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Quid de la Méditerranée en 2030

12 décembre 2011

Alors que la crise économique gagne le nord et les révolutions le sud, la Méditerranée se retrouve prise en étau entre deux menaces hypothéquant sérieusement son avenir. Convergence, régionalisation, intégration, quel scénario l’emportera dans cette zone en 2030 ? L’IPEMED, l’Institut de Prospective Économique Méditerranéen a tenté d’y répondre à travers un ouvrage initié en 2009 et réalisé par le consortium « Méditerranée 2030 » : « Demain, la Méditerranée. Scénarios et projections à 2030 ». Cent chercheurs des trois rives de la Méditerranée ont pu se pencher sur les futurs possibles qui se dessineront dans cette zone à l’horizon 2030. Le think-tank présentait le résultat de ses recherches, vendredi à la Caisse des Dépôts, à Paris.


 

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Si le concept à la mode en ce moment en Méditerranée semble être « divergence », l’intégration euro-méditerranéenne étant en ce moment soumise à rude épreuve, un autre destin est néanmoins possible, résume le consortium Méditerranée 2030. La convergence peut en effet l’emporter à quelques conditions cependant, au premier rang desquelles : une action politique forte, volontariste et partagée par tous les pays riverains. « On peut encore croire au rapprochement des trois rives, le projet d’union des pays de la Méditerranéen est encore d’actualité », lance Jean-Louis Guigou, délégué général d’IPEMED. Ce dernier identifie différents signes favorables à cette convergence méditerranéenne. Il prend notamment l’exemple de la montée en puissance de l’Alena ou de l’Asean, qui marquent le retour de la prééminence des grands ensembles régionaux et met aussi en avant le phénomène de démocratisation en marche dans les pays arabes. Pour le patron d’IPEMED, l’idée de convergence fait son chemin. En outre, de nombreux défis tels que les changements climatiques, les crises alimentaires, ou les migrations ne pourront pas être surmontés de façon individuelle, à l’échelle d’un seul pays. Plus qu’une idée, la convergence est bel et bien une nécessité.

Malgré l’optimisme affiché du président de l’IPEMED, cette option ne représente pourtant qu’un futur possible parmi d’autres... Le consortium a en effet imaginé différents scénarios pour 2030 : celui des divergences et de la dislocation de la Méditerranée, sur fond de crise ; celui de la crise aiguë minant l’Europe et provoquant la marginalisation de tous les pays du bassin méditerranéen et enfin, celui de la convergence des deux rives, encouragé notamment par l’IPEMED, un scénario volontariste appelant à plus de redistribution entre le nord et le sud. Neuf actions prioritaires ont été identifiées pour assurer cette convergence et construire une région plus intégrée. Elles concernent notamment le capital humain, l’énergie, l’eau, les transports, le secteur bancaire et la santé. Le scénario le plus probable, se situant finalement aux confluences de ces trois options.

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Pas de prospective économique sans prospective culturelle et volonté politique

Que faire alors pour que le scénario de la convergence soit rendu possible ?« Ne pas oublier le volet culturel », préconise Yadh Ben Achour, ancien président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution en Tunisie : «  Il existe une complémentarité évidente : un tempérament méditerranéen, un fond commun de savoirs et de philosophies à prendre en compte. Or sur ce plan culturel, la Méditerranée vit en ce moment une crise nord-sud, mais aussi sud-sud : une crise des confrontations entre une culture sécularisée au niveau des élites et une culture confessionnalisée au niveau du peuple ». Il souligne ainsi l’importance de lutter contre la xénophobie et de défendre une culture islamique de la modernité : « les forces progressistes en Europe doivent travailler de concert pour favoriser un Islam libéral », prône le juriste qui exhorte par ailleurs la presse européenne à sortir du modèle économique libéral et concurrentiel et à proposer une autre ligne éditoriale.

L’ancien ministre espagnol, Miguel Angel Moratinos, va dans le même sens, préférant émettre des recommandations politiques plutôt qu’économiques. Celui-ci s’étonne d’ailleurs qu’aucun chef d’État ou de gouvernement européen n’ait fait de réelle déclaration sur les bouleversements se déroulant sur l’autre rive. « Il faut s’engager le plus possible politiquement avec les révolutions arabes, en profiter pour mettre fin au conflit au Sahara et au Proche-Orient et pour favoriser une intégration sud-sud entre les pays du Maghreb. Il faut travailler sur l’humain et l’immigration et redonner des visas aux intellectuels et étudiants : on a des instruments, on a un secrétariat à Barcelone, avec de la volonté politique on pourra réussir », défend l’homme politique. L’ancienne ministre Élisabeth Guigou parle, de son côté, d’ « occasion historique » pour assurer cette convergence : « Il y a un intérêt stratégique pour les pays d’Europe et du sud à être ensemble dans la globalisation, sinon on ne fera pas le poids, pointe la femme politique. Il est essentiel aussi de remédier à un déséquilibre dans nos sociétés : la connaissance parfaite des pays du sud de ce qui se passe en Europe et l’ ignorance de nos sociétés vis à vis des pays de l’autre rive, d’où des amalgames et préjugés ; il faut donc intensifier les contacts et échanges de tous ordres, économiques, culturels et sociaux, que les sociétés civiles se connaissent davantage » . Autre défi commun pour l’ancienne ministre : éviter un recul de la croissance dans les pays du sud. Une double recette pour y parvenir : l’ Europe doit sortir de la crise et les pays du sud doivent développer leur coopération entre eux. « Il faut une forme d’union politique entre les pays du sud et l’ensemble de l’Europe », ajoute cette dernière.

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Pas de convergence sans accès à l’eau

Soutenir les transitions démocratiques, aider les investisseurs, créer une nouvelle confiance, s’appuyer sur l’axe turc, encourager une coopération entre pays du sud, tels sont les défis à relever pour parvenir au scénario de convergence euro-méditerrannéenne, défendu par l’IPEMED. Selon les projections du consortium, cette convergence devra se baser sur la variolisation des complémentarités entre les deux régions, sur une plus grande redistribution des richesses et sur un renforcement de la compétitivité dans un système régionalement intégré.

Un scénario dont les contours sont encore loin d’être dessinés, nuance cependant Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie : « on est dans une période courtermiste et l’Europe considère toujours la partie sud de la Méditerranée comme une chasse gardée ». Autre facteur de désenchantement : le problème de l’eau. Jean-Louis Chaussade, le directeur général de Suez Environnement s’interroge : « comment construire une convergence sans résoudre cette question ? La problématique centrale du développement économique en Méditerranée sera l’eau. Les pays riverains de la Méditerranéen ne disposent que de 3 % des ressources mondiales en eau et on sait qu’en 2030, les besoins vont augmenter de 25 à 30 % .Il faut définir une véritable politique commune de l’eau qui doit passer par une agence méditerranéenne de l’eau ».

Cette question de l’eau n’est d’ailleurs pas le seul défi à relever dans cette zone. Celle-ci est imbriquée dans la question plus globale de l’accès aux ressources, sujet majeur dans une région où plusieurs pays sont dans une situation de stress hydrique et où les changements climatiques vont renforcer les déséquilibres et multiplier les situations de crise : « une convergence ne verra pas le jour si ces trois questions centrales ne sont pas réglées : l’accès à l’eau, à l’énergie et à l’alimentation », met en garde Gérard Mestrallet, PDG de GDF SUEZ. « Au cours du 21ème siècle, l’Europe n’aura plus ni pétrole, ni gaz, ni charbon, la complémentarité avec les pays du sud est fondamentale dans ce sens. Cette énergie, potentiellement bon marché, que le sud de la Méditerranée peut produire, certes ces pays peuvent nous la vendre, mais ils doivent d’abord l’utiliser pour eux mêmes, pour leur propre compétitivité, car à l’horizon 2030, la compétition entre les régions du monde sera plus forte et les pays du sud de la Méditerranée ont un avantage : l’accès à une énergie bon marché. L’UPM est en panne, les entreprises sont prêtes à s’engager pour tisser des ponts : leur rôle est d’avancer sans attendre les vœux du politique. On l’a vu, l’Europe s’est d’abord bâtie économiquement, avec la naissance de la CECA et aujourd’hui, le politique est encore loin derrière, les entreprises ne doivent pas tout attendre du politique. », recommande le PDG.

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Le diagnostic n’est donc pas d’emblée favorable à une intégration, pourtant des complémentarités régionales existent et se multiplient. Cette convergence entre les deux rives s’est manifestée notamment par une défiance des pays méditerranéens à l’égard de leurs institutions, par des taux de natalité proches de ceux que l’on retrouve en Europe et par des aspirations dans ces pays à la liberté et au bien-être. L’intégration semble donc devoir se faire par étape : d’abord autour de l’eau puis de l’énergie...une préconisation qui n’est pas sans rappeler la méthode des petits pas initiée par Robert Schuman pour construire l’Europe : d’abord la mise en place d’une gestion commune entre plusieurs pays dans des secteurs limités et stratégiques. « L’importance de la dimension politique a aussi été rappelée ici, pointe Radhi Meddeb, président d’IPEMED. La Méditerranée n’ira pas vers la convergence sans la levée des hypothèques de ces fractures occidentales et orientales. Le processus euroméditerranéen doit être revisité, il doit devenir le projet des populations et non plus seulement celui de certaines élites. Je rêve que ces pays s’engagent à adopter, à l’ image de la Turquie, l’ ensemble de l’acquis communautaire européen. Le rôle de la Turquie a été souvent évoqué : en 2006, un rapport de la CIA indiquait que l’avenir du monde arabe est l’empire ottoman, c’est une phrase à méditer », conclut le président de l’institut.

Pour découvrir les propositions du consortium :

Demain, la Méditerranée. Scénarios et projections à 2030. Coordonné par Cécile Jolly . Réalisé avec le consortium "Méditerranée 2030

http://www.ipemed.coop

 



 

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    bjr il suffit de venir au parc kalliste voir dans quel l’etas sont les appartement de marseille ,ils les laisse se dégrader ,ils n’ont méme pas pris la peinne de fermer les volets de certain d’entre eux sachant qu’ils risque de tombé a tous moment surtou quand le vent souffle ,puis apres c’est facile de demander de classé le batiment en carence !!!!mdr !!!

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