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SOS homophobie perd son agrément national
mais compte rebondir

6 décembre 2012 - Dernier ajout 7 décembre 2012

L’association de lutte contre l’homophobie vient de se voir retirer son agrément, délivré en 2009 pour cinq ans par le ministère de l’Éducation nationale. Cette nouvelle fait suite au jugement prononcé fin novembre par le Tribunal de Paris, en défaveur de ce dernier. Le ministère était visé dans le cadre d’une procédure pour contentieux entamée par la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) et des représentations locales d’AFC. Motif invoqué : le caractère non respectueux de la laïcité de certains documents diffusés. Un préjudice qui ne devrait pas empêcher les bénévoles de SOS homophobie de poursuivre leur action de sensibilisation auprès des élèves. On fait le point avec Christophe Léger, délégué régional de la structure en PACA.


 

Par décision du Tribunal de Paris, SOS homophobie vient de perdre son agrément. Vous nous en dites plus ?

Ce qui a été retiré, c’est l’agrément national qui était accordé à SOS homophobie en tant qu’association complémentaire de l’enseignement public. En plus de cet agrément délivré au plan national par le ministère de l’Éducation, l’association bénéficie également d’un certain nombre d’agréments accordés au niveau local par les académies. Ce retrait fait suite à des procédures judiciaires entre des associations de familles catholiques et le ministère de l’Éducation nationale. Car c’est lui qui a été attaqué, et non SOS homophobie. Ce contentieux - je ne sais pas si on peut le qualifier comme tel - portait sur un certain nombre de phrases dans des documents à usage interne. Et pas du tout, comme certains de vos confrères l’ont affirmé, dans des documents qui sont distribués aux élèves.

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De g. à d. : Romain Donda porte-parole régional, Elisabeth Ronzier, présidente de SOS homophobie et Christophe Léger, délégué régional PACA. Lors d’une réunion en Région, mai 2012.

Quels sont précisément les écrits incriminés ?

Un texte destiné à la formation des intervenants décrivait un certain nombre de positions de l’association, de constats faits à partir de témoignages reçus sur la ligne d’écoute de SOS homophobie.
Les AFC ont jugé, et ça été acté par le tribunal, que certaines phrases ne respectaient peut-être pas complètement le principe de laïcité. En même temps, une phrase comme : « les institutions religieuses sont libres de parler à leurs adeptes, mais on est en droit d’attendre d’elles qu’elles n’interviennent pas dans le débat public pour peser sur la législation », c’est assez anodin. Donc il est très difficile de comprendre le jugement.

Cela pourrait-il constituer un frein aux actions menées par la représentation locale de l’association ?

Cela ne nous empêche pas d’intervenir dans les écoles, parce que l’agrément délivré par le ministère de l’Éducation nationale n’est pas une condition pour intervenir. Les proviseurs sont seuls décisionnaires. Nous avons averti tous les chefs d’établissement et le rectorat : tous n’ont pas encore répondu mais on a des retours assez positifs de la part de principaux. Certains nous ont réaffirmé leur soutien. Nous ne sommes vraiment pas du tout « lâchés » par les acteurs régionaux et nous poursuivons nos actions. Des interventions dans 130 classes sont déjà programmées jusqu’en mai prochain, et d’autres devraient s’y ajouter encore.

Y-a-t-il un recours possible pour récupérer cet agrément national ?

Le ministère a décidé de ne pas faire appel. La stratégie la plus simple et la plus efficace est de demander un nouvel agrément. On y a déjà travaillé et la nouvelle demande est partie début décembre. Ça prendra le temps que ça prendra mais il n’y a aucun doute qu’avec l’appui du ministère nous allons récupérer cet agrément.

Dans le communiqué des ACF on peut lire « Les AFC pensent qu’une telle attitude, respectueuse de la liberté de conscience, est une condition nécessaire à la lutte contre toute forme d’exclusion, en particulier quand celle-ci est fondée sur l’orientation sexuelle, lutte que les AFC estiment hautement opportune et nécessaire – notamment à l’école ». C’est d’une ironie tout de même extraordinaire.

Vous mettez le doigt sur une recrudescence des actes et témoignages d’actes homophobes subis : une conséquence du débat sur le mariage pour tous ?

Au lieu d’un débat, ce sont toujours les mêmes arguments qui tournent en rond depuis des mois. Et voir traités les homosexuels de pédophiles, de zoophiles, de fous, de proxénètes ou même de terroristes dans la presse au quotidien, si ce n’est pas de l’homophobie je ne sais pas ce que c’est. Mais comme à chaque fois qu’on a plus de visibilité, il y a plus d’attaques homophobes. Ce qui est triste c’est que donner la parole à ceux qui font de la lutte contre l’égalité leur fonds de commerce électoral, ce n’est pas très bon pour les jeunes LGBT, des adolescents qui découvrent en même temps leur sexualité et la signification du mot « pédé » dans les journaux. Ça va forcément laisser des traces.

Pour vous, il est plus que temps de « crever l’abcès » ?

Il n’y a pas de bon moment : le plus tôt est forcément le mieux. Cela fait treize ans, depuis l’adoption du PACS qu’on en parle : il est temps de remettre ça sur le tapis, de revenir à la charge. Sachant que la loi finira de toute façon par passer.
L’on pensait profiter de l’élan donné par l’élection de François Hollande. J’aurais préféré que ça passe tout de suite après les élections, que l’on puisse parler d’autres choses importantes aujourd’hui, comme de la crise économique ou de la Syrie par exemple. Mais je pense qu’une fois la loi votée, on n’en parlera plus d’ici quelques mois, comme ce fût le cas pour le PACS, qu’aujourd’hui plus personne ne conteste.

- Communiqué des AFC suite à la décision de justice

- Communiqué de SOS homophobie

- Communiqué du ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, réaffirmant son soutien à l’action de SOS homophobie

 

 

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