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« Tabou » Confession d’un jeune de banlieue : un livre envoutant signé Zahwa Djennad

25 septembre 2014

Il n’est pas facile de s’improviser critique littéraire, peut-être parce que finalement le mot critique en lui-même, évoque en chacun de nous un sentiment négatif, déconstruit, impartial voire partial selon. Comment peut-on être certain de la probité de notre analyse, de son bienfondé ? Quelle garantie offrons nous en donnant un « avis » sur le travail d’un autre ? Quelle autorité peut nous conférer le droit de juger de la qualité ou pas d’une œuvre quelle qu’elle soit ? J’ai moins d’état d’âme quand il s’agit de décortiquer ou de défaire une polémique sociétale ou cultuelle, et pourtant je m’autorise aujourd’hui à vous parler d’un livre, d’un auteur et de son personnage. Je ne le fais pas uniquement parce que ce livre « Tabou » et son auteur Zahwa Djennad m’ont envoûté et charmé (je le confesse)...


 

Mais parce que, plus j’avançais dans cette lecture, plus je ressentais un sentiment d’injustice, d’inégalité, quelque chose de puant que finalement l’auteur décrit si bien en parlant de son bloc, de son quartier et de sa banlieue rouge, « jetés » aux fins fonds d’une zone urbaine, isolé par un mail de champs et de verdure, histoire qu’on n’aille pas savoir ce qui s’y passe. Quand un livre s’écrit, est ce son contenu qui doit être mis en avant ou son auteur ?

Pourquoi ce livre « Tabou » magnifiquement écrit, subtil, qui alterne tous les parlés français, qui est une véritable plaidoirie de ce que la France d’en bas compte de bon et de bien, est-il édité à compte d’auteur, alors qu’à cette même époque à grand renfort de medias et de chroniques littéraires, l’ex première dame de France Valerie Trierweeiler nous impose sa thérapie et sa vengeance de femme cocufiée en s’assurant 500 000 € de revenus et les égards d’un prix Goncourt ? A ce prix-là effectivement il est agréable d’être cocu, mais cela n’en demeure pas moins au regard du travail de Zahwa quelque chose d’insultant, un manque de respect au travail titanesque que représente l’écriture d’une œuvre littéraire. Oui je parle bien d’œuvre littéraire, « Tabou », n’est pas un recueil de la victimisation et encore moins un écueil de l’espoir ! Car Yanis, personnage central de cette œuvre, ne vis pas dans l’espoir, il est déjà dans la passion, sa tête bien qu’enfermée dans cette prison que sont sa cité et tout le carcan social qu’elle renferme, s’évade au travers de son art, la peinture. Zahwa Djennad décrit ses tableaux urbains tel Maupassant, et son personnage Yanis aurait tout à fait pu naître de la plume de Paolo Coelho ! Mais pour être édité en France le talent seul ne suffit pas, il faut être de ces cercles bourgeois et mondains, appartenir à un courant de mode temporelle et passager comme les boys band et surtout ne pas écrire sur l’espoir, la réussite et le bonheur ! Zahwa Djennad nous prouve à travers son premier livre « Tabou », qu’au-delà du fait de savoir écrire, elle sait nous faire voyager avec elle dans ses songes… qui sait si Yanis n’est pas un habit, un prête nom ? C’est là toute la subtilité de l’écrivain.

 

par Maurad Goual - Dans > Des Livres



 

 

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