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Rencontres Nationales des Luttes de l’Immigration : Table Ronde consacrée aux luttes associatives, civiques et militantes en vidéo

29 décembre 2010 - Dernier ajout 8 janvier 2011

Dans le cadre de notre émission « Citoyenne Thé Opinions » nous publions un large résumé vidéo de la deuxième table ronde consacrée aux luttes « associatives, civiques et militantes » qui s’est déroulée le 27 novembre dernier au Théâtre du Merlan, dans le cadre des « Deuxièmes Rencontres Nationales des Luttes de L’Immigration ». Il était question, au cours de ce débat, d’analyser la chronologie des luttes associatives, l’évolution des revendications et des moyens de luttes. Pour en parler, était invité un certain nombre de personnalités parmi elles : Rokhaya Diallo, Présidente des Indivisibles, Ali Aissaoui, ancien président d’UNIR (Union Nationale des Initiatives Républicaines), Zoubida Meguenni, fondatrice et présidente d’honneur de l’association Schebba, Mohamed Bensaada, un des fondateurs de l’association Quartiers Nord/Quartiers Forts, Nassurdine Haidari, président du CRAN PACA et Maire adjoint PS du 1er Secteur et Esmeralda Romanez, présidente sortante de l’association Samudaripen.


 

Pour revivre ou découvrir les brillantes prises de paroles des personnalités invitées et les temps forts du débat animé par notre journaliste Anne-Aurélie Morell, vous pouvez tout d’abord visionnez, ci-dessous, une vidéo de 52" :

 

 

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Le succès des Rencontres, c’est aussi un public au rendez-vous. Pour la plénière le Théatre du Merlan était plein à craquer.

Les associations sont porteuses de nombreuses luttes et pas des moindres. Les luttes contre le racisme, les discriminations et pour l’égalité en sont des exemples frappants notamment à Marseille dans les années 80. Zoubida Meguenni, fondatrice de l’association Schebba se souvient encore des évènements qui ont bousculé les quartiers nord après l’assassinat de Houari Ben Mohammed, tué par un CRS lors d’un contrôle d’identité en octobre 1980 dans le quartier de La Busserine. « On s’est organisé, on s’est formé, on s’est professionnalisé mais on voit encore le racisme et la discrimination » a-t-elle souligné. Elle reste tout de même persuadée qu’il « y a des réponses dans les quartiers ».

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Zoubida Meguenni, fondatrice de l’association Schebba

Un investissement des jeunes dans la vie citoyenne et politique pourra-t-il faire basculer la balance du côté de la justice et de l’égalité ? C’est ce qu’espérait Mohamed Bensaada, un des fondateurs de l’association Quartiers Nord/Quartiers Forts, qui avait au départ souhaité promouvoir la question de la citoyenneté auprès des Français issus de l’immigration afin de lutter contre l’abstentionnisme. Au fil des années, il s’est rendu compte qu’il fallait « conscientiser politiquement » cette jeunesse française issue de l’immigration. « On est les héritiers des luttes de nos anciens. Il faut parler de l’étoile Nord Africaine, de la marche pour l’Egalité, de la continuité de cette action. Le but du jeu est d’inclure tout ce passé culturel et historique à l’intérieur du patrimoine historique et culturel français ». Ce dernier suggère donc pour atteindre ce but, un engagement politique plus fort des français issus de l’immigration.

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Mohamamed Bensaada, porte parole de "Quartiers Nord, Quartiers Forts"

Pour d’autres, il faudrait déjà accepter de reconnaitre les choses telles qu’elles sont et cela passe notamment par l’utilisation du vocabulaire. Pour Nassurdine Haidari, vice-président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), l’un des problèmes en France c’est qu’« on cache des choses. On ne dit pas certaines choses ». « Par exemple quand on dit : « enfants de l’immigration », on sait de quelle immigration on parle. On va parler des arabes et des noirs [...]. Je pense que cette colère de l’enfance ressurgit et s’organise. C’est ce qui explique que je suis entré au CRAN, [...] là où on dit « Noir » sans tabou » a-t-il expliqué.

« Quand on est Français, ça ne se voit pas ». C’est le premier point qui figure sur la charte de l’association « Les Indivisibles » présidée par Rokhaya Diallo. L’objectif de cette association étant de dénoncer les propos racistes qui déferlent quasi quotidiennement dans les média. Mais aussi de proposer un contre discours face à « l’absurdité des propos proférés » par certains politiques et intellectuels notamment à la suite des révoltes urbaines de 2005. S’érigeant comme une sorte de comité de vigilance médiatique, l’association « Les Indivisibles » a pris la décision d’utiliser l’humour comme une arme. « On a décidé de créer une cérémonie qui s’appelle les Y’a Bon Awards, une parodie des Césars. On remet des trophées aux pires phrases racistes de l’année. [...] Notre idée c’est aussi d’attirer l’attention des média sur des phrases qui passent inaperçues » a précisé Rokhaya Diallo.

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Rokhaya Diallo au micro aux côtés du médecin Ali Aissaoui

La vague d’indignation qui a eu lieu cet été, suite à l’expulsion des Roms, elle, n’est pas passée inaperçue. Esmeralda Romanez, présidente sortante de l’association Samudaripen, dont le but est de faire vivre et reconnaitre la mémoire du génocide tzigane, est revenue sur les traitements discriminatoires dont sont victimes les Roms depuis de longues années. « On a vécu cinq siècles d’esclavage. [...] Si suite à des maltraitances, les gens n’ont pas leur place sur terre, qu’est-ce que devient cette planète ? La place est à tout le monde. Il faut savoir partager » a-t-elle insisté.

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Ali Aissaoui est quant à lui revenu sur les luttes qu’il a menées dans le cadre de l’UNIR (Union Nationale des Initiatives Républicaines) dont il a été le président entre 2005 et 2007. Le but était de se faire rencontrer les enfants de Harkis, de Pieds Noirs et d’Algériens afin qu’ « une mémoire commune, un peu apaisée, naisse » mais aussi de lutter contre les discriminations. Outre ces objectifs, c’est sa participation à une manifestation de solidarité avec le peuple Palestinien lors des bombardements de Gaza qui lui a valu d’être mis à l’écart et attaqué par la presse locale à Reims où il était adjoint chargé de la démocratie locale. Cela ne serait sans doute jamais arrivé s’il avait eu le soutien qu’il fallait. « Je crois que la maire a pu m’enlever ma délégation parce qu’il n y a pas eu le soutien qu’il fallait notamment parce que dans les quartiers on ne veut pas voter. Le combat est là. Il faut représenter un rapport de force ».

La question est de savoir comment ? En investissant tous les partis politiques ou en créant un « parti politique autonome » ? Pourquoi ne pas faire les deux ? comme le suggère Ali Aissaoui. C’est une question qui suscite les passions et qui a inévitablement été évoquée au cours de la troisième table ronde. Une table ronde consacrée aux luttes politiques de l’immigration.

 



 

 

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