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Visite en capitale 2013, Les grands peintres et le midi

14 juin 2013

Dufy, Matisse, Picasso, Renoir, Monet, Bonnard, Cézanne, Signac…. tous les grands noms de la peinture du XXème ont été tentés par la lumière du sud. De cette migration temporaire ou définitive, nous reste des tableaux en héritage qui sont pour la première fois présentés dans le sud, à Marseille et à Aix-en-Provence. Le premier volet de l’expo orchestrée dans le cadre de Marseille 2013, « Le Grand atelier du midi » réunit une centaine d’œuvres du début du XXème au Palais Longchamp. C’est l’occasion unique d’admirer des pièces phares, venues des musées américains, allemands et parisiens comme l’Orangerie ou Orsay jusqu’au 13 octobre 2013.


 

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Les peintres et le midi de la France, une histoire de fascination et parfois de douleur, comme pour Van Gogh à Arles, bref un rêve que de nombreux artistes majeurs ont voulu touché avec plus ou moins de bonheur, nous laissant des tableaux que l’on peut enfin voir dans le sud. L’exposition « Le Grand Atelier du Midi », inaugurée lundi dernier est l’un des points forts de Marseille Provence 2013, avec elle les méridionaux ne seront plus obligés de se rendre à Paris pour apprécier des chefs d’œuvres de leur patrimoine. Il aura sans doute fallu attendre 2013 pour qu’une forme de décentralisation culturelle et, avec elle, un rayonnement international puisse émerger.

L’exposition « Le Grand Atelier du midi » est scindée en deux parties, l’une à Marseille au Palais Longchamp, intitulée de « Van Gogh à Bonnard », l’autre au musée Granet d’Aix, « de Cézanne à Picasso » et réunit près de deux cents tableaux de 1880 à 1960. Pour le volet Longchamp, l’exposition regorge surtout d’œuvres de la fin du XIXème et du début XXème.
« La présence de Cézanne et de Van Gogh sur ce territoire, figures tutélaires, considérés comme les pères fondateurs de l’art moderne par Derain, Dufy, Braque, Matisse, Picasso, a guidé les choix thématiques que déclinent les deux volets de l’exposition. Ils se répondent et se complètent en abordant la question débattue depuis le XVIIe siècle, et encore présente dans les préoccupations des peintres, du primat de la forme ou de la couleur », explique la commissaire d’exposition, Marie-Paule Vial, également directrice du musée de l’Orangerie.

Expression inventée par Vincent Vang Gogh lui-même quand il était à Arles et voulait créer une communauté de peintres, « Le Grand Atelier du midi » retrace sur plusieurs temps le rôle qu’a pu jouer le sud de la France sur des peintres majeurs. Ici l’expression « le midi » englobe autant le Sud Est comme Marseille, l’Estaque, Arles, Cagnes ou Saint-Tropez, que le Sud Ouest avec le Roussillon et Collioure, et l’Espagne, l’Italie ou l’Afrique du Nord. Et dans ce midi, parfois mythifié, chacun de ces grands noms a réinventé un pan de l’histoire de l’art, impressionnisme, fauvisme, néo-impressionnisme, sont autant de courants qui ont, sinon émergé, en tout cas se sont consolidés ici.

Au Palais Longchamp, la visite débute par deux tableaux de Vang Gogh, ultra célèbres, sa fameuse chambre, peinte en 1889 et « Champ de blé vue sur Arles ». Chacun connaît l’expérience de Vang Gogh à Arles où il a tenté de réunir une communauté d’artistes, et où seul le peintre Gauguin le rejoindra.
Mais l’entente entre les deux peintres et la maladie de Vang Gogh virera à la franche discorde et le départ de Gauguin qui s’achèvera par le fameux épisode de l’oreille coupée du Hollandais mettra un terme à cette aventure. Demeurent de l’épisode arlésien, un foisonnement de toiles célèbres.
On pourra également y admirer de somptueux Renoir peints entre 1903 et 1915, comme « Paysage de Cagnes » « Le Jardin de l’artiste », l’artiste s’étant installé à Cagnes en 1907 au domaine des Colettes qui sera sa dernière demeure. Des œuvres de Cézanne, comme « Le Golfe de Marseille vu de l’Estaque », de 1878, prêt du musée d’Orsay, témoignent également des nombreux séjours du peintre dans la région depuis 1864.
Non loin des Renoir, des chef-d’œuvres d’Henri Matisse illuminent également l’exposition, tels qu’« Intérieur à Nice, la sieste » de 1922 ou « Femme assise, le dos tournée vers la fenêtre ». Ce peintre adopte le midi qui lui donnera l’occasion de parfaire ses recherches. Il se rend à Saint -Tropez auprès de Signac et de Cross en 1904, à Collioure avec Derain l’année suivante. Il effectuera également des voyages en Algérie et au Maroc et s’installera à Nice en 1921 et à Vence en 1943. On retrouve également des travaux de Derain, réalisés dans le Roussillon et à Collioure à l’invitation d’Henri Matisse. Face à la lumière qui écrase les ombres, ils joueront sur la couleur utilisée en aplat et ouvriront la voie « au fauvisme ».

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L’autre grande exposition « Au Bazar du genre, Féminin, Masculin » programmée par Le Mucem pour son ouverture oriente dès à présent le Musée dans l’art contemporain et les problématiques sociétales actuelles qui déchirent les deux rives du bassin. « Cette approche du genre et de la sexualité inscrite dans des sociétés méditerranéennes en profonde mutation sera pour le visiteur l’occasion de s’ouvrir à un questionnement sur le jeu des identités individuelles et des appartenances culturelles », explique-t-on en présentation de l’exposition.

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Autre grand nom visible à Marseille, celui de Paul Signac qui s’est, lui aussi, installé dans le sud, à Saint -Tropez, dès 1897, alors simple petit port de pêche découvert par son ami et peintre Henri-Edmond Cross. Sa maison, la Hune deviendra un lieu de rencontres artistiques où se rendent de nombreux peintres comme Louis Valtat, Henri Manguin, Charles Camoin et d’autres. A Longchamp, on peut y contempler son tableau le « Port de Marseille » de 1918.

Particulièrement prenantes dans l’exposition sont aussi les créations de Raoul Dufy à l’Estaque, comme « La Tuilerie de Saint-Henri » de 1908, ou « Le marché aux poissons à Marseille » de 1904.

On n’oubliera pas non plus Claude Monnet qui a fait vibrer ses toiles avec « Cap d’Antibes : coup de Mistral » 1888 et « Vue de Bordighera », 1884, peints lors de ses séjours à Bordighera en 1884 et à Antibes en 1888. Pierre Bonnard, quant à lui, est présent dans l’exposition à travers ses tableaux créés au Cannet de 1910 à 1946, un lieu qui sera son dernier refuge où il pourra explorer à l’envie les couleurs. Notons enfin, des tableaux de Chaïm Soutine comme « Place du village, Vence » qui a, lui aussi, dans son style plus « torturé », adopté le sud, se rendant à Céret, Vence ou Cagnes.

Deux autres expositions sont associées au Grand atelier du midi, « Picasso Céramiste et la Méditerranée », à Aubagne, à la chapelle des Pénitents Noirs et « Dufy, de Martigues à l’Estaque », au musée Ziem de Martigues

Le Grand Atelier du Midi du 13 juin au 13 octobres 2013
De Van Gogh à Bonnard, Musée des Beaux-arts de Marseille, Palais Longchamp.
De Cézanne à Matisse, musée Granet d’Aix-en-Provence.

 

 

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