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Les aragonais nous l’avait volé, une courageuse Marseille a essayé de leur reprendre : histoire de la chaîne qui fermait le port de Marseille

17 octobre 2017

La Brasserie des Templiers n’y allez pas que pour déjeuner
En effet ce haut lieu de la convivialité à Marseille permet au hasard des rencontres que vous y ferez et de déjeuners de travail de nourrir aussi vos connaissances. Il y a peu, lors d’une repas avec mon complice et ami Ahmed Nadjar, directeur du site média Med In Marseille nous avons interviewé Marie-Jeanne Fay-Bocognani, grande dame du gaullisme social dans la cité phocéenne, qui fut adjointe à Jean-Claude Gaudin à la Solidarité et à la Lutte contre l’Exclusion, qui s’occupa aussi des monuments cultuels, qui est décorée de l’ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qui promeut maintenant la laïcité et la foi républicaine et qui a été enseignante d’histoire. Une femme aux milles vies qui s’est toujours consacrée à aider les plus faibles et à répandre la bonne parole. Présentations faites, revenons à notre échange entre deux coups de fourchettes. Non nous n’avons pas trop parlé de politique mais plutôt de son exercice dans notre ville. Sur le sujet nous serons muets comme des gobis et nous ne vous révélerons aucun secret. De mots en mots nous en sommes venus à l’histoire de Marseille et plus précisément à un événement que bien des marseillais de souches et d’ailleurs ignorent. Du 20 au 24 novembre 1423 ; une flotte aragonaise aux ordres d’Alphonse V, roi de cette contrée attaque la ville, l’incendie et la met à sac.


 

Selon César Nostradamus 400 maisons furent brûlées, des pans de la muraille abattus et les restes mortuaires de Saint-Louis, évêque de Toulouse furent emportés, relique saisie dans une maison voisine du couvent des Frères Mineurs qui avait été ravagé lui aussi et qui se trouvait alors entre la rue Tapis Vert et la rue Thubaneau. Et fait des plus humiliants, les pillards nous volerons une partie de chaîne qui fermait le port la nuit qui était tendue entre deux tours, l’une se situant à l’emplacement du Fort Saint-Jean, l’autre en face au pied de la butte où s’élèvera bien des années plus tard le fort Saint-Nicolas. C’est le capitaine Jean Corveri qui avec une troupe d’élite réalisa cet exploit militaire. Pour ne pas vous accabler d’histoire de la Provence du temps jadis, il faut savoir qu’à cette époque règne sur notre terroir un membre de la maison d’Anjou, alliée du roi de France, Louis III né en 1403, mort en 1434 et souverain de 1417 à 1434. Il est comte de Provence, roi titulaire de Jérusalem et Sicile. Mais ces deux derniers titres ne sont que virtuels, Jérusalem est aux mains des musulmans depuis 1244 et son père Louis II a perdu Naples et toutes ses terres italiennes et la dynastie angevine rêvant toujours de l’Italie s’use à une reconquête infructueuse qui a entrainé Marseille, sa flotte et ses commerçants au bord de la ruine. Surtout qu’elle combat en face les aragonais qui lui dispute ses prétentions sur le sud de la botte. Leur roi est aussi comte de Barcelone, roi de Valence, de Majorque, aussi de Sicile et de Sardaigne. Mais que fait Marie-Jeanne Fay-Bocognani dans cette histoire : tout simplement elle a essayé de racheter l’honneur de nos ancêtres marseillais. Mais comment ? En 2006, elle représente la maire à une réunion internationale sous l’égide de l’ONU pour la lutte contre la pauvreté et cela à Valence. Elle sait qu’à la Cathédrale des Sept Douleurs il y a des morceaux de la fameuse chaîne du Vieux-Port et elle part visiter les lieux avec Jean-Marc Benzi, chevalier du Saint-Sépulcre et président de la commission des finances de notre ville. La chaîne est dans une chapelle particulière décorée avec des scènes d’histoire de la Bible. Elle est bien fixée, verrouillée, cadenassée.

Le soir nos deux édiles sont invités à une soirée à la généralité de Valence et rencontrent l’alcade, la mairesse de la ville. Ils lui font part d’une étrange requête, Marie-Jeanne veut récupérer notre chaîne. A ce moment Marseille a perdu l’organisation de la Coupe de l’America face à Valence et cela vaut bien une consolation. La mairesse voudrait bien leur donner satisfaction mais elle ne le peut pas, cette chaine est un trophée de guerre, une prise. Impossible. Marseillaises, marseillais si vous passez par là, vous la trouverez au même endroit.

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Marie-Jane

Mais sachez que Marie-Jeanne Fay-Bocognani et Jean-Marc Benzi ont tout essayé pour que nous retrouvions ce trésor de notre histoire. Ce haut fait appartient maintenant à notre histoire officielle et c’est à la Brasserie des Templiers qui nous a été narré. Alors l’esprit des Templiers y serait-il pour quelque chose ? Je n’en douterai pas.

 

 

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