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Marseille, ses calanques, ses boues rouges et ses touristes sous ozone

21 juillet 2015

A quelques mois de la conférence internationale sur le climat à Paris va-t-on avancer sur la réduction de la pollution marine dans le Parc des Calanques entre Marseille et Cassis. Boues rouges de l’usine Altéo de Gardanne dans la fosse de Cassidaigne et rejets du grand émissaire de Cortiou. Pour Gérard Carrodano prud’homme des pêcheurs professionnels de la Ciotat et vice-président du comité régional en PACA, la côte d’alerte est largement franchie. La fosse profonde qui permettait le stockage des boues est saturée.


 

Les filets sont souillés dés 120 mètres de profondeur. Jeudi dernier, un petit squale maculé de boues rouges a été pêché dans la zone. C’est 270 m3 par heure de résidus toxiques qui se déversent 24h sur 24h dans ce que l’on ose appeler un Parc National. N’oublions pas le déversement des boues rouges au large de la Corse par la société Montedison en 1972. Partant d’Italie c’était deux à trois mille tonnes de déchets immergés à vingt milles du Cap Corse tous les jours jusqu’en 1974 et le fameux procès de Livourne.

A l’époque une forte mobilisation populaire en Corse, le soutien des scientifiques et des forces nationalistes de l’île firent céder la multinationale. Mais la réaction des pouvoirs publics français fut faible et longue à se mettre en action. Il fallut le plasticage le 15 septembre 1972 d’un des bateaux transportant les déchets dans le port de Follonica pour que la sensibilisation à la situation touche le pays et les hautes sphères de l’Etat. La grande manifestation unitaire de février 1973 où se mêlait des politiciens de tous bords, des communistes aux nationalistes vit l’arrestation d’Edmond Siméoni porte-parole de l’Action régionaliste corse après des débordements dont l’agression physique du sous-préfet de Bastia Robert Miguet. En 2009 on a retrouvé des fûts toxiques dont certains radioactifs jetés en mer depuis le début des années 90 par des bateaux affrétés par la mafia et servant aux industriels italiens à évacuer des polluants particulièrement dangereux. La localisation de l’épave du Cunski et le témoignage d’un repenti calabrais confirment ces pratiques de la Corse à l’Adriatique. Celles-ci conjuguées avec l’état déplorable du traitement des eaux au Nord et au Sud de la Méditerranée, la pollution des fleuves comme le Rhône et l’état de guerre qui perdure dans certains pays n’augurent pas d’une amélioration quelconque de la lutte contre la pollution. Ce fléau et la surpêche de certaines espèces préparent des eaux mortes à très courtes échéances. Enfin sur le plan purement local, il serai bon de savoir que va faire M. Meï, communiste, encore réélu maire de Gardanne dans ce conflit pour la conservation de notre eco-système vital pour notre santé et celle de nos enfants. Quel pouvoir de coercition et de poursuites pour la métropole à venir, sera-t-elle aussi paralysée que la communauté urbaine ou inerte comme l’ancienne municipalité. Le peu de mobilisation des écologistes du terroir dont l’ancien leader s’était fait embaucher par M. Guérini au Conseil Général et de l’ensemble de la population peut faire craindre le pire. Quand le bleu de la mer cache les noirceurs d’un pollueur et la lâcheté des élus bons à noyer le poisson dans les boues rouges de la honte.

 



 

     

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