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"La nouvelle lutte des classes" de Slavoj Zizek, vu par Michel Bonelli

29 août 2016 - Dernier ajout 2 septembre 2016

"Les vrais causes des réfugiés et du terrorisme"

A lire l’excellent ouvrage de Slavoj Zizek nous invite à penser le problème des flux migratoires comme "La nouvelle lutte des classes" titre aussi de son livre. Une approche intéressante qui prend en compte le côté sombre de la mondialisation et qui nous fait penser global. Il met à bas en quelques mots toutes les politiques d’états dans le domaine et nous fait bien comprendre que sans changement dans la gouvernance économique des grandes nations, nos actions seront vaines et nous iront vers un accroissement de nos difficultés sans commencer à résoudre cette crise qu’il lie au terrorisme islamique. Pour lui nous devons impérativement défendre les valeurs européennes qui sont les seules à même de lutter contre les causes du malheur de ce temps. Il secoue le dogme que l’acceptation du multiculturalisme est la solution à tous nos maux et n’hésite pas à mettre en pièce l’idéologie de gauche bien-pensante et hypocrite. Il conseille d’avoir recours à nos armées, seules institutions à avoir la capacité à gérer, à organiser et à canaliser les flux.


 

De leur côté les politiques doivent définir clairement les critères d’acceptation et d’installation. Il faut trouver un juste milieu entre la réalisation des désirs des réfugiés et les capacités des différents pays à les accueillir. Le droit absolu de la libre circulation devrait être limité. La plupart des réfugiés sont issus d’une culture incompatible avec la conception européenne occidentale des droits de l’homme. Le problème ici est que la solution du respect des sensibilités de chacun est un échec. S’il semble impossible pour les musulmans de supporter nos images blasphématoires et notre humour scabreux, il est tout aussi impossible pour les occidentaux de supporter de nombreuses pratiques comme la subordination des femmes. La situation dégénère lorsque les membres d’une communauté religieuse ressentent comme une insulte blasphématoire et un danger pour leur mode de vie non pas une attaque directe de leur religion mais précisément le mode de vie d’une autre communauté. Ce fut le cas lorsque des fondamentalistes musulmans s’en prirent aux gays et aux lesbiennes aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark ou encore avec ces français qui ne sauraient garder le silence lorsqu’ils croisent une femme en burqa, tant ils se sentent attaqués dans leur identité. Il nous faut faire deux choses : formuler un ensemble minimal de normes qui seraient obligatoires pour tous, sans craindre qu’elles paraissent européocentrées : les libertés religieuses, la protection de la liberté individuelle contre les pressions collectives et les droits des femmes. A l’intérieur de ces limites il faut insister inconditionnellement sur la tolérance des différents mode de vie : si cela ne fonctionne pas alors c’est la force de la loi qui doit s’imposer. Si toutes les parties ne partagent pas ou ne respectent pas la même civilité, alors le multiculturalisme est déjà un conflit, pas un conflit entre culture mais un conflit entre différentes visions des modalités de coexistence de ces différentes cultures, un conflit sur les règles et pratiques que ces cultures doivent partager si elles veulent coexister. Nous devons dés aujourd’hui mener une lutte pour l’émancipation, pour une culture de référence libératrice positive. Mais aussi lutter contre le néocolonialisme occidental, le fondamentalisme et le combat de Wikileaks, de Snowden, des Pussy Riot, la lutte contre l’antisémitisme tout comme la lutte contre le sionisme agressif font partie d’une seule et même lutte universelle. En conclusion rien n’arrive par hasard, les réfugiés sont le prix que l’humanité doit payer pour les dérives de l’économie mondialisée. Pour lutter contre ces dérives Slavoj Zizek s’inscrit dans la droite ligne de penser de Michaël Hardt et de Toni Négri de protéger les "communs", la substance partagée de notre être social dont la privatisation constitue un acte brutal auquel on devrait résister en recouvrant à la violence si nécessaire. La je sens une pensée politique à manier avec subtilité parce qu’explosive.

Un relent des "Brigades Rouges" ou de la "bande à Bader". Les "communs" : les communs de la culture, les formes immédiatement socialisés du capital cognitif : le langage, nos outils de communication et d’éducation, mais aussi l’infrastructure comme les transports, l’électricité ou le système postal... - les communs de la nature extérieure : menacés par la pollution et l’exploitation, pétrole, forêts... - les communs de la nature intérieure : l’héritage biogénétique de l’humanité, avec la nouvelle technologie biogénétique, la création d’un homme nouveau au sens littéral, d’un changement de la nature humaine devient une perspective réaliste. Cette conception ressuscite la notion de communisme parce qu’elle prend en compte la confrontation entre les inclus et les exclus autrement l’écologie se réduit à un problème de développement durable, la propriété intellectuelle à un défi juridique complexe et la biogénétique à un problème éthique. Mais je crois que nous en sommes là. Vous découvrirez des esquisses de solution en lisant ses écrits. Enfin dans sa conclusion il nous exhorte : "Gardons-nous de toute tentative de compréhension plus profonde des terroristes de l’Etat Islamique, ils doivent être définis tels qu’ils sont, c’est à dire comme l’envers islamo-fasciste des racistes anti-immigrants européens et je me permet de rajouter des prédateurs économiques ; ce sont là les deux faces de la même pièce. Décoiffant non ! De quoi renvoyer les experts auto-proclamés et grassement rémunérés de la déradicalisation à d’autres besognes.

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"La nouvelle lutte des classes - les vraies causes des réfugiés et du terrorisme" Slavoj Ziz, Fayard, Paris, juin 2016, traduction de l’anglais par Christine Vivier.

Vous trouverez sur Wikipedia un article sur l’auteur et sa bibliographie.

 



 

 

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