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Grèce, une histoire qui repasse les plats ?

13 juillet 2015

Un accord peut-être mais des garanties. L’Allemagne demande à la Grèce la création d’un fond de garantie de 50 milliards d’euros abondé par l’argent de la privatisation des biens du pays. Dans les biens à privatiser il y a la compagnie d’électricité, les ports, les aéroports. Si je me souviens bien la France aussi à privatisé et continue de le faire. Tout ou presque tous les bijoux de notre famille ont été vendus, résultat est-ce que notre dette a baissé ?


 

Bien sur que non. Privatiser c’est priver l’état de leviers pour agir sur la crise économique et le chômage. Pour un pays comme la Grèce, dégraisser la fonction publique ce n’est pas alléger la charge de l’état sur le pays c’est créer encore plus de chômage. La Grèce est un pays de commerce, d’agriculture, de transit, de tourisme. Le passage à l’euro et les arrivées des crédits à taux minimums ont ruiné le fragile équilibre économique.

L’informel c’est les petits arrangements des pauvres qui ne peuvent pas boursicoter, frauder ou optimiser le coût de leur impôt parce qu’ils sont prélevés à la source comme bon nombre de citoyens de ce pays. La Grèce comme Chypre ne sont pas des états modernes au sens strict de Wall Street ou de la City. Ils sont déjà en orient comptable tout en étant le cœur de l’occident philosophique. Encore que 450 de colonisation turque ont ruiné la civilisation florissante de Byzance.
La Grèce qui renaît en 1821 est le fruit d’un soulèvement de brigands patriotes les klephtes, les palikares qui occupaient les montagnes et les maïnotes anciens spartiates vivant en semi-autonomie. Les turcs leurs opposaient les armatoles d’autres renégats affublés du titre de gendarmes. Tout cela sur fond de crise entre la Turquie et l’Egypte et sous le regard des occidentaux ambitieux qui rêvaient de démembrer le vieil empire ottoman. Mais la Grèce a sa flotte, éparse, sans commandement, elle est tenue par des commerçants pirates à leurs heures qui dans les îles d’Hydra, de Spetsa et Psara vivent indépendants et commercent avec qui ils veulent ou coulent tout ennemi potentiel. Des sociétés savantes s’organisent, les Philomuses fondée en à Athènes en 1812 ou l’Hétairie amicale d’Odessa en 1814 qui prit pour correspondant un archimandrite vivant à Marseille qui avait sollicité Napoléon pour aider ses compatriotes. La diaspora grecque qui de nos jours oublie son pays aidait à l’époque la renaissance de la liberté, riche et instruite, commerçante de Marseille à Odessa, elle envoyait des sommes considérables pour aider la mère patrie et créer des écoles comme à Chio où se tenait une véritable université. Le grand Coraï fixé à Paris préparait la résurrection culturelle de la nation. Mais depuis 1815 les grecs fondaient leurs espoirs de liberté sur les russes et leur tsar qui avait battu Napoléon. De nombreux grecs avaient servi dans son armée comme Capodistirias de Corfou ou Alexandre Ypsilanti de Phanar aide de camp du tsar. A côté de cela l’église grecque jouait double jeu, elle tenait ses fidèles d’une main de fer, résistant à l’islamisation du pays mais collaborait avec l’occupant pour ne pas perdre ses privilèges.

Le 7 mars 1821 la libération de la Grèce commença loin de chez elle, Ypsilanti franchit la rivière Pruth avec ses partisans appelant les grecs à la liberté tout en essayant de soulever les moldaves et les valaques contre les turcs. Une guerre d’indépendance grecque commençant en Roumanie. Ce fut l’échec. Ypsilanti réfugié chez les autrichiens fut mis en prison et les turcs massacrèrent les roumains qui avaient aidé le nationaliste. Mais en Grèce du nord en Morée l’appel avait été entendu, 400 000 chrétiens marchèrent contre 50 000 musulmans. Leurs chefs Germanos archevêque de Patras, Pétros Mauromichalis chef des maïnotes et Colocotronis menant les klephtes. Les pirates des îles rallièrent le mouvement, ils prirent Tripolitza capitale de la Morée en avril 1821 et on y assista à des massacres de musulmans. Les turcs se vengèrent, pogroms de grecs, à Constantinople le patriarche fut pendu à la porte de son église. A Chio pillée on vendit 30 000 habitants comme esclave. Mais le patriote Canaris fit sauter le vaisseau amiral de la flotte où les officiers fêtaient le massacre. Les grecs luttaient mais dans l’anarchie sans commandement unifié. Les russes semblaient les trahir au nom de l’équilibre de l’Europe. Fin 1822, malgré les victoires les grecs commencèrent une vraie guerre civile. Et l’arrivée des égyptiens sous le commandement d’Ibrahim fils de Mohamed Ali qui débarqua en Crète ressouda les Hellènes qui s’attendaient à une attaque contre la Morée. Mais c’est l’intervention européenne qui allait sauver la Grèce. Les gouvernements occidentaux s’unirent dans un mouvement philhellène. Autant intellectuel que pratique. Tout le monde voulait aider les descendants de Périclés. L’Allemagne, Munich, Leipzig, le philologue Thiersch, Goerres. La Suisse, Eynard. L’Angleterre, Canning, Byron le poète. La France, Pouqueville, Villemain, Fauriel, Chateaubriand. Même les Etats-Unis se mobilisèrent. Naquirent de véritables brigades internationales. Le président Monroe était pour l’indépendance lui qui ne voulait plus d’étrangers aux amériques. Les volontaires afflués de partout. Mais les Egypto-Turcs avançaient. Ils étaient à Navarin, Missolonghi tomba après trois mois de lutte le 23 avril 1826.

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Athène, l’Acropole - Photo Wilfrid Robion pour illustration med-in-marseille.info

Athènes ou s’illustra le colonel français Fabvier vit l’Acropole capituler le 5 juin 1827. Mêmes les russes troublés par ces défaites se réengagèrent en faveur des grecs. Mais le vent tourna au traité de Londres, la Russie, la France, et la Grande-Bretagne déclaraient s’unir pour mettre un terme à la guerre de Grèce. Le miracle de Navarin arriva, une flotte franco-anglaise venue au contact de la flotte égypto-turco-algérienne détruisit celle-ci lors d’une canonnade occasionnée par des tirs contre un canot anglais. C’était le 20 octobre 1827, la Sublime Porte perdait sa supériorité sur mer. Les russes la frappèrent dans le dos en attaquant la Turquie sur terre. La paix d’Andrinople fut signée le 14 septembre 1829. Les russes progressaient dans les balkans et en Arménie. Juste avant Navarin la Grèce avait reçu de l’Assemblée de Trézène, un président et une constitution. Le président était Capodistrias mais l’anarchie régnait. L’autonomie de la pais d’Andrinople se transforma en indépendance par le protocole du 3 février 1830 mais les puissances protectrices donnaient un roi aux grecs. Les hellènes ne voulurent pas de Léopold de Saxe-Cobourg. Capodistrias héros de l’indépendance fut assassiné en octobre 1831. Son frère dirigea un gouvernement de transition jusqu’à ce que la France, l’Angleterre et la Russie désignèrent comme roi le jeune prince bavarois Othon en 1832 qui gouverna jusqu’en 1835 sous la tutelle de trois régents bavarois. La tâche était ardue, le roi devait imposer la vie régulière et le respect des lois aux anciens chefs de bandes. Il était nécessaire d’organiser les finances. Le gouvernement emprunta d’abord 60 millions à émettre en trois tranches. Mais les impôts ne rentraient pas et le gouvernement gaspillait l’argent. Le français Régny directeur de la Cour des Comptes essaya de remettre de l’ordre dans les finances et mourut à la peine. En septembre 1843 un soulèvement populaire avec le soutien de l’armée réclamait une vraie constitution et un nouveau régime.

On confia le pouvoir à Colettis détesté des anglais et seul sa mort en 1847 évita une intervention. Les grecs jouèrent alors la carte de l’église en donnant le droit aux évêques d’administrer librement leur diocèse, l’Assemblée des évêques de Grèce réunie à Nauplie décida que l’église grecque serait désormais indépendante avec un synode écclésiastique sous la surveillance du roi. La vie culturelle renaissait, le poète Solomos était l’auteur de l’Hymne à la liberté, on adopta le principe de l’instruction primaire obligatoire et Louis-Philippe créa l’Ecole française d’Athènes en 1846. La Grèce recherchait dans son glorieux passé tous les motifs pour exalter le sentiment national à construire et commença à dédaigner ses voisins. Au regard de l’évocation de ces faits anciens on peut dire que l’histoire repasse les plats. Les européens qui ont crée la Grèce moderne ne peuvent pas l’abandonner et l’asservir. Nous voyons que l’Allemagne même sans roi n’a pas abandonné son désir de la régenter. Que la France sans l’Angleterre cette fois-ci est toujours à la garantie des emprunts mais que l’étroitesse d’esprit des européens et le conflit ukrainien ont mis hors jeu les russes pourtant ceux-ci courtisent Tsipras et jouent comme à l’époque double jeu. Au regard de leurs placements financiers à Chypre faudrait-il les ramener à la table des négociations. Pourquoi pas. Notons au passage que l’impôt ne rentre pas mieux qu’en 1835-1840 comme quoi nos dirigeants actuels sont vraiment de piètres connaisseurs de l’histoire d’un pays qu’ils veulent faire rentrer dans leur occident étriqué en les soumettant au diktat allemand qu’ils ont déjà refusé. Mais au fait l’Allemagne exemplaire de Mme Merkel n’a pas payé grand chose des réparations inscrites dans le traité de Versailles et en 1953 sa dette fut aussi effacée. Bande de gross salopards, faites ce que je vous impose mais ne croyait pas pouvoir bénéficier des mêmes largesses que moi. Le plan Marshall et la menace communiste avaient bon dos.

 



 

 

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