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Visite en capitale 2013 : direction la Joliette et le FRAC

25 avril 2013

2013, la culture à Marseille ? On en a rêvé, on a polémiqué et que reste-t-il au final ? Reconnaissons que de nombreux évènements, surtout des expos d’ailleurs, fleurissent ce printemps. Med ‘in Marseille débute ses visites en capitale 2013, un panorama de ce que Marseille nous propose de nouveau. Pour le Premier opus, nous restons dans le très officiel « in », une occasion de découvrir de nouveaux lieux dévoilés pour 2013, comme le Frac, Fonds Régional d’Art contemporain. Direction donc, la Joliette.


 

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Quand on sort du tram la Joliette, le nouveau bâtiment du Frac ne se devine pas. Rien ne l’indique, la signalétique est, pour l’heure, inexistante. Après avoir tourné en rond dans différentes rues avoisinantes, l’édifice se dresse enfin devant nous, il était, en fait, à deux pas du métro. Avec ses façades parsemées de rectangles en verre « pixellisé » de couleur blanche, le nouveau bâtiment bien intégré dans le quartier, procure une agréable sensation de modernité aux dimensions humaines. Conçu par l’architecte Kengo Kuma qui a aussi imaginé le FRAC Franche-Comté, ce lieu pourrait vite devenir un espace où les riverains aimeront se retrouver. C’est d’ailleurs un souhait de son directeur, Pascal Neveux qui l’a désigné comme « un bâtiment ouvert sur la ville » lors d’une table ronde jeudi 10 avril au Pavillon M.

L’inauguration, a, en tout cas, été un succès public, puisque 8000 personnes se sont déplacées durent trois jours. L’effort à l’attention du public scolaire est soutenu, à travers de nouveaux dispositifs, comme les visites guidées et les ateliers de rencontres avec les artistes et workshop (24-26 avril). Autour de « La Fabrique des Possibles » des ateliers tout publics sont prévus, comme celui conçu par l’artiste Yannick Papailhau.

Une exposition entre Art et Science

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œuvre de Yannick Papailhau

Placée sous le signe de l’interaction entre art et science, l’exposition actuelle du FRAC, La Fabrique des possibles dont le commissaire est Pascal Neveux, a pris ses racines dans la visite par les artistes invités à exposer, des laboratoires scientifiques et universitaires de l’Institut Pythéas Château Gombert et d’astronomie de Forcalquier. Chacun des artistes a donc pu puiser à sa guise des « idées de bricolages, d’expérimentation, de recyclage » qui parsèment l’exposition et constituent le socle sur lequel reposent également les œuvres d’artistes plus anciens qui se sont penchés sur cette problématique. La figure tutélaire de l’exposition est d’ailleurs Richard Baquié, effigie de l’art marseillais des années 80-90. La Fabrique des possibles propose donc des œuvres d’artistes actuels et d’autres œuvres « plus historiques ». Plans, croquis, notes, dessins préparatoires d’hier et d’aujourd’hui avec des artistes comme Fuller restent abscons pour le visiteur. « Il s’agit de confronter des modèles scientifiques et la réalité de projets artistiques qui nous donnent à voir et à penser de nouvelles utopies scientifiques » pouvait-on lire dans le dossier de présentation de l’expo. Un positionnement ardu et pas forcément très attirant pour le visiteur.

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œuvre d’Evariste Richer

Très disparate, l’exposition est parfois impénétrable, ceci d’autant plus que les pièces sont présentées sans cartels, ni explications, une volonté délibérée, pour « laisser libre court à chacun des visiteurs », mais qui perd aussi ces derniers. Comme l’une des pièces centrales de Yannick Papailhau au sous-sol de l’expo constituée par une succession de cloisons de bois, en lien avec les techniques de réserves dans les musées, dont certaines ouvragées de clefs en fer qui offre un ensemble esthétique mais dont le sens, qui fait référence au travail sur les inventaires trop souvent vu ailleurs, reste obscur.

Voûte céleste

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œuvre d’Evariste Richer

Nous retiendrons cependant, la reconstitution de la voûte céleste par Evariste Richer qui couvre un mur entier de salle, à travers des clichés pris par différents observatoires
astronomiques internationaux, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1980. La série de photographies représente la carte du ciel austral pris par les télescopes de l’ESO (European South Observatory) au Chili. A sa fin, le projet, reconstituera la totalité de la voûte céleste.

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œuvre de Guy Rottier

Particulièrement remarquable au premier coup d’œil, cette installation plonge directement le visiteur dans le sujet. Côté « historique », les maquettes d’habitations futuristes et détournées de Guy Rottier témoigne de ces années 60 où la science avait toute la confiance des hommes. Enfin au second étage le travail presque baroque d’Anthony Duchêne décline une installation comprenant des volatiles dont les déjections parsèment des meubles étranges et décalés. Sensations, mêlant dégoût et fascination sont à prévoir autour de cette œuvre.

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œuvre d’Anthony Duchêne
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Sur la politique culturelle de ce lieu, le directeur du Fonds Régional, Pascal Neveux est clair : « Je souhaite que le Frac soit une plateforme de diffusion de collections et non un musée, ce sera un lieu d’exposition temporaire avec une dynamique de recherche ». Depuis leur création, les FRAC remplissent, en effet, plusieurs missions : « Constituer une collection, la diffuser auprès du public, et inventer des formes de sensibilisation à la création actuelle » Interrogé sur l’aide à la production que le FRAC peut apporter aux artistes actuels, Pascal Neveu a rappelé que cette exposition a fait, en partie, l’objet d’une coproduction du FRAC. Il a précisé que la FRAC est en mesure de proposer un accompagnement technique et budgétaire à certains projets. Par la suite, le directeur entend accueillir en résidence des artistes, des visiteurs, des critiques d’art pour créer une véritable plateforme de réflexion. Actuellement le FRAC, en coproduction avec Marseille 2013 porte le projet Ulysse présenté toute l’année 2013, dans 40 lieux de la région. On vous en reparlera.

La Fabrique des possibles, FRAC jusqu’au 26 mai. 20, bd de Dunkerque, 13002 Marseille. M°Joliette

 

 

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