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Rroms : grande semaine d’actions organisée, la riposte continue

23 juin 2012 - Dernier ajout 24 juin 2012

Recrudescence des distributions d’obligation de quitter le territoire (OQTF), accoutumance aux destructions de bidonvilles et des biens privés sans situation alternative, et multiplication des violences de tous ordres, les militants tirent la sonnette d’alarme et organisent la riposte. Si les revendications ont été quelque peu tempérées, le temps des élections législatives, aujourd’hui il n’y a plus de raisons pour que l’attention des politiques soit détournée, d’autant que le nouveau président s’était engagé sur le sujet. C’est ainsi qu’une grande semaine d’action a été mise en place du 25 au 30 juin afin d’interpeller la conscience politique et citoyenne sur ces situations inhumaines et dégradantes que vit la population Rrom.


 

Le Collectif de Solidarité avec les Rroms de Marseille (CSRM) ainsi que le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-papiers (CADDRIS) se sont réunis pour présenter la prochaine semaine d’action qui se déroulera du lundi 25 juin au samedi 30 juin. Au cœur de ce mouvement, la préoccupation du sort des citoyens européens Rroms, quotidiennement victimes d’une traque à l’homme. « Nous sommes aujourd’hui dans l’urgence » présente Jean-Marc, membre du CSRM « avec des revendications des plus urgentes ». Les Collectifs vont profiter de ce début de semaine pour se mobiliser toute la matinée devant le Conseil municipal, lundi, afin « d’exiger des terrains, des bâtiments et l’arrêt des assignations en justice ». En milieu de semaine, des délégations seront reçues à la Préfecture des Bouches-du-Rhône et à la Représentation régionale de la Commission européenne au CMCI pour tenter de faire entendre leur voix. Samedi, un dernier rassemblement sera organisé dans le cadre de la journée d’action nationale, en haut de la Canebière.
Les associatifs, militants et élus sont sur le pied de guerre. L’année qui s’est écoulée, hiver comme été, a laissé des stigmates chez des citoyens européens qui n’ont jamais étaient traités comme tels. Loin de toutes quiétudes, leur lutte du quotidien est de se battre pour leur survie et contre leur exclusion.

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Les Collectifs De g. à d. : Hervé Guerrera, Jean-Marc, Philippe Dieudonné et Dominique Idir

Interpellation des pouvoirs

Le CSRM et le CADDRIS se mobilisent depuis un certain temps sur la question des migrants Rroms mais à la vue de cette « situation insoutenable qu’engendre la politique xénophobe de Nicolas Sarkozy » indique Philippe Dieudonné, vice-président de la Ligue des droits de l’homme 13 (LDH), M. Tartakowsky président de la LDH avait interpellé par courrier en date du 20 février 2012 celui qui incarnait le changement. Un changement qui a affirmé, en réponse du 22 février, que «  la situation de ces femmes, de ces enfants, de ces hommes, qui vivent sur notre sol, dans ces campements insalubres, est indigne. […] Je souhaite avant toute chose que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées ». Pour les Collectifs, le souhait a bien été pris au mot et n’attend plus que les actions du gouvernement et, plus largement, au niveau européen : «  on l’a saisi de par ces engagements qu’il (François Hollande) avait pris en tant que candidat » informe Philippe Dieudonné.

Sur une vision plus locale, une lettre ouverte avait été envoyée au maire de Marseille et au Préfet de Région, le 25 avril 2012, demandant « des solutions d’hébergement adaptées et pérennes pour les populations Rroms de Marseille et ses environs » sans quoi les associations pratiqueront des réquisitions citoyennes pour loger ces familles. Le message n’est, semble t-il, pas passé puisque les distributions d’OQTF se sont multipliées, les expulsions maintenues, et le climat à Marseille a été plus que houleux. Ce terrain au technopole de Château Gombert, où sont « logées » sept familles depuis janvier 2012, a quelque peu échauffé les esprits : « Descente chez les Roms ». Un jugement du tribunal de grande instance de Marseille – (ndlr : et non d’un tribunal administratif puisque le terrain appartient à un organisme privé, Marseille Aménagement) a donné aux familles un délai de quatre mois, jusqu’au 21 juillet 2012, pour quitter les lieux. Le 11 juin la population Rroms de Château Gombert a, une nouvelle fois, comparu devant le TGI. Le propriétaire du terrain et, selon Caroline Godard de l’association Rencontres Tsiganes «  à la demande de Nora Preziosi » (ndlr : élue UMP sortante aux élections législatives 3ème circonscription), avait demandé l’expulsion immédiate évoquant des risques d’incendie sur le terrain. Le juge a finalement débouté le requérant estimant «  que la menace d’incendie invoquée par les riverains paraît un peu surréaliste car, avant que le quartier ne flambe, le camps de Roms aura disparu et ses occupants avec ». Rencontres Tsiganes membre du CSRM, s’interroge, dans ce dossier, de la démarche du directeur du Samu social à Marseille René Giancarli qui, selon la LDH, Rencontres Tsiganes et l’attestation remise à l’audience, «  a déclaré s’être rendu, à la demande de Mme Preziosi, le 30 mai 2012 sur le terrain de Château Gombert et avoir proposé à ses occupants, une soixantaine de personnes, « de les accueillir dans le centre d’hébergement d’urgence municipal ». Proposition que toutes ces familles « après plusieurs échanges » auraient refusé ». L’association met en doute la capacité d’accueil du Centre d’hébergement d’urgence (UHU) qui est « saturée ». Actuellement, des dizaines de personnes, expulsées d’un campement le 23 mai, dorment sous des tentes devant les murs de l’établissement pour y trouver refuge ! Le directeur a d’ailleurs alerté les pouvoirs publics, le 25 mai, «  afin d’apporter une solution digne à cette urgence sociale ». Doute relayé auprès du maire de Marseille et du préfet de région.

Lettre ouverte au maire de Marseille et au préfet de région  : Lettre ouverte au maire de Marseille et au préfet de région

L’été passé a laissé de sombres traces dans les pensées et ne sont pas invitées à se renouveler, Dominique Idir, de l’association Artriballes membre du CSRM, l’affirme : « j’ai vu la situation s’empirer aujourd’hui, donc nous demandons à François Hollande d’arrêter les expulsions sans solutions alternatives ». Souhait identique pour les interlocuteurs locaux.

Le vent se répand

Membre du CADDRIS et conseiller régional délégué au Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT), Hervé Guerrera, témoigne d’une situation et de propos à Aix-en-Provence « qui ont pré-figuré les « valeurs » émises par la campagne de Nicolas Sarkozy ». La maire, Maryse Joissains, avait clairement affiché et assumé, lors d’une déclaration dans La Provence, sa position en déclarant : « je ne veux plus un seul Rrom dans ma commune ». Le CADDRIS a milité pour qu’une table-ronde soit organisée : « on s’est adressé à l’Etat car la solidarité et l’hébergement d’urgence sont des problématiques qui se font en concertation avec l’Etat et qui relèvent de la cohésion sociale sociale dont l’Etat devrait être garant ». Dans l’attente de sa tenue en présence du Conseil Régional et Général des Bouches-du-Rhône, la mairie d’Aix-en-Provence et la communauté du pays d’Aix ont fait barrage. Réfractaire à une table-ronde, le sous-préfet a préféré les recevoir hors de ce cadre.

A Aix-en-Provence également, plusieurs référés d’expulsions ont été émis. Les abris de fortunes de Luynes et des Trois Sautet ont été rasés sans alternative au relogement. Restent deux bidonvilles : le site de Vasarely qui est, selon Hervé Guerrera, «  symbolique » puisque l’un des premiers à subir les effets du discours de Grenoble, symbolique puisqu’il a généré une réaction forte de l’archevêque d’Aix-en-Provence qui avait dénoncé «  les discours sécuritaires » du gouvernement sarkozyste. 100 à 150 personnes y vivent actuellement et « dont certaines sont là depuis le plus longtemps, sept ans » précise t-il. Ce site est actuellement sous le joug d’une expulsion imminente (23 juin) pour laquelle le collectif a demandé à ce que la force policière ne soit pas employée. Une avocate a fait appel de cette décision d’expulsion. Le bidonville de l’Arbois risque prochainement de subir le même sort, seulement sur ce site, c’est 250 jusqu’à 400 personnes qui y logent, des enfants scolarisés et « c’est ce travail là qu’on fout à la poubelle » regrette Hervé Guerrera. Un appel au référé d’expulsion devrait être entrepris. Hervé Guerrera insiste sur le fait que, malgré que les propriétaires des terrains de Vasarely et de l’Arbois n’ont pas demandé l’expulsion des sites, et que le Conseil Général a fait savoir qu’il s’y opposait, le seul argument que le tribunal a retenu est le «  trouble à l’ordre public qu’ils jugent supérieur à tout ». Des tentatives de relogement ont été entreprises avec le Conseil général et le Service d’accueil et d’orientation (SAO) mais en vain, « il n’y a pas de place ». Reste la rencontre du CG avec le sous-préfet qui semblait « vouloir s’orienter vers une problématique d’accueil plus pérenne mais ces décisions (d’expulsions) tombent très malencontreusement » déplore Hervé Guerrera.

A partir du 23 juin, une veille démocratique est organisée par le CADDRIS : «  on veut être là si la police intervient pour témoigner de ce qui va se passer […] Si à Vasarely, on voit des pelleteuses, il faudra considérer que Sarkozy et Hollande, c’est la même politique ».

Programme de la semaine d’actions
- Lundi 25 juin, de 7h à 13h, mobilisation devant l’entrée du Conseil municipal (mairie centrale près du port)
- Samedi 30 juin, à 11h, rassemblement devant les Mobiles en haut de la Canebière dans le cadre de la journée d’action nationale

Mercredi et vendredi, deux délégations deux délégations tenteront d’ouvrir le dialogue et de trouver des solutions plus pérennes en se rendant à la Préfecture des Bouches-du-Rhône et à la Représentation régionale de la Commission européenne au CMCI.

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