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Relier Phocée aux Phocées à la rame : pas une galère, une quête antique scientifique

30 juin 2008 - Dernier ajout 1er juillet 2008

Dossier relations franco-turques

Le Figaro [1] avait chroniqué l’aventure tentée par Osman Erkurt, archéologue et marin. Le but du scientifique turc : construire deux répliques de bateaux antiques, ceux-là mêmes qui ont servi aux Phocéens, six siècles avant Jésus-Christ, pour sillonner la Méditerranée et fonder de nombreuses villes, dont Marseille. Jean-Pierre Salvetat, qui était à Foça il y a peu, nous donne des nouvelles de l’expédition. Elle devrait partir d’Izmir à la fin de l’année pour deux mois de traversée, durant laquelle plusieurs dizaines d’escales sont prévues.


 

Cela fait plus d’un an que le chantier a démarré, dans une petite localité à la sortie d’Izmir, en Turquie. Le défi est de taille : Osman Erkurt, un scientifique navigateur turc, a entrepris d’édifier deux birèmes [2], répliques exactes de navires antiques, selon les méthodes de l’époque. Grâce à elles, il souhaite relier – comme les Phocéens jadis – Foça (la Phocée turque) à Marseille (l’une des Phocées françaises).
L’une des galères est « un bâtiment de guerre » [3], l’autre « de commerce », précise Jean-Pierre Salvetat, le président marseillais de l’Association méditerranéenne franco-turque. Pas plus tard que début juin, il était à Foça, accompagné d’une petite délégation, à la rencontre du maire de la ville.
« Le projet porté par l’association 360°, d’Osman Erkurt, s’appelle Mare Nostrum. ». Si ce dernier n’en est pas à sa première « aventure maritime », la saveur scientifique et historique de son dessein prend cette fois une dimension « humaine » forte. Les habitants de Foça, les Phocéens d’aujourd’hui, sont « environ 15 000 » et savent que leurs ancêtres ont « essaimés de nombreuses colonies » autour de la Méditerranée, Marseille en étant la plus importante. Et « ils désirent créer des liens ».

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2 juin 2008 : le maire de Foça (Turquie) reçoit Jean-Pierre Salvetat et une délégation de l’Association méditerranéenne France Turquie.

« J’espère que le projet sera bien accueilli à Marseille »

Le projet a emporté l’adhésion « du milieu culturel français en Turquie » et est soutenu notamment par le Centre Culturel Français d’Izmir, et l’ambassade tricolore située à Ankara.
Vu que les moyens utilisés sont « ceux de l’Antiquité », la traversée, qui « se fera à la voile et à la rame », devrait prendre au moins deux mois. D’autant qu’Osman Erkurt souhaite visiter la quasi-totalité des villes fondées ou occupées par les Phocéens. Elles sont en abondance autour de la Grande Bleue, de la Turquie aux côtes grecques, italiennes, françaises (corses et continentales) et catalanes.
Tous les maires des villes concernées se sont d’ailleurs réunis il y peu, à l’invitation du maire de Foça. Tous, « sauf Jean-Claude Gaudin, qui n’a pas répondu ». Pourtant, Jean-Pierre Salvetat « espère que le maire de Marseille accueillera bien » les marins des temps anciens. « L’opération culturelle n’est absolument pas dictée par la politique turque », argumente-t-il, et elle pourrait servir la candidature marseillaise au titre de Capitale européenne de la culture 2013. Réponse « à l’horizon fin 2008, début 2009 ». D’ici là, pourvu qu’il n’y ait pas de galères…

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Jean-Pierre Salvetat reçoit des mains de l’édile de Foça un tableau représentant un bateau antique semblable à ceux avec lesquels les Phocéens ont rejoint Marseille, six siècles avant J.-C.

 

 

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