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« Dawah » : la mode Street Wear au temps du métissage urbain

1er décembre 2014

Surfant sur la recherche d’identité des jeunes urbains, chamboulés par les migrations et la mondialisation, et en mal de repère, la marque Dawah s’installe en France après avoir conquis le marché brésilien. Leur crédo ? Des vêtements Street wear, t-shirts, polos, chemises, Sweat, jeans ou joggings pour homme et femmes. Même si le logo fait référence à l’Islam, les fondateurs de la marque se défendent d’en faire une marque communautaire. Au contraire, selon eux leurs vêtements véhiculent un message de de fraternité, de solidarité et d’égalité.


 

DR French Touch
Apolitique et condamnant toute forme de prosélytisme et de sectarisme, Dawah veut s’inscrire comme un label de vêtements « culturels, conçus et inspirés par la mixité sociale et culturelle du monde ». "Here is the time for heroes !", annonce la campagne de communication de Dawah, qui se veut être le sigle pour nouveaux héros urbains à l’heure où vacillent les empreintes identitaires. Loin d’être un simple Street Wear Muslim, Dawah ambitionne de constituer un repère vestimentaire dans la grande nuit urbaine, pour « Enfants de familles monoparentales, orphelins, immigrés, personnes en recherche d’elles-mêmes.. ». Concept résolument neuf en France où les marques identitaires sont peu nombreuses.
Oumar Tangara, l’un des fondateurs de la marque Dawah, revient pour Med-in-Marseille sur l’histoire de la marque et son récent lancement sur le sol français.

La marque Dawah existe depuis combien de temps ?

Depuis 7 à 8 ans maintenant. C’est une marque que nous avons développée, d’abord au Brésil.

Par qui a été créée la marque Dawah ?

Dawah a été créé par trois Américains de Philadelphie, un Franco-américain Tariq Abdul-Wahad qui a joué au basket en NBA et un Français, à savoir moi, Oumar Tangara.

DR french Touch

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous nous sommes rencontrés à l’occasion du parcours sportif de Tariq, qui a joué au basket en NBA aux Etats-Unis, pendant pratiquement 9 ans. Pour Dawah, nous avons essayé de concilier spiritualité avec le côté sportif et culturel.

Vous avez créé cette marque au Brésil ?

Nous avons effectué un pré-lancement en France en 2004, nous avons participé au salon parisien Who’s next, salon des modes urbaines. A la suite de cela, nous avons rencontré des industriels brésiliens qui ont accroché sur le concept de la marque et qui ont décidé, avec notre accord, de développer la marque au Brésil.

En termes d’investissement, comment avez-vous fait pour les fonds ?

Nous avons simplement eu besoin d‘investir dans le marketing, ce qui n’a pas été facile. Nous avons donné la licence d’exploitation de la marque aux industriels brésiliens.

Le projet a-t-il fonctionné au Brésil ?

La marque a bien fonctionné durant les cinq années de contrat. A la suite de cela, les industriels ont connu au Brésil des problèmes sociaux, avec la coupe du monde, et sachant qu’il y avait des problèmes financiers, ils ont préféré arrêté l’aventure.

Par rapport aux valeurs qui vous revendiquez, notamment des valeurs musulmanes, comment cela s’articulait au Brésil ?

Nous ne revendiquons pas que des valeurs musulmanes maintenant. Nous avons un logo Dawah spirituel, par rapport à la religion musulmane effectivement, mais nous revendiquons des valeurs comme éducation, respect, partage que l’on retrouve dans toutes les religions.

DR French Touch

Dans un pays à majorité catholique, cela ne posait pas de problème ?

La valeur ajoutée de la marque, c’est d’abord la qualité de nos produits que nous mettons en avant. Le marché brésilien avait besoin de ces valeurs. Nous ne sommes pas une marque communautaire. Nous sommes une marque ouverte à tout le monde. Nous avons trois personnes au sein de la marque qui sont d’origine musulmane. Notre logo porte effectivement une histoire, un héritage. Dans le marché textile français, les marques identitaires existent, mais nous ne sommes pas sur ce créneau. Dawah signifie, prédication, revendiquer la bonne parole.

Le joueur de basket Tariq Abdul-Wahad , l’un des fondateurs de Dawah

Quelles sont les valeurs que vous mettez en avant pour Dawah ?

Nos valeurs sont simples, Education, Respect, Partage. Nous estimons que nous sommes tous égaux sur cette terre et aujourd’hui, les jeunes ou les moins jeunes, ou les plus âgés ont besoin de s’accrocher à quelque chose de spirituel. Pour nous, il est hors de question d’exploiter une marque de vêtement et de ne pas avoir des valeurs.

Et vous au sein de Dawah, appliquez-vous ces valeurs dans vos usines de fabrication et dans votre entreprise ?

Nos vêtements sont fabriqués au Brésil. Et en termes de fabrication, ils coûtent plus chers qu’en Chine mais lors de la vente, nous ne répercutons pas les marges sur le coût des vêtements. C’est un choix que nous avons fait. Aujourd’hui, notre entreprise au Brésil emploie des personnes issues des favelas à Blumenau dans l’État de Santa Catarina. Nous avons une usine partenaire au Brésil qui croit à notre projet et qui a décidé de produire pour le marché français.


Actuellement vous relancez la marque Dawha ?

Nous vendions sur le marché brésilien 30 000 pièces par an. Nous espérons faire en France 10 000 pièces pour le marché français, ce qui est énorme pour une marque aujourd’hui.

Votre marque est basée sur le Street wear, avec des tee-shirts, sweat, de vêtements que femmes et hommes peuvent porter dans la rue en étant tranquilles, tout en étant quand même lookés que l’on soit dans les cités ou dans d’autres quartiers ?

Oui, c’est ça. Notre territoire d’expression est le Street wear urbain.

Sur vos vêtements, on peut lire le slogan « Nous soussignés », cela signifie-t-il « Nous soussignés, français d’origine non française » ?

Pas du tout, cela signifie : « Nous soussignés Education, Respect, Partage. »

Quels sont les prix que vous pratiquez ?

Un tee-shirt coûte 24,90 euros. Nos vêtements sont pour l’instant diffusés que sur internet. Notre cible est les 15-30 ans urbains.

Votre société est basée en France ?

Oui, elle a été créée, il y a moins d’un an.

Combien avez-vous de temps pour être rentable ?

Aujourd’hui, personne n’est salarié dans l’entreprise. Ce sont nos industriels au Brésil qui prennent en charge le coût de la fabrication des produits et de livraison, nous n’avons pas réellement d’objectifs chiffrés. Il faut déjà que la clientèle française accepte l’existence de la marque et puisse d’identifier. Une phase de lancement d’une marque prend actuellement trois ans. Nous prenons notre temps.

DR : French Cut

http://www.dawah-wear.com/

http://www.dawahwear-eshop.com/

http://vimeo.com/dawahwear

 



 

 

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