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Salah Hamouri ou la dignité d’un résistant franco-palestinien, chaleureusement accueilli à Marseille.

21 avril 2012 - Dernier ajout 25 avril 2012

Ce fût une journée marathon chargée d’émotion et ce, depuis la cérémonie officielle au Conseil Régional jusqu’à à l’assemblée publique au Centre Social L’Agora à la Busserine. L’arrivée de Salah Hamouri mercredi 18 avril à Marseille a ému et remotivé les militants des droits humains et anticoloniaux qui militent depuis des années au côté du peuple palestinien, victime des pires injustices. L’affaire Salah Hamouri est un exemple concret d’arrestation arbitraire dont sont victimes au quotidien les civils palestiniens. Elle est aussi l’exemple emblématique du deux poids deux mesures qui démontre une complicité politique et médiatique favorable à l’occupant et non à l’occupé. La famille du soldat franco-israélien, Gilad Shalit, n’a pas eu à remuer ciel et terre pour être reçue plusieurs fois à l’Elysée par Sarkozy en personne, contrairement à la famille Hamouri. Jean-Claude Lefort, Président du Comité de soutien, a, quant à lui, réclamé « réparation pour le préjudice » commis par cet Etat voyou qui n’hésite pas à enlever et torturer des enfants. Après avoir croupit dans les geôles israéliennes pendant 6 ans, 9 mois et 15 jours, Salah Hamouri reste digne, courageux et persévérant. La liberté recouvrée, il s’attache désormais à dévoiler les atrocités commises par Israël contre les prisonniers politiques palestiniens.


 

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Cette journée marathon a donc débuté au Conseil Régional (CR), où Salah Hamouri, accompagné de Jean-Claude Lefort, Président du comité national de soutien, a été reçu par un grand nombre d’élus apparentés « Front de Gauche » parmi lesquels ceux qui avaient adopté un vœu demandant au président de la République de tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération immédiate, quand d’autres élus locaux se sont tus. On retrouve le vice-président du CR, Jean-Marc Coppola (Front de Gauche), les conseillers régionaux Gérard Piel, Président du groupe Front de Gauche, Jacques Lerichomme, Nathalie Lefebvre, Alain Hayot, Alain Bolla mais aussi Aicha Sif, conseillère régionale (Europe écologie Les Verts), Haouria Hadj-Chickh, adjointe au maire, conseillère Communautaire des 13/14, Myriam Salah-Eddine, conseillère Communautaire du 2/3, Nassurdine Haidari, adjoint au maire du 1er secteur et la sénatrice PCF Isabelle Pasquet.

« Nous sommes fiers et très heureux de pouvoir t’accueillir. Tu es pour les jeunes, un exemple de courage, de détermination, de dignité. Ici, tu es chez toi à Marseille, la deuxième ville de France, une ville métissée et « la plus française des villes de la République (dixit J-L Mélenchon) » a introduit Jean-Marc Coppola. De son côté, Gérard Piel, Président du groupe Front de Gauche au CR, se souvient : « en juin 2009, nous avions reçu ta mère, Denise, dont la force et la volonté nous avaient touchés, une mère courage qui a tout tenté pour que tu recouvres la liberté et à qui le président de la République n’a même pas daigné accorder un entretien, malgré le soutien de nombreux élus de la République ».

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« Il faut arrêter de considérer la population palestinienne comme une sous-population »

Une indignation que partage la sénatrice Isabelle Pasquet qui « trouve scandaleux et inadmissible que la mère de Denise Hamouri n’ait pas été reçue par Sarkozy en personne et dénonce au passage la position à géométrie variable de la France lorsqu’il s’agit des ressortissants franco-palestiniens à l’étranger. Pour Nassurdine Haidari, adjoint (PS) au maire du 1er secteur, « le cas de Salah Hamouri est un cas emblématique de la façon de traiter les gens en France. Salah a été oublié par les autorités françaises au détriment d’un soldat (ndlr, Gilad Shalit) engagé dans une guerre injuste. Il est normal que quelqu’un qui respecte la république puisse être aujourd’hui aux cotés de Salah pour le remercier de sa ténacité et de son combat. »

Haouaria Hadj-Chikh, adjointe au maire, conseillère Communautaire des 13/14 commente à son tour cette libération : « Ça donne de l’espoir mais quand on voit comment Israël se comporte encore ces derniers jours, ça donne aussi la « niaque » pour dire : il faut arrêter de bafouer les droits de l’homme. Il faut arrêter de considérer la population palestinienne comme une sous-population. Salah Hamouri c’est la liberté et ça appelle à la libération de la Palestine ».

Si le Conseil Régional a largement répondu présent avant et après la libération de Salah, ce n’est pas le cas de la Mairie centrale où Jean-Claude Gaudin n’avait ouvert que la petite porte à la famille Hamouri puisqu’il n’a même pas daigné la rencontrer, laissant « la tâche » à Michel Bourgat, adjoint « délégué à la lutte contre l’exclusion ». Ce dernier avait promis d’en parler au Maire de Marseille, mais aucune suite n’a été donnée. Quant au Conseil Général, dirigé par Jean-Noël Guérini, ce fût le même silence radio. Adoptant ainsi une posture solidaire à géométrie variable, notamment lorsqu’il s’agit de soldats israéliens, qui provoquent davantage la sympathie d’un certain nombre d’élus marseillais. On se souvient alors qu’en juillet 2007, Jean-Claude Gaudin n’avait pas hésité à ouvrir les portes de la Mairie au président du CRIF Marseille Provence accompagné de l’inénarrable Abderrahman Ghoul, alors président du… « Conseil Régional du Culte Musulman PACA », et de Pascal Chamassian, président du Conseil de Coordination des Arméniens de France afin qu’ils lui remettent une lettre demandant de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de trois soldats israéliens : Gilad Shalit, Oudi Goldwasser et Eldad Regev. Un vrai scandale ! Comment la Mairie de Marseille peut-elle soutenir des soldats israéliens et tourner le dos à Denise Hamouri-Guidoux venue lui demander de l’aide pour libérer son fils, un civil franco-palestinien, surtout lorsque l’on sait que son père a résisté contre l’occupant nazi !

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« Les citoyens qui luttent pour les droits humains savent qu’à travers cette lutte contre l’occupation et la colonisation, ce sont aussi leurs droits qu’ils préservent »

Les citoyens marseillais se sont donnés les moyens de faire parler de ce franco-palestinien à travers des conférences, des projections, des manifestations organisées par de nombreuses associations : l’Union des Familles Musulmanes dont la directrice Nacéra Benmarnia n’a pas hésité à prêter ses locaux ou à préparer des repas lors de manifestations culturelles, mais aussi l’Union Juive Française pour la Paix, le Réseau Palestine13, Génération Palestine, l’Union Générale des Étudiants Palestiniens (GUPS), ainsi que le comité local de soutien à Salah Hamouri dont la coordinatrice Régine Fiorani rappelle avec nostalgie les actions menées pour dénoncer le sort réservé à Salah et aux prisonniers palestiniens. « Chacun a pu voir en toi, la dignité d’un résistant palestinien. De celui qui refuse la colonisation, la résignation et qui relève la tête dans les situations les plus difficiles. [...] Les citoyens de toutes les couleurs, de toutes religions, partis politiques ou associations qui luttent pour les droits humains, savent qu’à travers cette lutte contre l’occupation et la colonisation, ce sont aussi leurs droits qu’ils préservent. »

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Salah Hamouri fait de la libération des prisonniers palestiniens son principal combat

Malgré le fait qu’on lui ait volé sa jeunesse, Salah n’a pas dénigré pour autant ceux qui l’ont arrêté et emprisonné illégalement pendant 7 ans dans les geôles israéliennes où il a subi de multiples tortures physiques et psychologiques. Aujourd’hui libre, il fait de la libération de ses frères son principal combat. « Je suis frappé par le fait qu’après 7 ans d’emprisonnement, son souci principal soit la libération de ses camarades restés en prison. Je vois un jeune qui est encore plus déterminé et engagé à poursuivre ce combat pour la libération de ceux qui restent emprisonnés de manière injuste et illégale » a insisté Jean-Marc Coppola. Rappelons que Salah a été accusé et ce, sans aucune preuve, d’avoir eu l’intention de commettre un attentat contre le rabbin Ovadia Yossef. « Ce personnage qui avait déclaré publiquement que les « Arabes étaient des cafards qu’il fallait exterminer ». Salah Hamouri a été libéré fin décembre, dans le cadre d’une libération de 550 prisonniers palestiniens échangés contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Jean-Claude Lefort, coordinateur du comité national de soutien à Salah Hamouri a, quant à lui, rappelé la raison qui l’a poussé à créer ce comité. C’est le discours de Nicolas Sarkozy, alors candidat pour les élections présidentielles de 2007, dans lequel il avait promis qu’il irait chercher les français là où ils se trouvent [...] et quoi qu’ils aient fait ». « Les autorités françaises ont fait partout pour nos compatriotes à l’étranger et nous n’avons rien à redire sauf pour le cas Salah Hamouri », franco-palestinien dont le grand-père maternel fût résistant contre l’occupation allemande. Jusqu’à aujourd’hui la famille Hamouri n’a toujours pas été reçue par l’Elysée. C’est à se demander s’il existe en France, des sous-citoyens.

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Depuis 1967, plus de 750 000 prisonniers palestiniens ont été détenus

Mercredi au Centre Social L’Agora, Salah a tenu à remercier ceux qui se sont mobilisés pour médiatiser cette lutte et qui l’ont accueilli avec enthousiasme. « De jour en jour, je suis de plus en plus ému par ce que je vois. Je vous remercie au nom de tous les prisonniers palestiniens, pour votre accueil et pour votre lutte » a-t-il insisté. Salah n’a pas parlé de lui mais s’est attelé à décrire aux marseillais venus en nombre pour le saluer, les conditions de détention dans lesquelles vivent des milliers de prisonniers palestiniens détenus en Israël en violation du droit international, et notamment de la convention de Genève qui interdit tout transfert de prisonniers en dehors des territoires occupés. Rappelons que « depuis 1967, plus de 750 000 prisonniers palestiniens ont été détenus. Plus de 10 000 enfants ont été arrêtés ainsi que 12 000 femmes dont 4 enceintes qui ont accouché les chaines au pied ».

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Les traits du visage, encore marqué par ces violentes années de détention, Salah est revenu sur les conditions dans lesquelles ses « frères et sœurs » vivent leur emprisonnement. Le récit est bouleversant, consternant. « Nous avons pris connaissance du projet israélien dans les prisons. Il est d’assassiner l’être humain palestinien » a-t-il insisté. A l’occasion de la Journée nationale des prisonniers palestiniens, le 17 avril dernier, le ministère palestinien a publié un communiqué révélant que 201 palestiniens sont morts depuis 1967, en raison de la torture ou de négligences médicales. Actuellement, 4700 prisonniers dont 27 députés (président du Parlement et plusieurs maires de grandes villes palestiniennes) sont actuellement détenus par Israël, a rappelé le GUPS. Il y a également 320 palestiniens en détention administrative, car la loi israélienne autorise les autorités militaires à garder en prison un suspect sans inculpation, sans jugement ni avocat, jusquà six mois renouvelable à l’infini » à préciser Jean-Claude Lefort.

Violents récits de vie dans les geôles israéliennes

« On a eu faim ensemble, on a pleuré ensemble, on a souffert ensemble » rapporte Salah. Cette solidarité sans faille entre prisonniers palestiniens, lui a donné la force de pouvoir lutter contre le projet israélien : « assassiné l’être humain palestinien dans les prisons ». Mais ce fût sans compter sur les milliers de lettres de soutien qu’il a reçus et qui lui ont souvent remonté le moral à lui et à ses camarades, malgré « les tortures programmées ». Tous les moyens ont été utilisés pour torturer physiquement et psychologiquement ces prisonniers politiques. Ces résistants ont dû lutter pour faire entrer des livres dans leurs cellules ou simplement pour recevoir la visite de leur famille. Des droits élémentaires bafoués par un Etat que François Hollande dit : « très critiqué, parce que c’est une grande démocratie ». Cette « grande démocratie » n’a pourtant pas épargné les enfants qui ont développé des troubles psychologiques. Ils sont âgés de huit ou neuf ans et sont totalement privés de présence d’ONG ou d’adultes. On leur interdit également de poursuivre leurs études. En effet, Israël sait très bien que le savoir était une arme. Les transferts au tribunal sont de véritables parcours du combattant et un moyen de maltraitance physique et morale. « Ils se lèvent à 4h du matin pour être enfermés dans une petite pièce en isolement jusqu’à 11h. Ils sont ensuite fouillés et menottés. La deuxième fouille est prise en charge par les forces spéciales qui les transfèrent ensuite dans un bus dont l’intérieur est entièrement métallique, et qui se transforme en four en été, et en frigo en hiver. Arrivés à la prison, une 3ème fouille et chaque enfant passe environ 3 jours en isolement. Le jour de « l’audience », ils se lèvent à l’aube pour être fouillés une 4ème fois en présence de chiens. Ils attendent ensuite de 7h du matin jusqu’à parfois 7h du soir dans une pièce ouverte à la pluie. Il est interdit aux parents et aux avocats de les approcher.

Une petite fille présente dans la salle interpelle le public et les intervenants : « J’ai entendu dire qu’il y avait des enfants en prison. Est ce qu’on peut faire quelque chose pour eux, parce que les enfants, c’est la vie, il ne faut pas les mettre en prison. »

Quant aux prisonniers originaires de Gaza, ils ne voient plus leurs familles depuis 2006 et ne sont prévenus du décès d’un des leurs qu’après plusieurs semaines. Selon Salah, les visites sont aussi un instrument de torture redoutable. Il évoque le cas d’une mère victime de la maladie d’Alzheimer qui n’a pas pu reconnaitre son fils à travers les vitres blindées. Ou encore le cas de mères, qui parcourent de nombreux kilomètres et qui se voient refuser la visite de leur fils parce qu’elles auraient soi-disant de faux papiers. Quant au prisonniers malades, ils sont environ 400. 18 ont un cancer mais se voient refuser des soins à l’extérieur. Salah également a évoqué le cas d’un prisonnier aveugle, enfermé depuis 25 ans.

Une grève de la faim pour stopper les mauvais traitements

Pour lutter contre toutes ces souffrances, les prisonniers politiques palestiniens ont à plusieurs reprises entamé une grève de la faim. Salah évoque celle à laquelle il a participé en septembre 2011. Une grève de la faim de 20 jours au cours de laquelle les premiers jours ont été les plus difficiles. Pour les fragiliser, les israéliens les transfèrent de prison en prison. 4 jeunes âgés d’une vingtaine d’années et qui avaient perdu une quinzaine de kilos, ont été placés dans une petite cellule où des criminels israéliens étaient en train de préparer sous leurs yeux, un barbecue. Les gardiens ont même voulu en intuber certains de force, pour leur administrer du lait, mais pour deux, ils ont intubé dans les bronches, deux prisonniers sont morts noyés et asphyxiés. Depuis le 17 avril, 1600 prisonniers sont en grève de la faim. Ils luttent ensemble contre l’injustice et l’arbitraire israélien ainsi que l’isolement qui peut durer jusqu’à 8 ans car « reconductible tous les 6 mois par le tribunal militaire » a fait remarquer Jean Claude Lefort. Selon Salah, « Israël n’hésitera pas à massacrer pour faire cesser cette grève. On ne peut pas laisser l’occupation décider du destin de ces prisonniers ».

Lancement d’une grande campagne de parrainage en faveur des prisonniers palestiniens

Nous avons également appris que Marwan Barghouti, dirigeant palestinien, emprisonné illégalement par Israël, a lui été placé en isolement dans sa prison d’Hadarim, pour avoir osé lancer « un appel à l’unité, à la cohésion, à la création d’un gouvernement d’union nationale, et à la poursuite de la résistance populaire et pacifique pour mettre fin à l’occupation ».

Le cumul de toutes ces violations des droits de l’Homme a poussé Salah Hamouri et Jean-Claude Lefort à lancer « une grande campagne pour que tous les prisonniers palestiniens aient un parrain ou une marraine qui puissent leur apporter leur témoignage et leur soutien. Car tant qu’ils resteront en prison, c’est la Palestine qui restera en prison ».
La prison n’est pas que celle qui symbolise les cellules d’isolement mais aussi celle qui fait de Gaza et de la Cisjordanie, des prisons à ciel ouvert. Une situation d’apartheid dénoncée par « le Tribunal Russel qui a déclaré en novembre 2011 que tout ce qu’Israël inflige à la population palestinienne relève de la définition d’Apartheid et doit être traité comme les gens de bonne volonté, qui ont traité l’apartheid sud-africain en l’amenant à s’abolir », à préciser Jean-Pierre Stambul de l’Union Juive Française pour la Paix.

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« Le peuple palestinien n’est pas un peuple hors de l’histoire et il ne le sera jamais » a conclu Salah Hamouri, sous les applaudissements de la salle. Il est désormais un exemple de courage et de dignité pour les jeunes des quartiers. De nombreuses personnes ont lancé à poursuivre la pression autour de ceux qui soutiennent cet « Etat voyou » à l’image d’un certain nombre élus qui acceptent d’être reçus du CRIF et d’institutions qui fêtent chaque année l’anniversaire de la création d’Israël, comme ce sera le cas, le 26 avril prochain par le consulat Israélien à la Mairie de Marseille à l’occasion du 64ème anniversaire.

Comment expliquer qu’avec autant de violations des droits internationaux à son actif, Israël puisse encore bénéficier du soutien des Etats, des politiques et des institutions. La récente mission "Bienvenue en Palestine" est un exemple frappant du manque de courage de certains Etats et compagnies aériennes, n’ayant pas hésité à obtempérer aux ordres d’Israël en refoulant les participants dans les aéroports français via les déploiements d’impressionnants dispositifs policiers. Ceci afin de les empêcher de pouvoir transiter par l’aéroport Tel Aviv et de se rendre en Cisjordanie où ils étaient attendus pour prendre part à un projet consacré au droit à l’éducation pour les enfants palestiniens. « Une telle pratique revient à installer des check-points, tels qu’ils existent dans les territoires palestiniens occupés. C’est aussi à se demander si Israël a des choses à cacher » se sont-ils insurgés.

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Georges Ibrahim Abdallah en prison depuis plus d’un quart de siècle

En France, il est des noms que l’on a dû mal à médiatiser. Celui de Salah Hamouri mais aussi celui de Georges Ibrahim Abdallah. Ce militant communiste condamné en France à la réclusion à perpétuité pour « complicité » dans l’exécution d’un responsable des services secrets israéliens et d’un attaché militaire états-unien. Soraya, membre de collectif PACA pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah a lancé un appel en direction des habitants sensibles à la cause palestinienne afin de réclamer à l’unisson sa libération comme cela a été fait pour Salah Hamouri. En effet, elle estime que ce prisonnier libanais qui est entré dans sa 28ème année de détention, a purgé sa peine. Sa peine de sureté est accomplie depuis 1999. « Il est le plus vieux prisonnier politique mais personne ne semble se soucier de ce libanais qui a pris les armes pour s’engager dans la résistance palestinienne et libanaise contre l’occupation et la colonisation israélienne ». Il aurait également été victime d’une machination juridico-politique comme le confirment les récentes déclarations d’Yves Bonnet, ancien directeur de la DST.

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Coup de gueule ! Le silence radio des médias

Que font les médias ? C’est la question qui est souvent sur toutes les bouches. Pourquoi la venue de Salah Hamouri n’intéresse pas les grands médias qui ont préféré se bousculer au portillon pour tenter d’apercevoir un soldat de l’occupation israélienne, capturé à Gaza en 2006, alors qu’il s’y était rendu pour massacrer du palestinien. Pourquoi payer une redevance si l’information est tronquée ou inexistante ? On se souvient alors d’un reportage de France 2 inversant les rôles en évoquant la libération du SOLDAT Salah Hamouri. Une honteuse désinformation que relait la majeure partie des médias* lorsqu’ils pensent devoir préciser « qu’Israël riposte » à chaque fois que Tsahal bombarde des civils. Comment un occupant peut-il « riposter » ? Comment un peuple occupé peut-il être traité de terroriste ? Et bien c’est ce qui se passait du temps où l’Allemagne occupait la France et que le grand-père de Salah résistait. Pour finir, nous retiendrons surtout cette phrase prononcée par cette graine de résistant pour contredire haut et fort la propagande sioniste : « NON LA PALESTINE N’EST PAS ET NE SERA JAMAIS UNE TERRE SANS PEUPLE POUR UN PEUPLE SANS TERRE ! »

Lire également l’article "Salah Hamouri, bienvenu à Marseille" de Piedad Belmonte (La Marseillaise) la seule journaliste, avec Kamar Idir (radio Galère) à avoir fait le déplacement !

 

par Henda Bouhalli - Dans > Euro med



 

 

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