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HASSAN BEN MOHAMED « LA GÂCHETTE FACILE »

11 novembre 2015 - Dernier ajout 13 novembre 2015

Vibrante commémoration le 18 octobre 2015 à Marseille, 35 ans après la mort de Lahouari.

Dans les coulisses, un brouhaha indescriptible. Puis surgit Hassan Ben Mohamed, comme poussé sur scène par Brahim Maaskri, préposé aux facéties, et ses fadas de copains. « C’est bon, j’y vais », bougonne-t-il, dominant son trac. Nous sommes le 18 octobre 2015, au théâtre du Merlan, scène nationale dans les quartiers Nord à Marseille. Soit exactement 35 ans après la mort de Lahouari Ben Mohamed, 17 ans, tué par un CRS lors d’un contrôle routier dans le cadre d’une « opération de sécurisation » à la Busserine, la veille de l’Aïd-el-Kébir. cf. : notre article "Yaoulidi" Lahouari Ben Mohamed : Retour sur l’histoire
Hassan, le petit frère de Lahouari, y présente « La Gâchette facile », livre-enquête qu’il vient tout juste de publier aux éditions Max Milo. Son titre fait référence à l’avertissement du CRS : « Attention les jeunes, ce soir j’ai la gâchette facile ». Dans une ambiance populaire et familiale, plus de trois cents personnes se pressent autour de l’auteur et de ses amis. « Vous êtes ici chez vous » proclame en introduction Francesca Poloniato. Sollicitée par la militante de terrain Fatima Mostefaoui, la nouvelle directrice du Merlan a encouragé la fine équipe constituée autour de Hassan pour monter l’événement. Madame Ben Mohamed, émouvante, conclut : « Il y a 35 ans, il y avait les larmes. Maintenant, je remercie tout le monde, il y a les larmes, il y a la joie ».


 

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Sketch théâtral de Zohra Aït Abbas et Nasser Lazreg devant Madame Ben Mohamed et le public du Merlan, le 18 octobre 2015. Photo © Pierre Ciot

L’ouverture du « sarcophage de la mémoire ...

Afin de le préserver du tumulte, Hassan, 4 ans au moment des faits, fut éloigné par sa famille, qui observera par la suite à son égard un mutisme source d’incompréhension. Hassan découvre peu à peu, seul, ce qui s’est passé, tout comme les mobilisations multiformes engendrées par ce drame. A la surprise générale, il entre dans la police en 1999, d’abord comme ADS (adjoint de sécurité), se familiarise avec l’état d’esprit qui règne « de l’autre côté ». Il se rode aux techniques de l’enquête-investigation, ce qui lui sera fort utile quand il se décide à « ouvrir le sarcophage de la mémoire » pour savoir enfin « pourquoi mon frère est mort, qui était cet assassin, que s’était-il vraiment passé ce soir-là. »

Le déclic survient en 2010. Un journaliste, Xavier Marie Bonnot, passe faire un entretien avec sa mère à la cité des Flamants pour un film télé, « Touche pas à mon CRS », diffusé sur la chaîne du câble 13è Rue. « Xavier a osé ce que je m’interdisais de faire, interroger ma mère sur les faits », se rappelle Hassan. « Pendant toutes ces années, mon père et ma mère ont répondu aux sollicitations de journalistes, militants, sympathisants etc. Ma mère a fait tout ce qu’elle a pu pour qu’on lui rende justice, en vain. J’étais persuadé qu’elle lui claquerait la porte au nez. Or j’ai vu ma mère en parler sereinement » à l’image. « Pourquoi sont-ce toujours les autres qui racontent notre histoire et qui finissent par en disposer comme bon leur semble ? », s’agace-t-il.

… Et l’accès aux archives familiales pour se réapproprier sa propre histoire
Hassan doit alors faire face à un paradoxe : il découvre des bribes de cette histoire qu’il connaît encore mal par l’entremise des autres. Jusque-là, il n’avait jamais osé parlé de Lahouari à son père - décédé en 1998, qui ne lui en avait jamais parlé non plus, ni osé lire des documents conservés par sa mère. Il se met en tête de la reconstituer, en rassemblant archives familiales, fragments de mémoire collective et nouveaux témoignages. Pour cela, il lui faut dépasser sa propre pudeur, se prouver à lui-même qu’il est capable de convaincre les uns et les autres du bien fondé de sa quête. Aussi, en octobre 2010, Hassan convie-t-il des amis au salon de thé le Sézam, tenu à Paris par son cousin Majid El Jarroudi, et parle pour la première fois de son défunt frère en public. Test concluant. Il y rencontre entre autres le trompettiste Loïc Février qui, pensant qu’il s’agissait d’une cérémonie d’ordre privé, a d’abord voulu s’éclipser. Mais Hassan l’invite à rester. Naît ainsi une grande amitié qui aura de belles suites.

« Yaoulidi(s) » « au pluriel, en hommage à toutes les familles »

Loïc Février va faire connaissance avec Mohamed Bouzidi, ami d’enfance de Lahouari, et auteur de la chanson « Yaoulidi ». Depuis, ils joueront plusieurs fois ensemble, s’entraidant mutuellement. L’année suivante, Hassan réussit à faire remonter sur les planches de l’espace socio-culturel de la Busserine les anciens membres de la troupe de théâtre des Flamants pour leur faire jouer une pièce inspirée par Yaoulidi, conçue en 1981 en hommage à Lahouari. Une prouesse d’autant plus remarquable qu’ils n’avaient pas gardé trace du texte, que Hassan a retrouvé dans un livre sur « le théâtre beur » publié aux éditions Arcantère. La nouvelle version est intitulée « Yaoulidi(s) » « au pluriel, en hommage à toutes les familles ayant vécu un drame similaire ». Lui-même accompagne à la guitare « Momo » Bouzidi sur scène. Tout cela devant sa maman, les amis de Lahouari, les habitants des quartiers Nord et nombre de militants mobilisés à l’époque. L’émotion est à son comble, le public conquis. Ceux qui redoutaient une remontée de haine à force de remuer le couteau dans la plaie ont dû remballer leur frilosité : un remue-mémoire ainsi mené ne rime pas avec désespoir.
Désormais, le petit dernier de la famille peut se consacrer, sans crainte du qu’en dira-t-on, à son « en-quête » de mémoire, qu’il veut absolument publier sous forme de livre.

Cinq ans d’en-quête et l’épreuve du passage à l’écriture

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Hassan Ben Mohamed présentant son livre "La Gâchette Facile". Photo de © Pierre Ciot

Il mène sa recherche cinq ans durant, consulte archives privées ou publiques, se coltine galère sur galère (soucis de visionnage de cassettes vidéos au format obsolète, documents judiciaires détériorés par l’humidité aux archives départementales etc.), et contacte de nombreux acteurs impliqués dans l’effervescence sociale, judiciaire, politique ou culturelle suscitée par l’affaire. Sans oublier bien sûr chaque membre de la famille. Sa soeur Farida apportera ainsi une poignante contribution écrite, intitulée « Tout le monde ne peut pas s’en sortir... »
Collectant toutes sortes de documents audio, vidéo, écrits ou photographiques, il se lance dans la rédaction, phase qu’il aborde avec une certaine appréhension. Pour la forme et la structure d’ensemble du manuscrit, il sollicite d’abord les journalistes Alex Panzani et Hanane Harrath, ainsi que son cousin Majid El Jarroudi. Mais c’est bien lui qui aligne les mots et les chapitres, sans plus se poser trop de questions sur la qualité intrinsèque de son écriture. Il retranscrit au fur et à mesure les entretiens recueillis de visu ou par téléphone, sans fioritures de style.

L’empathie pour des hommes qui, sous l’uniforme, ont « la même mentalité que dans mon quartier »

Il croise les témoignages des jeunes, des témoins et des policiers en fonction le soir du 18 octobre 1980. Tous concordent. Plus surprenant encore, plusieurs des CRS aujourd’hui à la retraite lui déclarent ne plus jamais avoir sorti leur arme depuis le drame. Comme si, en creux, ils critiquaient leur collègue meurtrier pour avoir tiré et tué avec un Mat-49, un pistolet-mitrailleur considéré comme une arme de guerre, ayant servi en Indochine et en Algérie. On imagine que Hassan Ben Mohamed, lui même fonctionnaire de police, est tenu à une obligation de réserve vis-à-vis de l’institution. Et lorsqu’il considère possible de changer les choses de l’intérieur, de faire évoluer les mentalités, on peut rester sceptique. En revanche, il réussit à communiquer son empathie pour des hommes qui, sous l’uniforme, ont « la même mentalité que dans mon quartier », « le même sens de la camaraderie ». Mais pour celui qui a volé la vie de son frère, aucune mansuétude. Hassan décide pourtant de le retrouver et, accompagné d’un ami, le rencarde dans un café marseillais, pour lui dire les yeux dans les yeux sa conviction que son tir était intentionnel. Pour lui dire aussi que des gens sont venus voir son père. « Ils lui ont proposé de vous tuer pendant votre détention... Et mon père leur a dit non... » Ainsi se termine la quête de Hassan.

« Laisse. Tu sais pas lire ! »

Le livre, donc, le voilà ! Pour l’instant, un objet de contemplation, impressionnant. Un « pavé » de 296 pages. « La Gâ...chet...te fa...ci...le », ânonne sur la scène du Merlan une chibania, interprétée par Zohra Aït Abbas, dans un sketch théâtral improvisé aux côtés de Nasser Lazreg qui, il y a plus de trente ans, jouait déjà avec auto-dérision le rôle du père « migri ». Nasser fait mine de se saisir du livre pour y apposer une signature sur la page de garde. « Laisse. Tu sais pas lire ! » s’écrie la chibania. Pour celles et ceux qui ne savent pas lire, justement, une adaptation sonore du livre est envisagée. Une bonne idée aussi pour une déclinaison radio. En attendant, une première lecture publique tourne court. Moussa Maaskri se dit trop ému par ce qu’il vient de voir et d’entendre dans le film documentaire « Yaoulidi, le Prix de la douleur », de Joseph El Aouadi Marando.

La dignité d’un père

Pourtant, il faudra bien s’y mettre, à la lecture ! Parmi les extraits que Hassan avait sélectionné, une interview de son défunt père : « Papa : “C’est comme s’il y avait une différence, qu’il y avait une catégorie de justice. Comme si la justice n’était pas égale pour tout le monde. Après le verdict (des assises d’Aix en septembre 1987, NDLR), quand je suis sorti, j’ai regardé les jeunes qui étaient autour de moi et ils me disaient ‘Monsieur Ben Mohamed, qu’est-ce qu’on fait ?’ Ils m’ont dit alors : ‘On est rien du tout !’
Aujourd’hui encore, bien que j’aie le sentiment d’avoir été humilié, je veux croire qu’il va se passer quelque chose. On ne peut en rester là. Je me suis fait en quelque sorte une raison en me disant que les hommes et les femmes qui sont amenés à rendre la justice dans ce pays, en tant qu’individus, ne le peuvent pas. Ils sont prisonniers d’un climat social.
(…) Un Arabe quoi qu’en disent les gens de bonne volonté et en cela je leur rend hommage ne vaudra jamais un Français. Il s’est établi une échelle de valeurs depuis le colonialisme, c’est pour cela que nous devons nous mobiliser. Rétablissons notre dignité, refusons la condescendance, soyons forts pour faire valoir nos droits – et on nous écoutera, et on nous rendra justice. » (in Bilan – bulletin d’information et de liaison des associations novatrices, avril 1988, repris in chapitre « La dignité d’un père » -pp. 199 – 204)

Ces paroles fortes qui disent le racisme et l’absence de reconnaissance, cette détermination du père, résonnent avec l’actualité. On pense au verdict du tribunal de Rennes la date du verdict du 18 mai 2015 relaxant les policiers poursuivis pour non assistance à personne en danger après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois en 2005. Consignées dans le livre, ces paroles n’ont certes pas été relues sur la scène du Merlan. Sans doute pour refouler larmes ou ressentiments de haine.

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Mohamed Bouzidi au micro accompagné à la guitare par Hassan Ben Mohamed Photo © Pierre Ciot


La création culturelle comme « patrimoine commun de révoltes positives »


L’insistance a été mis sur un côté festif, d’autant plus approprié que la créativité culturelle a constitué ici un vecteur puissant pour transformer la colère en énergie positive. En 1984 déjà, l’exposition « Les enfants de l’immigration » au centre Pompidou (Beaubourg) à Paris avait consacré une place conséquente à cette dynamique culturelle en invitant la troupe de théâtre des Flamants. Un espace permanent y avait même célébré un « patrimoine commun de révoltes positives ».
« Momo » Bouzidi donne un large aperçu de son répertoire – dont un sarcastique morceau dédié aux travailleurs sociaux « tout mous, tout flasques » du centre social - accompagné par Loïc et Hassan. En toile de fond, un diaporama des photos d’archives de Pierre Ciot, en particulier sur les manifestations au début des années 80. Brahim Maaskri et le groupe Ouled el Khaima s’emparent quant à eux de la scène avec un clin d’oeil musical à l’histoire locale : gumbri, percussions et chants effrénés rappellent le concert du groupe gnawa marocain Nass El Ghiwane, organisé aux Flamants par Haddou, frère aîné de Hassan et Moussa Maaskri. C’était à la fin du printemps 1983, peu après une première décision du tribunal correctionnel à Marseille de renvoyer l’assassin aux assises pour homicide volontaire. L’espoir était alors de mise.

« Toutes ces mamans, pas une fois elles n’ont crié vengeance, elles ont crié justice !
(Toumi Djaïdja)

Naguib Allam, l’oncle de Wahid Hachichi, jeune habitant de Vaulx-en-Velin tué à coups de 22 long-riffle le 28 octobre 1982 à Lyon, fut présent à ce procès, et en a fait un compte-rendu détaillé par écrit (cf. La Gâchette facile, p. 192). Il rencontra alors la famille Ben Mohamed, les amis de Lahouari et les femmes des quartiers, dont l’énergie extraordinaire lui insufflera l’idée de rassembler les familles de victimes de crimes racistes ou sécuritaires au sein d’une association nationale. (cf. http://www.med-in-marseille.info/les-folles-de-la-place-vendome.html ) Plus de trente ans après, il revient au Merlan sur invitation de Hassan pour participer à une rencontre-débat sur scène réaffirmant que l’assassinat de Lahouari ne fut pas un simple fait divers local, et que la mobilisation publique a eu un retentissement national, voire international. Moussa Maaskri, membre de la troupe de théâtre des Flamants devenu depuis acteur professionnel, confirme : « Quand on est allé jouer au Forum justice (en banlieue lyonnaise) on s’est aperçu qu’on n’était pas seuls ». A leurs côtés, Toumi Djaïdja, initiateur de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, qui signe l’avant-propos du livre « La Gâchette facile », a également fait le déplacement. Avec son sens particulier de la formule tout en sagesse, il conjure un auditoire fasciné de ne pas s’enfermer dans une « posture victimaire ». « Toutes ces mamans, pas une fois elles n’ont crié vengeance, elles ont crié justice ! ».

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Toumi Djaïdja (ici au micro), entouré de Christian Pesci, Naguib Allam, Hassan Ben Mohamed et Mogniss H. Abdallah sur la scène du Merlan, le 18 octobre 2015 -
Photo © Pierre Ciot

« C’est à tout un chacun de tirer ses propres conclusions »

Hassan Ben Mohamed acquiesce. Puis renvoie à son ouvrage pour faire part de ses nombreuses interrogations sur l’absence manifeste de volonté pour rendre justice, alors même que les faits sont clairement établis. Il y a bien sûr l’obstination du parquet à ne rien faire pour que le policier n’ait pas une sanction plus sévère, comme le souligne le journaliste Alex Panzani. Mais aussi les lacunes du côté de l’avocat de la famille. Maître Gilbert Collard est l’un des rares protagonistes de l’affaire à ne pas avoir donné suite aux demandes d’entretien. Or Hassan a été offusqué par la découverte de la teneur d’une lettre que l’avocat a dicté à son père lui donnant « tous pouvoirs » pour agir seul. « A quel jeu joue notre avocat ? » Il a sa petite idée sur ces questions, mais « c’est à tout un chacun de tirer ses propres conclusions ».
Parmi les informations inédites dans son enquête, on découvre l’attitude consternante du garde des sceaux Robert Badinter face aux jeunes des Flamants, qui le respectent beaucoup pour sa bataille victorieuse contre la peine de mort.Mais ils l’interpellent crânement sur la libération du meurtrier et sur ce qu’il prévoit pour faire avancer le dossier. Le ministre se braque, renvoie dos-à-dos les minots et « l’autre côté » des victimes de voitures brûlées, tout en invoquant « l’indépendance de la justice » pour justifier son inaction. La scène, qui se déroule en novembre 1982 à l’Education surveillée de Vaucresson (aujourd’hui la PJJ - Protection judiciaire de la jeunesse), a été filmée.

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DR

Autre choc, l’« amnistie » figurant dans l’arrêt de la cour d’assises d’Aix-en-Provence du 24 septembre 1987. La mémoire collective, focalisée sur le verdict (10 mois de prison dont 4 avec sursis) a complètement occulté cette mention. Le meurtrier a bénéficié de la loi de 1981, adoptée suite à l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, amnistiant pour des faits antérieurs les condamnés à une peine inférieure ou égale à six mois de prison ferme. Dès lors, le condamné est-il « blanchi » ? A-t-on le droit de citer son nom ?

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Certains assurent que « l’amnistie n’efface pas les faits commis. Par ailleurs, citer le nom d’une personne ayant bénéficié d’une amnistie, dès lors que l’on peut rapporter la preuve des faits commis (même amnistiés) ne constitue plus une calomnie depuisune décision du Conseil constitutionnel du 7 juin 2013 abrogeant l’article 35 de la loi du 29 juillet 1881 . »

Contre l’obsolescence mémorielle, de multiples projets en point de mire

Comme on a pu le voir et l’entendre le 18 octobre 2015 au Merlan, et comme on peut le constater en (re)lisant « La Gâchette facile », tout n’a pas encore été dit sur l’affaire et sur ses enjeux. Ni au sein de la famille, ni entre amis de Lahouari, ni dans l’arène publique. La mémoire n’est pas une nature morte, immuable, mais bien une matière vivante qu’il convient d’entretenir et de développer. Pour Hassan Ben Mohamed, qui pensait mettre un point final à sa quête après l’éprouvant face-à-face avec « Jean-Paul T. », de multiples projets se profilent d’ores et déjà : une tournée avec le livre au Maroc, pays d’origine de ses parents où repose Lahouari, un livre-photos, peut-être une BD ou une adaptation cinématographique de son ouvrage, une compil’ des créations musicales en hommage à Lahouari et aux autres victimes. A peine remis de la journée du 18 octobre 2015 au Merlan, il apprend que Hakim Hamadouche, virtuose du luth-mandoline, a lui aussi composé dans les années 80 un morceau pour Lahouari. Ils se rencontrent le 21 octobre autour d’un boeuf au Babel Café à Ménilmontant. Loïc Février les rejoint. Hassan s’y retrouve même poussé à chanter une reprise de Yaoulidi. Dehors, il se met à pleuvoir...

Pour donner corps à tous ces projets, pour mettre en valeur les archives recueillies, Hassan rêve à un espace dédié, une sorte de fondation ou d’institut mémoriel qui, dans un premier temps, pourrait prendre la forme d’une plate-forme numérique. Chiche ?
Entretemps, il se pourrait bien que l’auteur de « La Gâchette facile » fassent des émules parmi d’autres familles ou amis qui, eux aussi, aspirent à publier leur propre histoire. Peut-être dans le cadre d’une collection qui reste à imaginer. En tout cas, il les y encourage vivement.

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