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Rroms : passe d’armes et arrêté anti-mendicité au menu du conseil municipal

17 octobre 2011 - Dernier ajout 20 octobre 2011

Comme prévu, entre l’adoption du principe de création d’un parc national des calanques et une discussion houleuse au sujet de la forte hausse de la taxe d’habitation, la question de la prise en charge des populations rroms de Marseille a été brièvement débattue en conseil municipal ce matin. Avec en filigrane la potentielle prise d’un arrêté anti-mendicité... Sur le parvis de l’espace Bargemon, plusieurs dizaines de militants associatifs étaient venus rappeler au maire sa promesse de chapeauter une table ronde.


 

Nous vous l’annoncions, le démesuré conseil municipal de ce lundi (pas loin de 300 délibérations à l’ordre du jour) a vu s’inviter la question de l’accueil des Rroms à Marseille. C’est par Sébastien Barles, conseiller municipal et porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), que la semonce est arrivée. Coupant pratiquement l’herbe sous le pied des élus Jean-Marc Coppola et Christian Pellicani, qui nous avaient confié la semaine passée leur intention d’évoquer la situation lors de l’assemblée. Eux souhaitaient attendre le débat sur le "Mode de gestion des aires d’accueil pour gens du voyage de la ville de Marseille". Mais l’élu écologiste en a précipité la mise en débat en interpellant Jean-Claude Gaudin sur la vente de terrains situés dans le bas de la ZAC de Saint-André (une cession nourrissant un « conflit d’intérêt » selon lui), qui, pour lui, pourraient accueillir une aire de grand passage telle qu’il en existe dans le quartier de Saint-Menet.

« Vous avez su Monsieur le maire, vous désolidariser des propos scandaleux tenus par M. Guéant, à propos des Comoriens de Marseille. Je vous invite à vous éloigner de la politique actuelle du gouvernement en vous engageant dans la voie d’une politique d’accueil des populations rroms digne de notre devise trinitaire ». Jean-Marc Coppola lui emboîte le pas : « j’espère que vous n’avez pas de politique sélective au niveau de l’humanité ». A propos de la table ronde, promise en août par l’adjointe au maire Danielle Servant : « Croyez-vous qu’une vague promesse suffise à faire taire ceux qui travaillent au quotidien pour aider ces familles à relever la tête ? ».

Attaque, contre-attaque

Bernard Marandat, sans étiquette mais proche du Front national, s’est en premier fendu d’une réponse, sur ces « gens qui s’installent au détriment de notre culture », appelant les élus défendant la cause des Rroms à en « prendre quelques-uns chez eux ». Puis le Dr Bourgat, adjoint au maire de Marseille en charge de la Lutte contre l’exclusion, a choisi d’intervenir afin de rappeler « nous avons logé plus de 150 Rroms cet été à l’Unité d’Hébergement d’Urgence de la Madrague. Il en reste une quarantaine. Il y a une remarque qui m’a profondément choqué - parce moi je pense que j’essaie de ne pas instrumentaliser ni politiser ce problème mais de faire uniquement comme ce que vous m’avez demandé M. le maire en votre nom sur le plan de l’humanisme - : quand le Samu social se fait traiter de « collabo », et quand l’Unité d’hébergement d’urgence se fait traiter de « centre de rétention bis », je rappelle que les serrures de l’UHU elles sont faites uniquement pour ne pas que les gens rentrent [...] mais on peut sortir quand on veut ».

Avant de tacler l’action engagée par la Région : « Enfin, la solution qui vient d’être soulevée par M. Coppola [l’Espace solidaire d’hébergement, ndlr] je l’ai moi aussi visitée et je peux vous dire une chose : d’abord, nous finançons aussi l’AMPIL, en tant que Ville, et l’Etat aussi la finance, il n’y a pas que la Région. Je sais que c’est une très bonne solution, même si, je m’excuse, mais elle ne pourrait pas être institutionnelle, parce que peut-être elle serait refusée par toutes les commissions de sécurité qui iraient y mettre le nez. En 2010, avec la préfecture, la Ville a été la seule a proposer une solution de plateforme d’accueil. Donc nous étions bien en avance sur ce qui est fait. Mais je reste à disposition, j’ai répondu sur votre demande que je serais présent si besoin était de discuter pour régler humainement et intelligemment ces problèmes, hors clivages politiques ».

Applaudi, Michel Bourgat cède la parole, et le touché final de la contre-attaque à Jean-Claude Gaudin. S’en suit une passe d’armes avec l’opposition, au sujet notamment de la brûlante situation estivale de la Porte d’Aix, et du traitement « humanitaire » pour l’un, «  indigne » pour les autres, des personnes expulsées de bidonvilles durant l’été.

Le premier édile de Marseille, relancé sur la promesse d’une table ronde s’impatiente : « Toujours faire des tables est un peu insupportable, dans la deuxième ville de France. La table ronde je l’ai suggérée avec Mme Servant parce qu’il n’y avait pas tellement d’élus présents à ce moment-là, pour que nous puissions dire à M. le préfet que nous souhaitions faire cela. L’UHU de la Madrague pour héberger les Rroms, qui paye ? Les Marseillais qui, dans leur générosité et avec l’aide de l’Etat et pas d’autres collectivités, payent le fait que les Rroms soient hébergés et nourris, donc arrêtez de nous faire des critiques, d’avoir cette attitude comme peuvent l’avoir des associations totalement politisées. [...] J’ai déjà demandé : si le préfet veut le faire, nous y participerons. Dans le cas contraire, que les collectivités territoriales donneuses de leçons, mettent la main au portefeuille et donnent de l’argent pour nourrir ces Rroms. Ce sera mieux utilisé que dans beaucoup d’autres domaines ». Quant à l’arrêté anti-mendicité que Jean-Claude Gaudin assurait dans la matinée ne pas vouloir prendre, une conférence de presse organisée dans l’après-midi autour de ce projet désormais acté par Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire en charge de la Sécurité, sonnait comme un nouveau coup porté à l’espoir d’une concertation sereine, et surtout assené à une population vivant essentiellement de la manche. Le plus suprenant, y compris pour son camp, sera peut-être le « dites-le que vous prenez un arrêté anti-mendicité,... et moi je suis d’accord » lancé par le maire du 1er secteur Patrick Mennucci.

Sensation d’impuissance

Dehors, quelques dizaines de personnes, politiques, associatifs et Rroms grossissent une manifestation, étrangement scindée en deux. Une banderole et quelques militants ont pu franchir le cordon policier. Les autres sont tenus à l’écart en bord de route. A l’appel d’un collectif, ils revendiquent une concertation pour « trouver des solutions concrètes ». « Coup d’épée dans l’eau, il n’y a rien de nouveau pour les Rroms », se lamente une sympathisante, franchement découragée.

Car parmi les manifestants, aucun n’est « abusé » par la réitération de la volonté municipale de la tenue d’une table ronde. A l’image de Christian Pellicani : «  il [Jean-Claude Gaudin] est quand même vice-président de l’UMP, président du groupe au Sénat,... Pour le moment c’est un discours de dupes : il nous dit qu’il est d’accord, moi je prends acte, il faut qu’il demande au préfet de la faire. L’Etat a ses responsabilités, mais la mairie de Marseille a aussi ses responsabilités, notamment concernant les terrains qui pourraient être mis à disposition pour accueillir ces familles ».

Bernard Eynaud, président de la LDH 13 ne désarme pas : « Nous serons certainement encore là demain et après-demain, on ne lâchera pas. Nous demandons à Jean-Claude Gaudin d’arrêter toute expulsion sans offre réelle, et non pas démagogique, de relogement. Au-delà des divergences politiques, il peut y en avoir le débat démocratique est là pour y répondre, mais dès l’immédiat il faut répondre à l’urgence, et au moins à l’urgence humanitaire ». Il envisage déjà la prochaine manifestation, où « il faudrait être 2 000 ».

 

 

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