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Rénovation urbaine : le doute flotte encore au-dessus des quartiers

5 septembre 2011

Retards accumulés, manque de foncier, découverte d’amiante, les piles de dossiers ANRU ont pris du poids ces derniers mois, alourdis par quelques incidents de parcours. La rénovation urbaine, qui constitue un des trois piliers du développement urbain de la ville, avec Euroméditerranée et le Projet Centre Ville, fait face à un ralentissement de ses chantiers. Destruction, réhabilitation, dépoussiérage, certains habitants ne savent plus à quelle sauce ils seront rénovés. Détour par la Savine, dans le XVe, où les chantiers ont repris, mais où les incertitudes se lisent encore sur toutes les lèvres.


 

Sur les treize projets de renouvellement urbain pilotés par le Grand Projet de Ville de Marseille (GPV), dix conventions ont été signées, donnant le top départ au démarrage des chantiers. Les trois dernières seront signées en octobre prochain. « Il n’y a pas de problème de tenue de route pour les engagements souscrits », assure Nicolas Binet, directeur du GPV. Ce chantier titanesque d’un milliard d’euros, dont 200 millions supportés par les collectivités locales, a dû pourtant essuyer quelques plâtres ces derniers mois. Travaux suspendus à la Savine et aux Flamants, inquiétudes sur le manque de terrain, l’ANRU doit faire face à plusieurs imprévus. Si l’affaire est bien ficelée, comme le rappelle Nicolas Binet, il devient difficile de tenir tous les engagements. « Depuis 2003, date de naissance du programme national de rénovation urbaine, on a affaire à une politique publique pérennisée portée par toutes les collectivités, on n’est pas dans une politique bling-bling, mais on travaille pour remédier aux dysfonctionnements de quartiers », pointe l’expert.

Pour chaque opération, les ambitions et orientations sont clairement décrites, les contributions financières de chacun annoncées, puis arrive la signature de la convention entre tous les partenaires, étape à partir de laquelle peuvent commencer les travaux. Il faut ensuite encore compter au moins cinq ans de temps de délais d’exécution. « Un projet ANRU, c’est un projet porté par les collectivités, qui rassemble les engagements de partenaires et cautionné par l’ANRU », résume le chef du GPV.

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Si ce dernier consent quelques retards et difficultés à trouver du foncier, il confie que le GPV travaille depuis dix mois pour regonfler les propositions de terrains : « Aujourd’hui, on a besoin de construire 2 900 logements, qui correspondent à la reconstitution de l’offre locative sociale, liée aux logements démolis et on a remonté notre volume d’offres foncières potentielles à 3 400 ». C’est cependant sans compter la découverte d’amiante à la Savine qui pourrait bien changer la donne du projet de réhabilitation validé par l’Anru en 2009. « Ca pose une série de questions aux bailleurs quand ils font leurs comptes, admet Nicolas Binet. Pour réhabiliter, il faut compter de 110 à 120 000 euros par logement, quand construire un logement neuf coûte 150 000 euros. On va donc démolir de manière plus forte. Sur la partie haute du site, on est à l’arrêt, l’ingénierie, l’étude est relancée, mais quatre autres projets sont en cours sur la partie basse ».

L’inquiétude des habitants encore palpable

Beaucoup de flou règne encore dans ce quartier. Un flottement dû en partie à l’affaire de l’amiante, invité surprise du programme. Les habitants ont décidé d’intenter une action en justice : en mai dernier, plus de 600 plaintes ont été déposées au nom des habitants de la Savine pour mise en danger de la vie d’autrui. Le dossier est aujourd’hui entre les mains des services sanitaires. Des premiers travaux de désamiantage ont été effectués par la Logirem, le bailleur social, mais des questions restent en suspend sur la globalité du programme de rénovation de la cité.

« Pour l’instant ça avance entre le bailleur et le GPV, mais on a encore des interrogations sur le devenir des commerçants, sur les loyers : resteront-ils aux mêmes taux ? Combien d’immeubles qui devaient être initialement réhabilités seront détruits ? », s’interroge Saïda Hidri, directrice de l’association de solidarité du quartier La Cigale et la fourmi. Nicolas Binet précise : « Une des règles de l’ANRU est que si on déconstruit un logement locatif social, on reconstruit un logement locatif social. C’est une politique qui ne réduit pas l’offre, mais la rééquilibre. Dans le cadre des conventions ANRU, les dispositions particulières stipulent que ’le reste à charge’ pour le locataire ne doit pas s’alourdir à surface constante ». Une réponse qui ne représente pas une garantie suffisante pour Saïda Hidri. « Il faudrait une charte entre le bailleur et le GPV pour rassurer les habitants sur les tarifs. On conseille aux habitants de conserver leur bail et ne de pas le céder afin que le loyer soit garanti, seuls sont aujourd’hui protégés ceux qui ont refusé de résilier leur bail ».

Pour cette habitante de la Savine, l’information est vague : on démolit, on reconstruit, mais la volonté des habitants n’a pas été suffisamment sondée, notamment sur la question de l’accès à la propriété : « on a imposé un projet aux habitants, pas toujours en adéquation avec la réalité. L’idée de l’ANRU est géniale, mais il faut l’adapter selon les publics. On a des familles nombreuses de six ou huit enfants, or le projet de réhabilitation ne va pas au-delà du T4. On se retrouve en présence d’enfants qui deviennent de jeunes adultes et il faudrait permettre à ces familles de dé-cohabiter, proposer à ces jeunes un logement propre », regrette Saïda Hidri. Une dimension non négligeable quand on sait que les enjeux de la réhabilitation affichent justement un volet économique, mais aussi humain : « L’objectif est de redonner une dynamique sociale à ces familles et d’améliorer les conditions de vie des habitants », prône le GPV.

Des consultations obligatoires

Un objectif cependant plus simple sur le papier que dans les faits. « La tâche est difficile car les quartiers sont dans une grande précarité et les collectivités locales sont pauvres, donc recréer de l’espace public, du lien dans ce contexte n’est pas chose facile », admet Nicolas Binet. Pour la Cigale et la fourmi, il est donc d’autant plus important de réaliser ce travail de réhabilitation en étroite collaboration entre bailleurs, GPV, associations et collectifs. Les projets souffrent en effet d’un manque chronique de communication. « On regrette que le bailleur ne soit pas plus à l’écoute et concilient, il y a clairement un problème de confiance, il aurait dû se rapprocher de nous, on a invité la Logirem à des ateliers de rencontres, ils ne sont jamais venus, on en serait peut être pas arrivés à un procès, déplore Saida Hidri, on a pris un rôle association de locataire, mais ce sont les gens qui viennent nous voir, donc on ne peut que les accompagner, on fait un travail social et de solidarité et ça en fait partie ».

La concertation est pourtant obligatoire dans les conventions ANRU. Nicolas Binet précise : « elle est bien sûr obligatoire car elle intervient sur des quartiers habités, il s’agit de remédier à des situations d’isolement, de reconnecter des quartiers à la ville, donc ça se fait forcément avec les habitants. On fait des analyses sociales, on demande aussi aux habitants ce qu’ils souhaitent en terme de relogement, on leur propose toujours trois choix. On s’efforce de décliner tous les enjeux avec les habitants dans une discussion ouverte. Après on ne concerte pas sur tout et quand il y a enclavement d’une cité, on ne demande pas toujours l’avis de la population pour pouvoir reconnecter le quartier, car l’esprit général est aussi de contrarier tout processus ségrégatif ». La concertation se présente pourtant comme une étape importante à franchir et réussir pour les habitants, comme pour l’ANRU car avant le 31 décembre 2013, les engagements de travaux doivent être signés et les crédits doivent avoir été engagés pour des opérations qui se termineront en 2015.

 

 

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