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Jorus Mabiala, l’itinéraire d’un conteur noir en Algérie

25 février 2016

Med in Marseille est parti à la rencontre de Jorus Mabiala, un conteur africain originaire du Congo Brazzaville, installé à Marseille depuis une vingtaine d’année et initiateur de la nuit du conte d’Oran en Algérie. Son combat aujourd’hui est de faire renaître cet art de l’oralité au sein de la cité phocéenne, en lançant une opération par le biais de son expérience de conteur (tous les mardis du mois de février et le premier du mois de mars) et en montant une opération de réflexion sur son travail. Accompagné d’autres amis conteurs au sein de l’association « le petit conteur », ils font une tournée dans plusieurs cafés associatifs.


 


Tout a commencé par un coup de fil d’un élu communiste de la ville de Gardanne, amoureux de la culture kabyle. Dans le cadre d’un festival de la culture kabyle, il propose à Jorus d’aller en Algérie pour animer plusieurs ateliers dans différentes villes, après s’être vu refuser le visa la première fois, il finit par l’obtenir. Lorsqu’il arrive enfin en Algérie, le festival touche presque à sa fin, mais ça ne l’a pas empêché de jouer dans un village perché, devant un public peu habitué à voir un « conteur noir en Kabylie ». A la surprise générale, les spectateurs furent conquis et on lui propose même de revenir, ce qu’il fera plusieurs années de suite.

Le tournant de sa carrière est marqué par sa prestation devant des enfants et leurs familles venus des quartiers défavorisés de la ville, lors du festival du conte d’Oran en 2006 dans le théâtre régional Abdelkader Aloula. A la sortie du théâtre, une foule l’attend dans l’espoir de se faire signer des autographes. Touché par cette ferveur du public oranais, Il propose au centre culturel français de créer la nuit du conte d’Oran. Après quelques réticence liées surtout aux questions sécuritaire, le feu vert fut donner « nous nous attendions à 80 personnes » nous confie Jorus Mabiala. Nous avons reçu quatre fois plus de monde que prévu, nous avons dû bousculer notre programmation et faire commencer tous les conteurs placer un peu partout au sein du centre culturel en même temps ». Fort de ce succès, la nuit du conte d’Oran était née et allait se poursuivre, faisant partie intégrante du festival de conte d’Oran
Autre date marquante aussi pour notre conteur, sa prestation devant la ministre de la culture algérienne Khalida toumi lors du festival panafricain, une manifestation culturelle qui s’est déroulée en juillet 2009 à Alger et qui regroupe des centaines d’artistes venu des quatre coins du continent africain.

Mais revenons à un temps plus actuel, mardi soir dans la maison Kabyle sise dans la rue Consolat, nous avons eu le plaisir d’écouter Jorus Mabiala revenir sur son expérience et nous conter l’histoire du singe et du caméléon. Cette fable africaine, adapté à des oreilles occidentales, nous parle d’amitié et de trahison et nous plonge dans une jungle où nos deux héros malheureux tendent à survivre chacun à son rythme dans un environnement hostile. Ce conte prend son sens en nous et nous questionne sur notre vie.

Jorus Mabiala jouera son dernier tour le mardi 1 mars, sur le thème « Gabriel Okoundji et son tout petit petit conteur » avant de s’envoler pour l’Algérie pour la 10eme édition du festival du conte d’Oran.

 

 

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