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Ramy Essam, manifestant-chanteur de la place Tahrir prix international 2011 Freemuse (Musique en liberté)

21 novembre 2011

Alors que la bataille pour le contrôle de la place Tahrir, au Caire, continue de faire rage entre les partisans de la révolution égyptienne du 25 janvier et la police (plus de 30 morts et 2000 blessés le week-end du 19 – 20 novembre 2011), le manifestant-chanteur Ramy Essam reçoit lundi 21 novembre à Stockholm (Suède) le prix international Freemuse 2011, qui récompense chaque année un acteur majeur de la liberté par et pour la musique. Ramy, rendu célèbre par son chant « Arhal (Dégage) Hosni Moubarak », en février dernier, a continué, malgré la torture par la police, à se battre et à chanter contre le pouvoir militaire et pour un état civil (madaniya).


 

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Fin janvier 2011, Ramy Essam a débarqué place Tahrir avec sa guitare sèche. Ce jeune homme, étudiant en ingénierie civile né en 1987 à Mansoura dans le delta, avait décidé de rejoindre l’épicentre de la révolution du 25 janvier après avoir vu la police battre en retrait dans sa ville natale où il avait commencé à manifester. Jusque-là, il jouait avec son groupe local appelé « Machakel » (Problèmes) de petits morceaux sur les soucis quotidiens, sans jamais s’imaginer qu’un jour il accèderait à la notoriété nationale, puis mondiale. Au point d’être honoré du titre de « chanteur de la révolution », comme autrefois le grand Abdelhalim Hafez (cf. les révolutions arabes en chantant med’ : www.med-in-marseille.info/spip.php?article1354 ). « Je n’ai fait que mettre en chansons les slogans des occupants de Tahrir », répète-t-il, modeste. Soit. Mais ses prestations sur la scène permanente installée sur la place pour entretenir et amplifier la mobilisation ont contribué à créer un événement historique qui a ringardisé Woodstock. Et ce n’est pas un hasard si le magazine Time Out de Londres a catapulté la chanson « Arhal »(Dégage) http://www.youtube.com au troisième rang des chansons qui ont « changé l’histoire », derrière « Fight the power » de Public Ennemy mais devant « Imagine » de John Lennon ! cf. http://www.timeout.com

Le 21 novembre 2011 le prix international Freemuse lui est remis à Stockholm en Suède. Ce prix, décerné par une ONG scandinave lancée en 2000, est dédié à la liberté d’expression par la musique et la protection des artistes engagés. Sa directrice, Marie Korpe, place Ramy Essam dans la lignée de « la longue tradition des protest-songs et de ces musiciens qui, à l’aide d’un simple instrument, peuvent changer la donne ». http://www.freemuse.org

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« Nous voulons une seule chose, « Madaniya », un Etat civil ».

Fier de voir à travers lui l’Egypte ainsi réintégrée dans le concert des nations qui font l’histoire, Ramy Essam n’est cependant pas du genre à se reposer sur ses lauriers ni à se complaire dans des rengaines désormais célèbres. S’il prépare depuis quelque temps un album intitulé « Midan », la Place, il développe son répertoire au rythme heurté de la révolution en cours. Le 11 février déjà, Ramy avait prévu de reprendre « Arhal » sur la scène centrale de Tahrir. Mais, à l’annonce de la démission de Moubarak, il a dû improviser : « j’ai aussitôt remplacé le mot d’ordre « Arhal » par celui de « Madaniya », raconte-t-il. « Madaniya », c’est-à-dire un « Etat civil ». Il dénote ainsi un réel don pour aller à l’essentiel, dans un mouvement protestataire aux composantes multiples où les revendications sont si nombreuses que souvent on s’y perd. Ramy les ramène à « haga wahda », une seule chose, simple. Le slogan « Madaniya » résume à lui seul le nouvel objectif majeur de la révolution : la remise du pouvoir aux civils. Or, le Conseil militaire s’y accroche.

Le manifestant-chanteur fait partie de ceux qui ont refusé l’injonction de rentrer chez eux. Il est revenu sur la place pour continuer l’occupation sous des tentes de fortune. Le 9 mars 2011, l’armée et une nuée de « baltaguis », ces hommes de main du système policier réputés pour leur brutalité, charge le campement pour déloger ses occupants. Des femmes, accusées de « coucher », subiront d’odieux tests de virginité. Parmi les interpellés, Ramy Essam subira quant à lui un traitement fait d’humiliations et de torture par la police militaire dans les locaux du Musée du Caire : aux coups de ceinturon et des électrochocs, ses tortionnaires ajoutent des gestes de dégradation humaine, allant jusqu’à lui arracher ses cheveux longs avec des tessons de bouteille. Finalement libéré, il sera hospitalisé une quinzaine de jours.

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Il revient sur la place, plus déterminé que jamais. Avec de nouveaux textes, d’abord marqués par une certaine dérision sarcastique : « Taty taty, baisses la tête, tu vis dans un pays démocratique » persifle-t-il. http://justanegyptian.com Mais avec les nouveaux rassemblements géants place Tahrir qui ponctuent la remobilisation le 27 mai, le 8 juillet, le 9 septembre, le 28 octobre... le manifestant-chanteur renoue avec l’énergie entraînante du début. « Al Chaab yourid asquat al nitham. Yaskout, Yaskout hokm al askari ». « Le peuple veut la chute du régime. A bas, à bas le pouvoir militaire », entonne-t-il avec une foule qui reprend en choeur, enthousiaste. http://www.youtube.com

S’il s’engage résolument pour sortir de l’impasse politique que représente la main-mise du Conseil militaire sur le pouvoir, Ramy Essam reste aussi attaché aux revendications simples du quotidien : Le pain, la liberté et la justice sociale. Il les reprend dans une nouvelle chanson à l’optimisme communicatif, malgré les carnages en cours. « Le pain, la liberté et la justice sociale : nous allons les allons les prendre, que ça vous plaise ou non ». http://www.youtube.com

 

 

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