Articles

Accueil > Actualités > Unicef : des droits de l’enfant…fragiles

 

Unicef : des droits de l’enfant…fragiles

13 novembre 2009

La date du 20 novembre coïncide avec deux anniversaires simultanés de l’ONU : la Déclaration des droits de l’enfant en 1959, confortée par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) en 1989. L’Unicef, forte de sa mission s’empare justement de cet événement déjà depuis début 2009, en organisant une foule de manifestations. L’occasion d’éveiller les consciences devant des Droits de l’enfant bien précaires.


 

JPEG - 88.3 ko

Il n’existe pas de solution pour l’enfant si l’écart entre les pays pauvres et riches n’est pas réduit. Même constat à l’intérieur de chaque pays, entre les populations riches et pauvres. C’était la déclaration de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies en 2000. Depuis, une régression s’est amorcée, y compris dans les pays du vieux continent. L’Unicef fait son retour sur l’Europe pour aborder une situation préoccupante des Droits de l’enfant. En France, plus de deux millions vivent sous le seuil de pauvreté ; en région PACA, plus de 300 000 ! Les Bouches-du-Rhône est le département français où l’écart entre les riches et les pauvres est le plus grand, l’intensité de la misère la plus sévère, selon Roger Cornu, vice-président du comité de l’Unicef des Bouches-du-Rhône.

Reconnaissance de l’Enfant dès 1924

Pourtant, le premier texte, relatif aux Droits de l’enfant date de 1924, c’était la Déclaration de Genève, rédigée et adoptée par la Société des Nations –devenue depuis l’ONU. Il est notamment stipulé : l’enfant doit être protégé, préparé à la vie en société. Or les deux guerres mondiales mettent à mal l’Enfance, « le centre de l’Europe est à tel point ravagé. La situation est catastrophique en voyant ces bandes de gamins errants », commente Roger Cornu. La belle initiative de Janusz Korczak ne changera en rien le cours des choses. Ce médecin pédiatre polonais a fondé en 1911 un orphelinat à destination des enfants juifs de Varsovie. Il y instaure une République des enfants, dotée d’un Parlement, d’un Tribunal et d’un Journal. Il est particulièrement connu pour s’être laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec ses petits protégés du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner en 1942.

Plus tard, en 1959, l’ONU décide de renforcer les droits de l’enfant, reconnus pour la première fois sur un plan international. Les représentants de la Pologne, très investis amèneront trente ans plus tard à définir un cadre plus strict, plus précis au travers de la Convention. Néanmoins, cette nouvelle Déclaration du 20 novembre 1959 présente un changement énorme : l’enfant est un individu à part entière, il a des droits de petit citoyen dans la société. Deux points ressortent : l’intérêt supérieur de l’enfant, l’identité. Par exemple, en Asie du Sud-Est, 4 personnes sur 10 ne sont pas déclarées à la naissance –l’Inde présente le taux le plus élevé. Or un individu ne peut pas se construire dans la vie sans identité. Puis, 1979 est déclarée par l’ONU, Année de l’enfance. Enfin, 1989 naît la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Ce traité détermine tous les éléments nécessaires au développement de l’enfant. Les Etats signataires s’engagent à garantir son évolution. Dans les pays pauvres, les organisations d’aide internationale interviennent en sa faveur. Dans les pays occidentaux, les Etats doivent s’impliquer pour apporter à l’enfant des moyens d’accompagnement à un niveau de vie décent, suffisant. De la déclaration de 1959 théorique résulte une convention bien concrète.

La Convention, une avancée significative

En marge des déclarations officielles successives, l’Unicef se crée après la seconde guerre mondiale, en faveur des enfants d’Europe et d’Asie. Les Polonais à l’époque réclament que l’organisation devienne une agence permanente des Nations Unies. Cette convention amène des avancées certaines dans le travail de l’Unicef. L’éradication de la mortalité infantile dans les pays en voie de développement est le centre de ses actions telles la vaccination massive, l’aide à l’hygiène –veiller à la présence d’eau potable et de système d’assainissement-, lutte contre la malnutrition. Ces dernières années, l’Unicef a cependant modifié quelque peu ses axes d’intervention. Si les collectes d’argent pour les pays pauvres lors de catastrophes naturelles, de guerres restent d’actualité, elle se tourne davantage vers les pays européens afin de les alerter sur des situations plus fréquentes de non respect des droits de l’enfant.

Récemment, sur un plan législatif, deux décisions ont contrarié l’Unicef. « L’Unicef n’a pas de budget propre. Le gouvernement a réduit de 25 % notre aide depuis l’été 2009 ». (Auparavant), ce n’était déjà pas énorme » signale le vice-président Cornu. Ironie du sort, à l’heure où l’on fête l’anniversaire de la CIDE, le gouvernement français a décidé au cours de l’automne de supprimer le poste de Défenseur des enfants, créé en 2000. La France était à l’origine de la démarche en 1997. Simultanément, Mme Dominique Versini, représentante actuelle de notre pays devient la présidente du réseau européen des 35 Défenseurs des enfants. Leur mission est d’élaborer un rapport annuel sur l’état des politiques en direction des enfants.

Marseille, un comité très dynamique

A Marseille, le comité Unicef, présidé par Josette Delait est l’un des plus dynamiques de France malgré son nombre d’adhérents –environ 60. Son infrastructure s’articule autour d’antennes basées à Aix-en-Provence, Les Pennes-Mirabeau, St-Martin de Crau, Salon de Provence, Aubagne. Tout un réseau de Ville Amie des enfants, lancé par l’Unicef et l’association des maires de France en 2002 complète le dispositif. Un accord national entre l’Unicef et l’Education Nationale est décliné localement. Ainsi, un lien unit le comité à l’Inspection Académique et le Rectorat. Un partenariat s’est également noué avec l’UDAF (union départementale des associations familiales) et l’UFM 13 (union des familles musulmanes des Bouches-du-Rhône). Parmi les grandes manifestations formelles en cours d’année, on retient trois participations : la Nuit de l’eau (co-organisée avec la fédération française de natation et Unicef France) ; sur un plan départemental, la course de l’intégration handicapés/valides avec l’association Algernon et « l’Aïd dans la Cité » avec l’UFM. 

Anniversaire : fête haut en couleur

En collaboration avec l’Education Nationale, l’Unicef a lancé « la fête de la couleur » orange et rose, couleurs de l’espérance de l’Inde. Les minots doivent réaliser de petits personnages mi-orange, mi-rose ; dans ce cadre, des interventions des bénévoles sont programmées dans les écoles. Marseille, l’une des six villes françaises sélectionnées sera illuminée la nuit du 20 novembre aux deux couleurs. L’opération « 1, 2, 3 soleil » en lien avec l’association Couleur Cactus dans des centres de loisirs des 1er et 7e arrondissements cet été a abouti à la réalisation d’un petit film, projeté le 18 novembre. Le 3 décembre, le comité, dans le cadre du 20e anniversaire de la Charte des familles de l’UDAF est partenaire de son Université thématique de « Vulnérabilité de l’enfant dans la famille » à la mairie de La Ciotat. Les débats seront retransmis en direct sur le site internet de l’UNAF (lire le programme en détail ci-après).

Mobiliser davantage, l’exemple de l’UFM

Outre la célébration des deux anniversaires, à partir du 23 novembre, la campagne annuelle Unicef démarre avec la vente de cartes de vœux et de produits. L’occasion de dresser un bilan et quelques perspectives symboliques pour Roger Cornu. En France, chaque année, l’Unicef récolte 50 millions €. Le comité a établi un calcul simple, qui laisse songeur. Si on recueille 0.10 €/mois/habitant, on atteindrait la somme de 100 millions €. 1.20 €, ce sont 4 rations de survie pour un enfant malnutri ou 4 vaccins contre la polio !

Mobiliser les bonnes volontés, inciter le grand public à s’investir davantage restent le credo de Roger Cornu, qui n’hésite pas à citer le partenariat exemplaire, engagé dès les débuts de « l’Aïd dans la Cité » auprès de l’UFM. « C’est vraiment une organisation laïque au sens de l’interprétation des Nations Unies. C’est une manifestation culturelle très positive » précise le vice-président. Cette manifestation est « universelle, non seulement musulmane. L’enrichissement de la culture se fait par la connaissance de la culture des autres. L’UFM a réussi à éviter deux écueils possibles : l’assimilation et le communautarisme, ce qui en fait une opération intelligente ».

Quant à la défense des Droits de l’enfant, il subsiste une certaine amertume, la vigilance est plus que jamais de mise.

Le programme

Sur le site national, le public peut se procurer la chanson « Naître adulte » pour les 20 ans de la CIDE, disponible sous forme de clip vidéo, interprétée par un rappeur, Oxmo Puccino.

Manifestations nationales : La fête de la couleur, illumination de 6 villes vendredi 20 novembre (voir détail sur http://www.unicef.fr)

A Marseille :

Mercredi 18 novembre,14h projection d’un film de 15’, réalisé par des enfants de centres de loisirs du 1er et 7e arrondissements, en partenariat avec l’association Couleur Cactus à la cité des associations, La Canebière.

Vendredi 20 novembre, 9h-18h, Journée provençale de médecine humanitaire à La Timone, faculté de pharmacie.

Vendredi 20 novembre, illumination la nuit, de Marseille.

Dimanche 22 novembre, en collaboration avec l’UFM 13, fête de la famille et du partage au « Dôme » de 13h 30 à 18h 30 dans le cadre de l’Aïd dans la Cité.

Lundi 23 novembre, encore avec l’UFM, projection en présence du réalisateur, du film « Les enfants invisibles » à 14h au Cinéma Le Prado.

Mardi 24 et mercredi 25 novembre, à l’Hôtel du Département, Journées des Droits de l’enfant, 9h-17h (en partenariat avec le Conseil général)

Des rencontres sont également prévues jusqu’en janvier à Istres, La Ciotat, Aubagne, Arles entre autres.

La convention des droits de l’enfant, en bref

Le traité international adopté à l’unanimité par l’ONU le 20 novembre 1989 a été ratifié par 193 Etats sauf la Somalie et les Etats-Unis. C’est une obligation contraignante pour les Etats signataires qui doivent l’intégrer dans leur droit national respectif. La convention internationale des droits de l’enfant s’organise autour de 54 articles. Elle s’appuie sur quatre principes fondamentaux : non-discrimination, intérêt supérieur de l’enfant, le droit de vivre, de survivre, de se développer et le respect des opinions de l’enfant. La Convention définit l’enfant comme tout individu de moins de 18 ans. Elle reconnaît ses droits obligatoires –sociaux, économiques, civils, culturels et politiques. Il importe de préparer pleinement l’enfant à avoir une vie individuelle dans la société et de l’élever dans l’esprit des idéaux proclamés dans la Charte des Nations unies.

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 6 novembre

     

    Projet de loi sur la Sécurité Sociale adopté : 4,2 milliards de restrictions demandés

    L’Assemblée nationale a adopté, mardi 31 oct 2017, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. La gauche de l’Hémicycle a voté contre, dénonçant une attaque sans précédent contre le système de protection sociale. https://www.humanite.fr/le-budget-de-detricotage-de-la-securite-sociale-ete-vote-644835

     

  • 6 novembre

     

    Violences sexuelles faites au femmes, plan d’urgence demandé à Macron

    VIOLENCES SEXUELLES - Louane, Alexandra Lamy, Tatiana de Rosnay... 100 femmes demandent à Macron "un plan d’urgence contre les violences sexuelles" Elles sont les premières signataires d’une pétition en ligne pour en finir avec les violences sexuelles. "Ces violences ne sont pas une fatalité. Elles peuvent cesser". Une centaines de personnalités féminines de la société civile, artistes, comédiennes, réalisatrices, écrivaines, journalistes, médecins... ont signé une tribune adressée au président Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche ce 5 novembre, demandant "un plan d’urgence contre les violences sexuelles". Cet appel, initié par des militantes féministes, dont Caroline de Haas, a également été (...)

     

  • 30 octobre

     

    Concert de musique arabe et européenne en soutien à SOS Méditerranée dans le cadre du festival d’Aix-en-Provence

    La série de concerts solidaires exceptionnels inaugurée en 2016 au profit de SOS MEDITERRANEE, se poursuit cet automne, sur l’initiative de Bernard Foccroulle, directeur du festival d’Aix-en-Provence et organiste, et membre du comité de soutien de SOS Méditerranée. Le prochain concert aura lieu - Vendredi 17 Novembre à 20h45 - Eglise St Jean de Malte à Aix-en-Provence "Les couleurs de l’Amour et de l’Exil" Concert de musique arabe et européenne Bernard Foccroulle Orgue Alice Foccroulle Soprano Moneim Adwan Chant et Oud Compositions de Francisco Correa de Arauxo, Alessando Grandi, François Couperin, Dietrich Buxtehude, Bernard Foccroulle, Abou Khalil El-Kabani, les frères (...)

     

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit de retrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

Articles récents

Articles au hasard