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A propos du film « Irrintzina, Le Cri de la Génération Climat » : Il nous reste deux ans pour agir, après il sera trop tard pour la planète.

4 décembre 2017

Magistralement filmé, dans des conditions difficiles, le film « Irrintzina », signé par deux réalisateur basés à Marseille, est un véritable coup de poing. On en ressort avec la furieuse envie….. d’Agir. “Irrintzina” c’est l’odyssée moderne d’une certaine forme d’action militante. C’est le parcours du mouvement “Alternatiba”, qui, à l’occasion de la COP21, parti du pays basque, est venu secouer Paris et poursuit son séisme salutaire, dans un but précis : Sauver notre planète de l’emballement climatique….


 

Sandra Blondel et Pascal Hennequin, les réalisateurs, aux cinéma Les Variétés. Marseille. Nov 2015

Sur la scène des Variétés à Marseille, fin octobre, juste après la projection d’ » Irrintzina, Le Cri de la Génération Climat”, signé des réalisateurs marseillais, Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Sandra Blondel, la réalisatrice, alerte énergiquement sur l’urgence de la situation dans laquelle notre terre et notre ciel sont plongés. Depuis le film, elle est passée en mode militance, et ne s’en cache pas. « La bonne énergie, dit-elle, est celle qu’on ne consomme pas ». Car l’urgence est là. En gros, nous avons deux petites années devant nous, pour réagir, sinon « la terre sera définitivement impactée par le réchauffement ». Et qui dit réchauffement, dit toutes une séries d’effets délétères, sur l’habitat humain, les océans, l’air que nous respirons….Devant un auditoire déjà convaincu, elle déplore l’inertie des mesures politiques.

Le film “Irrintzina”, est donc le récit de cette aventure des temps post-modernes, témoignage filmique saisissant sur le mouvement militant, Alternatiba qui a trouvé son point d’orgue, durant la COP 21 de 2015
« Nous avons tourné dans l’urgence », explique Pascal Hennequin, qui est à l’image. Portés par l’urgence de l’enjeu, les réalisateurs se sont lancés dans l’aventure sans véritable moyen. Et ont accumulé 70 jours de tournage, et suivi 4 mois de tour de France. La rencontre avec les équipes d’Alternatiba, mouvement non violent pour le climat, a eu lieu en 2014, lors de la tenue d’un village alternatif.

Pourquoi se focaliser sur ce mouvement en particulier ? Pour Sandra Blondel, la réponse est simple : pour leur efficacité et les résultats concrets qu’ils obtiennent. « Les militants d’Alternatiba proposent des choses concrètes dans un plan très efficace. Ils sont radico-pragmatiques. Leur mode d’organisation nous intéressait, ils sont capables de créer un rapport de force du plus faible au plus fort et de gagner des batailles ». Et on le voit bien dans le film : Suivre le mouvement, c’est apprendre le langage de la militance, « efficace ». Issu de l’organisation basque Bizi !, proche du mouvement des Amis de la Terre, Alternativa compte un leader charismatique, nommé Txetx, rompu au combat syndical, qui a su nouer des alliances avec des associations “altermondialistes”, telles qu’Attac. Partis d’un questionnement sur la réappropriation collective de l’économie, les membres d’Alternatiba sont peu à peu passés aux enjeux du changement climatique.

Après la Cop 15 de Copenhage, qui avait “démoralisé” de nombreux militants, l’association veut frapper un grand coup, à Paris au moment de la COP 21.
Les actions sont ciblées, et variées, en vue d’ atteindre un but précis. A la conférence de Paris, COP 21, de décembre 2015, la visée était d’obtenir la signature des Etats présents pour limiter le réchauffement mondial entre 1,5 °C et 2 °C, d’ici 2100.
En amont, des actions de sensibilisation sont organisées. Les militants basques se sont lancés dans un gigantesque tour de France, à vélo, parcourant 5600 kilomètres, parti de Bayonne pour finir à Paris. A chaque étape du tour, des villages alternatifs sont montés. Débats, stands informatifs, temps d’échanges et temps festifs, les villages Alternatiba sont conçus comme véritables universités populaires à ciel ouvert pour imaginer ensemble la ville “Post carbone”.
Pour Sandra, ces rencontres ont permis de se mobiliser contre une prétendue impuissance à agir. « J’agis pour mes enfants, on a une fenêtre de 10 années, pour éviter ce que les scientifiques appellent « l’emballement climatique », explique-t-elle.

Le Tour de France en vélo d’Alternatiba, 2015

Profitant de l’audience de la COP21, Alternatiba monte diverses actions de mobilisation pour exiger une justice climatique. En lien avec Attac , l’opération Faucheurs de chaises menée auprès des banques, pointe les paradis fiscaux et exige de récupérer l’argent pour le climat..
La date de la conférence de Paris, COP 21, en décembre 2015, tombe quelques semaines après les attentats du Bataclan, la tension dans la capitale française était à son comble. Sandra tient à saluer le courage des militants d’Alternatiba qui, malgré l’angoisse, poursuivent leur mobilisation sans faille. Ils campent dans un hangar au Bourget, où les réalisateurs filment jour et nuit, les questionnements, les réunions, les choix de stratégies pour peser sur l’opinion publique. Au fil du film, peu à peu, des militants de tout bord grossissent les rangs de l’organisation.

A la question ; avez-vous eu peur durant le tournage, la réalisatrice témoigne : « J’ai eu peur plein de fois », son compagnon était à l’image, et elle au son. Un des moments les plus cruciaux montrent la tension au moment de la Cop 21 au Bourget. Lors de la COP 21 à
Particulièrement impressionnante, la fin du film, restitue la lutte acharnée, et les actions non violentes qu’on dû mener des militants d’Alternatiba pour bloquer le sommet du pétrole offshore qui s’est tenu à Pau, en avril, 2016, quelques mois seulement après la Cop21, où les plus gros pollueurs de la planète se donnaient rendez-vous. Les militants, ont décidé de mener des actions non violentes, de s’introduire dans le sommet afin d’alerter médias et salariés de ces entreprises sur le danger des énergies fossiles.
« Irrintzina, Le Cri de la Génération Climat » a capté la phase préparatoire à l’action des militants, entraînés à la résistance passive, puis l’action en elle-même avec des images de militants ouvertement maltraités, par des policiers et des services d’ordre musclés. Encore une fois, les caméras des journalistes et des réalisateurs ont pu prévenir certains tabassages. Mais la violence de la répression, pour une cause juste a été saisie dans le film et nous interroge sérieusement sur la puissance des intérêts des énergies fossiles.

Actions Alternatiba à Marseille, 2015

A certains moments, notamment, lors de la COP 21 à Paris, les réalisateurs ont eu recours à trois équipes pour filmer. C’est avec leur propre société de production, Focus 21, qu’ils ont assuré la production et la post-production, et la sortie en salle du film, au niveau national, dans près de 150 salles.
Etablis à Marseille, les réalisateurs, ont déjà réalisé une série de documentaires sur le commerce équitable à travers le monde et œuvrent dans le domaine de l’audiovisuel participatif , comme la télévision participative du plateau à Marseille.

Provoquer un choc de conscience

Comme « Irrintzia » n’a pas eu la chance d’être porté par une actrice célèbre, à l’instar du film « Demain », les réalisateurs ont dû se battre pour que leurs films soient diffusés en salle, souvent grâce à l’appui de spectateurs eux-mêmes.
Fabriquer un film sans véritable production, par la seule force de la croyance en une juste cause, jusque dans nos salles obscures est un acte militant en soi. Car en France, le cinéma véritablement indépendant a toutes les difficultés à exister économiquement. Ce n’est pas tant les exploitants de salle qui sont souvent prêts à tenter l’aventure, car le risque pour eux est assez limité, que la machinerie de promotion, à savoir les médias. Une certaine presse de gauche, a purement et simplement, refusé de parler du film au motif qu’il pouvait faire concurrence à d’autres militants, plus proches de leurs opinions. D’autres médias l’ont dégommé aux motifs que le film était ciblé sur une seule organisation. Quant à la masse des autres journalistes, ils se sont juste intéressés à la notoriété de la boite de production et des diffuseurs, et comme ils étaient inconnus, ils n’ont pas daigné en parler… « On n’a pas réussi à percer le plafond de verre médiatique ». Mais le film, trouve peu à peu son public national et international…avec 25 00 entrées et déjà, les réalisateurs sont invités, en Amérique Latine et au Japon….*
Ces rencontres après les projections sont aussi l’occasion de débattre, de s’organiser, de poursuivre l’action ; « On peut aller très vite, il faut provoquer un choc de conscience », explique Sandra. Il faut continuer à faire pression, peser sur les traités internationaux », conclue-t-elle, car c’est bien au niveau politique que tout peut encore se jouer.

http://www.irrintzina-le-film.com/

 



 

 

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