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Appel au financement participatif pour un documentaire sur Les Roms à Marseille, de Nicolas Hans Martin

5 novembre 2014 - Dernier ajout 17 novembre 2014

Décidemment le crowdfunding ou financement participatif, s’invite dans tous les domaines de la vie. L’équipe de 4 A 4 productions qui produit Les Vies Fragiles, un documentaire sur l’errance et l’amour d’un couple de deux jeunes Roms, Romeo et Kristina, entre Marseille et leur Roumanie natale, réalisé par Nicolas Hans Martin, a pris l’option d’avoir recours à ce type de levées de fonds pour achever le document. Donner 5, 10 ou 100 € sur la plateforme Ulule permettra au réalisateur de finaliser le montage et à sa société de production de presser des copies et d’œuvrer à la promotion du documentaire. Les Vies Fragiles, est une sorte de « Roméo et Juliette » moderne où l’amour, tour à tour s’épanouit et se heurte, à la survie dans la rue, aux camps et aux trottoirs marseillais, aux expulsions policières et aux pressions sociales de familles restées aux pays. Les Vies Fragiles est l’autre versant, peu connu, de la politique systématique d’expulsion de l’Etat français des Roms, celui de la vie « si fragile » d’un peuple Rom qui n’a pas le droit d’exister sur notre sol, de son incroyable rage de vivre et de sa soif de liberté.


 

Images des Vies Fragiles de Nicolas Hans Martin. DR


Pour faire un don, c’est ici : http://fr.ulule.com/romeo-kristina/

Le réalisateur du documentaire, Les Vies Fragiles, Nicolas Hans Martin, est bien connu à Marseille pour avoir souvent aidé la communauté Roms, comme traducteur auprès de médecin du Monde, dès 2011. Parlant couramment roumain et Romanes, la langue des Tsiganes, depuis une vingtaine d’années, il n’a de cesse de voyager en Roumanie. En 2007, il cofonde le festival Latcho Divano, qui signifie le bel échange en langue Romani, manifestation artistique pour la reconnaissance et la diffusion des cultures Tsiganes à Marseille. Auteur en 2008, d’un premier documentaire Mamaliga, portrait d’un couple franco-roumain, il signe, en 2012, un autre film Un coin de paradis. Produit par 4 A 4 productions et soutenu par le CNC et la région PACA, ce documentaire est entré dans la sélection de plusieurs festivals comme celui du film d’environnement (FIFE), du Green Film Network Arward, de Douarnenez, du cinéma roumain de Toulouse, de Cinemed, Cinema Planeta (Mexique) ou Rolling festival (Kosovo).

En 2011 ; devant la dramatique situation des Roms à Marseille, on se souvient tous de l’été où place d’Aix, un véritable camp de réfugiés s’était dressé, comme une plaie béante aux yeux et à la vue de tous les Marseillais et dont Med-in-Marseille s’était fait l’écho, Nicolas s’active, comme il peut, pour venir en aide à cette population. Face à l’urgence de la situation, l’idée de faire un film ne lui vient pas de prime abord à l’esprit. Mais, ce sont les acteurs personnages du documentaire, Kristina et Romeo, qui lui signifieront, plus tard, leurs envies d’être les protagonistes d’un documentaire, pour témoigner de leur quotidien et peut-être pouvoir en changer par le biais du cinéma. Nicolas Hans Martin nous raconte l’aventure du film et la rencontre avec Roméo et Kristina, ce jeune couple tzigane de Roumanie, alors âgé respectivement de 27 et 22 ans.

Images des Vies Fragiles de Nicolas Hans Martin. DR


L’histoire que vous filmez, celle de Romeo et Kristina, dans le film Les Vies Fragiles est-elle une histoire vraie ou romancée ?

Nicolas Hans Martin
 : C’est leur histoire. Bien entendu, ça « fictionne » ! C’est du cinéma documentaire. Mais, ils incarnent, ils jouent leur propre personnage. Après, lorsqu’on filme, on taille dans le réel, ne serait-ce que par la façon de cadrer. On ne montre pas tout, on ne peut pas tout montrer et pour construire une narration, on choisit des choses. C’est un travail d’invention narrative sur le réel au tournage et aussi, après, au montage.

Comment travaillez-vous, vous mettez en scène les actions ou vous les prenez sur le vif ?

Je prends sur le vif, mais ça peut m’arriver de remettre en scène certaines situations. Afin de filmer des choses ou d’enregistrer des conversations que je n’ai pas pu capter à l’instant où elles se passaient. Et surtout, Roméo et Kristina avait des désirs de mise en scène, ils voulaient que je les filme dans des lieux qu’ils avaient occupés dans la ville de Marseille pour expliquer comment ils vivaient dans ces endroits, comment ils sont été expulsés par la police.

En 2011, au moment où la place d’Aix à Marseille, était transformée en camp de réfugiés, vous travailliez en tant que traducteur pour Médecins du Monde ?

J’ai accompagné Médecins du Monde pendant presque trois ans, assez régulièrement. Car, je parlais le roumain et je connaissais beaucoup de personnes. Depuis un an, l’ONG a recruté des roumanophones, donc ils ont moins besoin de moi, mais je continue parfois à les aider.


Comment s’est prise la décision de filmer Roméo et Kristina ?

J’ai rencontré Kristian et Roméo, place d’Aix, justement, en 2011. Et, c’est eux qui m’ont proposé de les filmer. Ils savaient que j’avais réalisé un documentaire, Un coin de paradis. En fait, j’avais distribué des copies de ce film aux Tziganes Roumains de Marseille, Un coin de Paradis a été, finalement, beaucoup vu par les Tziganes eux-mêmes, dans les camps, dans les caravanes !
Le projet avec Roméo et Kristina a pris du temps. En documentaire aussi, on doit procéder à une sorte de casting, il faut qu’il existe un rapport à la parole de ceux qu’on souhaite filmer, une certaine photogénie aussi, c’est important. J’ai longtemps hésité à tourner à Marseille, je ne pensais même pas prendre une caméra, j’étais plutôt dans l’urgence de la situation de catastrophe humanitaire que subissaient les Roms de Marseille. En fait, c’est vraiment la rencontre avec Kristina et Roméo qui m’a décidé à refaire un film, ici, à Marseille.

Images des Vies Fragiles . de Nicolas Hans Martin. DR


Pour Kristina et Roméo, ça représentait quoi de faire ce film ?

Ils voulaient témoigner de leurs conditions, et au-delà s’engager dans une aventure de cinéma. Au départ, peut-être, ont-ils eu l’espoir que cette expérience pouvait changer leur vie, mais je les ai prévenus en leur disant que cette aventure serait longue, et qu’elle ne changerait malheureusement jamais leur vie, d’un point de vue matériel mais qu’à coup sûr, c’était une belle aventure. C’est un cinéma qui se fabrique autour de la relation, faire le film est de toute façon une aventure humaine très forte. On s’est vu tous les jours, et au bout d’un moment, la caméra est devenue transparente.

Vous expliquez aussi que vous souhaitez faire un film plus intemporel, en parlant aussi d’amour et d’envie de liberté de ce couple Rom, au-delà d’une préoccupation uniquement économique ?

Il y a toujours plusieurs raisons qui font qu’un migrant part de chez lui. Bien sûr que de nombreuses personnes migrent pour des strictes raisons économiques ou à cause des conflits ou des guerres. Des personnes comme Roméo et Kristina sont à la fois contraints de partir, pour des raisons économiques, mais ils ont aussi le désir de tenter autre chose, comme tout le monde. Je montre effectivement qu’ils ont eu envie de liberté, de s’affranchir des traditions contraignantes de leur milieu familial. Mais pour des Tziganes comme eux en Roumanie, l’accès au travail est impossible, en raison d’un chômage important, d’un racisme anti-tzigane et aussi parce que pour beaucoup de Tziganes, la scolarisation s’est arrêtée très tôt. Il leur est presque impossible d’accéder à un travail, sans qualifications.

Vous avez pu tourner le film, mais vous n’avez pas assez de fonds pour le montage et la diffusion ?

Le tournage a duré un an et demi. J’ai eu des financements pour le tournage (aide à l’écriture de la Région, et une aide CNC) mais pas suffisamment pour le montage. En juin 2014, nous n’avions plus de fonds et nous nous sommes demandé comment continuer. Ma société de production a eu, alors, l’idée de faire appel au financement participatif.

Images extraites des Vies Fragiles de Nicolas Hans Martin. DR


Combien vous faut-il pour achever le film, la plateforme de financement collaboratif, situe le montant à 6000 Euros ?

Ces 6000 du crowdfunding permettraient de finaliser le film, mais je ne peux pas me payer. Ce qui est problématique, étant donné que je vais perdre mon statut d’intermittent le mois prochain. 6000 euros, c’est évidemment le minimum.

Vous ne pouvez pas vous payer sur ce film, pourtant ce projet a été très prenant pour vous ?

Oui, j’y ai travaillé un an et demi, un an et demi de relations quasi quotidiennes, avec ou sans caméra, jour et nuit ! Je n’avais plus le temps pour travailler ailleurs, car je me consacre quasi exclusivement au travail documentaire. Mais malheureusement, on ne gagne pas sa vie avec le cinéma documentaire.

 



 

 

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