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Santé Sud : premier séminaire commun aux délégations locales du Sud

1er juin 2010

Depuis le 28 mai, Santé Sud, association de solidarité internationale accueille à Marseille, onze représentants de ses huit délégations locales. Un séminaire de formation est organisé avec des responsables d’Algérie, du Liban, de la Tunisie, du Mali, de Madagascar, du Bénin, de la Mauritanie et de Mongolie. Le but étant d’autonomiser les cellules en place dans les pays d’intervention. Ce processus de renforcement s’inscrit dans le principe fondateur de Santé Sud, « agir sans remplacer ».


 

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Le directeur Simon Martin, aux côtés des délégués de Santé Sud en séminaire à Marseille

Pour la première fois, un séminaire de formation réunit les partenaires du Sud. Ils devraient ainsi tous repartir vers leurs pays respectifs le 8 juin avec des éléments nécessaires pour relever les nouveaux défis du développement international dans un contexte morose de crise mondiale. En effet, la situation actuelle se traduit par des lacunes graves sur le plan sanitaire et social. Ces représentants étrangers sont sur le terrain, responsables de la supervision des actions, de leur mise en œuvre ainsi que de la promotion et de la réalisation des programmes de santé. En contrepartie, l’ONG marseillaise conforte les compétences locales pour ainsi faciliter un accès aux soins de qualité et un développement durable de la santé en faveur des populations fragilisées. Les compétences de Santé Sud gravitent autour de quatre axes : études de terrain, accompagnement du projet, mise en réseau et formation.

« S’enrichir mutuellement »

Justement, à Marseille, ce séminaire donne lieu à des échanges pratiques. Un ensemble de stratégies sera défini pour répondre aux questions : comment améliorer les interventions sur place ? Comment concevoir des projets ? L’idée est « de s’enrichir mutuellement, d’apprendre de l’autre », résume Nicole Hanssen, Directrice des programmes de Santé Sud. Les employés locaux sont de plus en plus étroitement associés au fonctionnement de l’association. Plusieurs d’entre eux ont déjà été élus comme administrateurs de Santé Sud. La capacité d’autonomie des délégations est renforcée, le partenariat se négocie sur le terrain. Leurs représentants ont la méthodologie et peuvent amener leurs interlocuteurs (associations, pouvoirs publics,…) dans leurs pays à travailler sur des projets de service, institutionnels. Ils doivent faire montre d’ «  une souplesse d’adaptation pour les accompagner. Il faut une reconnaissance réciproque et sincère », conseille Nicole Hanssen.

Le Dr Seydou Coulibaly, de Santé Sud Mali avoue qu’ «  il est facile de dire de mettre en confiance. Mais comment mettre en confiance ? ». Parfois, il est difficile de définir les responsabilités de chacun dans une organisation, selon le malien. L’un des animateurs de la formation, Marc Dibiaggio, référent technique français du projet de développement d’une approche intégrée et préventive de l’abandon d’enfants, baptisé « Pouponnière » à Bamako signale l’importance du respect de l’organigramme mis en place par la direction locale. Santé Sud a davantage une mission de conseil, de coordination tout en laissant les décisions organisationnelles aux intéressés. L’association construit le projet en s’assurant de sa finalité, de l’identité des coordinateurs, «  il faut décoder : pour qui est destiné le projet ? » explicite M. Dibiaggio.

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Algérie, Liban, Tunisie autour d’un projet transversal

Trois grands axes d’intervention ressortent dans les discussions : amélioration de la qualité des soins, médicalisation des zones rurales, amélioration de la prise en charge des enfants et des personnes vulnérables. En Algérie, Karima Yacef, chargée de mission de la FAHM (Fédération des associations des handicapés moteurs) aborde notamment la démarche de promotion des droits de la personne en situation de handicap mental en Méditerranée. Ce projet, bénéficiant d’une convention de partenariat avec Santé Sud est transversal et intéresse les délégations de la Tunisie et du Liban. Une stratégie est élaborée afin de mettre en œuvre un dépistage dès les premières années de l’enfance, en amont pour les chefs de service hospitalier. Et en aval, « une formation, amenée par les professionnels de Santé Sud est mise en place en direction des professionnels de la Petite Enfance », souligne Karima Yacef. Cette intervention favorise une prise en charge cohérente. Le diagnostic précoce est l’un des deux enjeux majeurs avec l’insertion socio-économique. La mise en oeuvre de projets de vie individualisés d’insertion permettra de promouvoir les droits des personnes handicapées et de lutter contre les discriminations. « Il y a une volonté politique en ce moment, nous sommes en pleine réforme hospitalière en Algérie » souligne-t-elle. L’amélioration de la prise en charge de ce public et à la fois, des enfants fait partie des actions, entreprises également à Madagascar, au Mali et en Mauritanie.

Quant à la Mongolie, la coordinatrice administrative, Buhuu Tserendagva présente le programme d’amélioration d’accès à des soins de qualité pour la population de l’Arkhangaï. L’action, menée en partenariat avec le ministère de la Santé concerne trois hôpitaux, Sum d’Ikhtamir, de Battsengel, et l’établissement de référence, à Tsetserleg.

Médicalisation des zones rurales

Santé Sud Mali s’occupe principalement de la médicalisation des zones rurales depuis vingt ans. Huit à dix médecins chaque année sont installés dans les campagnes. Près d’une centaine exercent aujourd’hui en aires de santé rurales. L’objectif de l’AMC (Association des Médecins de Campagne) vise à augmenter l’accès des populations rurales à des soins de qualité. La démarche concerne aussi le Bénin et Madagascar. Par ailleurs, Mansour Sy, coordinateur général malien évoque également les actions de recherche en réseau, menées sur l’épilepsie, l’hypertension et le VIH. En Mauritanie, plusieurs projets sont développés selon Sabine Peigne, coordinatrice nationale. Le dernier en date porte sur l’offre de soins en santé mentale à Nouakchott et sa région. Le partenaire local, la Ligue Mauritanienne d’Hygiène Mentale élabore un plan de développement de la filière de soins en santé mentale. Le principe est de renforcer les compétences du personnel soignant, de sensibiliser les décideurs et la population de la Communauté Urbaine de la capitale. On estime à près de 90 000 personnes, susceptibles de présenter des troubles mentaux soit 10 % de la population de Nouakchott.

« Mutualiser les moyens »

Du 28 mai au 8 juin, la rencontre permettra de « mutualiser les moyens dans les divers domaines d’intervention, d’exporter parfois des concepts ailleurs selon le contexte », précise Nicole Hanssen. Elle fait allusion à la démarche de médicalisation des zones rurales du Mali, qui pourrait s’appliquer en Tunisie, présentant un besoin de spécialistes dans les campagnes. Ou encore, le projet existant, relatif aux personnes en situation de handicap mental qui réunit l’Algérie, le Liban et la Tunisie.

Samedi 5 juin, le président, le Dr Guy Farnarier et le directeur Simon Martin accueilleront les délégués locaux à Aix-en-Provence lors de l’assemblée générale de Santé Sud.

Santé Sud, 200 bd National, Le Gyptis Bâtiment N, 13003 Marseille. Tél 04 91 95 63 45, site : http://www.santesud.org

 



 

 

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