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A l’occasion de l’exposition « Visages de la Libération », petit récapitulatif en hommage aux bataillons des « Indigènes »

24 octobre 2014 - Dernier ajout 27 octobre 2014

« Visages de la Libération », l’exposition qui se tient à l’Hôtel de Région jusqu’au 13 novembre, rassemble photographies, films, archives et témoignages. Elle est conçue par le groupe Marat, qui travaille à valoriser la contribution des étrangers à l’histoire de France et celles des sujets des anciennes colonies française. Ces derniers ont combattu en masse pour notre patrie et ont permis la victoire des alliés en Afrique et la libération de la France en 1944. C’est donc près de 158 000 Africains qui se battent pendant la Seconde Guerre mondiale pour la France, sans oublier 160 000 mobilisés sur le sol africain ou maghrébin pour participer à l’effort de guerre. 13 000 soldats dont les deux tiers de musulmans ont payé de leur vie cette guerre uniquement sur le sol français. On peut estimer à 30 000, le nombre de tués et disparus africains de 1942 à 1944, sur les fronts de bataille dans le monde.


 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Provence, comme toute la France et une grande partie de l’Europe, a été occupée par l’Allemagne, alors sous le sceau nazi. La reconquête du territoire français s’est faite autant par des soldats français que par des soldats issus des ex colonies françaises, des étrangers et des immigrés. « Témoignage de reconnaissance, l’exposition est aussi œuvre de connaissance. Elle rappelle que la libération de la Provence fut le résultat d’une alliance et d’une solidarité unique entre des peuples de tous les continents », explique le dossier de l’exposition.

Goumiers marocains sur une route du Var

Les Indigènes, comme on appelait à l’époque les soldats des colonies, ont souvent été embrigadés de force et en masse. Quoiqu’ils en soient, ils se sont battus vaillamment et la France leur doit reconnaissance. Ces ex soldats coloniaux, Africains, Marocains, Tunisiens, Algériens, Malgaches, Indochinois, Antillais ont combattu de 1940 à 1945 pour aider la France à retrouver sa liberté. L’exposition retrace uniquement les soulèvements de résistants avant et pendant le débarquement en Provence d’aout 1944, les combats des FFI (Force Française de l’Intérieur), et celles des troupes de l’armée coloniale. On peut y voir de magnifiques photos de soldats marocains, algériens, antillais, tunisiens, africains, malgaches, à Marseille et en Provence.

Conçue par le groupe Marat, fondé par d’anciens résistants et des historiens, l’exposition propose quelques éléments documentaires sur le rôle des étrangers dans la guerre et la libération. Le groupe Marat tend aujourd’hui à restituer la place et rappeler le rôle des étrangers dans l’histoire de France et de valoriser leurs contributions, bien souvent passées sous silence. Pour ce faire, il a réuni depuis une quinzaine d’années un fonds documentaire sur les soldats de l’Empire colonial français et la Résistance en Provence.

Le détachement Marat était, en 1939, une organisation de résistants composée d’ étrangers réfugiés en France et d’immigrés militant au sein du mouvement de la Main-d’œuvre Immigrée (M.O.I.), rejoints par des Français de naissance, en Provence pendant la Deuxième Guerre mondiale, appelés les FTP –MOI (Franc-tireur et Partisan de la Main d’œuvre Immigrée). Il était l’équivalent dans le sud-est de la France des détachements de Francs-tireurs et partisans en région parisienne comme le groupe Manouchian. Encadrés par le Parti communiste (Les MOI étaient un groupe du parti, né dans les années 30), ils ou elles sont le plus souvent communistes, mais pas toujours. Hongrois, Italiens, Espagnols, Polonais, juifs, Arméniens, Russes, « déserteurs plus ou moins tardifs des bataillons de l’Est », nombreux sont aussi les fils d’immigrés ou même les jeunes Français.

L’armée coloniale française est appelée en renfort par les alliés pour le débarquement. « Les Indigènes » de l’armée d’Afrique, étaient des appelés ou volontaires, et constituaient une armé composée autant de « sujets de l’empire colonial, d’évadés de France, d’Européens d’Afrique du Nord que de Français des colonies. »

1943 : fusion des Forces françaises libres et de l’armée d’Afrique

En 1943, La fusion des Forces françaises libres et de l’armée d’Afrique est réalisée au sein de la France combattante. La mobilisation débouche sur « 118 000 Européens et 160 000 musulmans rappelés, qui s’ajoutent aux 224 000 hommes déjà sous les armes avec 3 divisions blindées et de 5 divisions d’infanterie (2 des troupes coloniales et 3 de l’armée d’Afrique : la 2e division d’infanterie marocaine (DIM), la 3e division d’infanterie algérienne (DIA) et la 4e division marocaine de montagne (DMM)). »

« Les pertes françaises du 8 novembre 1942 à la fin des hostilités, en mai 1945, s’élèvent à 110 000 hommes dont 30 000 tués ou disparus, et tout le poids, ou du moins le plus lourd, de ces pertes, retombe sur cette population nord-africaine, française et musulmane côte à côte, à qui est due, nul ne doit l’oublier, pour la plus large part, la libération du sol national », ainsi résume la revue politique et parlementaire en 1947

Près de 70 000 soldats africains et africains du Nord, répartis le plus souvent au sein de régiments d’infanterie coloniale mixte sénégalais, se battent pour la France, de 1939 à 1945 : 15000 en Métropole, 10 000 au Maghreb, 46 000 en AOF et AEF. La bataille de France de 1939 à 1940, sur le sol français a fait 5400 morts Maghrébins. Avec leurs camarades de 1940, c’est donc près de 158 000 Africains qui combattent pendant la Seconde Guerre mondiale, sans oublier un effectif équivalent mobilisé en Afrique noire ou affecté au Maghreb pour participer à l’effort de guerre.

Tirailleurs sénégalais sur la plage de Cavalaire

Les batailles de Toulon et Marseille coûtent 4665 vies à l ‘armée française dont de nombreux soldats africains

Une partie des photographies présentées, à La Région, en ce moment, proviennent de fonds d’archives publiques en France et à l’étranger. Les autres ont été confiées par les témoins rencontrés.

A compter du premier débarquement des troupes alliées en Normandie en juin 1944, des volontaires souhaitant résister se rendirent en Provence. Mais c’est seulement le 15 août 1944 que le second débarquement eut lieu dans le Var. Entre ces deux dates, la résistance, sur le sol français subit de terribles répressions par les troupes allemandes. À partir du 15 août 1944, 150 000 hommes des forces alliées, parmi lesquels 40 850 soldats européens et natifs des ex-colonies de l’armée française, débarquent en Provence.

Du nom de code « Opération Dragoon », le débarquement des troupes alliées dans le sud fut possible par la présence des troupes des anciennes colonies de la France, nommées « Les Indigènes » de l’armée d’Afrique. Ces hommes combattirent avec les Français des colonies et les évadés de la France occupés sur le sol de notre pays, pour le libérer. En Provence, le 15 août 1943, les premières unités débarquent en Provence de Sainte-Maxime à Cavalaire

Au départ, les alliés prévoyaient de libérer Marseille et Toulon en septembre 1944. Mais les troupes coloniales françaises aidées des résistants et de la population délivrèrent les deux villes, le 28 août 1944, ce qui coûta la vie à de nombreux combattants. Les opérations de Provence se soldent par 1 144 tués et disparus et 4 364 blessés européens et africains.

Les « Indigènes », victimes de discrimination dans l’armée coloniale française

Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, « les Indigènes » subissent des discriminations comme le fait de ne pas pouvoir dépasser le grade de capitaine alors que deux ans suffisent pour un Européen pour passer de sous-lieutenant à lieutenant, il fallait jusqu’à six ans pour un soldat indigène.

En parcourant l’exposition, on pourra également découvrir dans l’un des documentaires intitulé « Soldats de la plus grande France » - (25’ - Production Le groupe Marat, 2014) quelle fut la participation des troupes issues des anciennes colonies françaises, des cinq continents dans la libération de notre pays. Le film rassemble des témoignages recueillis en France, au Maghreb, en Afrique noire et en Nouvelle-Calédonie et sont illustrés par des reportages de l’époque.

Tirailleurs algériens dans Marseille

La libération de La Corse et de l’Italie par les soldats de l’Armée d’Afrique en 1943 et 1944

En 1943, placé sous les ordres du général Juin, le corps expéditionnaire français en Italie se compose de Marocains et d’Algériens. En avril 1944, l’infanterie, débarque à Naples et rejoint le corps expéditionnaire français d’Italie. Ces bataillons africains, des Tirailleurs Sénégalais et les artilleurs participent à cette dure campagne jusqu’à Rome en juin. Le 17 juin, les tirailleurs de la 9e Division infanterie coloniale contribuent à la prise de l’île d’Elbe, subissant de lourdes pertes.
Puis, les troupes qui se sont battus en Corse et en Italie et des divisions blindées venus d’Afrique du Nord forment l’armée du Général de Lattre, soit 260 000 militaires dont la moitié issus des colonies, ils partent se battre de la Normandie à Paris, en juin 1944.

Eté 1944 : la remontée du Rhône et des Alpes par les troupes coloniales

Eté 44 : depuis la Provence, l’armée coloniale remonte de la vallée du Rhône et établit le 12 septembre la jonction avec les forces débarquées en juillet en Normandie. Ils parviennent jusqu’aux Vosges à l’automne, pendant que l’infanterie, poursuit jusqu’en Alsace. En Alsace, les unités sont « blanchies », comme le disait l’armée française de l’époque, au profit des recrues venues des mouvements de résistance.
En mars et avril 1945, les tirailleurs du régiment Afrique Equatoriale se battent autour de la poche de Royan tandis que d’autres troupes coloniales entérinent la reddition des Allemands sur le front des Alpes.

Les tirailleurs sénégalais se battent sur le sol français en 1939

Dès 1939, les tirailleurs Sénégalais engagés dans la campagne de France résistent vaillamment aux attaques ennemies, ils arrêtent à plusieurs reprises les assauts des Allemands. Ils seront massacrés en masse par les Allemands. Le chiffre des tirailleurs africains morts au combat ou exécutés par l’ennemi en 1940 est évalué à 5 000 hommes, tandis que plus de 30 000 Africains connaissent la captivité en Fronstalag sur le sol français. Puis, nombre de tirailleurs prisonniers des Frontstalag échappent à la captivité ou au travail forcé pour rejoindre les maquis. Deux sections de tirailleurs sénégalais prennent part aux combats du Vercors.

Sur le sol africain, les Africains combattent l’Allemagne et ses alliés, dès 1940
Sur le sol africain, dès août 1940, les territoires d’Afrique Equatoriale Française (Tchad, Cameroun, Oubangui-Chari, et plus tard Congo et Gabon), se rallient au général de Gaulle. Seize bataillons de marche dont les tirailleurs se battent sur tous les théâtres d’opérations de la France combattante jusqu’en 1945, sans oublier artilleurs, sapeurs, télégraphistes, conducteurs, personnels des formations sanitaires. Ils se battront au Tchad 1941, au siège de Bir-Hakeim de mai à juin 1942, en Abyssinie en juillet 1941, en Syrie, à Djibouti, en Tunisie…

10 000 indochinois faits prisonniers en 1940 par les Allemands alors qu’ils combattaient pour la France

En juin 1940, 15 000 tirailleurs indochinois sont acheminés en France. Bien qu’étant beaucoup moins nombreux que les tirailleurs africains, ils tiennent leur place « avec honneur », comme le dit les rapports d’armée, dans les combats de 1940, servant dans des unités de mitrailleurs, d’artillerie, antiaériennes, de pionniers, de travailleurs militaires et de services. Avec plus de 10 000 d’entre eux prisonniers en 1940, et faute de pouvoir être rapatriés, combattants ou travailleurs sont contraints de rester en métropole durant toutes les hostilités, dans des conditions de vie très difficiles.
Les Indochinois et « Indigènes » contribuent à libérer Grenoble en 1944
La 14e compagnie de travailleurs indochinois rejoint l’Isère en février 1943, sous les ordres du capitaine Lespiau, dit Lanvin. Il constitue une troupe de 1 526 hommes venus de Grenoble et de sa région et d’origines les plus variées : réfractaires au STO, Polonais, Russes, Espagnols, Indochinois et Marocains… ils s’illustreront au printemps 1944 et libérèrent la région de Grenoble, au prix de la mort de 183 des leurs.

Les Antillais se battent en Italie et en Provence, de 1943 à 1944

En janvier 1944, formé de nombreux « dissidents », le bataillon des Antilles est intégré à la 1re division française libre et partage tous ses combats de l’Italie à la Provence et aux Vosges puis au front de l’Atlantique. À titre individuel, de nombreux Antillais et Guyanais servent dans diverses unités, de la Marine en particulier.

Les Réunionnais et les bataillons du pacifique

La Réunion et Pondichéry, premier territoire à avoir rallié de Gaulle en 1940, envoient des soldats qui participent à toutes les campagnes de la France combattante. La Polynésie, les Nouvelles-Hébrides et la Nouvelle-Calédonie constituent le bataillon du Pacifique qui est de toute l’épopée de la France libre, se couvrant de gloire à Bir Hakeim, en Italie, en Provence puis sur le front des Alpes.

Les Malgaches dans les Ardennes en 1939

En mars 1939, des soldats malgaches se battent dans les Ardennes. Parmi les 14 000 tirailleurs malgaches qui se battent contre les Allemands, quelques-uns échappent à la captivité ou au travail forcé pour rejoindre les maquis. Quelques Malgaches sont par exemple présents à la brigade Auvergne.

Dix gradés et tirailleurs sénégalais sont faits compagnons de la Libération, 50 médailles de la Résistance sont décernées aux Africains ainsi que 123 médailles des évadés. Comme en 1918 et 1919, les unités indigènes participent aux cérémonies de la Libération en 1944 puis de la Victoire en 1945.

LES FILMS DE L’EXPOSITION

Documentaires diffusés en continu
Signes, 18 juillet 1944 - (4’ - Production Le groupe Marat, 2003).
« Le témoignage d’un responsable des Forces Françaises de l’Intérieur sur les arrestations de résistants en Provence dans l’été 1944.

Documentaires diffusés ponctuellement dans la journée
Baroud d’honneur - (51’ - Production Zeugma films & le groupe Marat, 2006)
« Ils étaient quinze anciens soldats de la France. En septembre 2004, ils firent le voyage du Maroc jusqu’en Provence qu’ils avaient délivrée soixante ans plus tôt. Ce film est le récit de l’odyssée de deux d’entre eux dans la quête de leurs droits. Leur combat dans les maquis de l’administration française fut leur baroud d’honneur. »

La libération de Marseille - (52’ - Production Les Films du Soleil, 1994).
« Durant l’été 1944, peu de villes en France se soulevèrent avant que les armées alliées ne les libèrent. Marseille fut de celles-là. Des résistants et des soldats des armées en présence sont les seuls narrateurs de ce film illustré par un ensemble unique d’archives cinématographiques françaises, américaines, anglaises et allemandes. Ensemble, témoins et archives racontent, dans un montage en parallèle au jour le jour, les opérations militaires en Provence et les événements dans Marseille. »

Visages de la Libération - Provence - Eté 1944

Hôtel de Région, Marseille.
Entrée libre et gratuite.
Du lundi au vendredi, de 9h à 17h30.

 



 

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    On ne dit pas Algériens de France ou en France car ils sont français.

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  • 3es rencontres nationales des luttes de l’immigration (1/4) Saïd Bouamama : « L’impérialisme existe encore »

    Faire des conférences c’est bien mais...
    S Bouamama, un sociologue engagé ? quand on tape son nom sur internet et qu’on voit le nombre de fois qu’il s’est "engagé" en étant.... payé, c’est impressionant. beaucoup de ses travaux sont des réponses à des commandes publiques
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    par Hakim le Janvier 2015 à 10h09
  • Marseille : la Ville communique sur sa lutte contre l’habitat indigne

    bjr il suffit de venir au parc kalliste voir dans quel l’etas sont les appartement de marseille ,ils les laisse se dégrader ,ils n’ont méme pas pris la peinne de fermer les volets de certain d’entre eux sachant qu’ils risque de tombé a tous moment surtou quand le vent souffle ,puis apres c’est facile de demander de classé le batiment en carence !!!!mdr !!!

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