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"Justice" : L’exception Georges Abdallah

24 octobre 2014

Il est grand temps de libérer Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier politique d’Europe !

La France et l’utopie de ces grands principes... Navrée de briser les idéaux auxquels nombre d’entres vous s’attachent, mais l’heure est venue d’ouvrir les yeux sur la spectaculaire mascarade droit de l’hommiste.... Sur la dramatique démonstration théâtrale que s’applique à jouer les tenants du pouvoir judiciaire...Sur les innombrables lâchetés d’un monde politico-associatif nourrie au sein des viles trahisons et basses compromissions... Et plus que tout ! Sur nos silences complices !
Gare à celui qui dénonce cette amère marmelade de vicissitudes humaines : la note va être salée.
De note salée pour le coup il en est un qui en connait la putride saveur...30 ans qu’il la goûte ! 30 ans d’enfermement !


 

Georges Ibrahim Abdallah détenu en France depuis 1984 est à ce jour au dire de son avocat Jean Louis Chalanset le plus vieux prisonnier d’Europe. Georges Abdallah est un militant communiste arabe qui au sein de son organisation les fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) a lutté avec acharnement contre les criminels impérialistes et leurs allies sionistes lors de l’invasion de son pays. Il a grandi au Liban à une époque où les luttes de libération des peuples s’intensifiaient au Moyen Orient en relation avec la lutte du peuple palestinien. Combattant révolutionnaire pro-palestinien, il s’engage dès la fin des années soixante dans la résistance palestinienne et libanaise contre la colonisation et l’occupation sionistes.
Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984 il est condamné à la réclusion à perpétuité pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services secrets israéliens et d’un attaché militaire états-uniens, acte de résistance en tant de guerre.
Depuis Georges Abdallah fait l’objet d’un acharnement judicaire exceptionnel n’ayant de cesse de déclarer irrecevable ces demandes de libération (alors qu’ il a doublé sa période de sureté).Un véritable arsenal juridique est mis en place depuis son incarcération pour empêcher sa sortie. Un arsenal qui fait fi des grands principes dont se revendique la France comme l’indépendance de sa justice ou d’autres principes généraux du droit comme la non rétroactivité des lois.
En effet les états unis sont parties, on ne peut plus prenante, dans l’affaire Abdallah puisqu’il apparait au dossier que la chancellerie yankee intervient directement pour sommer les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête de l’ état français (étant entendu droite comme gauche)pour maintenir le résistant Georges Abdallah en détention. Non content de cela à plusieurs reprises des juges français se sont prononcé pour la libération de Georges avec une hypocrisie déconcertante puisque faisant peu cas de l’indépendance dont il sont censé se prévaloir ,ils assortissent leur décision du bon vouloir du ministère de l’intérieur qui seul a le pouvoir d’expulser Georges du territoire vers le Liban (où il est attendu).Nous n’épargnerons pas nos Gardes des sceaux (ou gardes sions) qui s’ empressent alors de faire annuler en cassation la libération du camarade. Un imbroglio judiciaire , le vice politique au service des intérêts impérialistes et colonialistes.
Non la justice française n’est pas indépendante.
la lucidité du camarade enfermé transparait dans ses mots en 1987 :"Qu"un combattant arabe soit jugé par une cours spéciale en occident rien de plus normal. Qu’il soit traité de criminel et de malfaiteur rien de vraiment nouveau, déjà les bandits des Aurès les terroristes de Palestine ont été l’objet de ces honorables qualificatifs. Ils rappellent à tous ceux qui ont la mémoire courte le patrimoine de votre justice occidentale ainsi que votre civilisation judéo chrétienne mais que le criminel yankee bourreau de tous les déshérités de la terre soit en plus le représentant des prétendues victimes devant vous il y a de quoi alors s’abstenir de tout commentaire sur la nature de votre cours ainsi que sur la tâche qui lui est assignée."
La loi relative à la rétention de sureté, appelée loi Dati votée en février 2008 rend obligatoire l’avis d’une commission pluridisciplinaire des mesures de sureté (CPMS) dans le cadre d’une libération conditionnelle concernant les détenus condamnés à perpétuité. Ceux ci doivent passer 6 semaines au centre national d’observation(actuellement nommé centre nationale d’évaluation) de Fresnes, afin d’expertiser leur dangerosité. Créé pour mesurer la potentialité de récidive chez les condamnes pour crime sexuels ce sont les prisonniers politiques dont Georges Abdallah qui inaugurèrent cette loi. Georges a demandé sa septième demande de libération conditionnelle en 2007, la loi Dati fut appliquée rétroactivement. Bien que la rétroactivité de la loi ait été censurée par le conseil constitutionnel une circulaire précise les dispositions immédiatement applicable dont une concerne les prisonniers politiques dont Georges Abdallah. Il y a bien un traitement spécifique du cas Abdallah , un régime d’exception qui lui est appliqué.
Non le droit français en l’espèce ce n’est pas la justice.
A l’époque une pétition dénonçait :" Pour la première fois dans notre droit des individus pourront être enfermés sur décisions judicaire non pour sanctionner des actes délictuels ou criminels , mais pour anticiper des actes qu’ils n’ont pas commis ! La médecine se trouve ici instrumentalisée dans une logique de surveillance et de séquestration. La psychiatrie est familière des ces dérives : Faut il rappeler qu’il y eut des internements pour motifs politiques ?"
Il est également bon de rappeler que Georges Abdallah expertisé par des médecins psychiatres a du s’improviser professeur d’histoire car ces derniers ne connaissaient pas Sabra et Chatila...Comment juger des actes d’un homme avec une telle méconnaissance du contexte dans lesquels ils s’inscrivent ? Ainsi les mots de Georges encore en 1987 prennent ici tout leur sens : " Avec quelle sérénité et quelle indépendance prétendez vous juger des actes de guerre en les isolant du processus général de l’agression impérialiste perpétrée contre notre peuple ? Dans quelle mesure vous, représentants de l’impérialisme n’êtes vous pas impliqués dans cette guerre ?"
La loi sur la rétention est une loi qui permet de fait l’enfermement à vie d’un détenu. Le sénat déclarait "la rétention de sureté n’a pas vocation à s’appliquer à toutes les personnes dangereuses. Elle ne vise que certaines d’entre-elles , les plus dangereuses, atteintes de troubles du comportement qu’une majorité de psychiatres et de criminologues tendent à ranger parmi les psychopathes. "Georges Abdallah ne rentre aucunement dans ces catégories nul besoin de le préciser. Cette loi "prétexte" s’applique en réalité à tous les prisonniers politiques. Ancestrale méthode du système que de faire passer pour fou dangereux celui qui s oppose à son ordre. A quand les camps de rééducation impérialiste pour les opposants du système ?
Mais finalement qui n’a pas été traité de fou allié ou de folle hystérique pour avoir levé le point trop haut pour dénoncer ou le système ou nos capitulations ?
Georges Cipriani concluait parfaitement : "Dites vous bien que l’on est plus en prison uniquement en raison de ce que l’ on a commis ou non, en raison de ce pourquoi et à quoi on fut condamné mais bien en raison de ce que l’ on est présentement à même de commettre insidieusement à l’avenir."
Notons pour rappel que les juridictions d’exception se mettent en place juste après l’arrestation de Georges...Ainsi la 14ieme section du parquet dite "antiterroriste "mène l’instruction , la cours d’assise spéciale de Paris condamne et un juge d ’application des peines spécialisé contrôle l’ aménagement des peines. Ainsi Georges Abdallah inaugurera la nouvelle cours d’ assise composée uniquement de magistrats et le condamnera à la réclusion à perpétuité en 1987.
A cette époque l’avocat de Georges Abdallah était jean Paul Mazurie un agent des service secret français découvert et dénoncé après le procès. Jamais la régularité du procès ne sera remise en cause. Un scandale !
En 2003 alors que la juridiction, de Pau avait accordé la libération conditionnelle de Georges Abdallah la juridiction nationale la refuse en janvier 2004 suite à l’intervention directe du ministre de la justice Dominique Perben. Dès lors les décisions ne dépendront plus de la juridiction régionale mais de la seule compétence du juge de l’application des peines du TGI de Paris.
La dernière demande de libération de Georges Abdallah a été rejetée par une décision de la cours de cassation sollicité par Christiane Taubira venant annulé la décision de libération en première instance suite au refus de Manuel Valls de signer l’ arrêté d’ expulsion libérant le camarade.
Depuis 30 ans les services secrets français , américains, et israéliens, avec l aide de leur gouvernement respectif n’ont cessé d’ œuvrer avec acharnement pour maintenir Georges Abdallah en prison. Georges Abdallah fidèle à ses engagement n’a jamais rien renié de son combat solidaire avec les peuples en lutte contre l’impérialisme et le sionisme et pour la libération totale de la Palestine.
Il le dit lui même : "Tout au long de sa détention le prisonnier politique fait l’objet d’un traitement d’exception , visant à priori la criminalisation de tout ce qui a trait à la lutte. des lois scélérates au service de la répression et de la contre révolution poussent sans cesse comme des champignons en fonction de l’évolution de la crise et de l’activité de l’ antagonisme révolutionnaire, tout naturellement rien ne s’oppose à l’application rétroactive de ces lois particulièrement quand il s agit des prisonniers politiques qui refusent de se soumettre."

Georges Ibrahim Abdallah dépose une nouvelle demande de libération.2014 doit être l’année de sa sortie. Plus que jamais la mobilisation se doit d’être l’échos des injustices subits par ce prisonnier exemplaire, et par l’ ensemble des prisonniers révolutionnaires ..."Camarades c’est en se mobilisant toujours plus sur le terrain de la lutte anticapitaliste et anti-impérialiste que l’ on apporte le soutien le plus significatif aux prisonniers révolutionnaires." GA

Rassemblement de soutien Samedi 25 octobre 2014 , 14h devant le centre pénitentiaire de Lannemezan -
Rue des Saligues
BP 166
65300 Lannemezan - Standard : 05.62.50.13.20. (Pour les gens qui se perdent ou bien se munir d’un GPS car le chemin est compliqué)

Revoir la mobilisation de 2013 :

Soraya Chekkat

 



 

 

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