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Réparations de l’esclavage, trois siècles de lutte

28 octobre 2013

Le livre « De l’Esclavage aux réparations, les textes clefs d’hier et d’aujourd’hui », orchestré par Louis-George Tin, l’actuel président du Cran, le Conseil Représentatif des associations Noires de France, est un véritable mémento des luttes sur la question, en France et dans le monde. Il revient sur l’histoire des revendications et reproduit les textes importants écrits sur le sujet. Que l’on soit pour autre contre les réparations, il se révèle être un ouvrage essentiel. Nous avons voulu faire un point sur les actuelles actions en cours dans le monde engagées pour réclamer des réparations, au titre de l’esclave ou des ravages de la colonisation. Même si le sujet reste hautement explosif et politique, l’idée de réclamer justice et réparation fait son chemin dans le monde.


 

Le Cran, avec, à sa tête Louis-George Tin est l’une des associations phare dans la réclamation des réparations en France. En octobre 2012, le Cran avait clairement formulé ses revendications et adressé à Matignon 50 propositions pour une politique globale de réparation. Souvent décriées, les actions du Cran dans ce domaine ont le mérite de soulever un réel débat.

Les réparations dans le monde

Que l’on soit pour ou contre, des débats sont engagés dans le monde et en Europe sur la question des réparations et des accords ont été, d’ores et déjà, conclu entre anciennes puissances coloniales et anciens colonisés. Ainsi, en 2006, le Canada a débloqué 2 milliards de dollars de réparation aux enfants amérindiens placés dans des institutions religieuses. En 2008, l’Italie de Silvio Berlusconi a signé un accord de dédommagement, de 200 millions de dollars par an sur 25 ans, soit 5 milliards de dollars avec la Lybie. De son côté, le gouvernement du Surinam vient de demander réparation au Pays-Bas, en juin 2013, pour« les préjudices matériels et immatériels liés à l’esclavage ». D’autres pays de la région travaillent à formuler également des requêtes similaires. C’est le cas de Saint-Vincent et des Grenadines, d’Antigua et Barbuda, du Guyana et de la Jamaïque. En mai 2013, une victoire pour les réparations a été remportée. Le gouvernement britannique a, en effet, exprimé ses « regrets sincères » aux victimes de la colonisation au Kenya, et s’est engagé à verser 19,9 millions de livres aux 5228 personnes concernées.

Des entreprises américaines contraintes de réparer

Récemment, une brèche significative fut ouverte en 2000, par l’Etat de Californie. Cette dernière vota une loi « qui obligeait les compagnies d’assurances désireuses de travailler avec l’Etat à révéler si oui ou non elles avaient bénéficié par le passé de la traite négrière ». D’autres Etats suivirent. Résultat : en 2005 l’entreprise JP Morgan Chase dut mettre « en place un programme de réparations en finançant des bourses d’études pour les jeunes noirs de Louisiane ». Au fil du temps, la liste des entreprises s’est allongée : Bank of America, Wachovia Corporation, Lehman Brothers, Aetna, toutes ces grosses sociétés furent « obligées de révéler leur lien avec l’esclavage, puis contraintes de mettre en place des programmes de réparations ».

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DR archives de Namibie

Les pourparlers entre l’Allemagne et la Namibie ont mis à jour une autre séquelle de l’histoire : le cas de la Namibie qui divise encore l’Allemagne sur la question de ce que beaucoup considère comme le premier génocide du XXème siècle, à savoir l’extermination des peuples herero et nama de Namibie par les colons allemands entre 1904 et 1915. En 2001, des représentants de l’ethnie Herero ont intenté un procès à trois entreprises allemandes devant le tribunal de Washington, leur réclamant 2,2 milliards d’euros à titre de réparation pour l’extermination de plus de 65 000 Hereros entre 1904 et 1915. Sur 80 000 Héréros vivant alors dans la région, 15 000 ont survécu au massacre. En 2011, nouveau rebondissement, un chef héréro namibien a demandé réparation pour le "génocide" commis par l’Allemagne contre ses ancêtres, à l’occasion d’une cérémonie organisée à Windhoek après le rapatriement de 20 crânes de guerriers héréros et namas massacrés en 1904. Pour l’heure, l’Allemagne n’est pas disposée à effectuer des réparations financières. De son côté, la Namibie ne semble guère encline à ce que cette somme aille uniquement auprès des descendants des « Namas » et « Hereros », qui sont minoritaires dans le pays.

De tout temps, des voix pour exiger les réparations

Quoiqu’il en soit, les revendications pour des réparations matérielles ne sont pas nouvelles. L’ouvrage « De l’Esclavage aux réparations, les textes clefs d’hier et d’aujourd’hui », passe en revue les diverses voix du monde qui se sont élevées pour demander réparation hier et aujourd’hui, aux Antilles, en France et aux Etats-Unis notamment.

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L’écrivain nigérian Wole Soyinka

En 1999, le prix Nobel de littérature en 1986, l’écrivain nigérian Wole Soyinka, dans son essai « Le Fardeau de la mémoire, la muse du pardon », évoque la question. « Le besoin de réparations (…) se présente comme le chaînon manquant entre la vérité et la réconciliation. (…) L’essentiel est d’établir le principe selon lequel une mesure de restitution est toujours indispensable après une période de dépossession ». Pour sa part, le prix Nobel de la paix, le Sud-africain Desmond Tutu, soutenait à la conférence de Durban de 2001, « Puissent nos Eglises et nos gouvernements reconnaître qu’ils ont profité de l’exploitation des Africains et de leurs descendants, des asiatiques et de leurs descendants, ainsi que des peuples indigènes, par la voie de l’esclavage et du colonialisme. Nous demandons en outre à nos Eglises d’envisager la question des réparations comme une façon de corriger les torts perpétrés dans le passé… ».

Les esclaves eux-mêmes exigeaient des réparations financières

Louis-George Tin rappelle que cette requête est formulée très tôt par les esclaves eux-mêmes. Ainsi, dès l’époque coloniale, « Beaucoup d’esclaves estimaient qu’ils étaient en droit, eux, de réclamer des réparations ». Des textes, reproduits dans le livre en attestent. Ainsi, en 1835, un métis martiniquais, Cyrille Bissette, qui deviendra député de la Martinique en 1848, écrivait, alors qu’il était question, à cette époque, d’indemniser les propriétaires d’esclaves : « Si l’on voulait absolument en établir une (indemnité), ce serait le maître qui la devrait à l’esclave, pour réparation de la violence physique et morale qu’il a exercée contre lui ». De son côté, Félix Milliroux, français libéral, dans « Transition de l’esclavage à la liberté. Colonies françaises, future abolition » estimait, en 1843, que « Le droit des esclaves à une indemnité du moment où il sera mis un terme à l’esclavage est incontestable. » Et de fait, il y eu réparations matérielles… pour les anciens esclavagistes, en 1848.

Franz Fanon prend exemple sur l’Allemagne d’après guerre

Au XXème siècle, Franz Fanon, prenant exemple sur l’Allemagne aux lendemains de la seconde guerre mondiale, prenait partie pour des réparations matérielles. « Les gouvernements des différentes nations européennes ont exigé des réparations et demandé la restitution en argent et en nature des richesses qui leur avaient été volées ». Puis il concluait : « La réparation morale de l’indépendance nationale ne nous aveugle pas, ne nous nourrit pas. La richesse des pays impérialiste est aussi notre richesse ».

Etats-Unis : une demande de réparation ancienne

L’histoire des réparations aux Etats-Unis, quant à elle, va de demande, de succès en annulation. « La question de l’esclavage et des réparations, qui n’a jamais abouti à quoi que ce soit de concret aux Etats-Unis…. », résume le président du Cran. Mais le cas des Etats-Unis est des plus instructifs et montrent que la voie judiciaire de cette revendication a pu porter ses fruits, même si les avancées ont souvent été suivies de pas en arrière. Ainsi quelques anciens esclaves ont pu obtenir des réparations matérielles, à coup de procès, à la fin du XVIII et au début du XIXème aux Etats-Unis. Comme Elizabeth Freeman qui réussit à être indemnisée, dans l’Etat du Massachusetts pour ses années de travail sans salaire. Ou Belinda, ancienne esclave, qui libre à un âge avancé, se retrouva sans ressources, et fit une requête auprès de la Chambre des représentants qui lui alloua finalement une pension. L’histoire des réparations aux Etats-Unis prend un réel tournant dans les années 1970, où des réparations pour les populations amérindiennes furent effectives. En 1971, les Etats Unis ont, ainsi, attribué aux populations natives d’Alaska 1 milliard de dollars et 44 millions d’acres de terres. Puis d’autres communautés amérindiennes furent dédommagées.

Etats-Unis 40 acres et une mule pour les esclaves en 1865

Ces avancées sont le résultat d’une lutte des noirs américains et amérindiens depuis deux siècles. Au XIXème siècle, en 1865, durant la guerre civile américaine, le général Sherman, libérateur des esclaves des plantations du sud, fut l’auteur d’une ordonnance qui donnait aux affranchis la liberté ainsi que des réparations, soit 40 acres de terre arable et une mule. « En juin 1865, en Géorgie et en Caroline du Sud, dix mille esclaves environ furent indemnisés ». Le président Johnson Andrew reviendra sur cette mesure, et les terres durent être rendues. Fin XIXème, les partisans des réparations penchèrent pour des indemnisations. « Il s’agissait de faire voter une loi afin que les anciens esclaves obtiennent des retraites … ». Mais le mouvement social fut annulé par les instances fédérales. Malgré cela, les voix continuèrent de porter au début du siècle aux Etats-Unis, avec l’évêque Henry Turner et Callie d. House.

Manifeste noir et droits civiques

A l’époque du combat des droits civiques aux Etats Unis, le militant James Forman écrit en 1969, dans son « Manifeste noir » « Notre but est de forcer l’Eglise chrétienne blanche et raciste à entamer le versement des réparations qui sont dues à tous les noirs. Nous ne sous adressons pas seulement à l’Eglise, mais aussi aux compagnies privées et au gouvernement américain ». Et si des personnalités comme Malcom X et Martin Luther King ne centraient par leur débat sur les réparations, ils y étaient favorables. Martin Luther King, dans un essai en 1963 proposait : « L’ancien droit civil a toujours trouvé le moyen de remédier à l’exploitation du travail humain et cette formule pourrait être appliquée aux Noirs américains : le remboursement des préjudices subis se traduirait par un vaste programme gouvernemental instituant des mesures de compensation. »

Boite de pandore ou justice faite à la mémoire, la question des réparations n’est pas prête de s’éteindre, dans le monde et en France. Même si pour certains, les réparations de la colonisation et de l’esclavage peuvent prendre différentes formes. Christiane Taubira parle, ainsi dans son interview en mai 2013 au JDD de réparations « J’ai, à cet égard, une position constante depuis une quinzaine d’années. La reconnaissance légale de la traite et de l’esclavagisme en tant que crimes contre l’humanité est une grande réparation solennelle. L’article 2 sur l’enseignement de cette histoire, à tous les niveaux, primaire, collège, lycée et université, est aussi une belle réparation. Il y a une action publique à mener dans la lutte contre le racisme, la déconstruction du racisme, à ses racines. »

 



 

 

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