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Colloque Négrophobie de ce 1er décembre : Le programme et la tribune qui pose le contexte.

30 novembre 2015 - Dernier ajout 2 décembre 2015

A l’occasion du 60ème anniversaire de l’acte de Rosa Parks, mère des droits civiques et du 10ème anniversaire de sa mort le Collectif des Rosas et ses Partenaires ont l’honneur de vous inviter aux ASSISES NATIONALES DE LA LUTTE CONTRE LA NEGROPHOBIE : LA NEGROPHOBIE CE RACISME INVISIBLE. C’est en quelque sorte, pour garder l’esprit de Rosa Parks : DES ASSISES POUR QUE LES CITOYENS NOIRS SOIENT DEBOUT et prennent leur place à part entière dans la société.
Nous vous attendons ce Mardi 1 Décembre 2015, à Marseille, dans l’hémicycle du Conseil Régional PACA, 27 Place Jules Guesde 13002 Marseille. Le colloque débute à 17 heures et se clôturera vers 21 heures. Il sera ponctué d’échanges avec la salle, d’intermèdes artistiques, de clips et sujets vidéos afin de nourrir le débat. Voici le programme et la tribune qui pose le contexte dans cette France 2015 mais également dans notre région.


 

Le contexte étant celui de l’immigration et son triptyque « humiliations, préjugés barrières » il nous semble important de rappeler qu’il n’existe pas une « communauté » homogène d’immigrés, mais qu’à l’intérieur de ce groupe il existe une grande diversité d’origines et de trajectoires traversée souvent par des antagonismes, des rivalités ou de la xénophobie.
Soulignons également que dans ce contexte, et ce depuis la fin de la 2è guerre mondiale, on « lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Ces dernières années un néologisme, l’ « islamophobie », nous rappelle de manière plus ciblée, que les musulmans sont victimes de discrimination. Quid des noirs juifs, chrétiens ou musulmans ? Lorsque le noir est stigmatisé ce n’est jamais parce qu’il est juif,
chrétien ou musulman. C’est avant tout du fait de sa couleur.
En effet, le Noir est victime de préjugés tenaces qui trouvent leur fondement historique dans les textes religieux certes, mais plus près de nous dans la justification raisonnée de l’esclavage et de la traite transatlantique et la perpétuation des images dégradantes qui en découlent. La comparaison animalière dont on use à l’égard d’un ministre en exercice, sur un stade de football ou dans un lieu culturel, par un enfant (Affaire Taubira à Angers), des supporters excités ou un directeur de théâtre (Affaire Eva Doumbia) n’en est qu’un des aspects. Ces manifestations ouvertes d’un sentiment d’infériorisation jusque là intériorisé n’émeuvent même plus, tant ce racisme est banalisé.
Dès lors le passage de la passivité à la violence paraît aisément franchissable et fait écho à l’énoncé des « engrenages résistibles » (des préjugés à la démocratie en danger) que l’on peut lire sur les murs du Camps des Milles. Toucher à l’intégrité physique du noir ne soulève aucune réaction de masse ni de campagne médiatique nationale comme on a pu le voir dans l’affaire du Train « Toulon/Marseille », il y a quelques mois. Un jeune homme se rendant à son travail et argumentant sur ses droits face à un comportement discriminant d’un contrôleur est battu et éjecté manu militari du train... par les autres voyageurs.
En se replongeant dans le texte de Frantz Fanon « L’expérience vécue du noir », on se rend bien compte du caractère durable de ces stigmates. Plus que jamais d’actualité, cette litanie d’expériences citées par l’auteur permet d’appréhender
ce qu’est le racisme structurel anti noir, mais également de faire le constat que ce racisme subi reste invisible parce que non quantifiable. Or c’est l’invisibilité de cette réalité qui pose question.
Le racisme anti noir est noyé dans un discours « universaliste » qui nie la condition de millions d’hommes et de femmes
par la non prise en compte de la stigmatisation spécifique dont ils sont victimes. Un regard, une posture, une attitude, une remarque, une plaisanterie, la suspicion, la méfiance, la peur, rien de tangible en somme mais autant d’éléments qui font du racisme anti noir une affaire intime voire intimiste.
Face à ce déni on peut s’interroger sur un projet de société qui fait disparaître la spécificité d’un groupe, et donc le groupe lui même.
Ces expériences malheureuses devenues dangereusement banales font résonnances aux propos de Frantz Fanon qui expliquait déjà dans les années 50 que « le problème principal auquel est confronté toute personne de couleur n’est
pas relié à la question de l’immigration elle – même mais plutôt au préjugé créé envers le Noir, ce qu’il appelle la négrophobie
 » (cf. Pierre Arcène « race et racisme »).
Le processus de prise de conscience est symbolisé dans la première moitié du XXe siècle par la coopération entre les
étudiants sénégalais et antillais réunis autour de Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire ou Léon-Gontran Damas.
Cette période est celle de l’acceptation et de l’affirmation et de soi mais dépasse ce que Goffman appelle le retournement
de stigmate. Césaire ne définit il pas la négritude comme la « simple reconnaissance du fait d’être noir et
l’acceptation de ce fait, de notre destin de notre histoire et de notre culture » ? Dans la seconde moitié du XXe siècle, Frantz Fanon écrivain psychiatre de formation a fait émerger le mot négro-phobie comme pour définir le regard de l’autre et ses incidences. En ce début du XXI siècle Pape Ndiaye introduit la notion de minorité posant clairement la question de la place des noirs dans le projet de société qui se tisse et donc de leur (in)visibilité. La prise en main de cette problématique est avant tout le fait des intellectuels noirs. Mais aujourd’hui donnant raison à Pape Ndiaye des associations comme le CRAN, la Brigade Anti-négrophobie, le FJN (Fédération des juifs noirs) et bien d’autre s’organisent et s’approprient la question noire pour la rendre audible et visible.

 

par Collectif - Dans > Actualités



 

 

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