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Tunisiens oubliés, militants rassemblés

8 juillet 2011

Six mois après la chute du régime de Ben Ali, le sort des migrants Tunisiens reste incertain. Entre l’affaire DSK sur-médiatisée, le remaniement ministériel et la prolifération de la bactérie tueuse, la crise humanitaire que traverse notre terre « d’accueil » a vite été négligée. Mardi soir, élus et militants se sont réunis devant la préfecture afin de faire valoir les droits de ces réfugiés : respect des accords de Schengen et application de la convention européenne des droits de l’Homme.


 

Entre répression, interpellations et évacuations parfois violentes, le chemin vers une vie digne est encore loin. La situation infra-humaine dans laquelle se noient ces hommes est préoccupante. Militants d’Europe Écologie - Les Verts, Front de Gauche, Parti Communiste Français, Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives, Parti de Gauche, l’association Jasmin Tunisie et de la Ligue des Droits de l’Homme sont prêts à faire entendre la détresse des réfugiés, absents ce jour. « Ils ne sont pas présents car ils ont peur de se faire arrêter » explique un membre de la Ligue des Droits de l’Homme 13. Un schéma classique qu’ils vivent depuis des mois bien qu’ils détiennent une autorisation provisoire de séjour - de six mois - délivrée par l’Italie. Le pays qui, submergé par les vagues successives d’émigration clandestine, a préféré éviter le problème en les autorisant à circuler librement dans l’espace Schengen. Toutefois, le ministère de l’Intérieur français a émis une circulaire qui demande aux intéressés de posséder un minimum de ressources (évaluées à 31 € par jour si domiciliation et dans le cas contraire, 62 €). « Cette directive est discriminatoire et malhonnête » estime Bernard Eynaud, président de la LDH 13.

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Prêt à se faire entendre

Étendard dressé, les militants ont été entendus. Une délégation de sept personnes va être reçue à 18h30 à la Préfecture. Pour honorer cette rencontre, « le secrétaire général de la Préfecture de Marseille a mandaté M. Vialtel, responsable de l’immigration et de l’intégration » informe, Jean-Marc Coppola, vice-président de région délégué aux lycées, patrimoine et investissements régionaux et conseiller municipal de Marseille. A l’ordre du jour, la mise en œuvre de la directive européenne 55/2001, qui octroie une protection temporaire en cas d’afflux massif et plus largement, évoquer la politique française en matière d’immigration. Délégation accueillie, les militants présents à ce rassemblement débattent autour de questions géopolitiques et se narrent des anecdotes parfois historiques.

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Après quarante minutes d’attente passées à refaire le monde, la délégation sort. Les interrogations foisonnent : la préfecture prend-elle au sérieux la situation précaire des Tunisiens ? Des lieux d’accueil ont-ils été mis à la disposition des migrants ? Et l’application de la directive européenne, que vous ont-ils répondu ? « Rien de concret, on nous a écouté et nos requêtes seront remontées à M. le préfet » explique d’un air frustré Bernard Eynaud. Le sort des deux-cents réfugiés Tunisiens errant à Marseille reste en suspens. Lassée par l’instrumentalisation politique de cette situation dictée par l’approche de la campagne présidentielle, la délégation a donc proposé une coopération. « Nous sommes prêts à œuvrer avec la préfecture pour la mise en place de conditions de vie et d’accueil dignes ». La main est tendue. Auront-ils le bras assez long pour l’attraper, veulent-ils seulement l’effleurer ou la contourner ?

La position de repli de l’Union Européenne et de la France n’est pas rassurante face au manque d’engagement. Et pourtant, un geste a été fait. Conformément à l’accord migratoire franco-tunisien du 28 avril 2008, la France s’était engagée à verser 2 000 euros pour les migrants désireux de repartir dans leur pays. Mais l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration a réduit « l’aide au retour » à 300 euros. Et pour les autres, ceux qui veulent se construire un avenir, « nous allons être obligés de durcir le ton si rien n’est fait », affirme Bernard Eynaud.

Ayant sollicité la préfecture, nous éditerons prochainement son point de vue.

 



 

 

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