons menée nous a permis de dégager de précieux éléments d’analyse.

Il faut pour commencer préciser qu’il a été extrêmement difficile d’apprivoiser le langage de Michel, tant il se contente de juxtaposer frénétiquement des mots, ignorant les verbes et les compléments. A noter également que seul un mot sur trois est relativement humain, le reste s’apparentant davantage à des grognements difficilement compréhensibles. Un travail colossal a été nécessaire pour rendre exploitables les enregistrements de ses déclarations. Ce qui a notamment permis d’extraire la phrase préférée de Michel, qu’il répète souvent : « Islam, violence ; Allah, horreur ; Prophète, guerre... Coran, lapidation ; musulman, décapitation (schlak !), terreur ». Force est de constater que le mode d’expression de Michel, aussi primaire et bestial soit-il, est redoutablement efficace dans le cadre d’une courte interview entre deux publicités.

Dans un second temps, nous avons pu observer que Michel est un « philosophe » que l’on peut qualifier d’indompté, au sens où il ne respecte aucune de nos règles les plus élémentaires en terme d’honnêteté intellectuelle. Il parle d’Islam sans l’avoir étudié, il parle des musulmans, sans en connaître un seul. Alors certes, Michel a juré avoir discuté une fois avec un taxi musulman, mais Michel est menteur, après vérification, l’histoire s’est avérée fausse, le taxi était baptiste.

Autre observation importante, Michel est un « philosophe » vaillant, en particulier face au ridicule. Le centième de la honte qui s’abat sur lui régulièrement aurait foudroyé le plus indigne d’entre nous. Mais Michel ne meurt pas, au contraire, le ridicule le transcende. Ainsi, alors que nous sommes morts de honte de l’avoir vu sortir son petit papier de sa poche et postillonner ce qui était censé être la preuve irréfutable que « le Coran ce sont des sourates phallocrates, misogynes, antisémites et homophobes », lui cela le met en transe, son corps frémit, il est content.

Nous avons pu noter également que Michel est ce qu’on peut appeler un « philosophe » autarcique, se suffisant largement, à la fois maître à penser et disciple de lui-même. Pour dire ce qu’est l’Islam, Michel n’a besoin que de lire Onfray, il se cite, s’approfondit, se prolonge. C’est d’ailleurs peut-être parce qu’il n’a jamais lu nos grands philosophes Iqbal, El Afghâni, Shariati, Bennabi, Abduh et tant d’autres Lumières, que Michel n’a pas conscience d’être un philosophe entre guillemets.
Cela étant dit, on a pu constater que même si Michel se suffit à lui-même, il n’attaque pas seul, il avance en meute aux côtés d’autres « philosophes » de son espèce, Bernard-Henri Levy, Luc Ferry, Alain Finkielkraut alias l’Enragé, et André Glucksmann. Michel est d’ailleurs devenu, grâce à ses récents aboiements médiatiques, le chef incontesté de ce clan des philosophes du samedi soir.

Enfin, on a pu observer que Michel mène une « philosophie » engagée, n’hésitant pas à condamner violemment ceux que le pouvoir stigmatise, à dénoncer avec force ceux que le pouvoir opprime, et à combattre sans relâche ceux que le pouvoir traque. Dans le temps court des médias, Michel ne ménage aucun effort pour lancer des incantations, « l’Islam c’est la guerre », « le Coran c’est la terreur », afin de réveiller les puissants instincts français restés trop longtemps endormis.

Il était prévu de pousser l’enquête plus loin, notamment pour vérifier si l’Université (sic) Populaire (sic !!!) de Caen, que Michel se vante sans cesse d’avoir créée, existe vraiment ou s’il s’agit, plus certainement, d’un château espagnol habité par des vents.
Mais il a fallu se rendre à l’évidence, il est extrêmement difficile pour quelqu’un de chez nous, habitué à un minimum de rigueur intellectuelle et de niveau de réflexion, de descendre étudier Michel plus d’un quart d’heure. Par exemple, quand de la confiture fut finalement donnée au cochon et que Michel se mettait à parler du Coran, trop forte était l’envie de vomir ou d’appeler ma sœur tout de suite. C’est pourquoi l’étude en est restée là, les nerfs allaient lâcher.

Reste qu’il est important pour nous de nous intéresser à la « philosophie » française contemporaine, celle où le musulman est représenté un couteau entre les dents et une bombe sur la tête. Car de plus en plus cette philosophie se fait caricature, de ces caricatures qui traditionnellement en France participent à faire monter les caricaturés dans des trains sans confort.

On ne se laissera pas conduire à la gare si facilement.

Fatouche Ouassak

 

 

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