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Visite en capitale 2013, le Mucem, c’est parti !

7 juin 2013

Le nouveau Musée des Civilisations de l’Europe et la Méditerranée ouvre ses portes au public ce weekend. Avec des collections permanentes issues de l’ancien Musée des Arts et Traditions Populaires et quelques acquisitions propres, le Mucem devra inventer sa propre spécificité pour susciter un engouement international. Le top départ est donné ce week-end avec notamment deux expositions. « Le Noir et Bleu, un rêve Méditerranée », conçue par le commissaire Thierry Fabre, entend faire correspondre les points de vue des deux rives. L’autre temps fort de l’ouverture, « Au Bazar du genre, Féminin, Masculin en Méditerranée » regarde plus volontiers l’art contemporain et agite des thématiques brulantes.


 

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Il y a plusieurs raisons pour se rendre au Mucem, l’une principale est incontestablement le bâtiment, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti, qui est placé sur un site exceptionnel, sur l’ancien J4. Il s’érige à côté de la nouvelle villa Méditerranée et est relié au fort Saint Jean par une passerelle. Ce dernier, désormais agrémenté de jardins en terrasses, accueille également une partie des expositions.

Bruno Suzzarelli, son président a l’ambition d’en faire un lieu culturel au sens large, pouvant accueillir des expositions bien entendu, mais aussi, des débats, des rencontres, des spectacles, des projections de films.
L’essentiel des collections du Mucem (80%) est hérité du fonds muséal de l’ancien musée d’ethnographie, le Musée National des Arts et Traditions Populaires. Le reste provient du fonds européen du Musée de l’homme et 20 000 autres objets issus du bassin méditerranéen ont été acquis par le Mucem. Le directeur du musée entend aussi « convoquer les autres sciences humaines…. Dont l’histoire, l’histoire de l’art, l’art tout court, y compris l’art contemporain ».
La direction table sur 300 000 visiteurs par an. Pour l’heure, avant que le Mucem puisse avoir un rayonnement comparable au musée Guggenheim de Bilbao, la direction reconnaît qu’il va falloir beaucoup de travail pour instaurer un réseau de partenariat avec « les institutions culturelles, les musées, voire la société civile des pays de la Méditerranée ».

L’enjeu est de taille et le projet passionnant. En tout, le Mucem aura coûté aux collectivités territoriales 58,05 millions répartis également entre la ville, le département et la région. Le coût d’investissement du site du fort Saint-Jean et du J4 a été de 166,64 millions d’euros. Côté coulisses, le centre de conservation et de ressources (CCR), est, lui, situé à la Belle de Mai.

Quant au fond du projet, il semble assez net dans la tête de ses concepteurs : « Nous parlons d’un musée des civilisations au pluriel …. Non seulement le Mucem s’intéresse aux civilisations plurielles de l’Europe et de la Méditerranée mais il a la volonté de ne pas avoir un regard européo-centré. En particulier, il veut se garder de toute idée de hiérarchie » précise Bruno Suzzarelli. L’exposition d’ouverture « Le Noir et le Bleu. Un rêve Méditerranéen », le confirme. L’idée est de « rendre compte des grandes expressions du rêve Méditerranéen depuis le 18ème siècle, en croisant les regards d’un même phénomène ». Les thématiques se succèdent, “Conquête et civilisation », « Antiques », « Villégiature », « le temps des échanges et du cosmopolitisme », « Un rêve partagé ? », « Domination et affirmation », « Une Méditerranée fracassée et réinventée », « La Méditerranée des années noires », « Bleu tourisme/ Noir mafia », vaste programme qui englobe trois siècles, et qui frôle parfois l’expo fourre-tout, malgré des passages passionnants.

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Portrait de Mehmet Ali, Vice-roi d’Egypte (1769-1849) par Auguste Couder

Le Noir et le bleu symbolise l’ombre et la lumière, l’exposition rassemble aussi bien des œuvres d’artistes que des peintures, photos, sculptures, ou des documents d’archives ou autres manuscrits, livres rares, revues, affiches, films documentaires. On pourra se rappeler ou découvrir les rêveries d’artistes et poètes des deux rives qui ont pensé ou fantasmé ce bassin méditerranéen. Comme pièces muséales d’exception, un grand tableau de Miro, le bleu II ouvre le parcours, suivi de gravures de Goya, puis d’une sculpture de Maillol, intitulée La Méditerranée. Les œuvres de Picasso, Masson, Klein visibles sont moins passionnantes.

La première partie de l’itinéraire propose « Un tour de la Méditerranée au 18ème siècle ». On y croise des témoignages de la conquête de Bonaparte en Egypte en 1798. On notera, à ce propos la chronique de l’intellectuel égyptien Al Gabarti. La colonisation est montrée autant d’un point de vue des colonisateurs et leurs prétendues missions civilisatrices que des anciens colonisés. Avec “Conquête et civilisation », Le parcours revient sur la conquête de l’Algérie, vue également du point de vue d’Abdel Kader. L’exposition s’achève sur des regards d’artistes contemporains comme Yto Berrada et
Zinedine Bessaï.

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L’autre grande exposition « Au Bazar du genre, Féminin, Masculin » programmée par Le Mucem pour son ouverture oriente dès à présent le Musée dans l’art contemporain et les problématiques sociétales actuelles qui déchirent les deux rives du bassin. « Cette approche du genre et de la sexualité inscrite dans des sociétés méditerranéennes en profonde mutation sera pour le visiteur l’occasion de s’ouvrir à un questionnement sur le jeu des identités individuelles et des appartenances culturelles », explique-t-on en présentation de l’exposition.

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Des artistes stars, sinon phares sont ici présents. Louise Bourgeois, Niki de Saint Phalle, Pierre et Gilles, Nan Goldin ou Michèle Sylvander.

Pour les visites à tarif plein, le billet d’entrée est de 8 Euros, et 5 euros pour les 18-26 ans.

 

 

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