Articles

Accueil > Actualités > Rythmes scolaires à Marseille, les femmes obligées de sacrifier leurs emplois (...)

 

Rythmes scolaires à Marseille, les femmes obligées de sacrifier leurs emplois pour garder les enfants !

3 septembre 2014 - Dernier ajout 5 septembre 2014

La réforme des rythmes scolaires dans les écoles élémentaires publiques, que le maire, Jean-claude Gaudin a bien été obligé d’appliquer à Marseille est un véritable casse-tête pour les parents. Parce que rien n’a été prévu pour la garde des enfants les mercredis et vendredis après-midi, les familles se retrouvent dans un vrai marasme. Et l’on connaît la chanson, celles qui n’ont pas les moyens ou de parents pour accueillir leurs enfants, se retrouvent prises au piège. En gros, les femmes sont cantonnées à garder leurs enfants, doivent passer à un travail à 80 % du temps et se retrouvent, de fait, encore plus exclues du marché du travail... Bref, encore une application de la réforme qui creuse les inégalités. Les familles, très mécontentes à Marseille organisent la riposte. Et un rassemblement devant la mairie est prévue vendredi. Petit tour à l’élémentaire Nationale dans le 3ème arrondissement de Marseille.


 


11h30, mercredi 3 septembre, école élémentaire National, dans le 3ème , les parents, beaucoup de mamans et un certain nombre de papas. se massent pour récupérer leurs progénitures, dans une pagaille générale. Les élèves de CP, pour leur deuxième journée d’école ont encore l’air tout perdu. Les parents, pour ou contre cette réforme déplorent tous, l’improvisation générale et le refus de la ville de Marseille de préparer la rentrée engendrant une belle pagaille. Pour eux, c’est donc un peu panique générale.
Fatiha, sémillante maman de trois enfants, est heureuse de pouvoir dire ce qu’elle a sur le cœur : « C’est le bordel, ce qu’ils ont fait ! On était tranquille. Ils ne savent pas que les enfants ont des rythmes chargés toute la semaine. Comme mon fils par exemple, il est en CM2, il a foot, le mercredi après-midi et le samedi, et même le dimanche, il peut avoir des matchs. Lui rajouter le mercredi matin et lui enlever le vendredi après-midi, ce n’est pas possible ! » Et pour l’instant, les mères ne savent pas quoi faire de leurs enfants le vendredi après-midi. Car avant la réforme, les parents pouvaient les laisser à l’étude jusqu’à 17h30. « Nous discutons entre mamans, pour savoir comment nous organiser pour le vendredi » explique-t-elle. Fatiha, qui travaille dans le service à la personne, a dû s’arranger « comme elle peut », pour aller chercher son fils à temps. « J’ai dû demander à la personne âgée chez qui je travaille de m’absenter, et je dois rattraper ce soir, les heures. » Rendez-vous est donné pour manifester devant la mairie vendredi après-midi ! Pour Fatiha, le maire aurait dû prévoir cette rentrée, sachant qu’il allait être obligé d’appliquer cette réforme : « Le maire aurait dû embaucher, chercher des gens à pôle emploi ! » Je lui explique que la mairie ne veut pas embaucher pour l’instant, elle déplore : « Alors pourquoi ont-ils fait cette réforme ? »


Nous touchons-là au vrai problème de l’application de cette réforme. Car c’est le serpent qui se mord la queue. Les communes sont censées mettre la main au porte-monnaie, pour organiser les activités périscolaires. L’Etat se désengage financièrement sur les collectivités locales qui ont de plus en plus de compétences à assumer. Et on le sait, selon la politique menée par les communes, l’école et le social fait ou pas partie de leurs priorités. A Marseille, ce n’est pas la priorité pour la droite au pouvoir, en tout cas.

Marseille compte 445 écoles élémentaires pour 73 000 enfants scolarisés. Les parents d’élèves s’organisent, d’ores et déjà, dans de nombreuses écoles marseillaises pour réquisitionner des salles vendredi après-midi prochain et improviser une garderie, car nombreux parents qui travaillent ne pourront se libérer. Ces derniers comptent sur l’entraide, et les parents volontaires vont devoir gérer un grand nombre d’enfants. A ce jour, une cinquantaine d’écoles vont procéder ainsi, mais la liste risque de s’allonger.

Le directeur de l’établissement de National, juste débarqué cette année, dans l’école, ne souhaite pas communiquer, mais pour lui, la question de la garde des enfants n’est pas de son ressort, ni de celui de l’éducation nationale, mais uniquement du fait de la mairie. Et de toute façon, en cas d’occupation des locaux de classe pour des activités périscolaires, c’est à la mairie de décider, puisque c’est elle qui possède les locaux. Pour David, père d’un enfant à l’école Nationale, tout ceci est politique « Les mairies UMP n’ont pas voulu préparer cette rentrée. Pour que cette réforme, qui peut être intéressante en soi, soit mal appliquée et qu’elle se solde par un échec. En plus, c’est inégalitaire puisque cette réforme ne s’applique pas aux établissements privés. » Evidemment, chaque parent rêve de réelles activités périscolaires intéressantes et gratuites pour les primaires, mais, Marseille en est loin. Pour l’instant, c’est surtout, système Débrouille et que vogue la galère.

La compagne de David, Karine, favorable à la réforme, a dû, elle aussi s’absenter de son travail pour chercher son enfant. Et ceci d’autant plus qu’à l’école élémentaire Nationale, les problèmes s’accumulent depuis des années, rtavaux, manque de personnels pour les cantines…
Nawel, une jeune maman de deux enfants est très contrariée par ces horaires : « j’envisage de faire une activité, chercher du travail ou faire une formation, je ne sais pas si je pourrais m’organiser. Pour l’instant, l’école n’a rien proposé, ni la mairie, j’espère bien qu’ils feront au moins une garde le vendredi. L’an dernier, je gardais mes enfants à la maison, mais cette année, ça va être compliqué, je veux travailler ou me former. Maintenant, on doit s’organiser deux jours pour garder nos enfants. »
En fait, les parents qui travaillent n’ont, pour l’instant, d’autres choix que de faire garder leurs enfants, même le centre aéré a un coût, difficile à encaisser pour les classes moyennes et modestes. Nawel explique qu’elle va donc devoir faire un budget dédié à la garde de ses enfants, et au cas où la cantine ou les cours ne sont pas assurés, ce qui est de plus en plus fréquent dans les écoles publiques marseillaises.

Ruée sur les centres aérés

Pour l’heure, à Marseille, seule la moitié des parents ont trouvé des solutions de garde temporaire, juste pour quelques jours. Côté centres aérés, c’est la ruée. « Les centres aérés ont été réquisitionnés pour pallier au manque de garderie et d’abord d’activités, car c’est cela qui devaient être mis en place, mais à défaut, de garderie. Mais ils sont déjà complets. Aujourd’hui, j’étais dans le 13/14ème, il n’y a plus de places. Les centres aérés ont été pris d’assaut par les parents. Mais les centres aérés ne vont pas pouvoir garder tous les enfants de toutes les écoles, » résume Séverine Gill, présidente de l’association de parents d’élèves MPE13.
Le problème est d’autant plus aigu que les centres aérés municipaux refusent, sur consigne du maire, d’accompagner les enfants de l’école au centre. « Les centres aérés associatifs se sont tous organisés pour aller sur les écoles récupérer les enfants. » Pas de cantine, le mercredi, pas de garderie non plus. « Rien n’a été mis en place, rien n’a été orchestré », souligne la présidente de l’association de parents d’élèves.
« Les parents d’élèves sont très remontés contre le maire, qui a demandé mardi aux parents de s’occuper de leurs enfants. Sur Marseille, les mamans d’élèves ont toutes pris une semaine de congé pour cette rentrée » regrette Séverine Gill. Et résultat pour les femmes : « Nous sommes toutes officieusement en train de passer à 80 % de notre temps de travail. Car les entreprises ne jouent pas le jeu, nous allons être obligées de répartir nos horaires différemment et de faire des heures supplémentaires. » « Les problèmes restent entier, et il faut absolument que tout soit résolu d’ici à la semaine prochaine, Le maire nous prend pour des imbéciles, mais il faut qu’il reprenne un peu de bon sens. C’est inadmissible ! »
Réformes des rythmes scolaires à Marseille : vous avez dit égalité ?

Rythmes.scolaires@mpe13.fr

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • Novembre 2017

     

    Projet de loi sur la Sécurité Sociale adopté : 4,2 milliards de restrictions demandés

    L’Assemblée nationale a adopté, mardi 31 oct 2017, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. La gauche de l’Hémicycle a voté contre, dénonçant une attaque sans précédent contre le système de protection sociale. https://www.humanite.fr/le-budget-de-detricotage-de-la-securite-sociale-ete-vote-644835

     

  • Novembre 2017

     

    Violences sexuelles faites au femmes, plan d’urgence demandé à Macron

    VIOLENCES SEXUELLES - Louane, Alexandra Lamy, Tatiana de Rosnay... 100 femmes demandent à Macron "un plan d’urgence contre les violences sexuelles" Elles sont les premières signataires d’une pétition en ligne pour en finir avec les violences sexuelles. "Ces violences ne sont pas une fatalité. Elles peuvent cesser". Une centaines de personnalités féminines de la société civile, artistes, comédiennes, réalisatrices, écrivaines, journalistes, médecins... ont signé une tribune adressée au président Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche ce 5 novembre, demandant "un plan d’urgence contre les violences sexuelles". Cet appel, initié par des militantes féministes, dont Caroline de Haas, a également été (...)

     

  • Octobre 2017

     

    Concert de musique arabe et européenne en soutien à SOS Méditerranée dans le cadre du festival d’Aix-en-Provence

    La série de concerts solidaires exceptionnels inaugurée en 2016 au profit de SOS MEDITERRANEE, se poursuit cet automne, sur l’initiative de Bernard Foccroulle, directeur du festival d’Aix-en-Provence et organiste, et membre du comité de soutien de SOS Méditerranée. Le prochain concert aura lieu - Vendredi 17 Novembre à 20h45 - Eglise St Jean de Malte à Aix-en-Provence "Les couleurs de l’Amour et de l’Exil" Concert de musique arabe et européenne Bernard Foccroulle Orgue Alice Foccroulle Soprano Moneim Adwan Chant et Oud Compositions de Francisco Correa de Arauxo, Alessando Grandi, François Couperin, Dietrich Buxtehude, Bernard Foccroulle, Abou Khalil El-Kabani, les frères (...)

     

  • Octobre 2017

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • Octobre 2017

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • Octobre 2017

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • Octobre 2017

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit de retrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • Octobre 2017

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • Octobre 2017

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • Septembre 2017

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

Articles récents

Articles au hasard