Articles

Accueil > En direct de Marseille > Phocée des cultures > Marseille, ta culture fout le camp…

 

Marseille, ta culture fout le camp…

24 décembre 2017

Le grand événement sur la musique actuelle à la fois festival et marché, BABEL MED risque de ne pas avoir lieu en 2018. Après la fermeture de l’Espace Culture, du Théâtre de Lenche, les menaces sur la Fiesta des Sud et la fin des emplois aidés pour les associations culturelles, la casse continue. Dans notre cité, la culture est adossée au tourisme et à l’attractivité de la ville, c’est comme repeindre les façades ou rénover un îlot d’habitations. Aucun projet émergent en la matière, l’ère Gaudin est marquée par le choix d’une action culturelle qui ne préserve que les grandes structures avec un enfermement total dans le conventionnel et le classicisme. Avec tout le respect de que dois à Anne-Marie d’Estienne d’Orves, notre adjointe dans ce domaine c’est une grande déception.


 

Les petits lieux se ferment les uns après les autres, moins de concerts, peu de création, moins de compagnies de théâtre ou de danse. Plus de grand moment sur le livre et l’édition : « Lire en Fête » n’a jamais été remplacé et je salue encore le travail extraordinaire qui a été fait par l’association des Libraires à Marseille à cette époque. La culture comme tout est marchandisé, il est fini le temps de l’autre siècle où l’on pouvait avec 100 à 150 FR passer une soirée, écouter un concert, boire une bière où aller dans un petit théâtre. Mais pas de regret, de la mobilisation. La Friche de la Belle de Mai est encore là ainsi que des intervenants qui se maintiennent dans la tempête actuelle. La raréfaction de l’argent public ne date pas d’hier, la baisse des revenus de nombreux marseillais non plus. L’argent est là et bien là, mais dans de moins en moins de mains. Des riches nous en avons, des pauvres ils n’en manquent pas et cela s’accroit mais une étude sur qui fréquente les lieux culturels et lesquels en proportion du nombre d’habitants et de leur quartier devrait être diligentée au plus vite. J’en devine malheureusement déjà le résultat. En 2020, il y aura des élections municipales, LREM ou les Insoumis sont en embuscades sentant qu’une page se tourne. Déjà avec ou sans étiquette politique les marseillaises et les marseillais doivent s’investir pour changer la donne. Parente de la culture, l’animation sociale et culturelle est aussi au plus bas : crise à l’IFAC, dans les centres sociaux et en 2018 perception plus nette du dégât occasionné par la fin des contrats aidés. Alors bien sur il ne faut pas attendre tout des collectivités territoriales et de l’Etat, mais le système tel qu’il est fait que la culture et l’éducation populaire sont les deux otages des gouvernants et que dans une société libérale où le mécénat est loin d’avoir l’ampleur requis pour faire face au désengagement des pouvoirs publics ces deux secteurs pourtant pourvoyeurs d’emplois, garant de l’équilibre social et de l’accès à la connaissance et aux arts sont encore à la botte. Alors que vous soyez d’une pensée marquée par la libre entreprise ou pour des politiques facilitateurs de l’action culturelle et sociale, peu importe. C’est la régénération de notre modèle qui compte et par les temps qui courent je crains que lors des négociations sur l’indemnisation du chômage les intermittents du spectacle ne passent pas le printemps. De bonnes fêtes quand même…

 

 

Autres articles En direct de MarseillePhocée des cultures

 

Articles récents

Articles au hasard