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Manif contre la Loi Travail XXL, état des lieux de la grogne sociale à Marseille

18 septembre 2017

La manifestation contre les ordonnances travail de mardi dernier, a sonné le coup d’envoi de la rentrée sociale. Alors que la fête de l’Humanité du week-end dernier a révélé au grand jour les désaccords entre le PC et la France Insoumise, sur le terrain et dans les rues de Marseille, les syndicats, comme Sud et la CGT, FO et les partis de gauche (France Insoumise et PC) battaient le pavé d’un même pas. Dans le cortège, de nombreux salariés exprimaient leur profonde inquiétude, face à la situation, non seulement de l’emploi en France, mais celle de l’économiedu pays, et la déliquescence, faute de budget, des services publics, comme l’hôpital ou l’éducation nationale. Un nouveau rendez-vous avec la rue est donné par les syndicats, pour jeudi 21 septembre à 10h30. Alors que, de son côté, la France Insoumise appelle à manifester samedi 23, « Contre le coup d’état social ». Une rentrée qui, pour Med-in-Marseille, a permis de faire remonter les problèmes qui cernent des secteurs entiers de la ville.


 


Ce week-end a révélé au grand jour les désaccords entre le PC et la France Insoumise, avec le discours de Pierre Laurent, secrétaire national du PC à la fête de l’Humanité de la Courneuve,. Un début de polémique a éclaté, samedi 16 septembre, quand Pierre Laurent, a déclaré dans son allocution : « Personne ne peut prétendre détenir la vérité à lui tout seul, On a tout intérêt à faire front commun, à continuer à construire une alternative à gauche », adressé à Jean-Luc Mélenchon qui semble prendre seul le leadership de la reconstruction de la gauche. discours suivi de divers règlements de compte sur les réseaux sociaux Et ce, en l’absence remarquée de Jean-Luc Mélenchon, à la fête du PC. Alexis Corbière, porte-parole de la France Insoumise, a répliqué dans différents médias, que Pierre Laurent ne pouvait plus « se passer de Mélenchon » et a déclaré au journal Le Monde « ne pas comprendre pourquoi Pierre Laurent passe son temps à égratigner Jean-Luc Mélenchon ».


Mardi dernier à Marseille, ces querelles de leadership semblaient bien loin des préoccupations d’une rue réunie pour montrer sa force, face à la politique macronienne. Les élus et équipes de la France Insoumise, étaient visibles derrière une banderole, avec en tête Jean- Luc Mélenchon, Sarah Soilihi, Armelle Rioualen-Chevassu, Jean-Marc Cavagnara. De son côté, Jean-Marc Coppola, conseiller municipal de Marseille, élu PC, dans les 15ème et 16ème arrondissements de Marseille était aussi présent, un peu plus loin, dans la manifestation. Et c’est à un élu FDG, aujourd’hui rallié à la France Insoumise, que nous avons posé de nombreuses questions sur la stratégie de la France Insoumise pour cette rentrée sociale.

"Macron attaque sans relâche les droits des travailleurs et travailleuses, des plus précaires, des sans rien"

Côté syndicat, Frédéric Michel, secrétaire de l’Union Syndicale interprofessionnelle Solidaire des Bouches-du-Rhône, SUD) évoque un bon fonctionnement de l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône (qui regroupe divers syndicats comme la FSU, CGT, UNEF, UNL (Lycéens)). Ces syndicats « travaillent de concert » sur divers sujets.

Ainsi, dans la manifestation, à côté d’une CGT (EDF, Port de FOS, CHU Timone, CGT construction....), très présente, d’autres syndicats comme Sud solidaires, la FSU, la CNT, l’UNEF, et même la branche FO Transport Bouches-du-Rhône ou le Syndicat des Avocats de France étaient au rendez-vous.

Les professeurs de l’éducation nationale, pas forcément syndiqués, notamment ceux des établissements scolaires en zone prioritaire, des salariés du CHU La Timone, des salariés d’établissements pour les personnes handicapées avaient tenu à exprimer leur inquiétude face à l’avenir des conditions de travail.

FO- Transports BDR s’est aussi mobilisé, contrairement à la direction nationale qui s’est abstenue d’appeler à manifester. « Chaque section est libre et indépendante », affirme Laurent Casanova, secrétaire FO, Transport BDR. Qui revient, sur le problème que posent ces ordonnances quant à l’inversion de la hiérarchie des normes, en clair des négociations au sein d’une entreprise, avec des rapports de force salariés dirigeants, forcément déséquilibrés ; qui vont primer, sur les accords de branche. Un coût social qui risque d’être difficile pour les salariés.


La CNT 13 a également montré sa capacité de mobilisation, « contre Macron et ses ordonnances… qui attaque sans relâche les droits des travailleurs et travailleuses, des plus précaires, des sans rien. … » Elle table sur la préparation d’une grève générale. De plus, la confédération s’oppose à la suppression des emplois aidés : « De nombreux travailleurs précaires se retrouvent sur le carreau. C’est toute l’activité du réseau associatif qui se trouve affectée par cette mesure gouvernementale, les secteurs sociaux, scolaires (RASED, aides aux personnes âgées, aides à domiciles). »


"Une« énième » provocation du gouvernement qui utilise des méthodes archaïques, type ordonnances, pour passer en force"


Refuser la logique qui consiste à penser que : « Pour lutter contre le chômage, il faut précariser les salariés », comme l’explique Jean-Marc Cavagnara, conseiller municipal 9ème et 10ème arrondissement, élu FDG et aujourd’hui rallié à la France Insoumise, est partagé par la majorité des manifestants de mardi dernier.

Jean-Marc Cavagnara, conseiller municipal 9ème et 10ème arrondissement

« Le gouvernement voudrait faire passer ceux qui sont contre la régression sociale pour des archaïques, pour des fainéants ou des privilégiés », estime Frédéric Michel, secrétaire de l’Union Syndicale interprofessionnelle Solidaire des Bouches-du-Rhône, syndicat SUD. « C’est une « énième » provocation du gouvernement qui utilise des méthodes archaïques, type ordonnances, pour faire passer en force » qui poursuit : « Sous prétexte de modernité et de réforme, une série de mesures annoncée sont des régressions sociales. »

"Ce n’est pas en cassant le code du travail qu’on va créer de l’emploi"

Côté France Insoumise, la stratégie est claire, comme nous l’a expliqué Jean-Marc Cavagnara : « Nous demandons le retrait des ordonnances, qui représentent une véritable casse sociale et qui vont mettre les salariés en difficulté dans les entreprises ». Et d’ajouter : « Ce sont les mêmes rengaines qu’on entend depuis quarante ans : pour lutter contre le chômage, il faut précariser les gens, enlever les protections qui seraient des freins à la reprise d’emploi…Or, ce n’est pas en cassant le code du travail qu’on va créer de l’emploi ».


« Nous travaillons ensemble, dans l’intersyndicale contre la loi travail XXL, contre les mesures de régression sociale, sur sécurité sociale, service publics », explique Frédéric Michel, secrétaire de l’Union Syndicale interprofessionnelle Solidaire des Bouches-du-Rhône qui demande le retrait des ordonnances : « Nous souhaitons ouvrir cette intersyndicale à des collectifs, des associations de quartier, pourquoi pas des organisations politiques, l’idée étant qu’il faut favoriser les convergences des luttes et entre les structures ».

Touche pas à ma ZEP

L’éducation nationale était aussi visible, entre autres, avec la FSU, et l’association « Touche pas à ma ZEP, » comprenant des professeurs des établissements en Zone prioritaires de Marseille, comme le Lycée Professionnel de l’Estaque, le lycée Saint-Exupéry, en grève la semaine dernière et le lycée Victor Hugo, non loin de la faculté Saint-Charles.

« Nous demandons, ce qui avait été annoncé l’an dernier, soit la mise en place du PPRC, pour la revalorisation de nos carrières. Mais, c’est encore reporté. Les points d’indices sont, à nouveau gelé, or depuis 2010 nos salaires n’ont plus progressé », explique un enseignant du lycée Victor Hugo. Le lycée Victor Hugo, a dû faire face à la rentrée, à la suppression de 4 contrats aidés.


Le syndicat des Avocats (SAF), syndicat de gauche, avait aussi tenu à marquer sa présence dans la manifestation. Interrogé, un jeune avocat estime que ces ordonnances, en restreignant les indemnités de licenciement, enfreignent, bel et bien, un principe juridique : en portant atteinte « au principe de réparation intégrale ».
D’autres personnels d’aide aux personnes avaient aussi choisi de défiler. Bernard Cresta, secrétaire administratif CGT du Comité d’entreprise de La Gauthière, E.S.A.T, Etablissement et Service d’aide par le travail, (E.S.A.T) qui accueille des personnes handicapés, à Aubagne, s’inquiète des dégradations des conditions d’accueil des handicapés et des conditions de travail du personnel. « Dans le secteur médico-social, les salariés sont très mal payés, avec des conventions collectives qui sont remises en question depuis des années », décrit-il. Une journée d’action dans cet ESAT est envisagée pour le 26 septembre. « Cette loi travail est catastrophique et n’apportera jamais ce qu’annonce le gouvernement, c’est-à-dire des embauches. »

Mettre à mal, le programme du Conseil National de La Résistance, un vieux rêve du MEDEF »

Dans leur majorité, les syndicats estiment, à l’instar de Jean-Marc Cavagnara, que : « ces ordonnances sont un galop d’essai pour le gouvernement, de remises en cause importantes avec une logique ultra libérale. » Même constat à Sud « les ordonnances sur la loi travail, annonce des ordonnances sur la protection sociale, sur les retraites, sur l’assurance chômage, etc. », déplore Frédéric Michel. En conclusion : « Les ordonnances sur la loi travail représentent, ni plus ni moins, la casse de 150 ans de lutte pour acquérir des droits sociaux et des droits du travail », estime-t-il. Et l’élu FDG, rallié France Insoumise enfonce le clou, reprenant en cela le discours du PCF : « Les grands groupes financiers et industriels veulent mettre à mal le programme du Conseil National de la Résistance, un des vieux rêves du MEDEF ».

Mais syndicat et partis de gauche soulignent également leur force de proposition. Pour la France Insoumise : « Nous avons un programme, et nous souhaitons continuer à le travail avec toute une partie de la population et notamment les petites entreprises, artisans et commerçants pour reconstituer un socle social, le plus juste possible »
« Sud est aussi dans la rue avec l’idée de pouvoir fédérer des chômeurs, des retraités, des jeunes qui très rapidement, vont eux aussi subir la régression sociale », décrypte Frédéric Michel, secrétaire de l’Union Syndicale interprofessionnelle Solidaire des B-D-R.

A partir de cette manifestation et la prochaine, le 21 septembre, Sud entend « proposer des alternatives. On pense qu’il faut remettre en question la possibilité d’une réduction massive du temps de travail à salaire égal, à 32 heures par semaine. Nous pensons que cette revendication est la seule possibilité de lutte contre le chômage de masse. »
Les syndicats sont conscients, avec la seconde manifestation, d’entamer un véritable bras de fer avec le gouvernement, ce qui n’exclue pas un durcissement de l’action avec des grèves avec occupation…

 



 

 

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