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Santé Sud : « c’est un médecin de leur pays qui les soigne »

29 mars 2010

Santé Sud, ONG de solidarité internationale œuvre dans la formation et l’accompagnement de projets de développement. Son credo est de renforcer les compétences locales pour permettre l’accès des populations vulnérables à des soins de qualité, autour d’une devise qui lui tient à cœur : « agir sans remplacer ». La campagne, lancée le 23 mars doit sensibiliser le public à la nécessité de former les professionnels sanitaires et sociaux dans les pays en développement au lieu de dispenser les soins à leur place.


 

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Le président Dr Farnarier (à gauche) et le directeur Simon Martin

« Santé Sud ne soigne pas les enfants. C’est un médecin de leur pays qui les soigne ». L’association marseillaise a volontairement adopté un ton provocateur dans sa nouvelle campagne de sensibilisation. Une conviction l’anime : les pays du Sud disposent du potentiel requis pour donner des soins à la population vulnérable. « On veut faire le contraste avec les ONG interventionnistes qui agissent dans l’urgence » souligne son directeur, Simon Martin. La petite phrase remet à l’honneur le slogan de Santé Sud, « agir sans remplacer », « nous avons décidé de nous recentrer sur nos basiques et nos fondamentaux » précise-t-il.

Une campagne pour davantage de soutien du public

Depuis peu, Santé Sud a conclu un partenariat avec « Com’étiK diffusion », web TV pour davantage promouvoir leurs actions. Aujourd’hui, autre mode de communication est cette nouvelle campagne. Car en cette période de restrictions budgétaires, le soutien du public est important à la survie des ONG de développement comme Santé Sud. Le directeur a mis en exergue la difficulté de faire comprendre la démarche de l’association au public, et donc de récolter des fonds lorsqu’une ONG se refuse à une communication sensationnaliste. Certes, les donateurs réguliers ont saisi le message de l’association que le parrainage d’un développement durable de la santé est préférable à des actions ponctuelles, ne réglant en rien la source du problème. Néanmoins, seul 6 % des ressources proviennent de dons. Pourtant, ces dons permettent à des personnes, atteintes d’affections de longue durée d’être correctement soignées et à long terme par les professionnels de leur pays. Actuellement, les financements sont apportés par les institutions publiques telles l’Union européenne, l’Agence Française de Développement (AFD), le ministère des Affaires Etrangères ou encore des collectivités territoriales en PACA.

Trois grandes missions

Santé Sud s’implique dans trois grandes missions : médicalisation des zones rurales, amélioration de la prise en charge des enfants et personnes vulnérables, ainsi que de la qualité des soins publics. Les membres de l’association –professionnels du secteur médical et médico-social- priorisent une logique de partenariat avec les acteurs locaux. Le président, le Dr Guy Farnarier rappelle les fondements de Santé Sud, « l’humanitaire d’urgence est indispensable mais non suffisant. Une demande émanait de la région pour faire une plate-forme humanitaire. Nous avons créé la structure (1984), nous avons toujours aujourd’hui un noyau dur dans les instances de Santé Sud ». L’idée est à l’image du proverbe chinois, « il vaut mieux apprendre aux gens à pêcher au lieu de leur donner du poisson ». Vingt-cinq ans plus tard, « plus rien n’est pareil mais les demandes sont toujours là. On a une conjonction de deux grands facteurs : nécessité de développement dans la santé (devant être aussi transversal) et un problème de ressources humaines » explique le Dr Farnarier. Celles-ci existent mais les professionnels rencontrent des problématiques de formation, d’organisation territoriale médicale.

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« Il faut de la durée pour faire du durable »

Santé Sud applique une méthodologie stricte. La demande émane de spécialistes du Sud ou d’une étude, définissant un besoin émergent. « On ne travaille que lorsqu’on a identifié une structure locale, un hôpital, un groupement de professionnels, de parents d’handicapés » explique Simon Martin. Puis la faisabilité du projet est évaluée, le futur programme ne s’effectue jamais sans la concertation des gouvernements. Plusieurs contraintes sont intégrées dans la conception : politiques, géographiques, économiques, culturelles. Une évaluation du bénéfice concret de l’initiative envisagée, reproduite sur le long terme est effectuée. Une fois parvenu à un accord, le programme, élaboré sur trois ans, souvent renouvelable est proposé aux financements des bailleurs de fonds.

Sur le terrain, Santé Sud intervient à plusieurs stades. Elle réalise des missions d’expertise en cours de projet. La formation continue est l’outil clé car elle permet d’améliorer la qualité et l’organisation des soins, en faisant évoluer les pratiques des soignants. Autre volet est l’accompagnement de projet. Santé Sud peut élaborer une planification sanitaire régionale ou un projet d’établissement, associatif, « nos actions s’inscrivent toujours dans la politique sanitaire des pays » complète le directeur. Et l’association marseillaise collabore dans une perspective de longue durée en tentant d’assurer le transfert de compétences, la diffusion des connaissances et des savoir-faire.

Le Mali est un bel exemple de la démarche de Santé Sud. Dès 1989, elle a mis en œuvre un programme de médicalisation des zones rurales. Aujourd’hui, 120 médecins de campagne sont installés, on estime à 10 % de la population malienne qui reçoit des soins médicalisés réguliers grâce à ce projet. L’expérience concluante s’est étendue à d’autres pays africains. Ils sont aujourd’hui 70 médecins de brousse à Madagascar, 2 ont été placés cette année au Bénin.

« L’éducation au développement fondamentale »

Les deux responsables de l’association reconnaissent la difficulté « d’illustrer ce que nous faisons dans le domaine du développement. L’éducation au développement est fondamentale ». C’est pourquoi une nouvelle campagne est lancée. Une sensibilisation des publics (écoles et population) serait judicieuse, selon MM. Farnarier et Martin. « On va dans ces pays pour que les gens puissent être soignés sur place par des compatriotes » renchérit le président. Cette campagne de sensibilisation est un appel à participation pour aider le développement. Car ajoute le médecin, « c’est un tsunami tous les jours », que rencontrent les pays du Sud.

Association Santé Sud, 200 bd National, Le Gyptis Bât N, 13003 Marseille, tél 04 91 95 63 45, e-mail santesud@wanadoo.fr, site http://www.santesud.org

Les Rencontres de Santé Sud :

« Santé mentale et interculturalité. Comment adapter sa pratique psy auprès des sociétés traditionnelles ? », mercredi 31 mars à 20h à l’Espace Accueil aux Etrangers, 22 rue Mathieu Stilatti, 13003 Marseille

« L’enfance et la jeunesse en Algérie. Quelles perspectives ? ». Projection-débat dans le cadre du Programme concerté pluri-acteurs Joussour, jeudi 29 avril à 19h 30, mairie de la Bagatelle, 125 rue du Commandant Rolland, 13008 Marseille

« L’enfant rêvé. Comment les femmes changent le regard sur l’enfant handicapé ? », jeudi 20 mai à 18h 30 à l’Espace Accueil aux Etrangers, 22 rue Mathieu Stilatti, 13003 Marseille

5e Journée provençale de la santé humanitaire sur la santé des femmes, « L’autre moitié du monde », vendredi 19 novembre, 8h à 18h 30, faculté de médecine de la Timone, Marseille

 



 

 

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