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Sylvie Marinetti, l’artiste aux mille miroirs

20 août 2008 - Dernier ajout 18 septembre 2008

Pour qui croit encore en la fameuse et populaire superstition selon laquelle un miroir brisé équivaudrait à sept années de malheur ; avec Sylvie Marinetti et son art de découper, coller, agencer les morceaux de glace récupérés, pour en ressortir des pièces uniques et de toute beauté, que nenni ! Les innombrables miroirs suspendus aux murs de son atelier qui réfléchissent les faisceaux de lumière en des perspectives infinies, décuplent tout au contraire le bien-être et la magie du lieu pour murmurer et réfléchir son Heureux don. Ainsi, comme il est si bien annoncé : « Bien venu dans l’antre de l’artiste » !


 

Au cœur du neuvième arrondissement de Marseille, dans le quartier du Redon tout près de Luminy, c’est en lieu et place d’une ancienne boulangerie artisanale que notre artiste plasticienne a décidé de s’installer pour donner libre cour à sa créativité débordante.
« Un endroit chargé d’histoire, où se sont relayés des membres d’une même famille, génération après génération », explique t-elle. Malgré l’isolement, les histoires et « les on dit » de villages qui ont pu planer sur le passé du lieu, Sylvie ne s’est pas découragé pour autant, sans cacher son enthousiasme, elle confie :
« J’ai eu comme un appel, un véritable coup de foudre pour cet endroit. Les gens autour de moi disaient que cela ne marcherait pas car l’endroit était trop en retrait. Même si j’ai dû casser le four, y faire d’autres travaux pour gagner de l’espace afin d’y laisser entrer le plus de lumière possible, je suis assez fière du résultat et, aujourd’hui, je m’y plaît beaucoup ».

Fière, comment ne pas l’être pour cette maman célibataire, ex patineuse professionnelle qui a dû se démener seule pour créer son activité , suite à un terrible accident survenu sur la glace. Le lien se fait en effet assez aisément entre son ancienne vie de patineuse brisée et les morceaux de glaces qu’elle découpe et recolle aujourd’hui à souhait.
Même si l’artiste reconnaît que rien n’est dû au hasard, elle ne s’étale pas pour autant en de larmoyantes confessions sur la nostalgie d’un passé glorieux et met au contraire un point d’honneur à souligner son envie d’aller de l’avant. Inspirée par les préceptes de la philosophie bouddhiste, elle parle également de « reconstruction ». En tentant un parallèle entre son activité artistique présente et son passé de patineuse, elle s’applique à « tirer du positif à partir du négatif ».

Et on la croit volontiers lorsqu’elle développe et explique son art de la glace :
« Ce ne sont pas des miroirs pour se regarder mais pour réfléchir la lumière. Ce ne sont pas non plus des miroirs qui portent malheur car ils sont brisés. Ce sont des pièces récupérées et non cassées. La glace décuple la lumière, c’est fascinant, on peut y voir l’infini ».
De cette activité qu’elle a débuté en 2004 en biais avec celle de fleuriste, Sylvie dit en tirer la plus grande satisfaction personnelle et ce, malgré les innombrables plagiats de ses œuvres et le fait qu’elle ne puisse pas encore totalement en vivre :
« Aujourd’hui, je désire me consacrer entièrement à mon art et pouvoir en vivre. Même s’il arrive qu’on me copie, cela est plutôt bon signe pour moi car cela signifie que mes œuvres plaisent. Et ça contribue à me fait avancer ».

Toutes les expériences, des plus anodines aux plus grandioses sont effectivement le prétexte à nourrir et à enrichir l’inspiration pétulante de l’artiste :
« J’ai toujours aimé et pratiqué le collage et le découpage sur support papier tout d’abord. Mon métier de fleuriste m’a également aidé à perfectionner une certaine technique. C’est en faisant tomber un jour par inadvertance des carreaux de faïences sur un des miroirs qui m’avaient été confié à la vente dans mon atelier, et que je trouvais d’ailleurs un peu nu et démuni que l’idée m’est venue d’y ajouter et d’y coller des pièces. J’ai tout de suite trouvé cela plus beau, plus gai. J’ai d’ailleurs vendu tous ces fameux miroirs. Par la suite cela m’a plu, je me suis perfectionné et fait des pièces différentes et plus grosses ».

Les lieux de résidences comme ceux de passages inspirent par leur atmosphère, tout autant Sylvie. Elle évoquera avec regret des œuvres oubliées dans un taxi de Buenos-Aires et qui s’inspiraient alors du lieu, pour revenir ensuite à la légendaire lumière et à la couleur bleu azur de Marseille, sa ville natale. Le bleu qui inonde également son atelier et qu’elle définit comme la couleur de la « spiritualité ». Un bleu pourtant infini d’une ville chimérique massée entre ciel et mer qui malgré « la mauvaise gestion parmi tant d’autre, de son artisanat locale ainsi qu’une journée au prix de 15 euros pour tenir un stand sur le Vieux-Port quand on connaît la difficulté des artisans et artistes » que déplore Sylvie, continue à faire parler d’elle dans un infini reflet de miroir… aux alouettes.
Pour l’heure, laissons l’artiste à son art. Sylvie a du travail et des commandes qui l’attendent :
Une décoration avec croissant de lune pour une marbrerie musulmane ainsi qu’une autre commande avec une étoile à six branches, la fameuse étoile de David.
Des demandes et une quête de l’infini tout aussi nobles en chacun que le bleu du ciel, où dans cette nuit opaque, on se rend ivre de lumière et que l’artiste s’évertue à sanctifier dans un magnifique instinct de vie.

 

 

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