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Le mouvement Nuit Debout s’installe à Nice

14 avril 2016

Partout en France s’organise depuis une quinzaine de jour des rassemblements nocturnes qui réunissent des milliers de citoyens soucieux de voir émerger de nouvelle alternative politique. La première Nuit Debout lancée par le collectif "Convergence des luttes" s’est déroulée le 31 mars dernier sur la place de la République à Paris, avant de s’étendre peu à peu à la France entière. Mouvement inspiré des Indignés ou encore de Podemos en Espagne, il a été rendu possible en France grâce à l’élan de la mobilisation nationale contre la loi travail qui a inspiré le souffle de vie nécessaire à la création des Nuits Debout. Ils sont désormais des milliers à occuper l’espace publique afin de militer pour une organisation différente de la société. A ce jour, on compte environ 300 000 personnes qui continuent de se réunir chaque soir à travers la France selon le gouvernement et au moins le double selon les partisans de la Nuit Debout. Atelier, débat, prise de parole et distribution de nourriture sont ainsi au programme lors de ces manifestations d’un nouveau genre qui agitent notre pays. Nous avons interrogé ces militants lundi dernier dans la ville de Nice pourtant peu habituée à ce type de rassemblement compte tenu de sa population majoritairement de droite. Debriefing du programme de la Nuit Debout et entretien avec une jeune militante aguerrie.


 

Ce lundi 11 avril, il est 20h lorsque nous arrivons sur la Place Garibaldi de Nice. Les premiers participants de la Nuit Debout sont réunis et commencent déjà à installer des bâches de fortune afin d’y passer la nuit. Selon les membres du mouvement, ils seraient environ 200 personnes à investir chaque soir l’emblématique place Garibaldi niçoise. Dans la petite foule qui commence à se former, nous recherchons l’organisateur de l’événement ou un chef de file à qui nous adresser mais en vain. Les partisans de la Nuit Debout nous affirme qu’il n’y a pas de leader et qu’ici chacun est organisateur a sa façon. Qu’à cela ne tienne, nous interrogeons alors la foule sans distinction.

Professeurs de littérature, jeune cadre, étudiant, chômeur ou encore aide soignant, toutes les strates de notre société était réuni pour clamer leur mécontentement du pouvoir en place. Une jeune partisane du mouvement, Anne-Laure qui est actuellement étudiante en faculté de Droit, a accepté de répondre à nos questions concernant cet événement. Elle a participé à chacune des Nuits Debout à Nice depuis son lancement et selon ses dires, le mouvement n’est pas prêt de s’essouffler.



- Vous vous réunissez sur la place Garibaldi depuis des jours, pouvez-vous nous parler de ce que vous faites et des thèmes que vous abordez ?
"Le but des Nuits Debout, c’est de dialoguer, d’échanger et de partager dans le cadre de débat citoyen. Ici chaque citoyen est libre de s’exprimer, c’est le principe d’une assemblée citoyenne. On a de nombreux ateliers : communication, logistique, moyen d’action, pôle idée etc... On alterne entre atelier et ce qu’on appelle les "débats- prise de parole". Ici, on aborde les thèmes qui intéressent les français et le peuple : chômage, précarité, corruption politique, lois anti-démocratiques et j’en passe ! On dresse des constats et puis on cherche des solutions collectivement car si on ne s’occupe pas de ce qui nous concerne, personne d’autre ne le fera pour nous. Les politiques ne s’intéressent qu’à leur intérêt donc c’est à nous de nous rassembler pour tenter de faire avancer ce qui ne fonctionne plus dans la société. On n’est pas toujours d’accord sur tout bien sûr, et c’est pour ça que c’est important de dialoguer.


- Quelles sont vos revendications prioritaires ?
C’est simple, on veut une démocratie directe. Et pour faire ça, il faut changer le système, le révolutionner. On est dans un système pyramidal avec un pouvoir ascendant, on voudrait une horizontalisation des pouvoirs. Nous sommes censés être en démocratie, le pouvoir doit être au peuple et pourtant on se sent dénué de nos droits. Les politiques votent des lois pour leur propre intérêt sans se soucier de ce qu’en pense le peuple. Notre principale revendication c’est l’aspiration à la démocratie. Une vraie démocratie qui prend en compte son peuple et qui milite pour l’intérêt général.


- On vous compare souvent au mouvement des Indignés ou de Podemos, qu’en pensez-vous ?
Nuit debout est naît d’un rassemblement spontanée du peuple qui en a eu marre des politiques menées par son gouvernement. Selon ce principe, les Indignés et Podemos répondent à ce même modèle donc personnellement la comparaison me convient. On espère qu’on se développera autant que ces autres mouvements qui ont eu beaucoup de succès et qui ont permis de changer durablement les choses en Espagne. Mais il ne faut pas oublier que Nuit Debout est une initiative française, on ne cherche à copier personne et au contraire de Podemos, nous ne sommes pas un parti politique.


- On dit souvent de ce mouvement qu’il se veut anti capitaliste, êtes -vous d’accord ?
Ce sont les médias qui nous affublent de l’étiquette « anti capitaliste », nous on a toujours revendiqué le fait de n’appartenir à aucun parti politique en particulier. Il y a des gens qui se considèrent comme anticapitaliste parmi l’ensemble des participants comme il y a des gens qui sont communistes, centristes ou encore libéraux. Vous savez, c’est le peuple qui se rassemble donc c’est très hétérogène, chacun est libre de penser comme il veut, l’important c’est de vouloir faire avancer les choses ensemble.


- Vous ne vous réclamez d’aucun parti mais êtes vous d’accord pour dire qu’il y a une forte inspiration de gauche ?
Oui certainement... La droite c’est le parti du patronat et la gauche celui des ouvriers, pour simplifier. Je vois mal le patronat descendre dans la rue pour demander plus d’égalité et moins de précarité, ça me semble logique ! Donc oui il y a surement une majorité des partisans qui ont une idéologie de gauche mais c’est une gauche plutôt du centre contrairement à ce que les médias disent, on n’est pas des radicaux d’extrême gauche. On refuse les étiquette gauche ou droite car on est juste des citoyens qui veulent que les choses changent et justement on essaye de proposer une alternative différente de la droite et de la gauche.


- Ces derniers jours on a beaucoup entendu parler de "casseurs" et d’altercation musclée avec la police qui ont eu lieu lors de certaine Nuit Debout. Désormais le gouvernement pense à interdire ces rassemblements notamment sur la place de la république à Paris. Qu’en pensez-vous ?
On nous parle de casseur mais je n’en ai jamais croisé durant l’ensemble des nuits que j’y ai passé. Il doit peut-être y avoir quelques fauteurs de trouble comme dans toutes les manifestations mais ça s’arrête la. On veut nous faire passer pour des radicaux, des marginaux, des anarchistes alors que Nuit debout est un mouvement qui se veut 100% pacifique. Je pense que ça arrange bien le gouvernement c’est quelques histoires de casseurs ultra-médiatisés, ça leur permet de ternir notre image et de tenter d’interdire ces rassemblements mais aucune interdiction ne nous empêchera de faire valoir nos droits et de nous rassembler pour débattre".

Ce soir-là, les membres du mouvement resteront sur la place Garibaldi jusqu’à l’aube. Ceux que l’on pourrait aussi nommer les Infatigables compte tenu de leur impérissable détermination, n’ont toujours pas plié après 2 semaines de ces manifestations un peu particulière. Il ne reste plus qu’à espérer que les partisans de Nuit Debout parviendront à rallier encore plus de monde à leur cause et à élargir leur mouvement aux quartiers populaires qui restent encore et toujours, les grands absents de la bataille. Espérons également que la jeunesse ne se fatiguera pas car le combat contre le pouvoir et ses formes de domination n’en est qu’à ses balbutiements et il ne fait à priori, que commencer.

 



 

 

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