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Le grand Mufti de Jérusalem, l’homme qui chuchotait à l’oreille d’Adolphe - Réponse au premier ministre d’Israël Benjamin Netanyahou.

23 octobre 2015

Ah bibi, notre fricotin sioniste est toujours prompt à manipuler l’histoire pour qu’Israël et son peuple élu on ne sait par qui, soit toujours la victime des forces obscures qui s’acharnent depuis des lustres à éteindre la lumière de David. Moi qui commence à avoir un âge certain j’ai encore connu des cours de catéchisme « border line » ou les juifs malgré le début d’influence de Vatican II étaient toujours stigmatisés comme des déicides, ce qui n’aide pas au dialogue interreligieux. Mais dans les faits qui nous intéressent c’est la sortie des placards de l’histoire d’un personnage controversé : le grand Mufti de Jérusalem. Bibi qui a sans nulle doute vu le film « Exodus » publicité au sionisme triomphant se souvient que le méchant arabe qui fait massacrer le village de l’arabe ami des juifs n’est autre dans l’inconscient populaire que ce grand Mufti et que l’allemand nazi qui l’accompagne est bien sur Aloïs Brunner responsable de la mort de près de cent vingt-huit mille juifs de France, d’Autriche et de Slovaquie, le SS qui avait pris en main du camp de Drancy à partir de juin 1943 et qui termina sa carrière de tortionnaire comme conseiller des services de sécurité syriens et grand ami de la famille Assad. Alors le grand écart qui consiste à dire que c’est le grand Mufti qui souffla à l’oreille d’Hitler l’idée fumeuse de griller les juifs n’est qu’un entrechat issu d’une pensée perverse. Il suffit de lire quelques pages de « Mein Kampf » ouvrage aux idées bien tranchées de notre Führer pour s’apercevoir que sur les juifs il avait des idées bien arrêtées. Avec les communistes, les invertis, les slaves, les roms, ils étaient déjà au catalogue des nuisibles dont il fallait se séparer au plus vite. Que le mufti en ait rajouté un peu pourquoi pas à chaque boucher ses petits tours de main pour trancher la viande. Mais de là à lui refiler la patate chaude de l’incitation à la shoah, nous sommes dans la cuisine diabolique du maître à la queue fourchu de Jérusalem qui ne manque pas une occasion pour diaboliser tout un peuple qu’il martyrise lui et ses semblables depuis 1948. Profitons de la malsaine occasion pour refaire un peu d’histoire...


 

Voyageons dans notre bibliothèque. L’Allemagne Impériale du temps du Kaiser Guillaume II avait toujours cultivé l’amitié avec l’Empire Ottoman pour contrebalancer les ambitions françaises et anglaises au Maghreb, au Moyen-Orient et en Orient. Souvenons-nous du voyage de l’empereur d’Allemagne au Maroc en 1911 à Tanger et de l’envoi du cuirassé Panther en rade d’Agadir pour protéger les intérêts allemands. Berlin était alors solidaire avec le seul trône d’un état indépendant musulman entre l’Atlantique et Constantinople. C’était de la géopolitique basique. De même que les allemands obéissant à des considérations économiques, politiques et militaires soutenaient la Turquie tout en se payant sur la bête. Il modernisait l’armée avec du matériel teuton, des conseillers militaires dont le général Liman Von Sanders commandait à la place des officiers turcs et les entreprises allemandes construisait pour le compte de la Sublime Porte un réseau de chemin de fer dans tout le Proche-Orient ou l’on sentait déjà des effluves d’or noir. A cette époque l’Empire était le voisin immédiat des anglais et du canal de Suez qu’un coup de main audacieux pouvait neutraliser coupant ainsi la route des Indes et de la l’Orient à la perfide Albion. Nous étions sur le grand échiquier du monde. Oui mais le pion juif. Comme d’habitude, le juif était aussi un bouc-émissaire, mais le turc avait en ses temps anciens prévu une solution finale pour l’arménien qu’il soupçonnait d’être une cinquième colonne qui le frapperait dans le dos en cas de conflit avec les occidentaux. La suite confirmera cette thèse. A cette époque n’oublions pas les russes orthodoxes pogromisant à qui mieux mieux les yiddishs de chez eux. Là aussi le juif était de la vermine poreuse aux thèses révolutionnaires, de la graine de poseur de bombes et le pouvoir tsariste humilié par les japonais lors de la guerre de 1905 se déchainèrent contre cette minorité. Là non plus pas de grand Mufti dans le coup. Quelques années avant la France avait connu l’affaire Dreyfus, cet officier juif accusé d’être un espion à la solde de l’Allemagne, cela pourrait nous faire rire après coup, l’histoire démontra la contraire mais l’antisémitisme y puisa un regain de vigueur et des personnages comme Drumond qui deviendra député d’Alger en 1898, auteur de la France Juive et créateur de la Ligue nationale antisémitique de France avait réveillé la bête pour longtemps. Dans l’Europe d’avant la guerre de 14, le pays le plus antisémite est l’Empire Austro-hongrois et à Vienne ou à Budapest nous avons des poussées anti-juives terrifiantes annonciatrices de l’holocauste à venir dans cette partie Du monde. Berlin aussi connaît ses clubs d’officiers ou d’étudiants antisémites qui bastonnent le juif et parfois le tue après de bonnes beuveries nationalistes. L’effondrement des empires centraux et de la Russie tsariste sera le détonateur de l’antisémitisme moderne faisant du juif et du communiste souvent les mêmes les bouc-émissaires de la disparition de ces antiques puissances. C’est le temps des thèses complotistes, du manifeste des sages de Sion et de la montée du nazisme dans l’Allemagne ruinée. Le découpage de l’Empire Ottoman entre français et anglais qui avaient trahi les arabes qui se révoltèrent contre les turcs précipitant leur chute ainsi que la déclaration Balfour pour créer un foyer national juif en Palestine amenèrent les germes de ce même anti-sémitisme moderne sous ses latitudes. Le mal était à l’œuvre. A cela se conjugua la montée du nationalisme arabe anti-européen dont une certaine branche accusa les juifs d’être des alliés tacites ou passifs des occidentaux. Même si au Levant il n’y avait pas de décret Crémieux comme en Algérie sous domination française pour séparer les juifs des arabes et en faire des citoyens de pleins droits, l’occidentalisation de nombreux juifs du Proche-Orient adoptant des mœurs, un art de vivre européen jusqu’au costume accentua ce fossé. La montée en puissance des juifs en Palestine disposant de fonds importants venant des Etats-Unis et d’Europe pour acheter des terres et bâtir des colonies modernes sur cette terre sainte fini par cristalliser toutes les haines et les rancœurs des arabes sous la botte des puissances qui vivaient de plus en plus mal cette terrible humiliation. L’abolition du califat par Mustapha Kemal en Turquie s’ajouta à cela. Le temps de la révolte arrivait. C’était les arabes contre le monde colonialiste et les juifs furent sommés de choisir un camp, ils le choisirent et depuis ne l’ont jamais quitté. Mais revenons un peu en arrière, en 1850 ce qui est le territoire de la Palestine compte environ 300 000 habitants, 85% de musulmans, 11% de chrétiens et 4% de juifs. Quelques années plus tard, il existe les prémices d’un mouvement nationaliste arabe animé par des chrétiens et des musulmans. Le pays est dans les mains de puissants propriétaires fonciers arabes et les gouverneurs turcs tiennent les rênes. En Europe les juifs persécutés s’organisent. Un juif hongrois va allumer un incendie qui brûle toujours. Journaliste il publie en 1896 « L’état juif ». Il devient le théoricien du sionisme politique. Il faut un état juif dans lequel les juifs seront majoritaires et en sécurité. Le 1er Congrès Mondial Sioniste se tient à Bâle en 1897 et on y retient le principe d’œuvrer pour créer un état juif. Il faut une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Le mal est fait. On parle de l’Amérique du Sud, de l’Ouganda… finalement ce sera par référence biblique la Palestine. Mais la Palestine n’est pas sans peuple. Tant pis, on commencera à préparer l’émigration des juifs vers la Palestine. On redonnera vie au mythe de la terre promise. En 1901 est crée le Fond National Juif pour lever des fonds et acheter des terres. Toute la diaspora est sollicitée. Mais au début du XXème siècle les émigrants sont peu nombreux, quelques milliers. Ils sont souvent laïcs et socialistes. Adeptes du collectivisme ils créent le kibboutz, colonie agricole autogérée d’où l’argent est banni. A l’aube de la première guerre mondiale sur les 700 000 habitants de la Palestine 8% sont juifs : soit 56 000 personnes. Les tenants de l’implantation de masse en « Eretz Israël » qui visitent le pays sont conscients de la difficulté de la tâche. C’est le fameux télégramme : « La fiancée est belle mais elle est déjà mariée ». S’implanter à la place d’un autre peuple suppose des soutiens puissants. Vous connaissez la suite, la guerre, la déclaration Balfour du nom du ministre anglais des affaires étrangères qui écrit à Lord Rothschild : « Le gouvernement de sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ». Les dés étaient jetés.

L’histoire de la Palestine du temps du Mufti

Les anglais qui occupent la Palestine au début voient d’un bon œil l’arrivée des juifs européanisés et bien formés en Palestine. Des hauts fonctionnaires anglais de confession israélites sont nommés là-bas. En 1925, le foyer juif de Palestine, le Yishow, représente 17% de la population totale. L’argent permet l’achat de bonnes terres. Un embryon d’état se crée. Pourtant des 1920 il y a déjà des heurts intercommunautaires et des morts des deux côtés. L’armée anglaise réprime les troubles. C’est à cette occasion que Amin al-Husseini notre futur grand mufti rentre en scène, il en est un des organisateurs. Il est aussi le fils du mufti de Jérusalem. Après la guerre il a adhéré à Al-Nadi, une société secrète qui œuvre à l’indépendance de la Syrie-Palestine. Lors des émeutes de Nabi Moussa qui font une dizaine de morts et plus de 250 blessés, les anglais le traque, il fuit à Damas mais écope d’une condamnation de 10 ans d’emprisonnement. Mais le 8 juillet le Haut-commissaire Herbert Samuel, juif et premier gouverneur anglais de la zone, le gracie avec d’autres par mesure d’apaisement. Dés lors il continuera son combat contre l’émigration juive et les anglais. En 1929 on se bat à Jérusalem et à Hébron, là son rôle est controversé. Les colons continuent d’arriver, entre 1924 et 1930 ils sont 82 000. Entre 1932 et 1938 217 000. Mais en 1936 al-Husseini et les chefs arabes forment le Haut Comité Arabe dont il devient président. Il est aussi depuis 1921 grand mufti de Jérusalem par la grâce d’Herbert Samuel. Mais c’est le signal de la grande révolte arabe. Grèves, troubles, attentats. Le 26septembre 1937 c’est le meurtre du commissaire britannique pour la Galilée. Les anglais le tiennent pour responsable et il perd tous ses titres. Il fuit Au Liban et en octobre 1939 les français le mettent sous haute surveillance. Il part ensuite pour l’Irak. C’est le début de sa légende noire. Le 16 octobre 1939 il est à Bagdad où l’on accueille avec tous les honneurs. Les anglais présents dans le pays ne peuvent pas empêcher les nationalistes irakiens de le courtiser et de le protéger. Rachid al-Gailani qui se prépare à prendre le pouvoir le soutient. Ce juriste fils d’une grande famille a été ministre. Il a passé plusieurs semaines à Berlin et admire le Reich et son Führer. Sa junte, son clan ne veulent pas déclarer la guerre à l’Allemagne comme le souhaite Londres. Ils sont panarabes et anti-anglais viscéraux. Même le premier ministre irakien pro-anglais Nuri as-Saïd voyant les allemands gagner en 40 se rapproche de l’Axe. Son interlocuteur est l’ancien vice-chancelier Von Papen ambassadeur à Ankara. Le ministre irakien de la justice Naji Shawkat lui rend visite en juillet 40 pour lui remettre une lettre du mufti dans laquelle celui-ci le félicite pour la victoire sur la France et lui demande de soutenir la cause arabe. Le mufti lui annonce son projet de reprendre la lutte en Palestine. Le 6 août c’est Osman Kemal Haddad le secrétaire du mufti qui va voir Von Papen. Un comité de coopération entre les pays arabes : Irak, Syrie, Arabie Saoudite et Palestine se met en place. Le 26 août Haddad est à Berlin. Il veut que l’Allemagne et l’Italie reconnaissent l’indépendance des pays arabes et leur droit à résoudre la question juive dans l’intérêt du peuple et de la nation. Haddad repart à Berlin mi-février et remet à Hitler une lettre personnelle du mufti. Celui-ci lui raconte sa lutte contre les juifs ces dangereux ennemis dont les armes secrètes sont la finance, la corruption et l’intrigue. La sympathie entre les pays arabes et l’Axe est un fait accompli. Hitler le 23 mars reconnaît le droit à l’indépendance de tous les pays arabes mêmes ceux encore colonisés. A ce moment là l’Abwehr de l’amiral Canaris élabore un plan de soutien aux arabes. On envoie en Palestine mi-avril 15 000 carabines, 200 mitrailleuses et 300 pistolets mitrailleurs. Le 11 mai le bruit court que le mufti va frapper en Palestine. Des armes partent de Grèce occupée vers le Moyen-Orient. Le 15 mai, 400 mitraillettes légères sont amenées en d’Athènes en Irak. Le 21 mai des avions italiens se posent à Mossoul avec 60 mitraillettes légères et des munitions pour l’opération Palestine. Le 24 mai le mufti reçoit 35 000 dollars en espèces de la part des allemands. Fin mai, c’est encore 15 000 carabines, 300 pistolets mitrailleurs et leurs munitions. Mais la junte irakienne n’y tenant plus commet l’irréparable. Quand les allemands reprennent la Cyrénaïque aux anglais elle lance son coup d’état. Dans la nuit du 1er au 2 avril 1941 des officiers irakiens renversent le gouvernement de Bagdad. Ils mettent en place Rachid al-Gailani et chassent le régent Abdul Ilah tuteur du jeune prince encore mineur. Les anglais ont compris la menace sur le pétrole du Moyen-Orient. Ils débarquent des troupes à Bassora dés le 18 avril. Les allemands sont encore trop loin pour intervenir. Churchill impose à Wavell commandant ce théâtre d’opération d’en finir avec les irakiens. La Royal Air Force passe à l’action. Le 6 mai les anglais commencent à avancer. Les allemands envoient par la Syrie des avions. Le 9 mai le mufti lance à la radio un appel au djihad contre les anglais et demande l’aide de tous les musulmans dans cette guerre sainte. Le 11 mai les aviateurs allemands et des commandos sont acclamés par la population de Mossoul lors de leur arrivée. C’est 24 appareils qui volent au-dessus de Bagdad le 12 mai et une foule en liesse dans les rues. Comme on tire en l’air on tuera même par erreur le commandant Axel Von Blomberg. Les allemands attaquent quelques jours après les anglais. Mais le 27 mai faute d’équipement tropical, de ravitaillement et de concertation avec l’armée irakienne seuls deux avions sont en état de marche. Lorsque les troupes anglaises s’approchent de Bagdad Al-Galani et le mufti passent en Iran. Mais les irakiens soupçonnent les juifs locaux de les avoir espionné et trahi au profit des anglais. Lorsque le 1er juin les juifs de Bagdad voulurent saluer le retour du gouvernement légal ce fut le début d’un pogrom, 110 juifs furent tués dont 28 femmes et il y eut 200 blessés, 586 magasins et 911 logements furent pillés. Malgré ce premier échec l’Abwher continua ses actions au Proche-Orient. Lors de l’avancée de Rommel vers l’Egypte elle s’essaya à soulever l’armée égyptienne dans le dos des anglais. Mais sans succès. Le grand mufti et Rachid al-Gailani arrivèrent à Téhéran le 1er juin 1941. Ce fut un refuge provisoire. Les anglais et les russes forcèrent le shah à abdiquer le 25 août et occupèrent le pays. Le grand mufti déguisé en femme parvint à rejoindre Istanbul et à fuir les anglais. Un avion l’emmena jusqu’à Rome le 10 octobre. Le 27 octobre, il y rencontre le Duce. Il arriva à Berlin le 6 novembre. Le 28 novembre 1941 le mufti fut reçu pour la première fois par Hitler. Mais rapidement le mufti et Rachid al-Gailani devinrent des opposants aux ambitions en concurrence. L’Allemagne qui avait échoué devant Moscou et qui échoua en Afrique du Nord oublia la cause arabe. Il inaugura le 18 décembre 1942 un Institut Islamique à Berlin. En avril 43 lors d’une visite à l’Institut International de la clarification de la question juive il expliqua que le Coran énumérait toutes les caractéristiques des juifs et qu’il les chargeait de la malédiction éternelle et les condamnait à ne jamais rien faire de bien puisqu’ils portaient la malédiction divine. Mais entre temps le 20 janvier 1942, les dignitaires nazis s’étaient réunis dans le faubourg huppé de la capitale au bord du lac Wannsee pour améliorer leurs techniques d’éradications de la race juive. Non bibi le grand mufti n’était pas là et Auschwitz était ouvert depuis 1933, la première fois que l’on gaza des juifs c’était au camp de Chelmno en Pologne occidentale le 8 décembre 1941 soit 10 jours après la rencontre du grand mufti avec Hitler, 10 jours. Bien sur le grand mufti approuva la politique du Reich. Son délire antisémite le poussa à rechercher dans le Coran tous les passages que l’on pouvait interpréter comme des preuves que Hitler avait été prédestiné et chargé d’accomplir l’œuvre du prophète. Même Kaltenbrunner fit un lien théologique entre le retour de la lumière du prophète et Hitler, hasardeux non. Le grand mufti fut un des premiers leaders à faire l’amalgame entre judaïsme et sionisme. Une terrible confusion que l’ensemble du monde arabe continue à trainer comme un boulet. Mais il avait été aussi un des premiers à voir dans l’établissement du foyer national juif le malheur que nous connaissons aujourd’hui et il avait ressenti cela comme le début d’une invasion. La preuve en est que la colonisation continue au 21ème siècle. Mais ces efforts échouèrent et il n’arriva pas soulever les arabes contre les alliés. N’oublions pas le roi Mohamed V protecteur des juifs au Maroc et l’action de résistance en faveur des juifs du recteur de la grande mosquée de Paris. Pourtant le premier ministre égyptien Ahmed Maher a été assassiné le 26 février 1945 au parlement du Caire quand il déclarait tardivement la guerre à l’Allemagne et au Japon. Le 2 novembre 1945 des manifestations contre l’anniversaire de la déclaration Balfour dégénéra en pogroms au Caire et à Alexandrie. C’était les signes avancés de l’exode de 500 000 juifs sépharades qui allait avoir lieu lors de l’indépendance d’Israël en 1948. Le 7 mai 1945 le mufti passa en Suisse puis Berne le livra à la France. Il fut mis en détention à Paris. Mais les alliés ne voulaient pas le juger en tant que criminel de guerre ils craignaient un conflit avec le monde arabe à l’aube de la guerre froide. Le mufti vécut en résidence surveillée avec domesticité. Puis il s’envola pour Le Caire avec des faux papiers fournis par le Quai d’Orsay le 29 mai 1946 à 11h en prenant un vol régulier de la TWA d’Orly. La Ligue Arabe salua son retour et il reprit son poste de président du Haut Comité Arabe qu’il dirigea depuis Le Caire. Il continuait à défendre la position selon laquelle il fallait que tous les arabes se jettent ensemble contre les juifs. La naissance de l’état Israël et l’échec de la guerre de 48 furent terribles pour lui. Dés 1952 il encouragea son lointain parent Yasser Arafat à se faire élire président de l’Association des Etudiants Palestiniens. Mais là commence une autre histoire.
En 1967 il se rendit à Jérusalem avant la guerre des six jours ou des milliers de personnes l’acclamèrent. Il mourut à Beyrouth le 4 juillet 1974. Il se trompa d’allié et instrumentalisa la religion à des fins politiques. Il faut des longs couverts pour manger avec le diable.

 



 

 

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