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Rénovation urbaine : « on est à mi-chemin »

7 décembre 2012

Mardi se tenait à Marseille la seconde édition des Forums inter-régionaux des acteurs de la rénovation urbaine (FRARU) visant à mettre en perspective les nouvelles stratégies pour la poursuite des projets de développement social dans le sud-est de la France et notamment dans la cité phocéenne. Avant cela, Valérie Boyer, présidente du groupement d’intérêt public Marseille rénovation urbaine (MRU) a tenu à faire un bref point sur l’avancement des projets de l’année 2012.


 

La rénovation urbaine à Marseille se dessine autour de quatorze projets pour un coût de plus d’un milliard d’euros d’investissements, financé notamment par l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la Ville, la Communauté urbaine MPM, la Région, le Département et les bailleurs sociaux et piloté par le GIP MRU – ex Grand projet ville (GPV) -. Une transformation qui, par l’investissement financier et le nombre d’habitants concernés, fait de Marseille le plus important Programme national de rénovation urbaine (PNRU). Sont concernés plus de 6 600 réhabilitations de logements, plus de 5 000 constructions dont 2 900 en locatif social et 2 500 démolitions avec plus de 600 acquisitions-améliorations. Mais comme tous grands projets de requalification urbaine « à taille humaine », plusieurs incidents sont venus se glisser dans l’avancement des travaux : retards, problèmes de relogement, découverte d’amiante. Si dans certains quartiers le visage de la rénovation commence à prendre forme, d’autres sont plus lésés : « aujourd’hui, on est à mi-chemin » estime la présidente du GIP rappelant que les projets, notamment du Plan d’Aou (15e) et de Saint-Paul (13e), sont en phase « d’achèvement ».

Sur les hauteurs du 15e arrondissement de Marseille, l’offre d’habitat et les principaux équipements publics ont été réalisés. Des voies d’accès ainsi qu’un centre social (maison pour tous) ont également vu le jour et la Cité de l’Enfant a été inaugurée au mois de novembre 2012. Valérie Boyer ne «  désespère pas de mettre en place une maison de santé » néanmoins, le projet de médiathèque semble rester au stade initial. Du côté du quartier de Saint-Paul, plutôt enclavé, des travaux de voirie ont été menés et l’habitat a été renouvelé. A La Viste (15e), la réhabilitation est sur la bonne voie même si des problèmes de relogement perdurent comme pour d’autres projets. La présidente du GIP tient à relever qu’une plateforme de relogement, « une sorte d’inter bailleur », permettant de mutualiser les contingents de logements des réservataires, a été signée en juillet 2012. Cette mesure concerne 400 logements. Il reste bien évidemment des projets comme ceux de La Savine – Vallon des Tuves (15e), des Flamants-Iris (14e) ou encore de St-Barthélémy Picon/Busserine (14e) où ça coince encore. Le manque de réelle concertation, comme l’a dénoncé récemment un collectif d’associations « Inter Quartiers » lors d’une manifestation devant les bureaux de MRU, cristallise les relations avec les habitants. Mais le changement de gouvernement pourrait rectifier le tir. François Lamy, ministre délégué à la politique de la Ville mise sur une concertation accrue avec les habitants, ambition qu’il a démontrée lors de sa venue au mois d’octobre.

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Valérie Boyer, présidente du GIP Marseille rénovation urbaine


La rénovation urbaine et son environnement

Pour commencer à réintroduire un équilibre social dans ces différents projets, MRU s’est notamment penché sur les volets de la culture et professionnels. Dans le cadre de Marseille Provence 2013, cinq quartiers en rénovation urbaine s’inscrivent dans le programme culturel porté par « Les Quartiers Créatifs », un moyen de montrer que « la culture est un enjeu majeur de la rénovation urbaine » pointe Valérie Boyer. C’est ainsi que le Plan d’Aou, Saint-Barthélémy, les quartiers de La Viste, des Créneaux et des Aygalades, la Belle de Mai et les Hauts de Mazargues recevront toute l’année 2013, et déjà maintenant, des artistes. L’idée est de permettre aux habitants, en participant à ces productions artistiques, de renouer avec leur quartier en transformation. Des projets cofinancés par les GIP Politique de la ville et MRU. L’insertion professionnelle est également un axe de la rénovation urbaine. Par la clause d’insertion de la charte locale dont bénéficient les habitants, en insertion professionnelle, de ces quartiers, 5% des heures de travail sur les chantiers de rénovation leurs sont réservées. Depuis 2008 et sa signature, 269 personnes en ont bénéficié pour 110 000 heures de travail. La présidente du MRU se réjouit «  du bon retour qu’il y a eu. Après plus de six mois, des personnes sont toujours en formation ou travaillent ». Fort de son efficacité, le dispositif s’est élargi en dehors des programmes de rénovation et a pu proposer 93 000 heures de travail supplémentaires aux personnes vivant en ZUS. Néanmoins, Naïma Charaï, jeune présidente de l’Acsé qui a clos ces plénières juge qu’il faut « diversifier les supports d’activités pour les femmes, les jeunes et moins jeunes qui restent trop peu concernés par cet outil d’insertion ».

Nouvelles orientations

La seconde édition des FRARU à Marseille, organisée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine en association avec l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) doit permettre de dégager les erreurs du passé pour avancer avec le moins d’encombre possible sur l’année à venir. Pour ce débat, il s’agissait de mettre en perspective le point de vue des acteurs sur les quartiers transformés. Le secteur où la maire des XVe et XVIe arrondissements Samia Ghali, opère ses fonctions, est concerné par six projets de rénovation urbaine. Selon l’élue, les difficultés auxquelles ces territoires sont confrontés sont portées par le désenclavement : « on ne peut pas faire de rénovation urbaine s’il n’y a pas pas de réflexion sur le désenclavement et l’obligation des collectivités à y réfléchir ». De même, la question des équipements publics et commerces de proximité paraît, selon elle, problématique, au même titre que celle des transports : « à Marseille, on a un très gros retard. Ce n’est pas normal qu’aujourd’hui, quand on réfléchit à un projet dans le cadre de la rénovation urbaine, on pose d’abord les bâtiments et après la voirie ».

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Les FRARU avec entre autre Marie Lajus et Samia Ghali

En charge que depuis quelque semaines des dossiers de rénovation urbaine et de cohésion sociale dans les Bouches-du-Rhône, Marie Lajus préfète déléguée à l’égalité des chances, a déjà pu établir un état des lieux de la situation. Elle a très vite perçu un malaise chez les habitants des quartiers en rénovation : «  il faut prendre en compte le vécu des habitants dès le démarrage pour éviter cette dimension traumatique en les intégrant à l’ensemble des discussions avec les acteurs. La concertation, il faut qu’on arrive à la faire vivre, à la maintenir, y compris pour les projets qui sont sortis de terre, dans la vie quotidienne, dans l’articulation avec les acteurs économiques ». Volonté qu’avait confirmé François Lamy. Pour de meilleures concertations, la préfète mise notamment sur « les instances locales de concertation. Il faut qu’on arrive à mieux déployer et utiliser le potentiel partenarial pour la rénovation urbaine et qu’on ne déconnecte pas les capacités de discussion de ces projets de long terme ». Si le dialogue est l’un des principaux leviers, l’intervention de l’Etat en est un autre. Consciente de la multiplicité des acteurs, la cité, la Ville, la métropole, la Région, bailleurs..., les acteurs de ces plénières s’accordent à dire qu’un maître d’ouvrage unique est nécessaire, mais dubitative quant à la nomination de ce dernier, la préfète estime que « le rôle de l’Etat, c’est d’asseoir tous les acteurs autour de la table et de saisir les interpellations des uns par rapport aux autres avec une capacité d’intermédiation qui lui est reconnue ». Pour une meilleure connexion et cohésion entre les acteurs, il faudrait « faire coexister ensemble des échelles territoriales ». Cela implique notamment « à mettre autour de la table, dans des instances locales, les acteurs micro et macro mais aussi faire le joint sur des problématiques à l’échelle de la commune voire de la métropole ». Là aussi, Marie Lajus considère que c’est à l’Etat de « faire l’aller-retour entre micro et macro et trouver des instances de régulation qui fassent le passage entre les différentes échelles ». Pour la présidente de l’Acsé, la solution de cohésion doit également émerger des acteurs associatifs : « nous finançons des acteurs associatifs qui, eux aussi, ont un rôle à tenir. Chaque démolition, rénovation et reconstruction doit être l’occasion d’un travail renouvelé d’accompagnement des habitants des quartiers […]. Cet accompagnement, mis en œuvre par les associations que nous devons soutenir, peut être social, bien évidement, mais nous devons l’organiser aussi dans le champ éducatif, dans les domaines de l’emploi, de la santé, de la culture et de la prévention de la délinquance ».

Le quotidien des habitants et notamment la coordination avec les travaux de transformations des quartiers n’est pas en reste. Selon la préfète, « l’échelle des temporalités » est un point important à tenir : « pendant que l’on démolit, il faut être capable de traiter le quotidien : que des voiries soit disponibles pour les habitants, que les médecins dont les bâtiments ont été détruits puissent continuer leurs consultations ». Une fois n’est pas coutume, Marie Lajus a elle aussi pointé la dimension de droit commun de l’ensemble des services publics à déployer « au service des quartiers les plus en difficulté et notamment ceux en rénovation urbaine ». Une mobilisation que François Lamy a inscrit sur sa feuille de route en sus de la réforme de la géographie prioritaire de la politique de la ville. En attendant, les deux nouvelles priorités du ministre délégué à la politique de la Ville pour 2013, selon la présidente de l’Acsé, reposent «  sur la promotion du lien social au travers du financement de l’action de proximité et la lutte contre les discriminations ».

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Naïma Charaï, présidente de l’Acsé

Nouveau gouvernement, nouvelles orientations, une nouvelle fois, c’est le temps qui témoignera – et quelques interviews des concernés -. Mais tandis que les quatorze projets sont loin d’être achevés, le conseil d’administration de MRU a évalué ce que pourrait être un acte 2 du renouvellement urbain à Marseille. Cette fois, et comme l’avait démontré François Lamy, l’Est marseillais (Air-Bel) serait à l’étude et le centre-ville, les faubourgs et quartiers Nord profiteraient de la poursuite des interventions.

 



 

 

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