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« La France vue d’ici » : Marseille au cœur d’un ambitieux projet de photojournalisme

3 novembre 2014

Loin des clichés cartes postales, Mediapart et ImageSingulières se sont alliés pour redonner vie au photojournalisme. L’idée est de mettre à disposition de photographes, durant trois années, une plateforme internet sur laquelle ils immortaliseraient le temps, celui des changements sociaux. Articulée par le financement collaboratif, la participation est libre et le résultat, des plus réalistes.


 

«  Aucun projet d’envergure, ambitionnant de raconter dans la durée la diversité des « vivre en France », n’a pu voir le jour ». C’est en partant de cette absence que l’idée est née. Après la crise de 1929 où s’est organisée une grande récolte d’images - 270 000 documents - sur les conditions de vie et de travail des Américains ruraux (par la FSA américaine) et la fin des Trente Glorieuses, avec la mission photographique de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), les grands travaux de photojournalisme autour des mutations, et notamment en France se sont fait rares. C’est ainsi que le média aux valeurs d’indépendance et le collectif organisateur du festival international de la photo documentaire se sont trouvés pour lancer « La France vue d’ici ».

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Le projet a déjà réussi à récolter 24 006 € pour lancer le site internet

Ce grand projet, qui se déroulera entre 2014 et le printemps 2017, s’articule autour de trois constats : le manque de photoreportages sur la France d’aujourd’hui, la difficulté des photoreporters à financer leurs projets et l’accès à des sujets et sources d’informations originales qui soient non institutionnelles. L’idée a donc été de mettre en place une plateforme, un site internet participatif, où des travaux en cours et terminés sont exposés. Tous les six mois, un jury se réunira afin de retenir quatre ou cinq projets de photographes qui intégreront l’aventure. Grâce aux articles, photos, vidéos ou prises de son qui accompagneront les clichés se dessinera un véritable carnet de bord du photoreporter, à suivre étape par étape, doté d’une carte interactive. Afin de rendre un travail qui soit au plus près de la réalité, la voie aux commentaires a été laissée ouverte permettant ainsi lecteurs et internautes de participer au projet, voir à la production de photoreportages. Actuellement, quatre photographes font d’ores et déjà partie de l’aventure. A terme, une trentaine d’œils avisés – la participation est libre - devrait les rejoindre pour rendre compte des mutations et des changements sociaux touchant à des thématiques variées : l’emploi, la précarité, les alternatives à la crise, l’évolution de l’éducation, la transformation des familles, la désertification industrielle, les transformations dans l’agriculture... La liste n’est pas exhaustive et est ouverte à toutes idées.

Quatre reportages sont actuellement accessibles. Des derniers pêcheurs d’Ayrolle à la vie d’une famille Rrom en HLM à Toulouse, ces arrêts sur la vie invitent à constater l’évolution du temps, avec ses forces et faiblesses.

Marseille en métamorphose

Parmi les quatre artistes déjà présents, un nom n’est pas inconnu : Yohanne Lamoulère. Jeune photographe indépendante depuis une dizaine d’années, elle privilégie les thèmes de l’isolement à ceux de rendement, la force de l’instant plutôt qu’au montage d’un moment. Elle a notamment mené un travail durant trois ans dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, intitulé Faux-bourgs et qui a été édité en cartes postales. Elle y interrogeait « le rapport entre la mémoire et l’esprit des lieux d’un côté, et les opérations d’urbanisme et d’aménagement de la ville de l’autre ». Plus récemment, elle a vécu en immersion dans un bidonville que les Rroms s’étaient construits, au nord de Marseille : repas, travail, ennuis, scolarisation des enfants... elle a partagé leur quotidien. Au fil des mois et au terme de leur minimum de confort s’est dessiné le photoreportage Roms : Marseille ville entrouverte.

Pour le projet La France vue d’ici, Yohanne Lamoulère ne quittera pas son argentique. Sa seule règle : « photographier les gens dans un espace partagé, l’espace public ». Si son terrain de prise de vue à Marseille a principalement été celui des quartiers Nord, aujourd’hui, elle veut continuer à explorer l’esprit des lieux en s’orientant vers les quartiers Sud. Son projet en cours, Main basse sur Marseille ambitionne de « saisir les mutations en cours, de la vie et des rues ». Parmi ses reportages terminés et disponibles sur le site, Marseille, face Nord révèle une ville en métamorphose entre destruction partielle de la cité des Créneaux et stéréotypes des nouvelles résidences fermées Le Val aux Grives.

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Marseille, face Nord : destruction partielle de la cité des Créneaux. © Yohanne Lamoulère

Pour réaliser ce travail de mémoire, le projet repose sur le financement participatif, via la plateforme KissKissBankBank. A terme, et si les internautes sont assez réceptifs pour alimenter cette aventure, La France vue d’ici aspire à l’édition d’un livre et à l’organisation d’une exposition itinérante au printemps 2017. Du côté des initiateurs de ce projet, ImageSingulières consacrera un espace de visibilité durant les prochaines éditions du festival à Sète, et Mediapart s’engage, entre autres, à acheter et diffuser certains reportages.

 



 

  • Libérons Georges Abdallah !

    Bravo pour l’article Ahmed ! Pour compléter sur Georges Abdallah, je signale le lancement de la campagne UN BUS POUR LANNEMEZAN par le Collectif PACA-Marseille pour la libération de Georges. Il s’agit d’affréter un bus au départ de Marseille pour se rendre au rassemblement qui aura lieu à 14h00 devant la prison de Lannemezan où est enfermé Georges Abdallah le 25 octobre 2014. Pour s’inscrire : contact par téléphone (0667009251) ou par mél (pc05936@gmail.com).

    par Pierre le Octobre 2014 à 23h02
  • La Palestine en débat à la cité des Flamant.

    Bonjour,

    Il est étonnant d’appeler "débat" la rencontre de personne du même avis.
    Il est étonnant d’appeler "raciste" un pays où 20 % de la population est musulmane et vit avec les mêmes droits.

    Parler d’Israël en ces termes dans les cités participent à l’importation du conflit. Un réel débat peut être intéressant mais pas en parlant d’un côté en ces termes. Cela n’apporte que la haine.

    Pour finir, vous mélangez la colonisation et le blocus. Gaza n’est pas occupé par les israéliens ou par l’armée Israélienne.

    Cordialement,

    David G

    par david le Septembre 2014 à 13h51

 

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